jeudi 24 août 2023

Bio : les serres chauffées à nouveau autorisées

Le Conseil d'Eta vient de trancher (©DR).


Le Conseil d'Etat vient de donner raison aux structures (Légumes de France de la FNSEA et Felcoop) qui l'avaient saisi en 2020 pour que l'institution valide ou invalide la décision prise par l'Inao en été 2021 : l'Institut avait alors interdit toute vente de produits bio issus de serres chauffées entre l'hiver et le printemps.


Un Etat membre peut-il durcir un règlement européen ?


Le revirement juridique opéré par le Conseil d’État concernant les serres chauffées illustre la complexité de superposer des exigences nationales strictes à un cadre réglementaire européen harmonisé. En juin dernier, la plus haute juridiction administrative française a annulé les dispositions du cahier des charges français qui encadraient le chauffage des serres.

La décision prise ne porte pas sur le bien-fondé écologique de la mesure, mais sur une question de droit pur : le gouvernement français a-t-il la compétence juridique pour imposer des restrictions supplémentaires à celles prévues par le règlement européen sur l'agriculture biologique ?


La création d'une concurrence au sein de l'Union ?


L'argument central retenu par le Conseil d’État repose sur le principe de la libre circulation des marchandises et de l'harmonisation des normes au sein de l'Union européenne. Le règlement européen encadrant le label bio est considéré comme "exhaustif", ce qui signifie qu'un État membre ne peut pas durcir les critères de production sur son sol s'ils ne sont pas explicitement prévus dans le texte commun. En imposant des dates de commercialisation spécifiques et des restrictions de chauffage, la France créait une réglementation nationale divergente qui entravait le fonctionnement du marché unique, d'autant que les produits bio chauffés en Belgique ou aux Pays-Bas pouvaient toujours être vendus librement sur le territoire français.


Forcément, un des deux camps déçu


Cette annulation a provoqué un véritable désarroi chez les défenseurs d'un bio de proximité et saisonnier, qui y ont vu une porte ouverte à une forme d'industrialisation du label. Pour les syndicats agricoles et les associations de consommateurs, l'impossibilité juridique de maintenir cette interdiction fragilise la promesse environnementale du logo AB. Cela a mis en lumière un décalage entre les attentes sociétales françaises, très portées sur la souveraineté alimentaire et la transition énergétique, et les contraintes administratives d'un label européen qui se veut avant tout un outil de commerce transfrontalier.


De nouveaux labels en guise de réponse de la filière bio


Toutefois, malgré cette défaite juridique pour le ministère de l'Agriculture, la filière bio française n'a pas totalement renoncé à ses principes. Pour pallier l'absence de contrainte légale, de nombreux acteurs de la distribution et des groupements de producteurs vont mettre en place des chartes privées ou des labels plus exigeants, comme "Bio Cohérence" ou "Nature & Progrès", qui interdisent contractuellement le chauffage des serres. Le débat s'est donc déplacé du terrain du droit vers celui de la communication et de l'engagement volontaire, laissant au consommateur le soin d'arbitrer entre le label bio officiel et des certifications plus restrictives sur le plan énergétique.

mercredi 9 août 2023

La banane et ses atouts "santé"

La banane, omniprésente sur nos étals (DR). 


La banane est un fruit particulièrement complet que l'on trouve un peu toute l'année sur nos étals. Sa provenance peut varier tout au long du calendrier, mais - c'est un peu la conclusion de cet article - vous prendrez soin d'en varier les origines ! On vous explique pourquoi.


La banane, un atout vitaminique


La banane se distingue par sa richesse en glucides biodisponibles, offrant une source d'énergie immédiate et durable. Son principal atout réside dans sa haute teneur en potassium, un minéral essentiel au bon fonctionnement du système nerveux et à la régulation de la pression artérielle, ce qui en fait une alliée précieuse pour la santé cardiovasculaire.

Elle contient également des vitamines du groupe B et du magnésium, des nutriments qui jouent un rôle clé dans la gestion du stress et la récupération musculaire. Sa richesse en fibres douces, notamment la pectine, favorise un transit intestinal régulier et participe à la sensation de satiété, aidant ainsi à stabiliser l'appétit entre les repas.


Quand la consommer ?


Le moment idéal pour consommer une banane dépend principalement de vos objectifs énergétiques et de votre métabolisme. Le matin, elle constitue un excellent carburant pour briser le jeûne nocturne et stimuler la vigilance sans provoquer de pic d'insuline trop brutal, surtout si elle est associée à une source de protéines comme un yaourt ou des oléagineux.

Elle est également très efficace en collation avant une séance de sport pour ses sucres naturels, ou après l'effort pour reconstituer les réserves de glycogène et aider à prévenir les crampes.

En fin de journée, sa teneur en tryptophane, un précurseur de la sérotonine, peut favoriser la relaxation et préparer le corps au sommeil, bien qu'il soit préférable de la consommer au moins deux heures avant le coucher pour faciliter la digestion.


La banane, un fruit pollué ?


En ce qui concerne les risques de pollution et de contamination, la banane pose certains défis environnementaux et sanitaires liés à sa culture intensive dans les zones tropicales. Historiquement, l'utilisation de pesticides persistants comme le chlordécone dans certaines régions a marqué les sols pour des décennies, bien que les réglementations actuelles soient beaucoup plus strictes. Aujourd'hui, les principales préoccupations concernent les traitements fongicides appliqués pour lutter contre des maladies comme la cercosporiose noire, ainsi que les produits utilisés pour la conservation durant le transport. Heureusement, l'épaisse peau de la banane agit comme une barrière naturelle efficace, limitant considérablement la présence de résidus de pesticides à l'intérieur de la chair comestible par rapport à des fruits à peau fine comme les pommes ou les fraises.

Pour minimiser ces risques, il est conseillé de se tourner vers des bananes issues de l'agriculture biologique ou bénéficiant de labels de commerce équitable, qui garantissent des cahiers des charges plus restrictifs sur l'usage de produits chimiques.


Nos conseils "consommation"


Laver la peau avant de l'éplucher est également une habitude simple qui permet d'éviter le transfert de résidus externes vers la pulpe lors de la manipulation. Malgré les enjeux liés à sa production industrielle, la banane reste, selon le consensus nutritionnel, l'un des fruits les plus sûrs et les plus bénéfiques à intégrer dans une alimentation quotidienne équilibrée, à condition de varier ses sources d'approvisionnement.

Des preuves que vous mangez trop salé

Le sel, que l'on consomme facilement en excès dans notre alimentation (DR)


Le sel est un des minéraux importants qui composent notre corps. Pourtant, à trop forte dose, il est préjudiciable pour celui-ci. On fait ici le point sur les signes qui ont tendance à montrer que votre alimentation est trop riche en sel et que vous devriez faire attention à cette consommation de sel.


Vous avez une pression artérielle élevée


C’est sans nul doute le plus connu des maux qui se manifestent avec une alimentation trop riche en sodium : une pression artérielle trop forte. L’excès de sodium représente un réel facteur de risque d’hypertension artérielle, c’est à dure que votre coeur fonctionne trop fort. Si votre médecin prend votre tension à chacun de vos rendez-vous, sachez que l’on considère la tension artérielle trop importante quand elle propose des valeurs égales ou supérieures  140/90 mmHg (diastole/systole).


Vous souffrez de maux de tête


Corolaire de cette hypertension artérielle évoquée plus haut : des maux de tête qui sont un des symptômes de cette pression artérielle. Si tel est le cas, consultez votre médecin traitant qui peut facilement vous proposer une observation afin de savoir si vous souffrez de cette hypertension, et s’il vous faut envisager un traitement pour la soigner. C’est important.


Vous avez souvent soif


Quand le sel est trop présent dans notre alimentation, vos fluides corporels se s-retrouvent déséquilibrés. Le corps va alors signaler qu’il a besoin d’eau et pour se faire, va exprimer le besoin de boire plus d’eau. Boire plus, c’est aussi s’exposer à une fréquentation plus importante de vos espaces sanitaires.
Boire en quantité permet d'éliminer l'excès de sel et de rétablir l'équilibre électrolytique. Une hydratation équilibrée est donc essentielle au maintien d'un taux de sodium optimal et donc à votre bien-être général.


 Vous souffrez de ballonnements


Les personnes qui ont un régime riche en sodium ont jusqu’à 1/3 de plus de risques d’avoir des ballonnements, comparé à d’autres individus qui en consomment moins. L’excès de sodium favorise la rétention d’eau, ce qui va engendrer des ballonnements du ventre mais pas seulement !


Votre corps gonfle


En effet, il n’y a pas que le ventre qui risque de prendre un peu de volume, mais aussi d’autres partis de votre corps comme les mains ou le visage, comme provoquer des poches sous les yeux.






samedi 5 août 2023

Pour un affichage environnemental des aliments fiable et compréhensible

Le Planet-Score Pour un affichage environnemental des aliments fiable et compréhensible





Nous reproduisons ci-dessous - EN INTEGRALITE et en italique - l'article publié en date du 3 août 2023 sur le site de Que choisir. Bonne lecture.


“La loi Climat prévoit un affichage environnemental qui devra informer les consommateurs sur l’empreinte écologique des produits alimentaires. Le Ministère de l’environnement, aidé par l’Ademe doit rendre fin 2023/début 2024 ses recommandations sur les modalités de calcul et d’affichage du futur score officiel. Dans ce cadre, l’UFC-Que Choisir promeut le Planet-Score, seul outil prenant en compte la totalité des impacts environnementaux des productions alimentaires et permettant de différencier le réel impact environnemental des produits au sein d’une même famille de produits. L’application gratuite « QuelProduit » intègre désormais l’impact environnemental de plus de 135 000 références alimentaires grâce au Planet-Score.



Ce qu'il faut savoir


La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire de février 2020, ainsi que la loi climat prévoient d’instaurer un affichage environnemental obligatoire sur les produits de grande consommation et notamment les aliments.

L’Agence de la transition écologique (Ademe) et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) ont élaboré un indicateur, Agribalyse, qui s’appuie sur la méthode de l’analyse du cycle de vie (ACV). Mais il présente de graves lacunes. En particulier, il ne prend pas en compte les impacts négatifs de l’usage des pesticides sur la santé humaine et la biodiversité ce qui explique des notations aberrantes, les produits bio étant le plus souvent moins bien classés que leurs équivalents issus de l’agriculture intensive polluante. Les orientations choisies actuellement par l’Ademe risquent également de ne pas permettre de différencier clairement l’impact environnemental au sein d’une même famille d’aliments, ainsi, même après amélioration d’Agribalyse, des pommes bio pourraient avoir la même note que des pommes issus de l’agriculture conventionnelle très utilisatrice de traitements phytosanitaires.

Conscients de ces lacunes, les pouvoirs publics ont lancé en 2021 un appel à projets.

Plusieurs acteurs privés et associatifs y ont répondu. Parmi les propositions, on retrouve le Planet-Score proposé par l’Institut technique de l’agriculture bio (Itab) et soutenu par plusieurs ONG, dont l'UFC-Que Choisir, mais aussi des fabricants et des distributeurs.

Qu’est ce que le planet-Score ?

Le Planet-Score prend en compte plusieurs indicateurs oubliés ou sous-estimés par Agribalyse :

  • l’impact des pesticides et des antibiotiques sur la santé humaine et l’environnement ;
  • l’impact des modes de production sur la pollution de l’air et de l’eau ;
  • l’impact des modes de production sur la biodiversité terrestre et marine ;
  • le stockage du carbone par les prairies ;
  • la déforestation importée, par exemple par les achats de soja utilisé dans l’alimentation animale ;
  • la saisonnalité des productions (impact des serres chauffées sur la consommation d’énergie) ;
  • le transport de denrées par avion ;
  • l’emballage ;
  • l’irrigation ;
  • l’origine des différents ingrédients ;
  • l’impact du mode d’élevage sur le bien-être animal.

En termes d’affichage, le Planet-Score s’inspire du Nutri-Score. En agrégeant tous les indicateurs, le dispositif obtient une note sur 100, qui est ensuite traduite en lettre.

Il indique le détail des principaux impacts en matière de climat, de biodiversité, et d’impact des pesticides. Le Planet-Score fournit aussi une information complémentaire sur le bien-être animal.

Pourquoi l’UFC-Que Choisir soutient le Planet-Score ?

Voici 5 raisons pour lesquelles l’UFC-Que choisir soutient le Planet-Score comme futur affichage environnemental :

  • Il repose sur une expertise scientifique approfondie et pluridisciplinaire ;
  • Il permet de combler les lacunes de l’ACV pour mieux évaluer l’impact des pesticides sur la santé humaine et sur l’environnement ;
  • Il englobe les impacts négatifs et positifs de l’agriculture sur la biodiversité en fonction des modes de production (bio, extensif, intensif) ;
  • Il s’appuie sur les données scientifiques les plus récentes sur l’impact climatique des aliments ;
  • Il apporte une information complémentaire sur le bien-être animal, qui fait partie des défis d’une agriculture soutenable et ne peut être déconnecté des enjeux écologiques. 

Les consommateurs soutiennent aussi vivement le Planet-Score. Le format du Planet-Score permet d’identifier en un clin d’œil l’impact d’un aliment. C’est aussi un outil éducatif permettant d’expliciter la notion d’impact environnemental, en donnant la décomposition du score selon les principaux enjeux : le climat, l’impact sur la vie sauvage (biodiversité), la toxicité des pesticides ainsi que le mode d’élevage.

Des fabricants et enseignes testent le Planet-score

Conscients des limites d’Agribalyse, 200 entreprises, dont 21 distributeurs tels que Biocoop, Lidl, Naturalia, Franprix, La Vie Claire, Monoprix, Naturéo ou encore Greenweez ont vérifié l’efficacité du Planet-Score pour donner de la visibilité aux efforts réalisés par ces filières pour limiter l’impact de leurs productions. En outre, plus de 30 marques l’affichent maintenant sur leurs emballages, en France, en Espagne et en Allemagne.

L’impact environnemental de plus de 135 000 aliments sur l’application « QuelProduit ».

Le critère facultatif du Planet-Score empêche cependant les consommateurs de pouvoir disposer sur tous les emballages de l’information sur le véritable impact environnemental des produits alimentaires. L’UFC-Que Choisir demande en conséquence que le Planet-Score devienne le modèle officiel d’étiquetage environnemental.

Dans cette attente, souhaitant que les consommateurs puissent acheter en pleine connaissance de cause les aliments les mieux notés du point de vue environnemental et sanitaire, l’UFC-Que les invite à télécharger la nouvelle version de son application gratuite « QuelProduit » et à l’utiliser au quotidien pour leurs achats alimentaires, mais aussi cosmétiques et ménagers, pour lesquels une note environnementale est également fournie.

Nous saluons la mobilisation de ces entreprises et de ces filières et appelons l’ensemble des acteurs de l’agroalimentaire à tester à leur tour le Planet-Score.

Ce que nous demandons

L’UFC-Que Choisir considère que le Planet-Score est une proposition d’affichage environnemental solide du point de vue scientifique et qui permettrait aux consommateurs d’identifier facilement les différents impacts environnementaux des aliments.

Nous appelons donc les pouvoirs publics à se saisir du Planet-Score comme référence pour le futur affichage environnemental des aliments."


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