vendredi 15 décembre 2017

Notre alimentation… tue ! Explications…

Notre alimentation nous tue ! (©DR).

20 % des décès survenus cette année dans le monde seraient dû à notre alimentation. Ce chiffre frappant provient d'une étude scientifique majeure de l'organisme Global Burden of Disease (Charge mondiale des maladies), coordonnée par l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé de l'Université de Washington et publiée par la revue médicale de référence The Lancet.


Sur des données collectées jusqu'en 2017 à travers 195 pays, cette analyse a démontré qu'une mauvaise alimentation tue plus dans le monde que le tabac, devenant le premier facteur de risque pour la santé mondiale. Nous vous proposons une analyse détaillée des conclusions de cette étude de référence.


Le bilan global : 11 millions de morts par an


L'étude révèle qu'au niveau mondial, 11 millions de décès prématurés par an sont directement imputables à un régime alimentaire inadapté, ce qui correspond effectivement à environ 20 % de la mortalité totale (soit un décès sur cinq). Ce lourd tribut dépasse celui du tabagisme, responsable de 8 millions de morts annuelles. L'immense majorité de ces décès liés à l'alimentation est causée par les maladies cardiovasculaires, qui foudroient près de 10 millions de personnes. Le reste se répartit entre les cancers (environ 913 000 décès) et le diabète de type 2 (près de 339 000 décès), des pathologies chroniques lourdement aggravées par nos choix nutritionnels.


Les véritables coupables : le manque de nutriments essentiels avant l'excès de sucre


Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas uniquement les excès de graisses ou de sucre qui tuent le plus, mais avant tout les carences en aliments protecteurs. Les chercheurs ont établi que plus de la moitié des décès dus à l'alimentation proviennent de trois facteurs précis : un apport excessif en sel (le sodium étant responsable de 29 % des décès prématurés par son action sur la tension artérielle), un manque cruel de céréales complètes (impliqué dans 28 % des décès) et une consommation insuffisante de fruits frais (22 %). Le déficit mondial en noix, graines, légumes et acides gras oméga-3 s'avère statistiquement bien plus meurtrier à long terme que la consommation excessive de viande rouge ou de boissons sucrées, même si ces dernières restent de sérieux facteurs de risques.


Une fracture géographique et économique mondiale


L'étude met en lumière de profondes disparités entre les nations, directement liées au niveau de vie et à l'accès aux produits frais. L'Ouzbékistan enregistre le taux de mortalité lié à l'alimentation le plus élevé de la planète, avec 892 décès pour 100 000 habitants, suivi de près par des pays comme l'Afghanistan où la malnutrition et le manque d'infrastructures empêchent l'accès à un régime équilibré. À l'inverse, les pays méditerranéens et asiatiques s'en sortent le mieux grâce à leurs cultures culinaires traditionnelles. Israël affiche le taux le plus bas du monde (89 morts pour 100 000 habitants), suivi immédiatement par la France, l'Espagne et le Japon, des nations où la consommation de fruits, de légumes et de graisses saines protège historiquement mieux les populations.

jeudi 7 décembre 2017

Que boire avec… un petit salé aux lentilles ?

Un plat réconfortant, d'hiver ou de printemps (©DR).




Le petit salé aux lentilles est l'archétype du plat de bistrot et de la cuisine réconfortante d'hiver ou de mi-saison. Ce mets rustique et savoureux repose sur un équilibre parfait entre le fondant des lentilles vertes (souvent parfumées de carottes, d'oignons et de clous de girofle), le caractère salé et fumé des viandes (palette de porc, poitrine, saucisses de Morteau ou de Toulouse), et le gras naturel de la cuisson. Cet ensemble chaleureux réclame des boissons capables de rivaliser avec le sel et le fumé tout en apportant de la fraîcheur pour dégraisser le palais.


Le rouge de la Vallée de la Loire ou du Beaujolais


L'accord le plus classique et le plus efficace avec un petit salé s'oriente vers un vin rouge axé sur le fruit, la fraîcheur et la fluidité. Un Saumur-Champigny (cépage Cabernet Franc) ou un cru du Beaujolais comme un Morgon ou un Fleurie (cépage Gamay) font des merveilles. Ces vins se distinguent par des tanins très souples et une belle acidité salivante. Cette vivacité est indispensable pour trancher dans le gras des viandes de porc et nettoyer le palais à chaque bouchée, tandis que leurs notes de petits fruits rouges et d'épices douces soulignent le goût terrien de la lentille sans jamais l'écraser.


Un rouge du Sud-Ouest pour son côté rustique


Si vous préférez un accord plus charpenté et affirmé, vous pouvez vous tourner vers le Sud-Ouest de la France, une région où les plats mijotés à base de porc sont rois. Un Marcillac (issu du cépage Fer Servadou) ou un Fronton (dominé par la Négrette) sont des partenaires exceptionnels. Le Marcillac, avec ses notes typiques de poivre, de sang et de fruits rouges rustiques, s'accorde magistralement avec le côté fumé de la saucisse de Morteau. Ces vins possèdent une structure tannique présente mais bien fondue par le mijotage, offrant du répondant face à la palette de porc sans assécher la bouche.


Un vin blanc sec et structuré pour un accord surprenant


Bien que le réflexe premier soit d'ouvrir une bouteille de rouge, un vin blanc bien choisi peut créer une surprise gastronomique magnifique. Le secret réside dans le choix d'un vin blanc sec, gras et doté d'une belle minéralité pour faire face au sel du plat. Un Mâcon-Villages (en Bourgogne) ou un Saint-Joseph blanc (de la Vallée du Rhône) se prêtent idéalement à cet exercice. Le côté charnu et beurré de ces vins vient envelopper la texture douce des lentilles, tandis que leur fraîcheur finale apporte un coup de fouet bienvenu face à la richesse des salaisons.


Une bière ambrée artisanale pour le côté "bistrot" du plat


Pour les amateurs de bière, le petit salé aux lentilles offre un terrain d'expression idéal. Une bière ambrée de style Amber Ale ou une Bière de Garde du Nord de la France créent une harmonie remarquable. Les malts torréfiés utilisés pour ces bières développent des notes de pain grillé et de caramel qui se marient divinement bien avec les viandes fumées et la peau croustillante des saucisses. De plus, la pétillance naturelle de la bière et son amertume fine viennent instantanément couper le gras de la charcuterie, rendant le repas particulièrement digeste.


Sans alcool : un thé fumé Lapsang Souchong


Pour une option sans alcool de haute volée capable de dialoguer avec la complexité du petit salé, le choix de la boisson doit avoir du caractère. Un thé noir fumé Lapsang Souchong, servi chaud au cours du repas, est une expérience incroyable. Ses notes intenses de bois brûlé, de résine et de fumée créent un accord de résonance immédiat avec la palette et les saucisses fumées. Les tanins fins du thé noir structurent la bouche et aident à assimiler les protéines de la viande, offrant une alternative chaleureuse qui respecte totalement l'esprit rustique du plat.


Mais aussi : un bouillon de légumes percutant ou une boisson au gingembre


Si vous cherchez une boisson sans alcool plus fraîche et tonique pour contrer la lourdeur du porc, deux pistes sont très intéressantes. Vous pouvez servir un bouillon de légumes maison très chaud, fortement corsé en livèche (céleri perpétuel) et en poivre noir, qui prolongera les saveurs du mijotage tout en réconfortant le palais. Pour une version froide, un grand verre d'eau pétillante aromatisée d'un généreux jus de gingembre frais et d'un trait de citron apportera un peps piquant et une acidité tranchante, parfaits pour bousculer la douceur de la lentille et réveiller les papilles.