vendredi 23 décembre 2016

Des insectes dans nos assiettes ?

Manger des insectes : des freins psychologiques et culturels (©DR).


Voilà quelques années que l'idée de remplacer la viande classique (rouge ou blanche) par la consommation  d'insectes - autrement appelée l'entomophagie - fait son chemin dans les esprits. Nous vous proposons ci-dessous de faire un petit point sur le sujet en France et dans les pays européens. Aujourd'hui, et de plus en plus, l'idée quitte le strict domaine des rapports scientifiques pour tenter de s'imposer, non sans heurts, dans l'espace public et économique européen.


Le basculement vers l'industrialisation


Jusqu'alors cantonnée à une curiosité exotique ou à une piste théorique soulevée par l'ONU en 2013, cette année 2016 marque l'industrialisation concrète de la filière en France. C'est durant cette période que les premières start-ups tricolores spécialisées (comme Jimini's ou Micronutris) commencent à lever des fonds importants et à installer des usines d'élevage automatisées. La motivation est alors purement environnementale : face aux chiffres de pollution de la viande de bœuf, les insectes affichent un taux de conversion imbattable, nécessitant six fois moins de nourriture pour produire la même quantité de protéines. L'année 2016 voit ainsi l'apparition des premiers insectes apéritifs ou barres énergétiques pour sportifs dans les rayons de certaines grandes surfaces françaises.


Le grand flou juridique européen


Malgré cet élan commercial, cette année est aussi celle d'un immense coup de frein réglementaire en Europe. À cette date, les insectes tombent sous le coup d'un ancien texte européen de 1997 sur les "nouveaux aliments" (Novel Food). Ce règlement n'interdit pas explicitement les insectes, mais il impose de lourdes procédures d'autorisation scientifique pour prouver leur non-toxicité. La France choisit d'appliquer une politique de tolérance technique pour les entreprises déjà sur le marché, mais elle leur interdit toute communication de masse. Le consommateur français se retrouve face à un paradoxe : on lui vante les mérites écologiques des grillons, mais l'État restreint leur vente en attendant une harmonisation européenne.


Un comparatif européen aux trajectoires très diverses


Face à ce flou réglementaire, les pays européens réagissent de manière totalement opposée, dessinant une carte de l'Europe à plusieurs vitesses.

La Belgique et les Pays-Bas se positionnent dès 2016 comme les pionniers absolus du sujet. Leurs autorités sanitaires nationales décident unilatéralement d'autoriser la commercialisation d'une dizaine d'espèces d'insectes (comme le ver de farine ou le criquet migrateur). En 2016, les supermarchés néerlandais et belges proposent déjà des "burgers d'insectes" ou des nuggets dans leurs rayons frais de façon totalement légale, devançant de plusieurs années le reste du continent.

L'Allemagne et le Royaume-Uni adoptent une position intermédiaire. En 2016, ces pays tolèrent la vente de produits à base d'insectes uniquement s'ils sont commercialisés entiers (car le texte européen de l'époque visait surtout les ingrédients "extraits" ou transformés). Des concepts de restaurants éphémères et de boutiques en ligne fleurissent à Londres et Berlin, surfant sur un public urbain et curieux.

L'Europe du Sud, menée par l'Italie et l'Espagne, applique une fermeture totale ! Très attachés à leurs traditions gastronomiques et stricts sur les questions sanitaires, ces pays interdisent purement et simplement la vente d'insectes pour la consommation humaine sur leur territoire, saisissant les rares stocks importés.


Le mur du dégoût psychologique


Si cette année a permis de poser les bases industrielles et d'initier les débats réglementaires qui mèneront aux autorisations officielles de l'Union Européenne quelques années plus tard, elle n'a pas été le grand soir de l'alimentation de masse. Les études de sociologie de la consommation menées cette année montrent que le principal frein n'était pas le prix ou l'accès au produit, mais une barrière culturelle majeure. Pour la grande majorité des Européens, l'insecte reste associé à la saleté ou à la pauvreté. Les entreprises ont compris cette année-là que pour faire accepter cette nouvelle protéine, il faudrait cesser de présenter l'animal entier et privilégier son incorporation invisible sous forme de farine dans des produits du quotidien comme les pâtes ou les biscuits.

samedi 17 décembre 2016

Que boire avec… une bûche de Noël ?

La bûche de Noël (©Getty - Eleonora Michielan).


La bûche de Noël est le point d'orgue du repas de fêtes, mais son association avec les boissons relève souvent du défi. Entre la richesse de la crème au beurre des bûches traditionnelles, l'acidité des déclinaisons fruitées ou l'intensité du chocolat, le choix du verre dépendra entièrement de la nature de votre dessert pour éviter de saturer les papilles en fin de repas.


Le champagne demi-sec pour les bûches fruitées ou glacées


Le réflexe d'ouvrir un champagne brut sur la bûche est souvent une erreur, car l'acidité naturelle du vin se heurte violemment au sucre du dessert. En revanche, pour une bûche de Noël aux fruits exotiques, aux fruits rouges ou en version glacée, un Champagne demi-sec ou un Crémant rosé s'avère parfait. Doté d'un dosage en sucre plus généreux, il s'harmonise avec la douceur du dessert, tandis que la finesse de ses bulles et sa fraîcheur apportent une légèreté bienvenue pour réveiller le palais après un long repas.


Les vins doux naturels pour l'intensité d'une bûche au chocolat


Si votre bûche fait la part belle au chocolat noir intense, au praliné ou au café, il vous faut une boisson capable de rivaliser avec cette puissance aromatique. Les vins doux naturels du Sud de la France, comme un Banyuls, un Maury ou un Rasteau, forment ici un accord somptueux. Leurs notes de fruits noirs confits, de cacao et d'épices épousent le caractère du chocolat, tandis que leur structure chaleureuse enveloppe la texture dense de la bûche sans jamais créer de sensation de lourdeur.


Un cidre de glace pour l'esprit festif


Pour surprendre vos invités avec un accord original et profondément hivernal, le cidre de glace est une option magique, particulièrement sur une bûche aux marrons, au caramel ou à la vanille. Obtenu par la fermentation de jus de pommes concentré par le froid hivernal, ce nectar offre un équilibre parfait entre une sucrosité liquoreuse et une acidité vive. Ses arômes de pomme tatin et de miel soulignent la rondeur de la bûche tout en apportant un peps incroyable qui évite l'effet écœurant.


Un thé noir de Noël aux épices


Pour une alternative sans alcool chaleureuse et raffinée, le traditionnel thé noir de Noël est un compagnon d'élection. Souvent parfumé à l'écorce d'orange, à la cannelle, au clou de girofle et à la cardamome, ses notes épicées rappellent immédiatement l'ambiance des fêtes et s'accordent merveilleusement bien avec les bûches au chocolat ou aux fruits secs. La légère amertume et les tanins du thé noir permettent de structurer la bouche et de rincer le palais de la richesse de la crème, offrant une fin de repas tout en douceur.

mercredi 7 décembre 2016

Idée reçue : la carotte constipe mais rend aimable

Inciter les enfants à manger des carottes, pas facile (©DR).

La double réputation de la carotte, accusée d'un côté de bloquer le transit intestinal et parée de l'autre du pouvoir magique de modifier notre humeur, est un exemple parfait de la façon dont les dictons populaires mélangent vérités médicales et croyances ancestrales. Ce légume racine orange, omniprésent dans nos cuisines, fait l’objet de deux affirmations radicalement différentes qui traversent les générations sans jamais être remises en question. Pourtant, en grattant la surface de ces affirmations avec les outils de la science moderne, on découvre que le rôle de la carotte sur la constipation est souvent mal compris et que sa capacité à rendre aimable relève d'une astucieuse stratégie éducative et historique.


Il convient de démystifier ces deux facettes en analysant l'impact réel des fibres de la carotte sur la digestion, puis en explorant les origines amusantes de sa prétendue vertu psychologique. Voyons ci-dessous en quelques lignes ce que l'on peut affirmer sur ces deux allégations.


Le paradoxe de la constipation : une question de cuisson et non de légume


L'affirmation selon laquelle la carotte constipe est scientifiquement fausse si l'on considère le légume dans son état naturel, mais elle repose sur une observation clinique bien réelle liée à sa préparation. La carotte est particulièrement riche en fibres alimentaires, mais ces fibres changent de nature et de comportement selon qu'elles sont crues ou cuites. Lorsqu'elle est consommée crue et râpée, la carotte apporte des fibres insolubles qui stimulent les mouvements de l'intestin et aident au contraire à lutter contre la paresse intestinale. En revanche, lorsqu'elle est longuement cuite, ses fibres se transforment en une sorte de gel qui retient l'eau et ralentit le transit, ce qui en fait le remède naturel par excellence pour soigner la diarrhée, notamment chez les nourrissons. La carotte ne constipe donc pas le système digestif d'un adulte sain ; elle régule simplement le transit en fonction de sa cuisson.


Rendre aimable : une ruse éducative pour faire accepter un légume rustique


Le célèbre dicton affirmant que manger des carottes rend aimable ne possède, sans surprise, aucun fondement biologique ou neurologique. L'origine de cette expression est avant tout psychologique et pédagogique, inventée par des générations de parents pour convaincre les enfants de manger un légume qui, autrefois, n'avait pas la faveur des plus jeunes en raison de sa texture rustique. De plus, les ânes, animaux souvent perçus à tort comme têtus ou de mauvaise humeur, devenaient instantanément dociles et obéissants dès qu'on leur tendait une carotte en récompense. Cette image de l'animal apaisé par la douceur sucrée du légume a fini par glisser dans le langage courant pour s'appliquer aux humains, s'appuyant sur l'idée universelle que la gourmandise adoucit les mœurs.


Le vrai pouvoir de la carotte : donner bonne mine et protéger la santé


À défaut de modifier instantanément notre caractère, la carotte possède un véritable pouvoir biologique qui peut indirectement influencer notre bien-être : elle donne une apparence saine et un teint éclatant. La carotte est l'une des sources végétales les plus riches en bêta-carotène, un pigment antioxydant que notre corps transforme en vitamine A. Ce composé s'accumule dans les couches superficielles de la peau et stimule la production de mélanine, offrant un léger hâle naturel et une "bonne mine" qui renforce l'estime de soi et donne un air plus chaleureux et avenant. En conclusion, si la carotte ne soigne pas la mauvaise humeur et ne perturbe pas le transit, sa richesse en vitamines, sa douceur et ses bienfaits pour la peau et la vision en font un aliment indispensable qui participe pleinement à notre équilibre général.

mardi 25 octobre 2016

Français et surpoids : au-delà de l'humour, une réalité !


Un Français sur deux serait obèse ! Des chiffres dignent de ceux constatés Outre Atlantique pour nous faire peur, ici, au pays du jambon-beurre ? Non, la réalité constatée par une très sérieuse étude parut aujourd’hui.

Un habitant sur deux de la France ! Si, régulièrement, les médias évoquaient l’augmentation régulière du nombre d’homme et de femme obèse dans l’Hexagone, le chiffre fait aujourd’hui l’effet d’un coup de massue !
Ce chiffre émane du sérieux Bulletin épistémiologique hebdomadaire et fait déjà le buzz voire les gros titres de nombreux journaux télévisés ou journaux !

Au centre de cette étude, plus de 29 000 profils, tirés au sort en 2013, et tous situé(e)s dans une fourchette d’âge allant de 30 à 60 ans.
Les hommes sont plus touchés que les femmes puisque 41 % de ces premiers souffrent de surpoids et 15,8 % d’obésité alors que pour les femmes, les chiffres sont respectivement de l’ordre de 25,3 % et 15,6 % pour elles. Peu reluisant si l’on fait le point sur ces deux données : surpoids et obésité confondus, 56,8 % d’hommes et 40,9 % de femmes seraient en surcharge pondérale !

Autres conclusions de cette étude :
Une étude documentée et illustrée de cartes et histogrammes.
Ici, les inégalités régionales.

- les différences se retrouvent aussi au niveau géographique. Le Nord-Est de la France est à ce titre le secteur le plus concerné par l’obésité quand les Parisiens sont les moins atteints…

- l’aisance matérielle des personnes examinées entre en ligne compte. La richesse joue sur le poids, mieux vaut ne pas être trop pauvre !

Pour en savoir plus :

mardi 11 octobre 2016

Que boire avec… un bon cassoulet ?

Le cassoulet de Castelnaudary (©DR).



Le cassoulet est le monument absolu de la cuisine de terroir et du réconfort. Qu'il vienne de Castelnaudary, de Toulouse ou de Carcassonne, ce plat mythique mijoté de longues heures dans sa cassole en terre cuite combine la douceur fondante des haricots blancs (le lingot du Lauragais ou le tarbais), la richesse confite des viandes (cuisses de canard ou d'oie confites, jarret de porc, saucisse de Toulouse), et cette croûte rousse caramélisée que le cuisinier casse traditionnellement sept fois pendant la cuisson. Ce chef-d'œuvre de gourmandise, marqué par le gras noble, le confit et une puissance terrienne unique, réclame des boissons de grand caractère, capables de rivaliser avec la force des viandes tout en apportant une fraîcheur indispensable pour vivifier le palais.


Un rouge de Madiran ou de Cahors pour l'accord régional


L'accord le plus évident et le plus fusionnel nous mène directement sur les terres du Sud-Ouest avec des vins rouges puissants, structurés et riches en tanins. Un Madiran (dominé par le cépage Tannat) ou un Cahors (issu du cépage Malbec), idéalement choisi avec quelques années de garde, est le partenaire roi du cassoulet. La structure tannique affirmée de ces grands vins noirs trouve ici son utilité gastronomique majeure : elle vient littéralement s'harmoniser avec les protéines des viandes confites et du jarret de porc, tout en coupant le gras du plat. Les notes de fruits noirs mûrs, de poivre, de cuir et de sous-bois de ces vins s'intègrent magistralement aux arômes du cassoulet, offrant une finale d'une incroyable persistance.


Un rouge de Faugères ou du Minervois pour privilégier la garrigue


Si vous préférez un accord orienté vers des tanins plus souples et un fruit plus solaire, les vignobles du Languedoc offrent des alternatives somptueuses qui rappellent le cassoulet de Carcassonne (qui intègre parfois de l'agneau). Un Faugères ou un Minervois-La Livinière, nés sur des sols de schistes et dominés par la Syrah, le Grenache et le Carignan, font des merveilles. Ces vins déploient une matière veloutée et des arômes envoûtants de tapenade noire, de réglisse et de thym sauvage. Cette rondeur enrobe la texture douce du haricot blanc, tandis que les notes d'épices de la Syrah soulignent le goût unique de la véritable saucisse de Toulouse grillée.


Un vin blanc sec et boisé pour un contraste audacieux


Bien que le vin rouge soit la règle absolue pour la majorité des convives, un vin blanc bien charpenté peut créer une surprise gastronomique mémorable. Le secret réside dans le choix d'un vin blanc sec, gras, élevé en fûts de chêne et doté d'une belle fraîcheur. Un grand vin de l'AOC Limoux blanc (issu du cépage Chardonnay) ou un Gaillac blanc à base de Mauzac et de Len de l'El offrent une réponse incroyable. Les notes de beurre, de brioche et de pomme cuite de ces blancs du Sud-Ouest épousent l'onctuosité de la texture des haricots lingots, tandis que leur acidité intégrée vient bousculer la richesse du canard confit, apportant une sensation de légèreté inédite.


Une bière ambrée artisanale de style Bière de Garde


Pour les amateurs de brasserie, le cassoulet se prête magnifiquement au jeu d'une dégustation de bière artisanale de caractère. Une Bière de Garde ambrée ou une bière de style Dubbel de tradition trappiste forment un mariage de textures redoutable. Les malts torréfiés utilisés pour ces bières développent des notes de caramel brun, de noisette et de croûte de pain grillé qui font un écho direct à la croûte caramélisée du cassoulet brisée au four. La pétillance naturelle de la bière et sa mousse généreuse agissent comme un balai rafraîchissant sur le palais, allégeant la richesse du porc et du canard après chaque cuillerée.


Deux propositions sans alcool


1 - Un thé noir fumé Lapsang Souchong 

Pour une option sans alcool raffinée capable de faire face à la complexité et à la puissance du cassoulet, le monde du thé offre une solution extraordinaire. Un thé noir fumé Lapsang Souchong, servi bien chaud dans des tasses tout au long du repas, crée un accord de résonance immédiat. Ses notes intenses de bois brûlé, de résine de pin et de fumée épousent à la perfection le goût du canard confit et des saucisses fumées si vous en intégrez. De plus, la chaleur de l'infusion et les tanins naturels du thé noir aident à assimiler les graisses et les protéines du porc, offrant une conclusion en bouche très confortable et digeste.


2 - Un… bouillon de canard corsé ou un kvas pour sa fraîcheur !


Si vous cherchez une option sans alcool plus insolite, vous pouvez servir un consommé de légumes d'hiver et de carcan de canard rôti, fortement relevé de poivre noir et de clous de girofle, servi brûlant, qui prolongera l'esprit du mijotage. Pour une option froide et tonique, un kvas artisanal (une boisson fermentée traditionnelle à base de pain de seigle noir) sera parfait. Ses notes de céréales grillées rappellent la cuisson en cassole, tandis que sa fine acidité et sa pétillance naturelle viennent trancher dans la richesse des haricots blancs et du confit, réinitialisant les papilles de manière très dynamique.

lundi 12 septembre 2016

" Cash Investigation " : Elyse Lucet enfonce le clou sur la malbouffe


Sûr que tout cela ne va pas plaire à nombre de membres du secteur de la grand distribution, des industries agroalimentaires et autres acheteurs de viandes de cheval dans le dos de la population (de moins en moins silencieuses, d'ailleurs) !
Au programme de Cash Investigation mardi 13 septembre 2016 à 20h55, un numéro spécial " malbouffe " comme Elyse Lucet en a le secret. Questions gênantes et images embarrassantes au programme.
Certains s'insurgerons que cela ressemble plus à de la télé poubelle, que c'est bien beau de tout dézinguer mais qu'en attendant, aucune alternative n'est propsée ! Aucune ? Vous en êtes sûr ???

vendredi 2 septembre 2016

Que boire avec… les mirabelles natures ou en desserts ?

La mirabelle est la petite reine dorée de la fin de l'été, particulièrement indissociable du terroir lorrain. Derrière sa peau fine tachetée de rousseur se cache une chair gorgée d'un jus intensément sucré, presque mielleux, soutenu par des notes de cire d'abeille et une acidité extrêmement discrète qui se loge principalement dans sa peau. Ce profil d'une grande douceur et d'une richesse aromatique singulière demande des boissons capables de souligner sa rondeur sans créer d'effet de lourdeur, ou d'apporter le peps nécessaire pour réveiller son sucre.


Ses atouts pour notre santé


Sous sa silhouette de petite bille ensoleillée, la mirabelle cache un profil nutritionnel remarquable. Elle est exceptionnellement riche en fibres, notamment en pectine, ce qui en fait une alliée de choix pour réguler le transit intestinal et favoriser la satiété. Elle s'illustre également par sa richesse en bêta-carotène (provitamine A), un puissant antioxydant qui lui donne sa belle couleur dorée et s'avère précieux pour la santé de la peau et de la vue. Enfin, elle apporte une belle dose de potassium, de vitamine C et de vitamines du groupe B, offrant un véritable coup de fouet énergétique à l'organisme au moment de la rentrée, le tout avec une digestibilité parfaite grâce à la tendreté de sa chair.


Un blanc de la même région pour les mirabelles fraîches


Picorer des mirabelles fraîches, tout juste cueillies de l'arbre et encore tiédies par le soleil, est un bonheur simple qui demande un accord local et tout en délicatesse. Un vin blanc d'Alsace issu du cépage Pinot Gris ou un Pinot Blanc se révèle être un compagnon idéal. Le Pinot Gris, avec ses notes automnales de sous-bois, de fruits secs et de miel, s'aligne parfaitement sur la richesse de la prune fraîche sans jamais l'écraser. Sa texture souple enveloppe le fruit avec élégance, tandis que sa fraîcheur discrète permet de désaltérer le palais tout en prolongeant le parfum de muscat de la mirabelle.


Un grand vin blanc liquoreux pour une tarte


La tarte aux mirabelles, avec sa pâte brisée croustillante et ses fruits rangés serrés qui caramélisent et lâchent leur jus au four, concentre les sucres de manière spectaculaire. Pour escorter ce monument de la gourmandise, il faut se tourner vers un vin blanc liquoreux capable de rivaliser avec cette richesse tout en apportant une tension salvatrice. Un Quarts-de-Chaume ou un Coteaux-du-Layon de la Vallée de la Loire, issus du cépage Chenin, font des merveilles. Les notes de coing, de miel et d'abricot confit de ces vins épousent le confit de la mirabelle cuite, tandis que la vive acidité naturelle du Chenin vient trancher le sucre de la tarte, rendant la fin de bouche incroyablement digeste.


Une eau-de-vie de mirabelle pour clafoutis ou crumble


Lorsque la mirabelle est emprisonnée dans la texture riche et crémeuse d'un clafoutis ou sous le biscuit beurré d'un crumble, l'appareil atténue la perception du sucre du fruit. C'est le moment idéal pour tenter l'accord traditionnel par excellence en servant, en fin de dégustation, une authentique Eau-de-vie de Mirabelle de Lorraine AOC. Servie givrée ou à température du verre creux, la puissance de cet alcool blanc distillé vient réveiller la rondeur du dessert. Ses arômes explosifs de prune sauvage et d'amande amère (provenant du noyau) créent une synergie magistrale avec la mirabelle cuite, offrant une conclusion de repas chaleureuse et intensément parfumée.


Sans alcool : un thé Oolong ou une eau infusée au romarin


Pour une alternative sans alcool raffinée qui honore la mirabelle sous toutes ses formes, la subtilité est de mise pour ne pas saturer les papilles. Pour accompagner une tarte ou un clafoutis au goûter, un thé Oolong de Taïwan légèrement torréfié est un choix d'une grande poésie. Ce thé bleu-vert développe naturellement des notes de châtaigne, de miel et de fruits à coque qui s'unissent à merveille à la rondeur de la mirabelle, ses légers tanins structurant la bouche de façon très élégante. Si vous préférez une option fraîche pour les fruits natures, une eau pétillante infusée au romarin frais et au zeste de citron jaune sera parfaite. La note boisée et camphrée du romarin apporte un relief saisissant qui bouscule la douceur de la mirabelle, tandis que le citron apporte le peps nécessaire pour réveiller le fruit.

mardi 30 août 2016

La revue WE DEMAIN N°15 en kiosque

Nous nous sommes procuré le nouveau numéro du trimestriel We Demain – 15e du nom - est arrivé en kiosque. Parmi les nombreux sujet de ce nouvel opus, voici ce qui peut vous intéresser sur l'alimentation.

 La croisade alimentaire des Albigeois : «  comment produire dans un rayon de 60 km de quoi nourrir les 50 000 habitants du chef-lieu du Tarn ? Pour soutenir cette gageure, la municipalité loue des parcelles à des maraîchers, soutient la vente directe et installe même des plates-bandes de fruits et légumes en plein centre-ville. »

Futur food : «  manger de la viande, du poisson, des œufs ou boire du lait sans exploiter le moindre animal : c’est ce que propose une nouvelle génération de start-up de la Silicon Valley, qui attire des millions de dollars d’investissements. La technologie peut-elle duper nos papilles ? Enquête gustative.

Et bien d’autres sujets prospectifs qui donnent à réfléchir sur l’avenir de nos sociétés modernes…
En kiosque au prix de 12,00 € (sept-oct-nov)


mardi 23 août 2016

Index glycémique : faut-il se méfier des carottes?

© (DR).

Pour tordre le cou à quelques idées reçues sur les carottes et leur taux de sucre, cet article reproduit ici intégralement extrait de la presse quotidienne.
 
" Contrairement à l'idée reçue, les carottes, même cuites, ne font pas grimper en flêche le taux de sucre dans le sang.
L'erreur remonte au début des années 1980. Plutôt que de considérer simplement qu'il y a dans notre nourriture des sucres lents et d'autres rapides, certains scientifiques décident de s'intéresser à la hausse du taux de glucose dans le sang, ou glycémie, après l'ingestion des aliments. À l'université de Toronto, David Jenkins met ainsi au point un indice permettant d'apprécier l'amplitude de ce pic : l'index glycémique. Il ne reste plus qu'à l'établir pour les diverses catégories d'aliments. Mais comment procéder ?

Pour le déterminer, il faudra mesurer l'évolution de la glycémie à intervalles répétés, dans les deux heures qui suivent l'ingestion de nourriture, sur un nombre suffisant de personnes. C'est là que le bât blesse. Car les données qui vont servir de référence pendant des années sont issues d'études menées avec un petit nombre de volontaires. D'où des chiffres pas forcément fiables, notamment pour les carottes cuites, dont l'index atteint 92, soit une valeur proche du maximum, à savoir la valeur 100 du glucose. À l'époque, on savait déjà qu'un aliment à index glycémique élevé, consommé de façon excessive, pouvait avoir de sérieuses répercussions sur la santé.
En effet, un taux sanguin de sucre anormalement élevé met en péril l'organisme, qui réagit en sécrétant de l'insuline, pour le faire baisser. Sans surprise, c'est un mécanisme particulièrement périlleux en cas de diabète, car soit l'insuline fait défaut, soit le corps n'y répond pas correctement. Qui plus est, même si l'insuline est bien produite, à la longue, les pics de glycémie ont pour effet de favoriser le stockage de glucose sous forme d'acides gras, et donc de favoriser l'embonpoint et l'obésité. Et cette obésité, elle-même, est le principal facteur de risque pour le diabète de type2. Il y a donc de bonnes raisons de se méfier d'un aliment à fort index glycémique, et de préconiser une certaine prudence à son égard. Sauf que… la carotte a en réalité un index glycémique très raisonnable: 16 lorsqu'elle est crue, 47 une fois cuite.

Faire travailler les enzymes de l'estomac

Le fait qu'il y ait deux valeurs s'explique par les variations de l'index glycémique en raison de la nature même des aliments et de leur préparation. Il y a tout d'abord des différences entre glucides: plus nos enzymes doivent travailler pour les digérer, en découpant dans l'estomac les molécules des sucres, plus l'IG diminue. C'est la différence bien connue entre sucres dits simples (à index élevé) et ceux qualifiés de complexes. Entre également en jeu la nature de l'amidon, glucide complexe présent par exemple dans les fruits et légumes. S'il renferme beaucoup d'amylose (c'est le cas de nombreuses légumineuses), l'aliment est digéré lentement, alors que s'il est riche en amylopectine (cas des pommes de terre ou des fruits bien mûrs), il est assimilé bien plus vite. Par ailleurs, dans les deux cas, si l'aliment est riche en fibres, (qui compliquent le travail des enzymes), l'index est abaissé. Enfin, la cuisson joue un rôle important.
En rendant l'amidon gélatineux, elle facilite la tâche des enzymes. Voilà pourquoi la valeur de l'index glycémique augmente entre carottes crues et cuites, ou entre des pâtes al dente (40) et bien cuites (50). C'est également la raison pour laquelle les aliments industriels (pain de mie, céréales, plats tout préparés…), qui subissent de multiples traitements, ont toujours des IG élevés, alors même que ces produits sont souvent riches en lipides lesquels ont tendance à faire baisser l'IG. Alors à choisir, même si les carottes sont cuites, mieux vaut les privilégier ! "

(Source : Le Figaro santé, par  

mercredi 10 août 2016

Que boire avec… un salade tomate, mozarrella, basilic ?

Salade "Caprese", bonheur gustatif (©DR).


La salade tomate mozzarella basilic (la fameuse Caprese) est le symbole même de la cuisine estivale. Son profil repose sur trois piliers : la sucrosité juteuse et l'acidité de la tomate, le crémeux lacté et doux de la mozzarella (surtout s'il s'agit de di Bufala), et la fraîcheur aromatique et poivrée du basilic. Pour l'accompagner, il faut des boissons fraîches qui respectent cette délicatesse sans se faire écraser par l'acidité de la tomate.


Le vin blanc italien sec et minéral


Pour rester dans l'esprit du terroir, un vin blanc italien est le compagnon naturel de cette salade. Un Fiano di Avellino, un Vermentino ou un Greco di Tufo font des merveilles. Ces vins possèdent une belle vivacité qui répond à l'acidité de la tomate, mais aussi une texture légèrement grasse et des notes d'amande fraîche qui enveloppent superbement le côté crémeux de la mozzarella. Leurs touches minérales et parfois salines subliment le basilic sans jamais saturer le palais.


Un rosé de Provence


Le vin rosé est une alternative estivale incontournable. Il convient de choisir un rosé de Provence (comme un Côtes de Provence ou un Coteaux d'Aix), réputé pour sa robe claire, sa grande fraîcheur et ses notes de petits fruits rouges acidulés et d'agrumes. Ce profil aérien et désaltérant s'harmonise parfaitement avec la tomate, tandis que la fluidité du vin vient alléger la richesse de l'huile d'olive et le fondant du fromage.


Un vin rouge très léger et fruité


Si vous tenez absolument à servir du vin rouge, il faut impérativement bannir les tanins puissants et le bois, qui créeraient un conflit désagréable avec l'acidité de la tomate et le lait du fromage. La solution se trouve dans un vin rouge italien très léger et fruité, comme un Bardolino ou un Valpolicella (servis légèrement rafraîchis), ou un Beaujolais français. Leurs notes de cerise fraîche et leur structure croquante accompagnent la salade comme un coulis de fruits frais, de manière très gourmande.


Une eau infusée au concombre et au citron


Pour une alternative sans alcool qui mise tout sur la pureté et la fraîcheur, une eau détox infusée maison est idéale. En y plongeant des rondelles de concombre, des zestes de citron jaune et quelques feuilles de basilic froissées quelques heures avant le repas, vous obtenez une boisson ultra-désaltérante. La fraîcheur végétale du concombre et le peps du citron prolongent idéalement les arômes de la salade, tout en nettoyant le palais entre chaque bouchée de mozzarella.

mercredi 6 juillet 2016

Que boire avec… un taboulé ?

Une recette de taboulé libanais (©DR).


Le véritable taboulé libanais est une explosion de fraîcheur où le persil plat et la menthe fraîche dominent largement, accompagnés de tomates, d'un filet de jus de citron intense et d'un soupçon de boulghour. Ce profil très acide, herbacé et juteux est un piège pour beaucoup de boissons, notamment les vins rouges qui deviendraient terriblement amers au contact du citron.


Le vin blanc vif et iodé


Pour faire face à l'intensité du jus de citron et à la fraîcheur des herbes, le choix du vin blanc doit se porter sur un cru doté d'une belle vivacité et d'une grande fraîcheur minérale. Un Sauvignon blanc de la Vallée de la Loire, comme un Sancerre ou un Quincy, offre des notes végétales et d'agrumes qui entrent en résonance parfaite avec le persil et la menthe. Pour un accord plus local et tout aussi magistral, un vin blanc de la Bekaa libanaise (souvent issu de cépages comme l'Obaideh ou le Sauvignon) apporte la structure ensoleillée et la fraîcheur minérale idéales pour escorter ce mezze emblématique.


Le vin rosé de gastronomie


Un vin rosé s'accorde merveilleusement bien avec le taboulé libanais, à condition de le choisir sec, vineux et structuré, plutôt que trop léger ou sucré. Un Bandol rosé ou un Tavel possèdent la matière et les notes de petits fruits rouges acidulés, d'épices et de garrigue nécessaires pour dialoguer avec la tomate et les herbes aromatiques. Ce type de rosé apporte de la rondeur en bouche sans jamais éteindre le peps du citron, prolongeant l'esprit ensoleillé du repas.


L'Arak pour un accord traditionnel et désaltérant


Si vous souhaitez vivre l'expérience authentique des tables libanaises, l'Arak est la boisson reine. Cet alcool traditionnel distillé à base de raisin et aromatisé aux graines d'anis se boit allongé d'eau fraîche et de glaçons. L'anis apporte une fraîcheur réglissée et une puissance aromatique qui s'harmonisent superbement avec la menthe du taboulé. De plus, l'effet très désaltérant de l'Arak permet de nettoyer le palais entre les différentes saveurs acidulées et parfumées des mezzes.


Le thé glacé à la menthe 


Pour une alternative sans alcool qui respecte scrupuleusement l'identité du plat, un thé vert glacé maison à la menthe et très peu sucré est idéal. La fraîcheur de l'infusion glacée et les notes végétales du thé vert épousent naturellement la menthe fraîche du taboulé. En évitant d'ajouter trop de sucre, la boisson conserve une amertume légère et une fluidité qui désaltèrent le palais tout en prolongeant la sensation de pureté et de fraîcheur herbacée propre à cette salade.

vendredi 1 juillet 2016

Que boire avec… des courgettes farcies ?

Viandes hachées de porc ou de bœuf (©DR).



Ce plat réconfortant combine la douceur aqueuse et fondante de la courgette, la richesse texturée de la farce (souvent un mélange de porc, de bœuf et d'herbes), et la concentration des sueurs de cuisson au four, parfois rehaussée d'un coulis de tomate. Cet équilibre entre la légèreté du légume et la gourmandise de la viande demande des boissons capables d'apporter du relief sans alourdir l'ensemble.


Le vin rouge de Provence ou du Rhône


L'accord le plus naturel et traditionnel avec des courgettes farcies s'oriente vers un vin rouge de caractère mais doté de tanins souples. Un Côtes-du-Rhône ou un vin rouge de Provence (comme un Coteaux-d'Aix-en-Provence), dominés par les cépages Grenache et Syrah, font des merveilles. Leurs notes de fruits rouges mûrs, de poivre noir et de garrigue répondent idéalement aux herbes aromatiques (thym, romarin) glissées dans la farce. La structure chaleureuse de ces vins soutient le gras de la viande, tandis que leurs tanins fondus respectent la délicatesse et le fondant de la courgette cuite sans assécher la bouche.


Un rouge de Loire pour privilégier la fraîcheur


Si vous préférez un accord axé sur la légèreté, notamment lors des chaudes journées d'été, il faut se tourner vers les vins rouges de la Vallée de la Loire. Un Saumur-Champigny ou un Chinon, issus du cépage Cabernet Franc, offrent une alternative splendide. Ces vins se distinguent par une belle acidité salivante et des notes de petits fruits rouges acidulés et de poivron rouge doux. Cette vivacité vient trancher la richesse de la farce à la viande et nettoyer le palais à chaque gorgée, tandis que le profil digeste du vin s'accorde parfaitement avec le côté printanier de la courgette.


Un rosé type Tavel ou Bandol


Les courgettes farcies se dégustent souvent lors des déjeuners ensoleillés, une occasion parfaite pour déboucher une bouteille de vin rosé, à condition de le choisir structuré et vineux. Un Tavel ou un Bandol rosé s'imposent comme des évidences. Très éloignés des rosés d'apéritif légers, ces rosés de gastronomie possèdent une belle matière en bouche et une complexité aromatique remarquable, mêlant les fruits rouges aux notes épicées. Ils ont le coffre nécessaire pour faire face à la viande hachée tout en apportant une fraîcheur et une fluidité intensément désaltérantes, idéales pour ce type de plat estival.


Une bière artisanale de style Amber Ale


Pour les amateurs de bière, l'association avec les viandes rôties au four offre un terrain de jeu passionnant. Une bière ambrée de style Amber Ale ou une Bière de Garde artisanale française créent un mariage de textures très réussi. Les notes de caramel, de pain grillé et de biscuits apportées par les malts torréfiés font écho à la croûte caramélisée des courgettes farcies au four. De plus, l'amertume fine et la pétillance naturelle de la bière viennent couper le gras de la farce, réinitialisant les papilles de manière très dynamique.


Sans alcool : un thé noir Keemun ou une eau infusée au romarin


Pour une alternative sans alcool raffinée, la boisson doit apporter de la structure ou du relief aromatique pour dialoguer avec la viande. Un thé noir Keemun de Chine, servi chaud ou tiède, est un choix exceptionnel. Ce thé noir développe des notes naturellement boisées, subtilement fumées et fruitées, avec des tanins très souples qui s'harmonisent avec les protéines de la viande sans écraser le légume. Si vous cherchez une option fraîche, une eau pétillante infusée au romarin frais et aux baies de genièvre écrasées sera parfaite. La bulle dynamique et le côté résineux et poivré des plantes apportent un coup de fouet qui réveille la douceur de la courgette tout en soulignant le goût de la farce.

mardi 31 mai 2016

La revue WE DEMAIN n°14 à découvrir

We Demain - l’épaisse revue trimestrielle, spécialisée dans les prospectives économiques, sociétales et sociales, n° 14 du nom - est désormais accessible en kiosque. Parmi les nombreux sujet de ce nouveau numéro, voici ce qui peut vous intéresser sur l'alimentation et son avenir.

L’Elfe de la raw food : « L’Islandaise Solla Eiríksdóttir a été sacrée à deux reprises meilleure chef de cette gastronomie à base de produits bruts, crus, ou cuits de préférence à basse température. A l’occasion de la parution, chez Phaïdon, de son dernier livre de recettes végétariennes, elle nous raconte comment elle a introduit ce concept dans les habitudes alimentaires de ses concitoyens. »

Dans la bière des pharaons, des secrets anti-cancer  : « Mélangées à des herbes, la boisson fermentée était, dans l’Antiquité, le médicament dominant. L’Américain Patrick McGovern, fondateur de l’innovante archéologie biomoléculaire, espère trouver au fonds de jarres antiques des résidus actifs contre les maux d’aujourd’hui. »

Et bien d’autres sujets prospectifs qui donnent à réfléchir sur l’avenir de nos sociétés modernes…

En kiosque au prix de 12,00 € (juin-juil-aout).


jeudi 19 mai 2016

Nectarine ou brugnon : faites-vous la différence ?

Nectarine ou brugnon ? Les différences (©DR).


La nectarine et le brugnon sont deux fruits d'été si proches qu'on les confond souvent. Issus tous deux d'une mutation naturelle du pêcher, ils partagent une peau lisse et brillante qui les distingue de la pêche veloutée. Pourtant, deux caractéristiques simples permettent de faire la différence à table.


Les deux différences clés entre la nectarine et le brugnon


La première différence, et la plus notable lors de la dégustation, réside dans l'adhérence du noyau. Chez le brugnon, le noyau adhère fortement à la chair, ce qui oblige souvent à le croquer à pleines dents ou à le détacher patiemment au couteau. À l'inverse, chez la nectarine, le noyau est libre et se détache d'un geste simple dès que le fruit est coupé en deux.

La seconde différence concerne la fermeté de leur chair. Le brugnon possède une chair généralement plus ferme et croquante, qui résiste bien à la manipulation et qui a tendance à moins s'écraser. La nectarine, quant à elle, offre une chair plus tendre, fondante et extrêmement juteuse lorsqu'elle arrive à parfaite maturité. Au niveau du goût, ils sont en revanche presque identiques, oscillant tous deux entre la douceur sucrée et une fine acidité.


Des atouts nutritionnels strictement identiques


Sur le plan de la santé, la nectarine et le brugnon affichent un profil nutritionnel strictement identique. Puisqu'ils appartiennent à la même variété botanique, choisir l'un ou l'autre n'a aucune incidence sur les nutriments que vous apportez à votre organisme.

Ce sont d'excellents alliés de l'été, d'abord pour leur très forte teneur en eau qui participe activement à l'hydratation du corps lors des fortes chaleurs. Très légers, ils affichent un apport calorique modéré et sont riches en fibres solubles (comme la pectine), excellentes pour le confort digestif et la régulation de la satiété.


Un cocktail d'antioxydants et de vitamines pour l'été


Leur principal point fort réside dans leur richesse en antioxydants, indispensables pour protéger les cellules contre les radicaux libres, notamment lors des expositions au soleil. Ils regorgent de bêtacarotène (provitamine A), surtout ceux dont la chair est intensément jaune, ce qui favorise le renouvellement cellulaire et prépare la peau au bronzage.

Ils apportent également une belle dose de vitamine C pour stimuler l'énergie, de vitamine E, ainsi que du potassium, un minéral essentiel qui participe à la bonne fonction musculaire et à la régulation de la tension artérielle. Que vous préfériez le croquant du brugnon ou le fondant de la nectarine, vous bénéficierez exactement des mêmes bienfaits protecteurs et revitalisants.

vendredi 22 avril 2016

Que boire avec… une blanquette de veau ?

Blanquette de veau traditionnelle (©DR).


La blanquette de veau est le grand chef-d’œuvre de la cuisine bourgeoise et le plat réconfortant par excellence du début du printemps. Ce mets délicat repose sur une cuisson lente et douce de morceaux de veau choisis (comme le collier ou l'épaule) dans un bouillon aromatique, qui donne naissance à une sauce blanche d'une onctuosité légendaire, liée en fin de cuisson avec de la crème fraîche et des jaunes d'œufs.


La blanquette de veau s'accompagne traditionnellement de petits oignons grelots fondants, de champignons de Paris sautés au beurre et d'un filet de jus de citron qui vient apporter une touche de fraîcheur finale. Ce profil gustatif tout en rondeur, marqué par le gras noble de la crème, la douceur de la viande blanche et la fine acidité du citron, réclame des boissons élégantes, capables de s'unir à cette texture soyeuse sans jamais l'écraser.


Un grand vin blanc de Bourgogne pour l'accord royal


L'accord absolu et le plus plébiscité par les gastronomes avec une blanquette de veau se tourne vers un grand vin blanc sec de Bourgogne issu du cépage Chardonnay. Un Meursault, un Pouilly-Fuissé ou un Chablis Premier Cru un peu évolué font des merveilles. Ces vins déploient une matière charnue et une texture subtilement grasse, avec des notes de beurre frais, de noisette grillée et de brioche qui s'alignent instantanément sur la richesse de la sauce à la crème et le fondant de la viande de veau. En parallèle, leur immense tension minérale et leur acidité naturelle viennent trancher la rondeur du plat, faisant écho au filet de jus de citron pour laisser le palais parfaitement net et aérien.


Un blanc de la Vallée du Rhône pour jouer la carte de l'onctuosité


Si vous préférez privilégier la rondeur aromatique et la chaleur, les grands vins blancs du Nord de la Vallée du Rhône offrent une alternative somptueuse. Un Saint-Joseph blanc ou un Crozes-Hermitage blanc, nés des cépages Marsanne et Roussanne, apportent une réponse idéale. Ces vins développent des arômes délicats de cire d'abeille, d'abricot, de fleurs blanches et de fruits secs, avec une structure enveloppante qui caresse la tendreté de la viande blanche. L'opulence naturelle de ces cépages épouse le côté crémeux de la blanquette, tandis que leur finale discrètement épicée apporte un relief très intéressant aux champignons de Paris et aux oignons grelots.


Un vin rouge de la Côte Châlonnaise pour les inconditionnels du rouge


Bien que la sauce blanche et le veau réclament prioritairement du vin blanc, il est possible de servir un vin rouge à condition de bannir absolument les tanins puissants qui créeraient un conflit désagréable avec la crème. Le choix idéal s'oriente vers un vin rouge de Bourgogne léger, fluide et patiné, comme un Mercurey ou un Givry issu du cépage Pinot Noir. Les notes de petits fruits rouges croquants, de pivoine et de sous-bois de ces rouges fins s'harmonisent avec les champignons de la blanquette. Leur structure tannique extrêmement soyeuse et leur belle acidité respectent le fondant du plat sans assécher la bouche, offrant une alternative très élégante.


Une bière artisanale de type Triple ou une Witbier


Pour les amateurs de bière, l'onctuosité de la sauce liée à l'œuf offre un terrain d'expression surprenant et très réussi. Une bière blonde de style Triple belge, dotée d'une texture soyeuse, d'une fine sucrosité et de notes de céréales et d'épices douces, possède la structure nécessaire pour rivaliser avec la puissance de la crème. Si vous préférez un accord axé sur la légèreté printanière, une Witbier (bière blanche de blé) brassée avec des écorces d'agrumes apportera une vivacité et une pétillance fine qui viendront découper le gras de la sauce après chaque bouchée, rendant l'ensemble particulièrement désaltérant.


Un thé Oolong de Taïwan pour une alternative sans alcool


Pour une option sans alcool raffinée qui respecte la délicatesse de la cuisine bourgeoise, le monde du thé propose une solution d'une élégance rare. Un thé Oolong de Taïwan légèrement torréfié, servi chaud dans des tasses tout au long du repas, est une expérience gastronomique magnifique. Ce thé bleu-vert développe naturellement des notes subtiles de châtaigne, de beurre et de fleurs blanches qui épousent la rondeur de la crème et du veau. Ses tanins très souples structurent la bouche sans agresser le plat, tandis que la chaleur de l'infusion aide à la digestion des matières grasses pour un confort absolu.


Une eau de rhubarbe ou une eau pétillante au romarin pour la fraîcheur du printemps


Si vous cherchez une option sans alcool froide et percutante pour célébrer l'arrivée du printemps, vous pouvez créer une boisson maison très simple. Une eau pétillante très fraîche infusée avec une branche de romarin froissée et un trait de jus de rhubarbe ou de pomme verte sera parfaite. La bulle dynamique associée à l'acidité franche et fruitée de la rhubarbe vient bousculer la douceur de la sauce blanche avec la même efficacité que le jus de citron traditionnel. Cette boisson tonique réinitialise les papilles à chaque gorgée, mettant en valeur la pureté et la délicatesse de la viande de veau.

jeudi 7 avril 2016

Que boire avec… la rhubarbe en desserts ?

La rhubarbe rouge, trucs et astuces mais aussi boissons d'accompagnements (©DR).



La rhubarbe, avec ses longues tiges charnues d'un vert tendre virant au rouge pourpré, est l'une des grandes singularités du potager. Souvent cuisinée comme un fruit, elle appartient pourtant à la famille des légumes et se distingue par une personnalité flamboyante, dominée par une acidité tranchante, presque électrique, et une texture filandreuse qui s'effondre en une compotée fondante à la cuisson. Ce tempérament de feu demande des boissons capables d'arrondir ses angles tout en respectant sa fraîcheur printanière.


Les atouts nutritionnels de la rhubarbe


Derrière sa vivacité gustative, la rhubarbe cache un profil nutritionnel exceptionnel et particulièrement vertueux. Elle se classe parmi les végétaux les plus riches en fibres, notamment en fibres solubles, ce qui en fait une alliée hors pair pour stimuler le transit intestinal et réguler le cholestérol. Elle brille également par sa teneur record en calcium végétal, remarquablement bien assimilé par l'organisme, ainsi qu'en potassium et en vitamine K, essentielle pour la santé osseuse et la coagulation. Enfin, gorgée d'eau et extrêmement pauvre en calories et en sucres, elle s'impose comme une source d'antioxydants puissants (les polyphénols) qui aident à lutter contre le vieillissement cellulaire.


Dompter l'acidité de la rhubarbe sans la noyer de sucre blanc


L'acidité de la rhubarbe est sa signature, mais elle peut s'avérer agressive. Pour la civiliser sans pour autant la saturer de sucre raffiné, plusieurs astuces naturelles s'offrent à vous. La première technique consiste à faire dégorger les tiges coupées en dés pendant quelques heures avec une cuillère de sel ou un filet de jus de pomme concentré, puis à jeter le jus rendu, qui contient une grande partie de l'acidité.

En cuisine, le pouvoir des associations fait des miracles : la seconde technique consiste à marier la rhubarbe à des fruits naturellement très doux et riches en fructose, comme la fraise, la banane ou la pomme douce, permet de créer un tampon thermique naturel contre l'acidité. Enfin, l'utilisation d'épices douces comme la vanille, la cannelle ou l'anis étoilé trompe le cerveau en lui suggérant une sensation de sucrosité, tandis que l'ajout d'une pointe de bicarbonate de soude en début de cuisson neutralise chimiquement l'excès d'acide sans altérer le goût du légume.


Un vin blanc liquoreux et tendu pour la tarte à la rhubarbe meringuée


La tarte à la rhubarbe, qu'elle soit simplement recouverte d'un appareil à flan ou surmontée d'une généreuse meringue italienne, offre un contraste saisissant entre le croustillant de la pâte, la douceur du sucre et le cœur acidulé de la tige. Pour escorter ce chef-d'œuvre de la pâtisserie, il faut un vin blanc liquoreux qui possède une immense fraîcheur pour éviter toute lourdeur. Un Jurançon moelleux ou un Vouvray demi-sec à base de cépage Chenin font des merveilles. La sucrosité de ces grands vins blancs vient enrober l'acidité de la rhubarbe et le sucre de la meringue, tandis que leur vibrante acidité naturelle fait écho au peps du dessert, nettoyant le palais à chaque gorgée.


Un blanc d'Alsace aromatique pour un crumble rhubarbe et fraises


Lorsque la rhubarbe s'associe à la fraise sous un biscuit crumble riche en beurre, le plat gagne en rondeur et en arômes floraux. Pour accompagner cette gourmandise printanière, un vin blanc d'Alsace demi-sec issu du cépage Pinot Gris ou un Gewurztraminer de style vendanges tardives offre une réponse magnifique. Les notes de fruits exotiques, d'épices douces et de miel de ces cépages alsaciens apportent une enveloppe chaleureuse qui calme le feu de la rhubarbe, tandis que la présence de la fraise trouve un écho immédiat dans le profil gourmand du vin.


Une bière de style Sour ou une Gueuze


Pour les amateurs de gastronomie contemporaine et de sensations fortes, la rhubarbe s'associe de façon spectaculaire avec l'univers de la bière, en particulier si elle est servie avec un cheesecake ou un canard laqué dans un registre salé-sucré. Une bière de fermentation spontanée belge, comme une Gueuze artisanale ou une Berliner Weisse, crée un accord de résonance incroyable. L'acidité franche et lactique de la bière vient s'entrechoquer avec l'acidité de la rhubarbe, ce qui, contre toute attente, neutralise la dureté des deux éléments pour faire éclater les notes fruitées et céréalières, réinitialisant le palais avec une énergie folle.


Sans alcool : un thé vert au jasmin ou un lait d'amande chaude


Pour une alternative sans alcool qui honore le tempérament de la rhubarbe, le choix de la boisson dépend du moment de la journée. Pour le goûter, un thé vert au jasmin servi chaud offre un accord d'une grande poésie avec une part de tarte. Les notes florales et printanières du jasmin se marient élégamment au parfum végétal de la rhubarbe, tandis que les légers tanins du thé vert structurent la bouche. Si vous cherchez un réconfort absolu face à une compotée de rhubarbe nature, un verre de lait d'amande douce chaude infusé à la vanille sera parfait : le gras naturel et la rondeur de l'amande viendront instantanément éteindre l'acidité du légume pour un instant de pure douceur.