RHÔNE-ALPES : LES CÉVENNES VIVAROISES
Il a accompagné l'homme en son pays cévenol
pendant des siècles pour être petit à petit délaissé. Il connaît actuellement
un regain d'intérêt : c'est le châtaignier, et son fruit la châtaigne,
« l'arbre à pain » des Cévennes.

Aujourd'hui, tous se mobilisent pour sauver la châtaigne
Car c'est bien là l'objet de tant de soins, une
espèce sans doute indigène que l'on croit voir apparaître au Moyen Âge lors
d'une première phase de culture. La châtaigne ne devient « maître des
terroirs », prépondérant, que vers le XVIe siècle. Elle le
reste jusqu'au XIXe siècle pour tomber en désuétude, les maladies
comme l'encre et l'endothia se conjuguant avec l'abandon des terres, l'exode
rural bat son plein.
La châtaigne, omniprésente dans la gamelle cévenole,
perd de la vitesse. Aujourd'hui, les initiatives redoublent dans le pays. Les
procédés restent les mêmes, à savoir le séchage dans un lieu que l'on appelle
« cleda », un petit bâtiment disposé dans la châtaigneraie ou
jouxtant l'habitation. Là, est entretenu un feu nuit et jour le temps de la
dessiccation, soit trois à quatre semaines. Une fois séchées, les châtaignes se
conservent mieux.
L'arbre et l'homme furent pendant des siècles
inséparables, le premier donnant au second tout ce dont il avait besoin,
feuilles pour nourrir les bêtes, bois pour réaliser meubles, charpentes,
planchers, conduites et fruits pour nourrir le paysan cévenol : un vrai
mariage de raison.
Julien Frizot – Le Bien Public – Quartier libre n°204
(du 24 au 30 septembre 2004).
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