lundi 23 septembre 2019

Que boire avec… des prunes reine-claude, natures ou en desserts ?

(©DR).




La reine-claude est incontestablement la plus noble et la plus raffinée des prunes. Derrière sa robe d'un vert tendre virant au jaune doré se cache une chair ferme, incroyablement juteuse et d'une douceur miellée unique, subtilement parfumée aux notes de muscat. Sa richesse en sucre s'accompagne d'une fine acidité logée juste sous sa peau fine. Qu'elle soit croquée fraîche à l'ombre d'un verger, cuite en tarte croustillante ou mijotée en compotée, elle appelle des boissons capables de flatter son élégance sans saturer le palais.


Un blanc d’Alsace noble et aromatique


Déguster des prunes reines-claudes crues et à parfaite maturité est un plaisir estival délicat qui appelle un vin blanc harmonieux. Un Pinot Gris d'Alsace ou un Gewurztraminer sec se révèle être un compagnon de choix. Les notes de sous-bois, de fruits secs et de miel du Pinot Gris s'alignent naturellement sur la richesse mielleuse de la prune sauvage, tandis que le côté floral du cépage enveloppe le fruit sans l'écraser. La texture veloutée de ces vins d'Alsace fait écho à la chair fondante de la reine-claude, prolongeant ses arômes de muscat en fin de bouche.


Un blanc liquoreux de la Loire pour une tarte fine


La tarte aux reines-claudes, avec sa pâte feuilletée ou sablée et ses fruits qui caramélisent au four, concentre les sucres et réveille l'acidité naturelle de la peau. Pour escorter ce grand classique de la pâtisserie, un vin blanc liquoreux doté d'une vibrante fraîcheur est indispensable pour éviter toute lourdeur. Un Vouvray moelleux ou un Coteaux-du-Layon, issus du cépage Chenin, forment un accord royal. Les arômes de coing, de poire et de miel de ces vins épousent le confit de la prune cuite, tandis que la tension minérale et l'acidité pointue du Chenin viennent trancher le sucre de la tarte, rendant l'ensemble infiniment digeste.


Une eau-de-vie de reine-claude pour un clafoutis ou un crumble


Lorsque la reine-claude est cuite au sein d'un appareil crémeux, comme un clafoutis à l'amande ou sous le biscuit beurré d'un crumble, l'onctuosité de la pâte vient adoucir le peps du fruit. C'est l'occasion idéale de tenter l'accord traditionnel du digestif en servant, en fin de dégustation, une authentique Eau-de-vie de Reine-Claude. Servie légèrement rafraîchie dans un verre givré, la puissance de cet alcool blanc distillé réveille instantanément les papilles. Ses notes explosives de fruit mûr et son léger accent d'amande amère issu du noyau subliment le clafoutis pour une conclusion de repas chaleureuse et intensément parfumée.


Sans alcool : un thé Oolong de Taïwan ou un rooibos à la vanille


Pour une alternative sans alcool raffinée qui respecte la douceur dorée de la reine-claude, la subtilité est de mise. Pour le goûter, un thé Oolong légèrement torréfié offre un accord d'une grande poésie avec les fruits frais ou une part de tarte. Ce thé bleu-vert développe naturellement des notes de châtaigne et de miel qui s'unissent à merveille à la rondeur de la prune, tandis que ses tanins soyeux structurent la bouche avec élégance. Si vous cherchez une option plus réconfortante pour accompagner un dessert chaud, une infusion de rooibos à la vanille de Madagascar sera parfaite : la douceur enveloppante et naturellement sans théine du rooibos calmera le peps acidulé du fruit cuit pour un instant de pure gourmandise.

dimanche 18 août 2019

Que boire avec… le cassis, nature ou en desserts

Un petit fruit qui a tout d'un grand (©DR).




Le cassis, cette petite baie d'un noir profond et brillant, est une véritable explosion de saveurs à lui tout seul. Contrairement à d'autres petits fruits rouges plus consensuels, le cassis affiche un tempérament indomptable, caractérisé par un jus dense, des tanins affirmés, et surtout une acidité tranchante doublée d'un parfum musqué et boisé d'une puissance hors du commun. Qu'il soit picoré frais avec audace, cuit dans une tarte ou transformé en coulis velouté, il exige des compagnons de route solides, capables de dialoguer avec sa force aromatique sans se faire balayer.


Les atouts nutritionnels du cassis : le roi des antioxydants


Sur le plan de la santé, le cassis est un véritable monument nutritionnel, surpassant la quasi-totalité des autres fruits de nos jardins. Il est l'une des sources végétales les plus riches en vitamine C, en affichant une concentration près de trois fois supérieure à celle de l'orange, ce qui en fait un stimulant immunitaire et un anti-fatigue d'exception. Sa couleur d'encre trahit une densité extraordinaire en anthocyanes et en polyphénols, des antioxydants surpuissants qui protègent le système cardiovasculaire, améliorent la microcirculation (notamment oculaire) et luttent contre le vieillissement cellulaire. De plus, sa richesse en fibres et en potassium s'accompagne de propriétés anti-inflammatoires et diurétiques reconnues depuis des siècles, faisant de cette petite baie un authentique super-aliment de l'été.


Des bulles demi-sec ou un kir revisité pour les baies fraîches et natures


Déguster des baies de cassis fraîches, tout juste égrappées au fond d'une coupelle avec un léger voile de sucre pour calmer leur ardeur, demande une boisson vive et festive. Un Champagne demi-sec ou un Crémant de Bourgogne rosé forment un accord d’une grande logique. Les bulles dynamiques et le sucre résiduel du champagne demi-sec viennent enrober l'acidité tranchante du cassis frais, créant un équilibre parfait en bouche. Pour un clin d’œil historique, vous pouvez accompagner ces baies d'un Bourgogne Aligoté sec : le croquant du fruit frais viendra recréer, directement dans votre palais, la magie du célèbre Kir bourguignon.


Un rouge doux et muté pour une tarte ou un crumble aux cassis


Lorsque le cassis passe au four pour être cuit en tarte ou sous un crumble croustillant, la chaleur fait éclater sa peau et concentre son jus, libérant des tanins boisés et une acidité confite. Pour faire face à cette puissance hors norme, le vin blanc capitule et cède sa place à un vin rouge doux naturel comme un Maury rouge, un Banyuls ou un Porto Vintage. Les notes de pruneau, de cacao, de cuir et de fruits noirs de ces vins mutés épousent magistralement l'esprit forestier du cassis cuit. L'alcool chaleureux et la sucrosité du vin viennent dompter l'âpreté de la baie, offrant une finale somptueuse et infiniment chaleureuse.


Un grand vin liquoreux pour un cheesecake ou un sorbet au cassis


Si le cassis est travaillé sous forme de sorbet intense ou de coulis versé sur la rondeur lactée d'un cheesecake ou d'une panna cotta, la texture grasse de la crème vient déjà faire écran à l'acidité du fruit. L'accord parfait réclame alors un vin blanc liquoreux d'une immense noblesse et doté d'une fraîcheur absolue. Un Sauternes jeune ou un Jurançon moelleux se prêtent magnifiquement à cet exercice. La richesse beurrée et miellée de ces vins apporte la gourmandise nécessaire pour escorter le dessert, tandis que la vivacité légendaire du cassis vient réveiller le vin, évitant toute sensation de lourdeur pour un accord d'un équilibre royal.


Sans alcool : un thé noir Earl Grey ou une eau de coco au gingembre


Pour une alternative sans alcool qui soutient le caractère bien trempé du cassis, la boisson doit avoir du répondant. Pour le goûter, un thé noir Earl Grey bien corsé servi chaud est idéal pour accompagner une part de tarte. Les tanins du thé noir s'unissent à ceux du cassis, tandis que les notes de bergamote apportent une touche d'agrumes qui souligne le parfum de la baie avec beaucoup d'élégance. Si vous cherchez une option fraîche pour accompagner des fruits natures, un grand verre d'eau de coco bien fraîche additionnée d'un trait de jus de gingembre fera des merveilles : la douceur naturelle de la coco calmera le feu acide du cassis, tandis que le piquant du gingembre offrira un écho parfait à son tempérament sauvage.

lundi 12 août 2019

La France adore les sojas… brésiliens !

Le Brésil produit plus de soja que les Etats-Unis (DR).


Il existe une contradiction majeure dans l'agriculture française : tandis que le débat sur la transition écologique battait son plein, la dépendance de l'Hexagone envers l'agro - industrie sud-américaine atteignait des sommets. Ce paradoxe, souvent qualifié de "déforestation importée", illustre à quel point nos assiettes sont connectées aux terres brésiliennes.


Les chiffres d'une addiction massive et invisible


En 2019, la France importe chaque année environ 3,5 millions de tonnes de tourteaux de soja, la matière solide obtenue après l'extraction de l'huile des graines. Le Brésil est le premier fournisseur de ce marché, représentant près des deux tiers de ces volumes massifs. Pour mesurer concrètement cette dépendance géographique, cela signifie qu'un cargo géant de 60 000 tonnes rempli de soja brésilien accoste dans un port français, comme Montoir-de-Bretagne ou Le Havre, tous les dix jours en moyenne.

Cette consommation massive se traduit par une empreinte foncière colossale hors de nos frontières. Les importations françaises de soja mobilisent chaque année plus de 1,2 million d'hectares en Amérique du Sud, soit une surface équivalente à la taille d'une région entière comme l'Île-de-France. À l'échelle individuelle, chaque citoyen français consomme ainsi indirectement environ 54 kilos de soja par an, une quantité dont la grande majorité est génétiquement modifiée, puisque près de 80% du soja brésilien débarquant dans les ports européens est issu de variétés OGM cultivées avec du glyphosate.


La faim des élevages : le moteur de l'importation


Contrairement à une idée reçue, cette immense quantité de soja n'est pas importée pour fabriquer du tofu ou du lait végétal destinés aux humains. En France, plus de 90% du soja importé est strictement réservé à l'alimentation animale, car cette plante possède un profil nutritionnel exceptionnel, riche en acides aminés essentiels, qu'aucune autre culture locale ne peut égaler à un coût aussi bas. Le tourteau de soja est devenu l'ingrédient magique de l'élevage intensif pour accélérer la croissance des animaux et doper la production de lait ou de viande.

Les filières avicoles et porcines sont les premières consommatrices de cette protéine brésilienne. Dans l'alimentation des volailles de chair comme les poulets de batterie, le soja représente près de 30% de la ration quotidienne pour assurer un développement musculaire ultra-rapide. Les vaches laitières de haute performance dépendent elles aussi fortement de ce complément pour maintenir des rendements élevés, le soja constituant plus du tiers de leurs apports en protéines concentrées.


Les raisons d'une dépendance historique impossible à briser


La raison profonde de cette dépendance française remonte aux accords commerciaux internationaux signés dans les années 1960. Lors du cycle de négociations du GATT, l'Union européenne a accepté de laisser entrer les protéines végétales américaines et sud-américaines sur son sol sans aucune taxe douanière, en échange d'une protection de ses propres céréales comme le blé. Ce compromis historique a rendu le soja d'importation structurellement moins cher pour les éleveurs français que n'importe quelle alternative locale, décourageant pendant des décennies la production de protéines en Europe.

Aujourd'hui, la France ne produit sur son propre sol qu'un dixième des besoins nécessaires à ses élevages. Le climat européen et le coût de la main-d'œuvre empêchent les agriculteurs locaux de rivaliser avec les rendements géants du Mato Grosso brésilien, où les surfaces cultivées ont été multipliées par deux cents depuis les années 1960. Remplacer totalement ce soja par des cultures locales comme le pois, la féverole ou le luzerne demanderait de bouleverser des millions d'hectares de terres céréalières en France, illustrant la complexité de la quête d'une souveraineté alimentaire.


En guise de conclusion :

Manger de la viande - comme du porc ou du poulet - c'est cautionner ces importations d'Amérique du Sud. Nous n'avons rien contre, mais pensez-y quand vous ajouter à vos menus ce genre de viandes. Tout est lié si on regarde de près ce que contiennent nos assiettes…

samedi 10 août 2019

Serres chauffées : désormais interdites pour les cultures bio !

Les serres chauffées depuis longtemps dans le collimateur (©DR).


Le débat sur les serres chauffées constitue un tournant majeur pour l'image et l'éthique de l'agriculture biologique en France. En ce mois de juillet 2019, après des mois de tensions entre les producteurs industriels et les défenseurs d'une vision saisonnière de l'écologie, l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) vient de trancher en faveur d'un encadrement strict : les cultures bios sous serres chauffées produites entre le 21 décembre et le 30 avril sont désormais interdites de vente en France !


La décision de l'INAO vise à protéger la cohérence du label AB, dont l'un des piliers fondamentaux est le respect des cycles naturels et la limitation de l'empreinte carbone.

L'enjeu principal de cette mesure est d'empêcher la commercialisation de légumes d'été, comme les tomates ou les concombres, en plein hiver ou au tout début du printemps. Pour les opposants au chauffage des serres, produire une tomate bio en mars émet jusqu'à sept fois plus de gaz à effet de serre qu'une tomate produite en saison. Autoriser une telle pratique créé, selon eux, une distorsion de concurrence vis-à-vis des petits producteurs de plein champ et trompait le consommateur qui associe souvent le logo biologique à une démarche de sobriété énergétique.


En ligne de mire : les phases de récolte et commercialisation


Concrètement, la réglementation adoptée interdit le chauffage des serres pour la production de fruits et légumes biologiques entre le 21 décembre et le 30 avril. Cette interdiction ne concerne pas la production de plants, mais cible directement la phase de récolte et de commercialisation. L'objectif est d'assurer que les produits bio mis sur le marché français respectent le rythme des saisons, évitant ainsi le recours massif aux énergies fossiles pour chauffer des structures vitrées durant les mois les plus froids.


La France plus restrictive que les règlements européens


Cette décision n'a toutefois pas tardé à susciter des critiques de la part d'une partie de la filière, qui craignait de perdre des parts de marché face aux importations. En effet, le règlement européen sur le bio est moins restrictif que la norme française sur ce point précis, permettant ainsi à des produits bio chauffés en provenance d'autres pays de circuler librement. Malgré ce paradoxe économique, la France choisi de privilégier l'exigence environnementale, faisant des serres chauffées un symbole de la lutte contre l'industrialisation du label biologique.


Notre avis :

Sujet à suivre ces prochains mois/années…

dimanche 16 juin 2019

Que boire avec… les fromages à pâtes persillées ?

Trois bleus de caractère. Que boire avec ? (©DR).


Les fromages à pâte persillée (comme le Roquefort, la Fourme d'Ambert, le Bleu d'Auvergne ou le Gorgonzola) sont parmi les plus complexes à associer. Leur texture crémeuse, leur forte teneur en sel et la puissance de leurs moisissures bleues détruisent instantanément la majorité des vins traditionnels. Pour réussir l'accord, il faut jouer sur le contraste ou sur une puissance aromatique équivalente.


Les vins liquoreux pour le mariage mythique du sel et du sucre


C'est l'accord le plus célèbre et le plus efficace de la gastronomie. Le sel intense et le piquant du bleu ont tendance à durcir les vins secs et à rendre les vins rouges amers. En revanche, un vin blanc liquoreux ou moelleux fait des merveilles. Un Sauternes, un Monbazillac ou un Quarts-de-Chaume apportent une sucrosité et un gras qui viennent envelopper et adoucir le feu du fromage. En retour, la puissance du bleu brise le côté parfois trop lourd du sucre, créant un équilibre parfait où les notes de fruits confits du vin répondent aux arômes de sous-bois du fromage.


Les vins doux naturels pour les bleus les plus corsés


Pour les pâtes persillées particulièrement puissantes et affinées, comme un vieux Roquefort ou un Stilton anglais, on peut monter d'un cran en intensité en se tournant vers les vins doux naturels rouges. Un Banyuls, un Maury ou un Porto Vintage offrent des notes de fruits noirs confiturés, de cacao, de pruneau et de cuir. Ces vins mutés possèdent la structure et l'alcool nécessaires pour faire face à la force du pénicillium, offrant une fin de dégustation chaleureuse et intensément gourmande.


Les blancs secs opulents pour une alternative moins sucrée


Si vous n'aimez pas les vins sucrés, il est possible de rester sur un vin sec, mais à condition de bannir la légèreté. Il faut un vin blanc très riche, gras, avec une faible acidité et une grande complexité aromatique. Un vin de la Vallée du Rhône comme un Condrieu (cépage Viognier) ou un grand Santenay blanc de Bourgogne élevé en fûts apportent des notes de fruits jaunes mûrs, de beurre et de noisette. Leur texture onctueuse s'accorde avec le crémeux du fromage (comme une Fourme d'Ambert) sans créer de conflit en bouche.


Les bières brunes et les stouts pour un accord moderne


Pour sortir totalement des sentiers battus, la bière noire est un compagnon extraordinaire pour les pâtes persillées. Un Stout ou un Imperial Stout (des bières très sombres brassées avec des malts torréfiés) développent des arômes puissants de café, de cacao et de pain grillé. L'amertume de la torréfaction vient contrebalancer le sel du fromage, tandis que la texture souvent dense et veloutée de ces bières épouse le fondant du bleu. C'est un accord de caractère, particulièrement apprécié des connaisseurs.

jeudi 14 février 2019

Idée reçue : chocolat et charcuterie donnent de l'acné

De l'acné si on abuse d'un plateau de charcuteries ? Pas si simple (©DR)


Longtemps qualifiée de simple mythe par la communauté scientifique, l’idée que ce que nous mangeons influence l’apparition des boutons a fait l’objet de nombreuses études dermatologiques récentes. Pour répondre précisément par oui ou par non, la réalité scientifique est plus nuancée qu'un simple verdict tranché : ce n'est pas le cacao ou la viande de porc en soi qui déclenchent l'acné, mais plutôt la composition globale de ces aliments, riches en sucres raffinés et en graisses saturées, qui perturbe l'équilibre hormonal et cutané.


Le chocolat : le sucre et le lait pointés du doigt plutôt que le cacao


Si le chocolat noir à forte teneur en cacao est globalement innocenté, le chocolat au lait et le chocolat blanc ont bel et bien une part de responsabilité dans le développement de l'acné. Le véritable problème ne vient pas de la fève de cacao, mais de la forte quantité de sucre raffiné ajoutée à ces douceurs. Les aliments à indice glycémique élevé provoquent un pic d'insuline brutal dans le sang, une hormone qui stimule la production d'androgènes et d'une autre molécule de croissance. Ce cocktail hormonal active directement les glandes sébacées, qui se mettent à produire du sébum en excès, obstruant les pores et favorisant l'inflammation cutanée. De plus, les produits laitiers présents dans le chocolat au lait contiennent des hormones naturelles de croissance bovine qui aggravent ce phénomène inflammatoire chez les personnes prédisposées.


La charcuterie : une bombe de graisses saturées et de sel favorisant l'inflammation


Concernant la charcuterie, la science confirme qu'une consommation excessive peut aggraver les problèmes de peau, non pas à cause d'une toxicité de la viande, mais en raison de sa richesse en graisses saturées et en acides gras oméga-6. Un apport massif de ces lipides, combiné à un manque d'oméga-3 (que l'on trouve dans les poissons gras), crée un terrain pro-inflammatoire dans tout l'organisme, qui se répercute inévitablement sur la peau. De plus, la forte teneur en sel de la charcuterie peut déshydrater les tissus, poussant la peau à produire davantage de sébum pour compenser ce dessèchement. Les nitrites et les additifs utilisés pour la conservation peuvent également altérer le microbiote intestinal, dont le déséquilibre est aujourd'hui étroitement lié à l'inflammation cutanée.


Un terrain génétique et hormonal face à un déclencheur alimentaire


En conclusion, si le chocolat blanc ou au lait et la charcuterie sont bel et bien des facteurs aggravants du fait de leur potentiel inflammatoire et de leur impact sur l'insuline, ils ne sont pas la cause première de l'acné. L'acné reste une maladie de peau multifactorielle, dictée avant tout par la génétique, les fluctuations hormonales et le stress. Un individu n'ayant aucune prédisposition acnéique pourra consommer ces aliments sans voir de modification sur son visage. En revanche, pour une personne au terrain sensible, ces excès alimentaires agiront comme un véritable carburant sur le feu, accélérant la rétention de sébum et la prolifération bactérienne, d'où l'importance de privilégier une alimentation globale à faible indice glycémique et riche en antioxydants pour préserver la clarté de son teint.

jeudi 24 janvier 2019

Idée reçue : le chocolat noir est moins calorique que le chocolat au lait

Les chocolats, pour notre bon plaisir, avec modération (© Getty images).


Le carré de chocolat noir dégusté avec le café bénéficie d’une réputation diététique irréprochable, souvent paré des vertus de la minceur et de la bonne conscience. Dans l’esprit collectif, choisir le chocolat noir plutôt que le chocolat au lait est le réflexe absolu lorsque l’on surveille sa ligne, sous prétexte qu’il serait nettement moins calorique. Nous allons voir que la croyance populaire repose sur un raccourci gustatif simple.


Puisque le chocolat noir est plus amer et moins doux, il contient forcément moins d’énergie. Pourtant, la réalité de la biochimie alimentaire vient bousculer cette certitude avec un verdict surprenant : sur le plan strictement calorique, le chocolat noir et le chocolat au lait se situent dans un mouchoir de poche, et le noir se révèle parfois même plus énergétique.

Nous nous proposons ici de dénouer le vrai du faux en abordant la balance subtile entre le sucre et le gras, l'impact sur la satiété et la véritable nature de leurs calories.


Le paradoxe des nutriments : quand le gras remplace le sucre


L'erreur commise par le grand public est de résumer la valeur calorique d'un aliment à sa seule teneur en sucre. S'il est parfaitement exact que le chocolat au lait contient plus de sucre blanc raffiné que le chocolat noir, ce dernier se rattrape largement sur un autre nutriment beaucoup plus dense en énergie : les lipides. Le chocolat noir à forte teneur en cacao (à partir de 70% ou 80%) est fabriqué avec une quantité très importante de pâte et de beurre de cacao. Or, un gramme de graisse apporte neuf calories, tandis qu'un gramme de sucre n'en apporte que quatre. En augmentant le pourcentage de cacao, on diminue le sucre mais on augmente considérablement le gras, ce qui équilibre mathématiquement l'apport énergétique global. En moyenne, cent grammes de chocolat noir à 70% apportent environ 550 à 600 calories, soit une valeur quasi identique, et parfois supérieure, aux 530 à 550 calories du chocolat au lait.


Une différence fondamentale de composition et de qualité nutritionnelle


Si les calories sont équivalentes sur la balance, leur nature et leur impact sur la santé sont pourtant radicalement différents. Le chocolat au lait est un produit plus industriel et dilué, où le cacao est minoritaire face au sucre, à la poudre de lait et parfois à des graisses végétales de moindre qualité. À l'inverse, les calories du chocolat noir proviennent de graisses végétales nobles riches en acides stéarique et oléique, qui ont un impact neutre sur le cholestérol. De plus, la richesse du chocolat noir en solides de cacao lui confère une densité exceptionnelle en polyphénols antioxydants, en magnésium et en fer. Consommer du chocolat noir n'est donc pas une stratégie pour ingérer moins de calories, mais une démarche pour apporter des nutriments protecteurs de haute qualité à son organisme, là où le chocolat au lait apporte principalement des calories vides.


L'impact comportemental et le contrôle de la satiété


La véritable supériorité du chocolat noir dans un objectif de contrôle du poids ne relève pas de sa composition calorique, mais de son impact sur notre comportement alimentaire et notre satiété. Le chocolat au lait, par sa richesse en sucre et en lactose, possède un indice glycémique plus élevé qui stimule la sécrétion d'insuline et active les circuits de la récompense dans le cerveau, créant un effet d'addiction bien connu qui pousse à finir la tablette. Le chocolat noir, en revanche, combine l'amertume naturelle du cacao à une forte proportion de fibres et de graisses lentes à digérer. Ces caractéristiques freinent l'absorption des glucides, stabilisent la glycémie et envoient de puissants signaux de satiété au cerveau. En conclusion, le chocolat noir ne fait pas maigrir par magie et reste un aliment très calorique, mais sa puissance aromatique et sa composition biochimique permettent de se satisfaire d'un seul carré, tandis que le chocolat au lait appelle irrésistiblement au dépassement des portions.