Poisson : du choix mais à quelle fréquence ? (©DR).
C'est ce que certains professionnels appellent un "paradoxe nutritionnel" : le poisson reste l'une des meilleures sources de nutriments au monde, mais il peut aussi être un vecteur de polluants environnementaux qui peuvent impacter notre santé de consommateur. Quelques pistes pour y voir plus clair…
Voici un plan pour comprendre l'impact des métaux lourds et faire les bons choix à l'étal du poissonnier.
Pourquoi trouve-t-on des métaux lourds dans le poisson ?
Le principal polluant concerné est le méthylmercure.
Voici ci-dessous deux principes qui gère la présence de métaux lourds dans le corps des poissons issus de nos mers :
La bioaccumulation : le mercure présent dans l'eau est absorbé par les micro-organismes, puis par les petits poissons, et ainsi de suite le long de la chaîne alimentaire.
La règle d'or : plus un poisson est gros, âgé et prédateur (il mange d'autres poissons), plus il accumule de métaux lourds dans sa chair au fil des années.
L'impact sur la santé
Les métaux lourds ne sont pas éliminés facilement par l'organisme et peuvent s'accumuler.
Système nerveux : le mercure est une neurotoxine. À haute dose, il peut affecter les fonctions cognitives et la coordination.
Développement fœtal : c'est le point le plus critique. Le système nerveux en développement des fœtus et des jeunes enfants est extrêmement sensible au mercure.
Le contrepoids : heureusement, le poisson contient aussi du sélénium, un minéral qui aide naturellement l'organisme à neutraliser une partie de la toxicité du mercure.
Quels poissons privilégier ?
La science actuelle recommande de privilégier les petits poissons en bas de la chaîne alimentaire, car ils n'ont pas eu le temps d'accumuler de polluants. L'acronyme mnémotechnique SMASH est très utile :
Sardines
Maquereaux
Anchois
Saumon (sauvage ou de filières contrôlées)
Harengs
Le bénéfice : ces poissons sont les plus riches en oméga-3 et les plus pauvres en métaux lourds. C'est le ratio santé idéal.
Quels poissons limiter ou éviter ?
Ce sont les "super-prédateurs". Les autorités de santé recommandent d'en limiter fortement la consommation, surtout pour les femmes enceintes et les enfants.
À éviter/limiter fortement : espadon, eequin, siki, marlin.
À consommer avec modération (max 1 fois par semaine) : thon (toutes espèces), raie, dorade, lotte, bar.
Pour un équilibre parfait
Voici les recommandations officielles pour profiter des bienfaits du poisson (cœur, cerveau, vision) sans prendre de risques :
La fréquence : consommer du poisson 2 fois par semaine.
La diversité : varier les espèces et les lieux d'approvisionnement.
L'alternance : consommer un poisson gras (riche en Oméga-3 comme la sardine) et un poisson dit "maigre" (cabillaud, colin, sole).
En résumé, le tableau des bons choix
| Niveau de risque | Espèces | Fréquence conseillée |
| Très faible | sardine, maquereau, hareng, anchois, truite | privilégier (2x/semaine) |
| Modéré | thon, cabillaud, bar, dorade | occasionnel |
| Élevé | espadon, requin | rare ou à éviter |
Note importante :
Si vous consommez principalement des petits poissons, les bénéfices pour votre santé cardiovasculaire et cérébrale l'emportent largement sur les risques liés aux polluants.