mercredi 18 janvier 2017

Idée reçue : il faut manger les fruits avant le repas

Avant ou après le repas ? Mais surtout, mangez des fruits ! (©DR).




L'affirmation selon laquelle il faudrait impérativement consommer les fruits au début ou en dehors des repas pour éviter qu'ils ne pourrissent dans l'estomac est devenue un classique des conseils bien-être. Les partisans de cette théorie expliquent que la digestion rapide des fruits serait bloquée par les autres aliments plus lents à digérer, entraînant des fermentations, des ballonnements et une perte des nutriments. Face à cette injonction qui complique inutilement l'organisation des repas, la physiologie digestive apporte des réponses claires. Pour comprendre la vérité scientifique, il convient d'analyser le comportement réel des fruits dans l'estomac, de déterminer le moment idéal pour les consommer selon les profils, et de poser les règles simples à adopter au quotidien.


Le mythe de la fermentation des fruits dans l'estomac


L'idée que les fruits se mettent à fermenter ou à pourrir s'ils sont consommés en fin de repas repose sur une incompréhension totale de l'anatomie humaine. L'estomac est un environnement d'une acidité extrême, avec un pH très bas dû à la présence massive d'acide chlorhydrique. Cette barrière acide détruit la quasi-totalité des bactéries et des levures responsables de la fermentation des sucres avant même qu'elles ne puissent agir. Lorsque les fruits sont mélangés au reste du bol alimentaire, leur digestion est certes ralentie par les protéines et les graisses des autres plats, mais ils continuent de progresser normalement vers l'intestin. Les vitamines et les minéraux ne sont pas détruits ; ils sont simplement assimilés de manière plus progressive par l'organisme.


Quand manger les fruits : une question de profil et d'objectifs


Le moment parfait pour manger un fruit n'est pas universel, il dépend entièrement de la sensibilité digestive et des objectifs de santé de chacun. Pour les personnes ayant un système digestif robuste, la fin du repas est un excellent choix, car la présence des fibres du fruit ralentit l'absorption des graisses et apporte une touche sucrée naturelle et saine. En revanche, pour les individus souffrant de colopathie fonctionnelle ou d'un système digestif hypersensible, les fruits crus en fin de repas peuvent effectivement accentuer les ballonnements en ralentissant le transit intestinal. Pour ces profils, ainsi que pour les sportifs ou les personnes cherchant à calmer une fringale, une consommation au moment du goûter, vers seize ou dix-sept heures, ou trente minutes avant le déjeuner, s'avère beaucoup plus confortable et énergisante.


Ce qu'il faut faire : écouter son corps et varier les plaisirs


Au lieu de s'enfermer dans des règles diététiques rigides, la meilleure stratégie consiste à observer ses propres réactions intestinales et à adapter sa consommation en conséquence. Si vous digérez parfaitement votre pomme ou vos fraises en dessert, il n'y a absolument aucune raison médicale de changer vos habitudes. Si vous ressentez des lourdeurs, décalez simplement vos fruits frais au moment des collations de l'après-midi. Une excellente alternative pour concilier fin de repas et confort digestif est de consommer les fruits sous forme cuite, comme une compote maison, une poire pochée ou une pomme au four, car la cuisson prédigère les fibres agressives et élimine tout risque d'inconfort tout en préservant le plaisir de la gourmandise.

samedi 14 janvier 2017

Viandes : les Français en mangent moins ! Pourquoi ?

La viande attirerait moins nos compatriotes (©DR).


Les Françaises et les Français ont mangé mois de viande en 2016 qu'en 2015. Si le discours public évoque une baisse globale, la réalité des chiffres et des comportements montre un paysage nuancé, dicté par de profonds changements sociologiques, des arbitrages financiers et le souvenir des crises passées. Notre rapide point sur ces comportements alimentaires.


Le profil actuel des consommateurs


En ce début 2017, la France reste un pays majoritairement omnivore. Les enquêtes de référence (comme celles du Crédoc) indiquent que près de 95 % des Français consomment encore de la viande, le végétarisme strict restant encore très minoritaire à cette époque (estimé à moins de 2 % de la population). Toutefois, les profils évoluent de manière asymétrique. Les gros consommateurs de produits carnés se recrutent principalement chez les hommes, les jeunes adultes et les classes populaires. À l'inverse, une tendance au "flexitarisme" émerge fortement chez les cadres, les femmes et les populations urbaines, qui choisissent de réduire volontairement leur consommation quantitative au profit de la qualité.


L'évolution contrastée des trois grandes filières


Le bilan annuel de FranceAgriMer et les données statistiques d'Agreste mettent en lumière une trajectoire divergente selon les animaux. La consommation globale apparente progresse très légèrement de 0,9 % sur l'année, mais cette hausse est entièrement portée par une seule filière.

Pour le bœuf, la tendance est au repli avec une baisse de 0,7 % de la consommation. Le steak haché, frais ou surgelé, reste le cœur du marché et sauve la filière en s'imposant comme le produit privilégié des familles, tandis que les pièces de boucherie traditionnelles (rôtis, pièces à griller) reculent nettement.

Le porc subit une baisse similaire de 0,8 % sur l'année 2016. La viande de porc fraîche et la charcuterie traditionnelle perdent du terrain dans les achats des ménages, même si le porc demeure historiquement la première viande consommée en volume en France, notamment à travers les produits transformés industriels.

Le grand gagnant de l'année 2016 est le poulet, qui enregistre une hausse spectaculaire de 4 % pour l'ensemble des volailles. La viande de volaille s'impose grâce aux portions de découpe (blancs, cuisses) et aux produits élaborés, répondant parfaitement aux nouvelles attentes de rapidité de préparation des consommateurs.


Le poids financier et le pouvoir d'achat


Le facteur économique s'avère déterminant pour expliquer le transfert de consommation du bœuf vers le poulet. L'année dernière, le contexte économique est resté marqué par les arbitrages budgétaires des ménages et une légère hausse des prix à la consommation sur la viande de boucherie. Le poulet bénéficie d'un positionnement prix imbattable, s'imposant comme la protéine animale la plus accessible pour les budgets contraints. Les baisses de volumes observées sur le bœuf et le porc frais se concentrent principalement dans les rayons traditionnels à la coupe, plus onéreux, au profit du libre-service et des marques de distributeurs.


L'impact des crises sanitaires et de la transparence


Si l'année passée n'a pas connu de crise sanitaire majeure de l'ampleur de la "vache folle" (2000) ou du scandale de la viande de cheval (2013), la mémoire de ces événements reste solidement ancrée dans l'esprit des acheteurs. Plus qu'une peur panique de la maladie, l'année 2016 consolide une exigence de traçabilité et une méfiance envers les produits ultra-transformés (qui subissent une baisse d'achat). Les consommateurs se tournent vers des labels rassurants (Label Rouge, Origine France) et la viande hachée brute, perçue comme plus contrôlée, illustrant la recherche d'une alimentation "moins mais meilleure" pour pallier le manque de confiance envers l'industrie de seconde transformation.

vendredi 23 décembre 2016

Des insectes dans nos assiettes ?

Manger des insectes : des freins psychologiques et culturels (©DR).


Voilà quelques années que l'idée de remplacer la viande classique (rouge ou blanche) par la consommation  d'insectes - autrement appelée l'entomophagie - fait son chemin dans les esprits. Nous vous proposons ci-dessous de faire un petit point sur le sujet en France et dans les pays européens. Aujourd'hui, et de plus en plus, l'idée quitte le strict domaine des rapports scientifiques pour tenter de s'imposer, non sans heurts, dans l'espace public et économique européen.


Le basculement vers l'industrialisation


Jusqu'alors cantonnée à une curiosité exotique ou à une piste théorique soulevée par l'ONU en 2013, cette année 2016 marque l'industrialisation concrète de la filière en France. C'est durant cette période que les premières start-ups tricolores spécialisées (comme Jimini's ou Micronutris) commencent à lever des fonds importants et à installer des usines d'élevage automatisées. La motivation est alors purement environnementale : face aux chiffres de pollution de la viande de bœuf, les insectes affichent un taux de conversion imbattable, nécessitant six fois moins de nourriture pour produire la même quantité de protéines. L'année 2016 voit ainsi l'apparition des premiers insectes apéritifs ou barres énergétiques pour sportifs dans les rayons de certaines grandes surfaces françaises.


Le grand flou juridique européen


Malgré cet élan commercial, cette année est aussi celle d'un immense coup de frein réglementaire en Europe. À cette date, les insectes tombent sous le coup d'un ancien texte européen de 1997 sur les "nouveaux aliments" (Novel Food). Ce règlement n'interdit pas explicitement les insectes, mais il impose de lourdes procédures d'autorisation scientifique pour prouver leur non-toxicité. La France choisit d'appliquer une politique de tolérance technique pour les entreprises déjà sur le marché, mais elle leur interdit toute communication de masse. Le consommateur français se retrouve face à un paradoxe : on lui vante les mérites écologiques des grillons, mais l'État restreint leur vente en attendant une harmonisation européenne.


Un comparatif européen aux trajectoires très diverses


Face à ce flou réglementaire, les pays européens réagissent de manière totalement opposée, dessinant une carte de l'Europe à plusieurs vitesses.

La Belgique et les Pays-Bas se positionnent dès 2016 comme les pionniers absolus du sujet. Leurs autorités sanitaires nationales décident unilatéralement d'autoriser la commercialisation d'une dizaine d'espèces d'insectes (comme le ver de farine ou le criquet migrateur). En 2016, les supermarchés néerlandais et belges proposent déjà des "burgers d'insectes" ou des nuggets dans leurs rayons frais de façon totalement légale, devançant de plusieurs années le reste du continent.

L'Allemagne et le Royaume-Uni adoptent une position intermédiaire. En 2016, ces pays tolèrent la vente de produits à base d'insectes uniquement s'ils sont commercialisés entiers (car le texte européen de l'époque visait surtout les ingrédients "extraits" ou transformés). Des concepts de restaurants éphémères et de boutiques en ligne fleurissent à Londres et Berlin, surfant sur un public urbain et curieux.

L'Europe du Sud, menée par l'Italie et l'Espagne, applique une fermeture totale ! Très attachés à leurs traditions gastronomiques et stricts sur les questions sanitaires, ces pays interdisent purement et simplement la vente d'insectes pour la consommation humaine sur leur territoire, saisissant les rares stocks importés.


Le mur du dégoût psychologique


Si cette année a permis de poser les bases industrielles et d'initier les débats réglementaires qui mèneront aux autorisations officielles de l'Union Européenne quelques années plus tard, elle n'a pas été le grand soir de l'alimentation de masse. Les études de sociologie de la consommation menées cette année montrent que le principal frein n'était pas le prix ou l'accès au produit, mais une barrière culturelle majeure. Pour la grande majorité des Européens, l'insecte reste associé à la saleté ou à la pauvreté. Les entreprises ont compris cette année-là que pour faire accepter cette nouvelle protéine, il faudrait cesser de présenter l'animal entier et privilégier son incorporation invisible sous forme de farine dans des produits du quotidien comme les pâtes ou les biscuits.

samedi 17 décembre 2016

Que boire avec… une bûche de Noël ?

La bûche de Noël (©Getty - Eleonora Michielan).


La bûche de Noël est le point d'orgue du repas de fêtes, mais son association avec les boissons relève souvent du défi. Entre la richesse de la crème au beurre des bûches traditionnelles, l'acidité des déclinaisons fruitées ou l'intensité du chocolat, le choix du verre dépendra entièrement de la nature de votre dessert pour éviter de saturer les papilles en fin de repas.


Le champagne demi-sec pour les bûches fruitées ou glacées


Le réflexe d'ouvrir un champagne brut sur la bûche est souvent une erreur, car l'acidité naturelle du vin se heurte violemment au sucre du dessert. En revanche, pour une bûche de Noël aux fruits exotiques, aux fruits rouges ou en version glacée, un Champagne demi-sec ou un Crémant rosé s'avère parfait. Doté d'un dosage en sucre plus généreux, il s'harmonise avec la douceur du dessert, tandis que la finesse de ses bulles et sa fraîcheur apportent une légèreté bienvenue pour réveiller le palais après un long repas.


Les vins doux naturels pour l'intensité d'une bûche au chocolat


Si votre bûche fait la part belle au chocolat noir intense, au praliné ou au café, il vous faut une boisson capable de rivaliser avec cette puissance aromatique. Les vins doux naturels du Sud de la France, comme un Banyuls, un Maury ou un Rasteau, forment ici un accord somptueux. Leurs notes de fruits noirs confits, de cacao et d'épices épousent le caractère du chocolat, tandis que leur structure chaleureuse enveloppe la texture dense de la bûche sans jamais créer de sensation de lourdeur.


Un cidre de glace pour l'esprit festif


Pour surprendre vos invités avec un accord original et profondément hivernal, le cidre de glace est une option magique, particulièrement sur une bûche aux marrons, au caramel ou à la vanille. Obtenu par la fermentation de jus de pommes concentré par le froid hivernal, ce nectar offre un équilibre parfait entre une sucrosité liquoreuse et une acidité vive. Ses arômes de pomme tatin et de miel soulignent la rondeur de la bûche tout en apportant un peps incroyable qui évite l'effet écœurant.


Un thé noir de Noël aux épices


Pour une alternative sans alcool chaleureuse et raffinée, le traditionnel thé noir de Noël est un compagnon d'élection. Souvent parfumé à l'écorce d'orange, à la cannelle, au clou de girofle et à la cardamome, ses notes épicées rappellent immédiatement l'ambiance des fêtes et s'accordent merveilleusement bien avec les bûches au chocolat ou aux fruits secs. La légère amertume et les tanins du thé noir permettent de structurer la bouche et de rincer le palais de la richesse de la crème, offrant une fin de repas tout en douceur.

mercredi 7 décembre 2016

Idée reçue : la carotte constipe mais rend aimable

Inciter les enfants à manger des carottes, pas facile (©DR).

La double réputation de la carotte, accusée d'un côté de bloquer le transit intestinal et parée de l'autre du pouvoir magique de modifier notre humeur, est un exemple parfait de la façon dont les dictons populaires mélangent vérités médicales et croyances ancestrales. Ce légume racine orange, omniprésent dans nos cuisines, fait l’objet de deux affirmations radicalement différentes qui traversent les générations sans jamais être remises en question. Pourtant, en grattant la surface de ces affirmations avec les outils de la science moderne, on découvre que le rôle de la carotte sur la constipation est souvent mal compris et que sa capacité à rendre aimable relève d'une astucieuse stratégie éducative et historique.


Il convient de démystifier ces deux facettes en analysant l'impact réel des fibres de la carotte sur la digestion, puis en explorant les origines amusantes de sa prétendue vertu psychologique. Voyons ci-dessous en quelques lignes ce que l'on peut affirmer sur ces deux allégations.


Le paradoxe de la constipation : une question de cuisson et non de légume


L'affirmation selon laquelle la carotte constipe est scientifiquement fausse si l'on considère le légume dans son état naturel, mais elle repose sur une observation clinique bien réelle liée à sa préparation. La carotte est particulièrement riche en fibres alimentaires, mais ces fibres changent de nature et de comportement selon qu'elles sont crues ou cuites. Lorsqu'elle est consommée crue et râpée, la carotte apporte des fibres insolubles qui stimulent les mouvements de l'intestin et aident au contraire à lutter contre la paresse intestinale. En revanche, lorsqu'elle est longuement cuite, ses fibres se transforment en une sorte de gel qui retient l'eau et ralentit le transit, ce qui en fait le remède naturel par excellence pour soigner la diarrhée, notamment chez les nourrissons. La carotte ne constipe donc pas le système digestif d'un adulte sain ; elle régule simplement le transit en fonction de sa cuisson.


Rendre aimable : une ruse éducative pour faire accepter un légume rustique


Le célèbre dicton affirmant que manger des carottes rend aimable ne possède, sans surprise, aucun fondement biologique ou neurologique. L'origine de cette expression est avant tout psychologique et pédagogique, inventée par des générations de parents pour convaincre les enfants de manger un légume qui, autrefois, n'avait pas la faveur des plus jeunes en raison de sa texture rustique. De plus, les ânes, animaux souvent perçus à tort comme têtus ou de mauvaise humeur, devenaient instantanément dociles et obéissants dès qu'on leur tendait une carotte en récompense. Cette image de l'animal apaisé par la douceur sucrée du légume a fini par glisser dans le langage courant pour s'appliquer aux humains, s'appuyant sur l'idée universelle que la gourmandise adoucit les mœurs.


Le vrai pouvoir de la carotte : donner bonne mine et protéger la santé


À défaut de modifier instantanément notre caractère, la carotte possède un véritable pouvoir biologique qui peut indirectement influencer notre bien-être : elle donne une apparence saine et un teint éclatant. La carotte est l'une des sources végétales les plus riches en bêta-carotène, un pigment antioxydant que notre corps transforme en vitamine A. Ce composé s'accumule dans les couches superficielles de la peau et stimule la production de mélanine, offrant un léger hâle naturel et une "bonne mine" qui renforce l'estime de soi et donne un air plus chaleureux et avenant. En conclusion, si la carotte ne soigne pas la mauvaise humeur et ne perturbe pas le transit, sa richesse en vitamines, sa douceur et ses bienfaits pour la peau et la vision en font un aliment indispensable qui participe pleinement à notre équilibre général.

mardi 25 octobre 2016

Français et surpoids : au-delà de l'humour, une réalité !


Un Français sur deux serait obèse ! Des chiffres dignent de ceux constatés Outre Atlantique pour nous faire peur, ici, au pays du jambon-beurre ? Non, la réalité constatée par une très sérieuse étude parut aujourd’hui.

Un habitant sur deux de la France ! Si, régulièrement, les médias évoquaient l’augmentation régulière du nombre d’homme et de femme obèse dans l’Hexagone, le chiffre fait aujourd’hui l’effet d’un coup de massue !
Ce chiffre émane du sérieux Bulletin épistémiologique hebdomadaire et fait déjà le buzz voire les gros titres de nombreux journaux télévisés ou journaux !

Au centre de cette étude, plus de 29 000 profils, tirés au sort en 2013, et tous situé(e)s dans une fourchette d’âge allant de 30 à 60 ans.
Les hommes sont plus touchés que les femmes puisque 41 % de ces premiers souffrent de surpoids et 15,8 % d’obésité alors que pour les femmes, les chiffres sont respectivement de l’ordre de 25,3 % et 15,6 % pour elles. Peu reluisant si l’on fait le point sur ces deux données : surpoids et obésité confondus, 56,8 % d’hommes et 40,9 % de femmes seraient en surcharge pondérale !

Autres conclusions de cette étude :
Une étude documentée et illustrée de cartes et histogrammes.
Ici, les inégalités régionales.

- les différences se retrouvent aussi au niveau géographique. Le Nord-Est de la France est à ce titre le secteur le plus concerné par l’obésité quand les Parisiens sont les moins atteints…

- l’aisance matérielle des personnes examinées entre en ligne compte. La richesse joue sur le poids, mieux vaut ne pas être trop pauvre !

Pour en savoir plus :

mardi 11 octobre 2016

Que boire avec… un bon cassoulet ?

Le cassoulet de Castelnaudary (©DR).



Le cassoulet est le monument absolu de la cuisine de terroir et du réconfort. Qu'il vienne de Castelnaudary, de Toulouse ou de Carcassonne, ce plat mythique mijoté de longues heures dans sa cassole en terre cuite combine la douceur fondante des haricots blancs (le lingot du Lauragais ou le tarbais), la richesse confite des viandes (cuisses de canard ou d'oie confites, jarret de porc, saucisse de Toulouse), et cette croûte rousse caramélisée que le cuisinier casse traditionnellement sept fois pendant la cuisson. Ce chef-d'œuvre de gourmandise, marqué par le gras noble, le confit et une puissance terrienne unique, réclame des boissons de grand caractère, capables de rivaliser avec la force des viandes tout en apportant une fraîcheur indispensable pour vivifier le palais.


Un rouge de Madiran ou de Cahors pour l'accord régional


L'accord le plus évident et le plus fusionnel nous mène directement sur les terres du Sud-Ouest avec des vins rouges puissants, structurés et riches en tanins. Un Madiran (dominé par le cépage Tannat) ou un Cahors (issu du cépage Malbec), idéalement choisi avec quelques années de garde, est le partenaire roi du cassoulet. La structure tannique affirmée de ces grands vins noirs trouve ici son utilité gastronomique majeure : elle vient littéralement s'harmoniser avec les protéines des viandes confites et du jarret de porc, tout en coupant le gras du plat. Les notes de fruits noirs mûrs, de poivre, de cuir et de sous-bois de ces vins s'intègrent magistralement aux arômes du cassoulet, offrant une finale d'une incroyable persistance.


Un rouge de Faugères ou du Minervois pour privilégier la garrigue


Si vous préférez un accord orienté vers des tanins plus souples et un fruit plus solaire, les vignobles du Languedoc offrent des alternatives somptueuses qui rappellent le cassoulet de Carcassonne (qui intègre parfois de l'agneau). Un Faugères ou un Minervois-La Livinière, nés sur des sols de schistes et dominés par la Syrah, le Grenache et le Carignan, font des merveilles. Ces vins déploient une matière veloutée et des arômes envoûtants de tapenade noire, de réglisse et de thym sauvage. Cette rondeur enrobe la texture douce du haricot blanc, tandis que les notes d'épices de la Syrah soulignent le goût unique de la véritable saucisse de Toulouse grillée.


Un vin blanc sec et boisé pour un contraste audacieux


Bien que le vin rouge soit la règle absolue pour la majorité des convives, un vin blanc bien charpenté peut créer une surprise gastronomique mémorable. Le secret réside dans le choix d'un vin blanc sec, gras, élevé en fûts de chêne et doté d'une belle fraîcheur. Un grand vin de l'AOC Limoux blanc (issu du cépage Chardonnay) ou un Gaillac blanc à base de Mauzac et de Len de l'El offrent une réponse incroyable. Les notes de beurre, de brioche et de pomme cuite de ces blancs du Sud-Ouest épousent l'onctuosité de la texture des haricots lingots, tandis que leur acidité intégrée vient bousculer la richesse du canard confit, apportant une sensation de légèreté inédite.


Une bière ambrée artisanale de style Bière de Garde


Pour les amateurs de brasserie, le cassoulet se prête magnifiquement au jeu d'une dégustation de bière artisanale de caractère. Une Bière de Garde ambrée ou une bière de style Dubbel de tradition trappiste forment un mariage de textures redoutable. Les malts torréfiés utilisés pour ces bières développent des notes de caramel brun, de noisette et de croûte de pain grillé qui font un écho direct à la croûte caramélisée du cassoulet brisée au four. La pétillance naturelle de la bière et sa mousse généreuse agissent comme un balai rafraîchissant sur le palais, allégeant la richesse du porc et du canard après chaque cuillerée.


Deux propositions sans alcool


1 - Un thé noir fumé Lapsang Souchong 

Pour une option sans alcool raffinée capable de faire face à la complexité et à la puissance du cassoulet, le monde du thé offre une solution extraordinaire. Un thé noir fumé Lapsang Souchong, servi bien chaud dans des tasses tout au long du repas, crée un accord de résonance immédiat. Ses notes intenses de bois brûlé, de résine de pin et de fumée épousent à la perfection le goût du canard confit et des saucisses fumées si vous en intégrez. De plus, la chaleur de l'infusion et les tanins naturels du thé noir aident à assimiler les graisses et les protéines du porc, offrant une conclusion en bouche très confortable et digeste.


2 - Un… bouillon de canard corsé ou un kvas pour sa fraîcheur !


Si vous cherchez une option sans alcool plus insolite, vous pouvez servir un consommé de légumes d'hiver et de carcan de canard rôti, fortement relevé de poivre noir et de clous de girofle, servi brûlant, qui prolongera l'esprit du mijotage. Pour une option froide et tonique, un kvas artisanal (une boisson fermentée traditionnelle à base de pain de seigle noir) sera parfait. Ses notes de céréales grillées rappellent la cuisson en cassole, tandis que sa fine acidité et sa pétillance naturelle viennent trancher dans la richesse des haricots blancs et du confit, réinitialisant les papilles de manière très dynamique.