vendredi 2 juin 2017

Que boire avec… une pissaladière niçoise et ses anchois ?

Comment accommoder  les anchois de ce plat ? (©DR).




La pissaladière niçoise est l'un des plus grands fleurons de la cuisine méditerranéenne, une tarte salée au tempérament affirmé et gorgée de soleil. Elle repose sur une pâte à pain croustillante et moelleuse, surmontée d'une très généreuse couche d'oignons longuement confits à l'huile d'olive jusqu'à devenir presque une confiture sucrée. Ce fond doucereux est vigoureusement bousculé par l'apport salé, iodé et puissant du pissalat (la pâte d'anchois traditionnelle) ou de filets d'anchois saurs, ainsi que par les petites olives noires de Nice, les caillettes, aux notes de sous-bois. Ce jeu de miroirs permanent entre la douceur de l'oignon, l'amertume de l'olive et la force saline de l'anchois exige des boissons sudistes, fraîches et nerveuses, capables de trancher dans le gras de l'huile d'olive sans se faire balayer par l'iode.


Un vin rosé de Provence pour l'accord local


L'accord le plus naturel et le plus convivial nous emmène immédiatement sur une terrasse ensoleillée du Var ou des Alpes-Maritimes avec un grand vin rosé de la région. Un Côtes-de-Provence ou, pour plus de structure, un AOC Bellet rosé (le vignoble confidentiel des collines de Nice) est un partenaire de choix. Ce rosé de terroir, souvent issu des cépages Braquet, Grenache ou Cinsault, déploie des notes de petits fruits rouges acidulés, d'agrumes et d'herbes de la garrigue. Sa fraîcheur désaltérante vient immédiatement couper la richesse de l'oignon confit à l'huile d'olive, tandis que son profil fruité et sa fine salinité finale font merveilleusement écho à la puissance marine de l'anchois.


Un blanc sec de Bellet ou de Cassis pour dompter la force de l'anchois


Pour ceux qui préfèrent le vin blanc, la pissaladière offre un terrain d'expression magnifique à condition de choisir un blanc du Sud, doté de matière mais surtout d'une grande fraîcheur minérale. Un Bellet blanc (majoritairement issu du cépage Rolle, le Vermentino local) ou un Cassis blanc de la côte phocéenne forment un mariage magistral. Le Rolle apporte des notes de poire, d'amande fraîche et de fleurs blanches avec une texture enveloppante qui épouse le fondant de l'oignon. La finale de ces vins, intensément saline et iodée, offre un répondant parfait à l'anchois tout en purifiant le palais après chaque bouchée, évitant ainsi toute saturation.


Un rouge de Provence fluide et fruité


Si vous êtes un inconditionnel du vin rouge, l'exercice est périlleux car les tanins du vin ont tendance à durcir et à donner un goût métallique au contact de l'anchois salé. La solution réside dans le choix d'un vin rouge très jeune, léger, juteux et dépourvu d'élevage en barrique, comme un AOC Coteaux d'Aix-en-Provence rouge dominé par le Grenache. Servi légèrement rafraîchi, ce vin mise tout sur un fruit croquant et des notes de poivre noir. Cette souplesse respecte le fondant de la tarte, tandis que le côté épicé du Grenache vient souligner le caractère rustique et provençal de la pissaladière.


Une bière artisanale de style Witbier ou une IPA légère


Pour une alternative moderne à l'heure de l'apéritif, l'univers brassicole offre une solution d'une efficacité redoutable face au gras et au sel de la pissaladière. Une bière blanche de style Witbier (blanche de blé de tradition belge), avec ses notes d'écorces d'orange et de coriandre, apporte une douceur maltée et une fraîcheur d'agrumes qui calment instantanément le feu de l'anchois. Si vous cherchez un accord plus contrasté, une Session IPA (une bière blonde légère mais généreusement houblonnée à cru) offrira une amertume résineuse et des notes de pamplemousse exotique qui viendront bousculer la sucrosité de l'oignon confit et nettoyer le palais de façon très dynamique.


Un thé vert à la menthe douce ou un kombucha aux agrumes en options sans alcool


Pour une option sans alcool raffinée capable de dialoguer avec les saveurs intenses de la Riviera, le choix de la boisson doit apporter de l'éclat. Un thé vert à la menthe douce nanah, servi tiède ou frappé mais sans sucre ajouté, offre un contraste saisissant : la fraîcheur végétale de la menthe et la fine amertume du thé vert viennent vivifier la bouche face à la richesse de l'huile d'olive. Si vous préférez une boisson fraîche et pétillante, un kombucha artisanal au citron de Menton ou à la bergamote sera parfait, sa fine acidité fermentaire et ses bulles naturelles agissant comme un couperet parfait face à la douceur sucrée des oignons et au sel des anchois.

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