vendredi 22 avril 2016

Que boire avec… une blanquette de veau ?

Blanquette de veau traditionnelle (©DR).


La blanquette de veau est le grand chef-d’œuvre de la cuisine bourgeoise et le plat réconfortant par excellence du début du printemps. Ce mets délicat repose sur une cuisson lente et douce de morceaux de veau choisis (comme le collier ou l'épaule) dans un bouillon aromatique, qui donne naissance à une sauce blanche d'une onctuosité légendaire, liée en fin de cuisson avec de la crème fraîche et des jaunes d'œufs.


La blanquette de veau s'accompagne traditionnellement de petits oignons grelots fondants, de champignons de Paris sautés au beurre et d'un filet de jus de citron qui vient apporter une touche de fraîcheur finale. Ce profil gustatif tout en rondeur, marqué par le gras noble de la crème, la douceur de la viande blanche et la fine acidité du citron, réclame des boissons élégantes, capables de s'unir à cette texture soyeuse sans jamais l'écraser.


Un grand vin blanc de Bourgogne pour l'accord royal


L'accord absolu et le plus plébiscité par les gastronomes avec une blanquette de veau se tourne vers un grand vin blanc sec de Bourgogne issu du cépage Chardonnay. Un Meursault, un Pouilly-Fuissé ou un Chablis Premier Cru un peu évolué font des merveilles. Ces vins déploient une matière charnue et une texture subtilement grasse, avec des notes de beurre frais, de noisette grillée et de brioche qui s'alignent instantanément sur la richesse de la sauce à la crème et le fondant de la viande de veau. En parallèle, leur immense tension minérale et leur acidité naturelle viennent trancher la rondeur du plat, faisant écho au filet de jus de citron pour laisser le palais parfaitement net et aérien.


Un blanc de la Vallée du Rhône pour jouer la carte de l'onctuosité


Si vous préférez privilégier la rondeur aromatique et la chaleur, les grands vins blancs du Nord de la Vallée du Rhône offrent une alternative somptueuse. Un Saint-Joseph blanc ou un Crozes-Hermitage blanc, nés des cépages Marsanne et Roussanne, apportent une réponse idéale. Ces vins développent des arômes délicats de cire d'abeille, d'abricot, de fleurs blanches et de fruits secs, avec une structure enveloppante qui caresse la tendreté de la viande blanche. L'opulence naturelle de ces cépages épouse le côté crémeux de la blanquette, tandis que leur finale discrètement épicée apporte un relief très intéressant aux champignons de Paris et aux oignons grelots.


Un vin rouge de la Côte Châlonnaise pour les inconditionnels du rouge


Bien que la sauce blanche et le veau réclament prioritairement du vin blanc, il est possible de servir un vin rouge à condition de bannir absolument les tanins puissants qui créeraient un conflit désagréable avec la crème. Le choix idéal s'oriente vers un vin rouge de Bourgogne léger, fluide et patiné, comme un Mercurey ou un Givry issu du cépage Pinot Noir. Les notes de petits fruits rouges croquants, de pivoine et de sous-bois de ces rouges fins s'harmonisent avec les champignons de la blanquette. Leur structure tannique extrêmement soyeuse et leur belle acidité respectent le fondant du plat sans assécher la bouche, offrant une alternative très élégante.


Une bière artisanale de type Triple ou une Witbier


Pour les amateurs de bière, l'onctuosité de la sauce liée à l'œuf offre un terrain d'expression surprenant et très réussi. Une bière blonde de style Triple belge, dotée d'une texture soyeuse, d'une fine sucrosité et de notes de céréales et d'épices douces, possède la structure nécessaire pour rivaliser avec la puissance de la crème. Si vous préférez un accord axé sur la légèreté printanière, une Witbier (bière blanche de blé) brassée avec des écorces d'agrumes apportera une vivacité et une pétillance fine qui viendront découper le gras de la sauce après chaque bouchée, rendant l'ensemble particulièrement désaltérant.


Un thé Oolong de Taïwan pour une alternative sans alcool


Pour une option sans alcool raffinée qui respecte la délicatesse de la cuisine bourgeoise, le monde du thé propose une solution d'une élégance rare. Un thé Oolong de Taïwan légèrement torréfié, servi chaud dans des tasses tout au long du repas, est une expérience gastronomique magnifique. Ce thé bleu-vert développe naturellement des notes subtiles de châtaigne, de beurre et de fleurs blanches qui épousent la rondeur de la crème et du veau. Ses tanins très souples structurent la bouche sans agresser le plat, tandis que la chaleur de l'infusion aide à la digestion des matières grasses pour un confort absolu.


Une eau de rhubarbe ou une eau pétillante au romarin pour la fraîcheur du printemps


Si vous cherchez une option sans alcool froide et percutante pour célébrer l'arrivée du printemps, vous pouvez créer une boisson maison très simple. Une eau pétillante très fraîche infusée avec une branche de romarin froissée et un trait de jus de rhubarbe ou de pomme verte sera parfaite. La bulle dynamique associée à l'acidité franche et fruitée de la rhubarbe vient bousculer la douceur de la sauce blanche avec la même efficacité que le jus de citron traditionnel. Cette boisson tonique réinitialise les papilles à chaque gorgée, mettant en valeur la pureté et la délicatesse de la viande de veau.

jeudi 7 avril 2016

Que boire avec… la rhubarbe en desserts ?

La rhubarbe rouge, trucs et astuces mais aussi boissons d'accompagnements (©DR).



La rhubarbe, avec ses longues tiges charnues d'un vert tendre virant au rouge pourpré, est l'une des grandes singularités du potager. Souvent cuisinée comme un fruit, elle appartient pourtant à la famille des légumes et se distingue par une personnalité flamboyante, dominée par une acidité tranchante, presque électrique, et une texture filandreuse qui s'effondre en une compotée fondante à la cuisson. Ce tempérament de feu demande des boissons capables d'arrondir ses angles tout en respectant sa fraîcheur printanière.


Les atouts nutritionnels de la rhubarbe


Derrière sa vivacité gustative, la rhubarbe cache un profil nutritionnel exceptionnel et particulièrement vertueux. Elle se classe parmi les végétaux les plus riches en fibres, notamment en fibres solubles, ce qui en fait une alliée hors pair pour stimuler le transit intestinal et réguler le cholestérol. Elle brille également par sa teneur record en calcium végétal, remarquablement bien assimilé par l'organisme, ainsi qu'en potassium et en vitamine K, essentielle pour la santé osseuse et la coagulation. Enfin, gorgée d'eau et extrêmement pauvre en calories et en sucres, elle s'impose comme une source d'antioxydants puissants (les polyphénols) qui aident à lutter contre le vieillissement cellulaire.


Dompter l'acidité de la rhubarbe sans la noyer de sucre blanc


L'acidité de la rhubarbe est sa signature, mais elle peut s'avérer agressive. Pour la civiliser sans pour autant la saturer de sucre raffiné, plusieurs astuces naturelles s'offrent à vous. La première technique consiste à faire dégorger les tiges coupées en dés pendant quelques heures avec une cuillère de sel ou un filet de jus de pomme concentré, puis à jeter le jus rendu, qui contient une grande partie de l'acidité.

En cuisine, le pouvoir des associations fait des miracles : la seconde technique consiste à marier la rhubarbe à des fruits naturellement très doux et riches en fructose, comme la fraise, la banane ou la pomme douce, permet de créer un tampon thermique naturel contre l'acidité. Enfin, l'utilisation d'épices douces comme la vanille, la cannelle ou l'anis étoilé trompe le cerveau en lui suggérant une sensation de sucrosité, tandis que l'ajout d'une pointe de bicarbonate de soude en début de cuisson neutralise chimiquement l'excès d'acide sans altérer le goût du légume.


Un vin blanc liquoreux et tendu pour la tarte à la rhubarbe meringuée


La tarte à la rhubarbe, qu'elle soit simplement recouverte d'un appareil à flan ou surmontée d'une généreuse meringue italienne, offre un contraste saisissant entre le croustillant de la pâte, la douceur du sucre et le cœur acidulé de la tige. Pour escorter ce chef-d'œuvre de la pâtisserie, il faut un vin blanc liquoreux qui possède une immense fraîcheur pour éviter toute lourdeur. Un Jurançon moelleux ou un Vouvray demi-sec à base de cépage Chenin font des merveilles. La sucrosité de ces grands vins blancs vient enrober l'acidité de la rhubarbe et le sucre de la meringue, tandis que leur vibrante acidité naturelle fait écho au peps du dessert, nettoyant le palais à chaque gorgée.


Un blanc d'Alsace aromatique pour un crumble rhubarbe et fraises


Lorsque la rhubarbe s'associe à la fraise sous un biscuit crumble riche en beurre, le plat gagne en rondeur et en arômes floraux. Pour accompagner cette gourmandise printanière, un vin blanc d'Alsace demi-sec issu du cépage Pinot Gris ou un Gewurztraminer de style vendanges tardives offre une réponse magnifique. Les notes de fruits exotiques, d'épices douces et de miel de ces cépages alsaciens apportent une enveloppe chaleureuse qui calme le feu de la rhubarbe, tandis que la présence de la fraise trouve un écho immédiat dans le profil gourmand du vin.


Une bière de style Sour ou une Gueuze


Pour les amateurs de gastronomie contemporaine et de sensations fortes, la rhubarbe s'associe de façon spectaculaire avec l'univers de la bière, en particulier si elle est servie avec un cheesecake ou un canard laqué dans un registre salé-sucré. Une bière de fermentation spontanée belge, comme une Gueuze artisanale ou une Berliner Weisse, crée un accord de résonance incroyable. L'acidité franche et lactique de la bière vient s'entrechoquer avec l'acidité de la rhubarbe, ce qui, contre toute attente, neutralise la dureté des deux éléments pour faire éclater les notes fruitées et céréalières, réinitialisant le palais avec une énergie folle.


Sans alcool : un thé vert au jasmin ou un lait d'amande chaude


Pour une alternative sans alcool qui honore le tempérament de la rhubarbe, le choix de la boisson dépend du moment de la journée. Pour le goûter, un thé vert au jasmin servi chaud offre un accord d'une grande poésie avec une part de tarte. Les notes florales et printanières du jasmin se marient élégamment au parfum végétal de la rhubarbe, tandis que les légers tanins du thé vert structurent la bouche. Si vous cherchez un réconfort absolu face à une compotée de rhubarbe nature, un verre de lait d'amande douce chaude infusé à la vanille sera parfait : le gras naturel et la rondeur de l'amande viendront instantanément éteindre l'acidité du légume pour un instant de pure douceur.

Que boire avec… un tamago ?

Tamago sando (©DR).


Le tamago, cette célèbre omelette japonaise légèrement sucrée et salée (souvent préparée avec du dashi, de la sauce soja et du mirin), appelle des boissons capables de respecter sa texture délicate et de s'accorder avec ses notes douces.


Inspirations nippones

Le thé vert japonais pour un accord traditionnel : le thé vert reste le compagnon le plus évident et le plus authentique pour accompagner le tamago. Un thé Sencha chaud est idéal : ses notes végétales, légèrement iodées et sa pointe d'amertume viennent contrebalancer le côté sucré de l'omelette, tout en nettoyant le palais entre chaque bouchée. Pour une version encore plus réconfortante, le thé Genmaicha, un thé vert mélangé à des grains de riz soufflé et torréfié, apporte des notes de noisette et de céréales qui se marient merveilleusement bien avec la rondeur de l'œuf.


Le saké pour un accord gastronomique : si vous préférez une boisson alcoolisée, le saké japonais (nihonshu) offre un accord de résonance parfait. Il est conseillé de choisir un saké de type Junmai, qui possède une belle rondeur en bouche et des notes de céréales prononcées. Comme le tamago contient déjà souvent un filet de mirin ou de saké de cuisine, servir un vrai saké de dégustation, légèrement frais ou à température ambiante, permet de souligner l'umami du dashi présent dans l'œuf sans écraser le plat.


Alcools occidentaux en accompagnements

Un vin blanc sec et vif pour jouer le contraste : pour ceux qui préfèrent le vin, il faut absolument éviter les vins rouges, dont les tanins durciraient au contact de l'œuf, ainsi que les vins trop liquoreux qui accentueraient l'aspect sucré du tamago. La solution réside dans un vin blanc sec, frais et minéral. Un Riesling alsacien ou un Chablis bourguignon apportent une belle acidité qui vient trancher la richesse de l'œuf et du dashi, offrant un équilibre très rafraîchissant en bouche.


Une bière blonde légère pour la simplicité : si le tamago est servi au cours d'un repas décontracté, une bière blonde de type Lager, très fraîche, fait parfaitement l'affaire. Les bières japonaises traditionnelles (comme la Asahi ou la Kirin) sont légères, sèches et peu amères. Leur effervescence permet de rincer le palais après la texture moelleuse et parfois dense de l'omelette, ce qui rend l'expérience de dégustation très fluide et accessible.

samedi 26 mars 2016

Pourquoi éviter les yaourts aux fruits industriels ?

Yaourts aux fruits industriels, tromperie sur la marchandise ? (©DR).


Les yaourts aux fruits souffrent d'une image de marque particulièrement trompeuse. Perçus par beaucoup comme des alliés minceur ou des desserts équilibrés combinant les bienfaits du laitage et des vitamines, ils cachent en réalité des processus industriels qui les éloignent des standards d'une alimentation réellement saine. Petite revue en détail de apparente confusion.


Le piège d'un apport massif en sucres ajoutés


Le principal argument contre les yaourts aux fruits réside dans leur teneur excessive en glucides. Pour donner du goût et compenser l'acidité naturelle du produit, les industriels ajoutent d'importantes quantités de sucre, souvent sous forme de sirop de glucose-fructose ou de sucre blanc. Un seul pot de yaourt aux fruits peut ainsi contenir l'équivalent de trois à quatre morceaux de sucre. En consommer régulièrement revient à transformer un geste santé en un apport glycémique massif, ce qui favorise le stockage des graisses, augmente les risques de résistance à l'insuline et participe au développement du diabète de type deux.


Une cascade d'additifs et d'artifices industriels


Comme vous le soulignez, la présence de vrais fruits est dérisoire, oscillant souvent entre deux et dix pour cent du pot, et ces derniers sont totalement dénaturés par la cuisson. Pour redonner l'illusion du fruit frais, les fabricants ont recours à une chimie industrielle poussée. Les yaourts se remplissent d'arômes artificiels pour le goût, de colorants pour donner une couleur éclatante que le fruit cuit a perdue, et d'épaississants comme l'amidon modifié, la gélatine ou la gomme de guar pour donner de la texture. Le consommateur ingère ainsi un cocktail d'additifs chimiques plutôt qu'un produit brut et naturel.


La perte totale des bienfaits nutritionnels du fruit


L'argument marketing qui consiste à lier le yaourt aux bienfaits des fruits est scientifiquement infondé. Les morceaux ou la purée de fruits utilisés dans ces préparations subissent une cuisson à haute température, similaire à celle d'une confiture, afin de pouvoir se conserver plusieurs semaines. Ce traitement thermique détruit la quasi-totalité des vitamines hydrosolubles, à commencer par la vitamine C, ainsi que les antioxydants. De plus, les fibres du fruit sont broyées et liquéfiées, ce qui supprime leur effet bénéfique sur la satiété et sur la régulation de la digestion.


L'impact sur le palais et le comportement alimentaire


La consommation régulière de ces produits modifie insidieusement nos préférences gustatives, en particulier chez les enfants. En habituant le palais à un niveau de sucre très élevé et à des arômes artificiels ultra-stimulants, les yaourts aux fruits désapprennent à apprécier les saveurs subtiles et naturellement acides des aliments bruts. Par comparaison, un vrai fruit frais ou un yaourt nature paraît fade. Cela entretient une forme de dépendance aux produits industriels très transformés et éloigne durablement des habitudes alimentaires protectrices pour la santé.

lundi 21 mars 2016

Que boire avec… des fromages de chèvres ?

Plusieurs idées d'accompagnements (©DR).


Le fromage de chèvre possède une signature gustative unique, caractérisée par une fraîcheur acidulée lorsqu'il est jeune, qui évolue vers des notes plus caprines, corsées et une texture cassante en vieillissant. Pour sublimer ce profil si particulier, le choix de la boisson doit s'adapter précisément au degré d'affinage du fromage.


Les blancs de Loire pour les chèvres frais et demi-secs


Les chèvres frais, fondants ou légèrement affinés comme le Rocamadour ou le Sainte-Maure de Touraine, partagent une acidité naturelle et une texture crémeuse. L'accord roi se trouve dans la Vallée de la Loire, avec les vins blancs secs issus du cépage Sauvignon. Un Sancerre, un Pouilly-Fumé ou un Menetou-Salon apportent une vivacité et des notes de bourgeon de cassis qui tranchent instantanément la texture grasse du fromage. Cette tension minérale réveille les arômes de lait frais sans jamais les écraser, créant un équilibre parfait en bouche.


Des blancs plus charnus pour les chèvres très secs et bleuis


Lorsque le fromage de chèvre vieillit, il perd son eau, sa texture devient cassante et ses arômes gagnent en puissance, développant des notes de noisette et de sous-bois, parfois soulignées par une fine moisissure bleue. Face à ce caractère affirmé, les blancs très vifs deviennent trop agressifs. Il faut alors privilégier des vins blancs plus gras, complexes et aromatiques. Un vin de la Vallée du Rhône à base de Viognier ou de Roussanne, ou encore un Chablis premier cru, possèdent la rondeur et l'étoffe nécessaires pour envelopper la force du fromage et dialoguer avec ses notes d'amande.


Le rouge léger pour les amateurs de traditions


Bien que le vin blanc reste techniquement supérieur pour le fromage, il est tout à fait possible de servir du vin rouge avec le chèvre, à condition de bannir les tanins puissants qui donneraient un goût métallique désagréable en fin de bouche. La solution réside dans des vins rouges fruités, fluides et très peu tanniques. Un Beaujolais (comme un Chiroubles ou un Fleurie) ou un Anjou rouge à base de Cabernet Franc offrent une corbeille de fruits rouges et une fraîcheur gourmande qui accompagnent agréablement un chèvre demi-sec, pour un plaisir simple et traditionnel.


Le cidre brut pour un accord paysan et rafraîchissant


Pour une alternative moderne et particulièrement efficace, le cidre de table est un compagnon redoutable pour le fromage de chèvre. Un cidre brut artisanal, très sec et doté d'une amertume fine, fait merveille. L'acidité de la pomme répond à celle du lait de chèvre, tandis que l'effervescence naturelle des bulles vient littéralement balayer le palais, le nettoyant de la texture parfois pâteuse du fromage. Cet accord, à la fois léger et très désaltérant, convient idéalement pour une fin de repas estivale ou un apéritif dînatoire.

lundi 29 février 2016

Le nouveau WE DEMAIN - N°13 - déjà en kiosque

La revue We Demain – premier numéro trimestriel de cette année 2016, vient de paraître. 13e du nom, il réserve plusieurs pages aux sujets alimentaires dont voici les grandes lignes.

J’ai testé Mana, l’aliment total : « Après le succès de Soylent aux Etats-Unis, une substance prétendant couvrir tous nos besoins alimentaires arrive sur le marché européen. Elle se nomme Mana. Notre journaliste l’a testée pendant une semaine. »

Addicts à la « raw food », qui l’eut cru ?  : « Ex-fans de junk food, Camille et Thomas sont passés à une alimentation « vivante », sans cuissons ni transformation, à base de fruits, de légumes et de graines. Convaincus des bienfaits de ce régime, ils sont partis à la rencontre des accros du cru. »

Halte aux idéologies alimentaires : « Manger 100% cru ne présente-t-il que des avantages ? Certainement pas, pour Jean-Paul Curtay, médecin nutrithérapeute, qui met engarde face aux risques d’un régime unique. Voici ses conseils pour une alimentation optimale. »

Et bien d’autres sujets prospectifs qui donnent à réfléchir sur l’avenir de nos sociétés modernes…

En kiosque au prix de 12,00 € (mars-avr-mai).


lundi 25 janvier 2016

Idée reçue : on ne devrait pas boire d'eau en mageant

On peut boire pendant les repas, voilà pourquoi (©DR).



L’habitude de poser une carafe d’eau sur la table au moment des repas est ancrée dans de nombreuses cultures, et pourtant, une théorie persistante affirme qu’il faudrait bannir le verre d’eau pendant que l’on mange. Selon les tenants de cette idée reçue, boire en mangeant perturberait gravement la digestion en refroidissant l'estomac ou en diluant les précieux sucs gastriques nécessaires à la décomposition des aliments. Face à cette inquiétude populaire qui pousse certains à s'imposer une abstinence hydrique stricte pendant le déjeuner ou le dîner, la physiologie moderne apporte un éclairage rassurant. Il est temps de démystifier cette allégation en analysant comment l'estomac gère réellement les liquides, les véritables bénéfices de l'eau pendant le repas, et les rares cas où la modération s'impose.


Le mythe de la dilution des sucs gastriques face à la réalité biologique


L'argument principal contre la consommation d'eau à table repose sur la prétendue dilution de l'acide chlorhydrique présent dans l'estomac, ce qui rendrait la digestion plus lente et laborieuse. La médecine montre que cette crainte est infondée, car le système digestif humain est une machine d'une incroyable adaptabilité. L'estomac produit des sucs gastriques en continu et réajuste instantanément leur acidité et leur quantité en fonction du volume et de la nature des aliments ingérés. De plus, l'eau consommée ne stagne pas dans l'estomac : elle passe très rapidement à travers la poche stomacale, en glissant le long d'un canal interne pour rejoindre l'intestin grêle en une dizaine de minutes, sans perturber le travail de brassage des solides qui, lui, dure plusieurs heures.


Les bienfaits insoupçonnés de l'eau pour accompagner le bol alimentaire


Loin de bloquer la digestion, boire de l'eau en quantité raisonnable pendant un repas s'avère en réalité être une aide précieuse pour l'organisme. L'eau joue un rôle de lubrifiant indispensable dès la mastication, en aidant la salive à ramollir les aliments solides et en facilitant leur descente le long de l'œsophage. Une fois dans l'estomac, ce liquide participe à la décomposition mécanique de la nourriture en permettant aux enzymes digestives de circuler plus librement pour atteindre les nutriments. Enfin, une bonne hydratation pendant le repas est le meilleur rempart contre la constipation, car elle garantit que les fibres alimentaires contenues dans l'assiette s'imbibent correctement, assurant ainsi un transit intestinal fluide et sans inconfort.


Une question de mesure et de profils digestifs spécifiques


S'il est scientifiquement sain de boire en mangeant, tout est une question de bon sens et de quantité, car l'excès de liquide peut effectivement provoquer de menus désagréments. Boire de trop grandes quantités d'eau, en particulier des eaux gazeuses ou glacées, peut distendre l'estomac de manière excessive, entraînant des ballonnements, des aérophagies ou une sensation de lourdeur inconfortable. Par ailleurs, les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien chronique ou d'une hernie hiatale doivent être plus vigilantes : un estomac trop rempli de liquide augmente la pression interne et peut favoriser la remontée des acides vers la gorge. Pour la grande majorité de la population, la règle d'or reste simplement d'écouter sa soif et de boire par petites gorgées tout au long du repas.