vendredi 30 juin 2017

Que boire avec… une belle pastèque ?

(©DR).


La pastèque est le fruit de la désaltération par excellence. Composée à plus de quatre-vingt-dix pour cent d'eau, sa saveur est délicate, subtilement sucrée et parfois un peu timide. Pour l'accompagner, le piège absolu serait de choisir une boisson trop lourde ou trop puissante qui noierait instantanément son goût. Il faut au contraire privilégier des boissons qui soutiennent sa fraîcheur ou réveillent son profil aquatique avec du relief.


Les bulles ultra-fraîches du Prosecco


Pour donner du peps à la texture croquante et aqueuse de la pastèque, rien ne vaut l'effervescence. Un vin effervescent italien comme un Prosecco extra-dry (légèrement fruité) ou un Crémant d'Alsace blanc de blancs s'impose comme un excellent choix. Les bulles dynamiques apportent le relief qui manque parfois au fruit, tandis que les notes de pomme verte et de poire de ces vins soulignent la douceur discrète de la pastèque sans l'écraser. C'est l'accord estival par excellence pour un début de repas léger.


Un blanc de Provence ou un rosé très clair


Si vous servez la pastèque en salade, agrémentée par exemple de feta et de menthe comme c'est souvent le cas en été, l'accord migre vers les vins tranquilles. Un vin blanc de Provence (cépage Rolle/Vermentino) ou un rosé de Provence très pâle et sec feront des merveilles. Ces vins, axés sur des notes d'agrumes, de fenouil et de petits fruits rouges acides, apportent la structure et le peps nécessaires pour relever la pastèque, tout en se mariant idéalement avec le sel du fromage si vous optez pour cette version salée.


Une bière de blé légère de style Blanche ou Gose


L'association de la pastèque et de la bière est une magnifique surprise pour le palais, à condition de choisir un style très précis. Une bière blanche de style belge (Witbier), brassée avec des écorces d'orange et de la coriandre, apporte des touches épicées et fruitées qui réveillent immédiatement le côté timide du fruit. Pour les amateurs de découvertes, une bière de style Gose (une bière de blé allemande légèrement acide et salée) crée un contraste saisissant : le sel de la bière agit comme un exhausteur de goût naturel, faisant littéralement exploser la sucrosité de la pastèque.


Proposition sans alcool : une eau de coco au citron vert


Pour une option sans alcool qui respecte la pureté du fruit, l'objectif est d'apporter du relief sans ajouter de sucre lourd. L'eau de coco bien fraîche, relevée d'un généreux filet de jus de citron vert, est idéale. L'eau de coco partage avec la pastèque ce profil hydratant et subtilement végétal, créant une harmonie immédiate. Le citron vert, quant à lui, apporte l'acidité et le coup de fouet nécessaires pour réveiller les arômes discrets de la pastèque, offrant un duo désaltérant et intensément tropical.

jeudi 29 juin 2017

Que boire avec… des myrtilles, natures ou en desserts ?

Accommoder les myrtilles natures ou en dessets (©DR).



La myrtille est une petite baie sauvage ou de culture à bien des égards fascinante. Sa saveur oscille entre une douceur feutrée, des notes subtilement boisées et une acidité fine, le tout porté par une richesse en tanins et en pigments qui colorent instantanément le palais. Qu'elle soit picorée nature au creux de la main, intégrée à une tarte croustillante ou cuite en compotée, elle appelle des accords de caractère qui respectent sa couleur et son esprit forestier.


Les bulles rosées de caractère pour les myrtilles fraîches


Déguster des myrtilles fraîches, simplement nature ou légèrement saupoudrées de sucre, demande une boisson aérienne capable de faire ressortir le jus de la baie. Un vin effervescent rosé structuré, comme un Crémant d'Alsace rosé ou un Champagne rosé, est un choix magnifique. La fraîcheur des bulles et les notes naturelles de petits fruits rouges de ces vins réveillent le côté parfois timide de la myrtille fraîche. L'acidité du vin apporte du peps à la texture charnue de la baie, transformant une simple coupelle de fruits en un dessert de fête.


Un vin rouge doux et muté pour les tartes


La tarte aux myrtilles, grand classique des fins de randonnées en montagne, présente un profil unique : à la cuisson, les baies crèvent, libérant un jus épais, acidulé, presque d'encre, sur une pâte sablée ou brisée. Pour faire face à cette intensité et à la présence des tanins du fruit cuit, le vin rouge trouve exceptionnellement sa place sur un dessert. Un vin doux naturel comme un Banyuls ou un Maury rouge crée un accord légendaire. Leurs notes de pruneau, de cacao et de fruits noirs confits épousent la puissance de la myrtille, tandis que la sucrosité du vin vient adoucir l'acidité cuite du fruit, offrant une finale chaleureuse et harmonieuse.


Un vin blanc moelleux et vif côté clafoutis ou muffin


Lorsque la myrtille s'invite dans un appareil moelleux et riche en œufs, comme un clafoutis, un gâteau de Savoie ou des muffins, la rondeur de la pâte vient envelopper l'acidité de la baie. Pour escorter ce type de texture, un vin blanc moelleux doté d'une grande fraîcheur est idéal. Un Jurançon moelleux ou un Vouvray demi-sec font des merveilles. Les notes de miel et de fruits exotiques de ces vins blancs apportent la gourmandise nécessaire pour accompagner le biscuit, tandis que leur tension minérale évite l'effet écœurant en prolongeant la fraîcheur de la myrtille.


Une bière de style Sour aux fruits rouges pour un accord audacieux


Pour les amateurs de découvertes, la bière offre une alternative contemporaine incroyable avec la myrtille, notamment si le fruit est travaillé en cheesecake ou en verrine crémée. Une bière de fermentation spontanée ou de style Sour (bière acide), idéalement infusée aux fruits rouges ou une Kriek artisanale, s'impose. L'acidité franche de la bière vient couper la richesse de la crème, tandis que les arômes fermentaires et fruités font écho aux notes sauvages et boisées de la myrtille, nettoyant le palais à chaque gorgée de manière très dynamique.


Sans alcool : un thé noir d'Assam ou un lait chaud à la cardamome


Pour une conclusion sans alcool qui magnifie la myrtille sous toutes ses formes, la boisson doit avoir de la texture ou des notes chaudes. Un thé noir d'Assam ou un Earl Grey bien corsé conviennent parfaitement pour le goûter. Les tanins naturels du thé noir s'harmonisent avec ceux de la myrtille, et les notes de bergamote de l'Earl Grey apportent une touche d'agrumes qui réveille le fruit. Si vous cherchez un accord plus réconfortant avec une tarte, un lait végétal à l'amande ou à l'avoine, chauffé et infusé à la cardamome, calmera instantanément l'acidité du fruit cuit grâce à ses notes épicées et sa douceur enveloppante.

vendredi 2 juin 2017

Que boire avec… une pissaladière niçoise et ses anchois ?

Comment accommoder  les anchois de ce plat ? (©DR).




La pissaladière niçoise est l'un des plus grands fleurons de la cuisine méditerranéenne, une tarte salée au tempérament affirmé et gorgée de soleil. Elle repose sur une pâte à pain croustillante et moelleuse, surmontée d'une très généreuse couche d'oignons longuement confits à l'huile d'olive jusqu'à devenir presque une confiture sucrée. Ce fond doucereux est vigoureusement bousculé par l'apport salé, iodé et puissant du pissalat (la pâte d'anchois traditionnelle) ou de filets d'anchois saurs, ainsi que par les petites olives noires de Nice, les caillettes, aux notes de sous-bois. Ce jeu de miroirs permanent entre la douceur de l'oignon, l'amertume de l'olive et la force saline de l'anchois exige des boissons sudistes, fraîches et nerveuses, capables de trancher dans le gras de l'huile d'olive sans se faire balayer par l'iode.


Un vin rosé de Provence pour l'accord local


L'accord le plus naturel et le plus convivial nous emmène immédiatement sur une terrasse ensoleillée du Var ou des Alpes-Maritimes avec un grand vin rosé de la région. Un Côtes-de-Provence ou, pour plus de structure, un AOC Bellet rosé (le vignoble confidentiel des collines de Nice) est un partenaire de choix. Ce rosé de terroir, souvent issu des cépages Braquet, Grenache ou Cinsault, déploie des notes de petits fruits rouges acidulés, d'agrumes et d'herbes de la garrigue. Sa fraîcheur désaltérante vient immédiatement couper la richesse de l'oignon confit à l'huile d'olive, tandis que son profil fruité et sa fine salinité finale font merveilleusement écho à la puissance marine de l'anchois.


Un blanc sec de Bellet ou de Cassis pour dompter la force de l'anchois


Pour ceux qui préfèrent le vin blanc, la pissaladière offre un terrain d'expression magnifique à condition de choisir un blanc du Sud, doté de matière mais surtout d'une grande fraîcheur minérale. Un Bellet blanc (majoritairement issu du cépage Rolle, le Vermentino local) ou un Cassis blanc de la côte phocéenne forment un mariage magistral. Le Rolle apporte des notes de poire, d'amande fraîche et de fleurs blanches avec une texture enveloppante qui épouse le fondant de l'oignon. La finale de ces vins, intensément saline et iodée, offre un répondant parfait à l'anchois tout en purifiant le palais après chaque bouchée, évitant ainsi toute saturation.


Un rouge de Provence fluide et fruité


Si vous êtes un inconditionnel du vin rouge, l'exercice est périlleux car les tanins du vin ont tendance à durcir et à donner un goût métallique au contact de l'anchois salé. La solution réside dans le choix d'un vin rouge très jeune, léger, juteux et dépourvu d'élevage en barrique, comme un AOC Coteaux d'Aix-en-Provence rouge dominé par le Grenache. Servi légèrement rafraîchi, ce vin mise tout sur un fruit croquant et des notes de poivre noir. Cette souplesse respecte le fondant de la tarte, tandis que le côté épicé du Grenache vient souligner le caractère rustique et provençal de la pissaladière.


Une bière artisanale de style Witbier ou une IPA légère


Pour une alternative moderne à l'heure de l'apéritif, l'univers brassicole offre une solution d'une efficacité redoutable face au gras et au sel de la pissaladière. Une bière blanche de style Witbier (blanche de blé de tradition belge), avec ses notes d'écorces d'orange et de coriandre, apporte une douceur maltée et une fraîcheur d'agrumes qui calment instantanément le feu de l'anchois. Si vous cherchez un accord plus contrasté, une Session IPA (une bière blonde légère mais généreusement houblonnée à cru) offrira une amertume résineuse et des notes de pamplemousse exotique qui viendront bousculer la sucrosité de l'oignon confit et nettoyer le palais de façon très dynamique.


Un thé vert à la menthe douce ou un kombucha aux agrumes en options sans alcool


Pour une option sans alcool raffinée capable de dialoguer avec les saveurs intenses de la Riviera, le choix de la boisson doit apporter de l'éclat. Un thé vert à la menthe douce nanah, servi tiède ou frappé mais sans sucre ajouté, offre un contraste saisissant : la fraîcheur végétale de la menthe et la fine amertume du thé vert viennent vivifier la bouche face à la richesse de l'huile d'olive. Si vous préférez une boisson fraîche et pétillante, un kombucha artisanal au citron de Menton ou à la bergamote sera parfait, sa fine acidité fermentaire et ses bulles naturelles agissant comme un couperet parfait face à la douceur sucrée des oignons et au sel des anchois.