vendredi 15 décembre 2017

Notre alimentation… tue ! Explications…

Notre alimentation nous tue ! (©DR).

20 % des décès survenus cette année dans le monde seraient dû à notre alimentation. Ce chiffre frappant provient d'une étude scientifique majeure de l'organisme Global Burden of Disease (Charge mondiale des maladies), coordonnée par l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé de l'Université de Washington et publiée par la revue médicale de référence The Lancet.


Sur des données collectées jusqu'en 2017 à travers 195 pays, cette analyse a démontré qu'une mauvaise alimentation tue plus dans le monde que le tabac, devenant le premier facteur de risque pour la santé mondiale. Nous vous proposons une analyse détaillée des conclusions de cette étude de référence.


Le bilan global : 11 millions de morts par an


L'étude révèle qu'au niveau mondial, 11 millions de décès prématurés par an sont directement imputables à un régime alimentaire inadapté, ce qui correspond effectivement à environ 20 % de la mortalité totale (soit un décès sur cinq). Ce lourd tribut dépasse celui du tabagisme, responsable de 8 millions de morts annuelles. L'immense majorité de ces décès liés à l'alimentation est causée par les maladies cardiovasculaires, qui foudroient près de 10 millions de personnes. Le reste se répartit entre les cancers (environ 913 000 décès) et le diabète de type 2 (près de 339 000 décès), des pathologies chroniques lourdement aggravées par nos choix nutritionnels.


Les véritables coupables : le manque de nutriments essentiels avant l'excès de sucre


Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas uniquement les excès de graisses ou de sucre qui tuent le plus, mais avant tout les carences en aliments protecteurs. Les chercheurs ont établi que plus de la moitié des décès dus à l'alimentation proviennent de trois facteurs précis : un apport excessif en sel (le sodium étant responsable de 29 % des décès prématurés par son action sur la tension artérielle), un manque cruel de céréales complètes (impliqué dans 28 % des décès) et une consommation insuffisante de fruits frais (22 %). Le déficit mondial en noix, graines, légumes et acides gras oméga-3 s'avère statistiquement bien plus meurtrier à long terme que la consommation excessive de viande rouge ou de boissons sucrées, même si ces dernières restent de sérieux facteurs de risques.


Une fracture géographique et économique mondiale


L'étude met en lumière de profondes disparités entre les nations, directement liées au niveau de vie et à l'accès aux produits frais. L'Ouzbékistan enregistre le taux de mortalité lié à l'alimentation le plus élevé de la planète, avec 892 décès pour 100 000 habitants, suivi de près par des pays comme l'Afghanistan où la malnutrition et le manque d'infrastructures empêchent l'accès à un régime équilibré. À l'inverse, les pays méditerranéens et asiatiques s'en sortent le mieux grâce à leurs cultures culinaires traditionnelles. Israël affiche le taux le plus bas du monde (89 morts pour 100 000 habitants), suivi immédiatement par la France, l'Espagne et le Japon, des nations où la consommation de fruits, de légumes et de graisses saines protège historiquement mieux les populations.

jeudi 7 décembre 2017

Que boire avec… un petit salé aux lentilles ?

Un plat réconfortant, d'hiver ou de printemps (©DR).




Le petit salé aux lentilles est l'archétype du plat de bistrot et de la cuisine réconfortante d'hiver ou de mi-saison. Ce mets rustique et savoureux repose sur un équilibre parfait entre le fondant des lentilles vertes (souvent parfumées de carottes, d'oignons et de clous de girofle), le caractère salé et fumé des viandes (palette de porc, poitrine, saucisses de Morteau ou de Toulouse), et le gras naturel de la cuisson. Cet ensemble chaleureux réclame des boissons capables de rivaliser avec le sel et le fumé tout en apportant de la fraîcheur pour dégraisser le palais.


Le rouge de la Vallée de la Loire ou du Beaujolais


L'accord le plus classique et le plus efficace avec un petit salé s'oriente vers un vin rouge axé sur le fruit, la fraîcheur et la fluidité. Un Saumur-Champigny (cépage Cabernet Franc) ou un cru du Beaujolais comme un Morgon ou un Fleurie (cépage Gamay) font des merveilles. Ces vins se distinguent par des tanins très souples et une belle acidité salivante. Cette vivacité est indispensable pour trancher dans le gras des viandes de porc et nettoyer le palais à chaque bouchée, tandis que leurs notes de petits fruits rouges et d'épices douces soulignent le goût terrien de la lentille sans jamais l'écraser.


Un rouge du Sud-Ouest pour son côté rustique


Si vous préférez un accord plus charpenté et affirmé, vous pouvez vous tourner vers le Sud-Ouest de la France, une région où les plats mijotés à base de porc sont rois. Un Marcillac (issu du cépage Fer Servadou) ou un Fronton (dominé par la Négrette) sont des partenaires exceptionnels. Le Marcillac, avec ses notes typiques de poivre, de sang et de fruits rouges rustiques, s'accorde magistralement avec le côté fumé de la saucisse de Morteau. Ces vins possèdent une structure tannique présente mais bien fondue par le mijotage, offrant du répondant face à la palette de porc sans assécher la bouche.


Un vin blanc sec et structuré pour un accord surprenant


Bien que le réflexe premier soit d'ouvrir une bouteille de rouge, un vin blanc bien choisi peut créer une surprise gastronomique magnifique. Le secret réside dans le choix d'un vin blanc sec, gras et doté d'une belle minéralité pour faire face au sel du plat. Un Mâcon-Villages (en Bourgogne) ou un Saint-Joseph blanc (de la Vallée du Rhône) se prêtent idéalement à cet exercice. Le côté charnu et beurré de ces vins vient envelopper la texture douce des lentilles, tandis que leur fraîcheur finale apporte un coup de fouet bienvenu face à la richesse des salaisons.


Une bière ambrée artisanale pour le côté "bistrot" du plat


Pour les amateurs de bière, le petit salé aux lentilles offre un terrain d'expression idéal. Une bière ambrée de style Amber Ale ou une Bière de Garde du Nord de la France créent une harmonie remarquable. Les malts torréfiés utilisés pour ces bières développent des notes de pain grillé et de caramel qui se marient divinement bien avec les viandes fumées et la peau croustillante des saucisses. De plus, la pétillance naturelle de la bière et son amertume fine viennent instantanément couper le gras de la charcuterie, rendant le repas particulièrement digeste.


Sans alcool : un thé fumé Lapsang Souchong


Pour une option sans alcool de haute volée capable de dialoguer avec la complexité du petit salé, le choix de la boisson doit avoir du caractère. Un thé noir fumé Lapsang Souchong, servi chaud au cours du repas, est une expérience incroyable. Ses notes intenses de bois brûlé, de résine et de fumée créent un accord de résonance immédiat avec la palette et les saucisses fumées. Les tanins fins du thé noir structurent la bouche et aident à assimiler les protéines de la viande, offrant une alternative chaleureuse qui respecte totalement l'esprit rustique du plat.


Mais aussi : un bouillon de légumes percutant ou une boisson au gingembre


Si vous cherchez une boisson sans alcool plus fraîche et tonique pour contrer la lourdeur du porc, deux pistes sont très intéressantes. Vous pouvez servir un bouillon de légumes maison très chaud, fortement corsé en livèche (céleri perpétuel) et en poivre noir, qui prolongera les saveurs du mijotage tout en réconfortant le palais. Pour une version froide, un grand verre d'eau pétillante aromatisée d'un généreux jus de gingembre frais et d'un trait de citron apportera un peps piquant et une acidité tranchante, parfaits pour bousculer la douceur de la lentille et réveiller les papilles.

mercredi 13 septembre 2017

Œufs : crise sanitaire lors de leur contamination au fipronil

Des œufs contaminés au Bénélux (©DR).

C'est un dossier qui aura marqué les esprits par son ampleur européenne  toute cet été 2017 et les failles de traçabilité qu'il a révélées. Bien que le risque sanitaire direct ait été jugé "très faible" par les autorités, l'impact économique et la crise de confiance auront été massifs. Que c'est-il passé aux portes de la France ?


L'origine du scandale


Tout commence en Belgique et aux Pays-Bas pendant cet été 2017. On découvre que de nombreux élevages de poules pondeuses ont utilisé un traitement anti-parasitaire (contre le pou rouge) contenant du fipronil.

  • Le produit en cause : le "DEGA-16", un produit naturel à base de menthe et d'eucalyptus, qui avait été frauduleusement enrichi en fipronil par une société belge pour booster son efficacité.

  • L'interdiction : le fipronil est une substance autorisée pour les animaux domestiques (puces, tiques), mais strictement interdite pour les animaux destinés à la chaîne alimentaire humaine.


L'impact en France


Si la France a été touchée un peu plus tard que ses voisins, l'onde de choc a été significative :

  • Produits transformés : contrairement aux Pays-Bas où des millions d'œufs frais ont été retirés des rayons, la France a surtout été concernée par des ovoproduits (œufs liquides ou en poudre) utilisés dans l'industrie agroalimentaire.

  • Retraits massifs : des centaines de références ont été retirées des supermarchés (gaufres, pâtes, gâteaux, quiches, etc.) car elles contenaient des doses de fipronil supérieures à la limite réglementaire.

  • Élevages touchés : quelques exploitations françaises ont également été placées sous surveillance après avoir utilisé les services de la société incriminée.


Les risques pour la santé


L'agence Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a rapidement publié une évaluation des risques pour rassurer les consommateurs :

"Le risque de survenue d’effets sanitaires est très faible au vu des concentrations de fipronil observées et des habitudes de consommation françaises."

Pour qu'un risque réel apparaisse, un adulte aurait dû consommer simultanément des dizaines d'œufs contaminés au seuil maximal détecté, ce qui est statistiquement improbable.


Conséquences et enseignements


Le scandale a mis en lumière plusieurs dysfonctionnements majeurs :


DomaineConséquences
CommunicationUne tension entre les pays européens (la Belgique a été accusée d'avoir tardé à donner l'alerte).
TransparenceLe gouvernement français a dû créer des listes publiques de produits retirés pour informer les consommateurs.
ContrôlesRenforcement des inspections sur les produits de désinfection dans les élevages.
JusticePlusieurs responsables des entreprises de désinfection en Belgique et aux Pays-Bas ont été condamnés à des peines de prison et de lourdes amendes en 2021.


Ce scandale reste aujourd'hui un cas d'école sur la complexité de la chaîne alimentaire mondiale : un seul fournisseur malhonnête a suffi à contaminer des produits finis dans plus de 40 pays, en grande majorité européens.

dimanche 10 septembre 2017

Que boire avec… la figue, nature ou en desserts ?

La figue pour bien finir l'été avant les premiers frimas (©DR).



La figue, et particulièrement la célèbre Figue de Solliès bénéficiant d'une AOC, est le joyau charnu du début de l'automne. Derrière sa robe violette et sa forme de goutte d'eau se cache une chair grenat d'une texture unique, à la fois fondante et croquante sous la dent grâce à ses petits grains. Sa saveur est une ode à la douceur : intensément sucrée, elle développe des notes de pastèque, de melon mûr, de sous-bois et de miel, soutenue par une acidité très feutrée. Ce profil riche et voluptueux demande des boissons de caractère, capables d'épouser sa rondeur ou de lui apporter un contraste rafraîchissant.


Ses atouts nutritionnels


La figue est un fruit d'une richesse nutritionnelle exceptionnelle, idéale pour aborder les premiers fraîcheurs de l'automne. Elle est particulièrement réputée pour sa teneur en fibres insolubles et en graines, ce qui en fait l'une des alliées les plus efficaces de tout le verger pour stimuler et réguler le transit intestinal. Elle se distingue également par un apport remarquable en minéraux, notamment en potassium, précieux pour la tension artérielle, et en calcium d'origine végétale. Sa couleur sombre trahit enfin une forte concentration en polyphénols, des antioxydants puissants qui protègent les cellules du vieillissement et soutiennent le système cardiovasculaire, le tout offrant une énergie saine et durable.


Un porto de style Tawny pour une tarte ou un crumble


La cuisson de la figue au four, que ce soit dans une tarte traditionnelle, un clafoutis ou sous un crumble croustillant, exalte ses arômes de fruits confits et fait ressortir sa sucrosité mielleuse. Pour faire face à cette texture dense et chaleureuse, un vin muté est le compagnon idéal. Un Porto Tawny ou un Banyuls traditionnel vieilli en fûts font des merveilles. Ces vins déploient des notes intenses de figue séchée, de noix, de pruneau et d'épices douces qui fusionnent littéralement avec le dessert. L'alcool chaleureux de ces vins doux naturels vient structurer la bouche, enveloppant la rondeur de la figue cuite de manière magistrale.


Les bulles rosées de Provence pour les figues fraîches et natures


Déguster des figues de Solliès simplement coupées en quartiers, crues et nature à la fin d'un repas ensoleillé, demande une boisson aérienne qui respecte la délicatesse du fruit brut. Un vin effervescent rosé de saignée, comme un Champagne rosé ou un Crémant de Loire rosé, est un choix splendide. Les bulles fines apportent le dynamisme et la texture qui manquent parfois au fruit frais, tandis que les notes de petits fruits rouges acidulés du vin (groseille, framboise) viennent bousculer la douceur de la figue. Ce contraste apporte une fraîcheur bienvenue, transformant la dégustation en un moment aérien et festif.


Un blanc de la vallée du Rhône pour une salade de figues et chèvre chaud


La figue excelle dans les préparations salées-sucrées, notamment lorsqu'elle est rôtie et associée à un fromage de caractère comme un chèvre frais, de la feta ou un bleu crémeux. Pour ce type d'entrée texturée et gourmande, il faut se tourner vers un vin blanc sec qui possède à la fois du gras et de la fraîcheur. Un Saint-Joseph blanc ou un Condrieu (issu du cépage Viognier) est parfait. Le côté floral et les arômes naturels d'abricot et de pêche blanche de ces vins blancs du Sud épousent la sucrosité de la figue, tandis que leur matière enveloppante caresse le fromage sans jamais saturer les papilles.


Sans alcool : un thé chaï pour les options


Pour une alternative sans alcool raffinée et automnale, la figue réclame des boissons qui ont du répondant et des notes chaleureuses. Si vous cherchez une idée douce et enveloppante, un thé chaï aux épices (cannelle, cardamome, clou de girofle) allongé d'un nuage de lait d'amande fera des merveilles. Les épices douces soulignent le parfum boisé de la figue, tandis que le lait d'amande vient enrober sa texture fondante pour un moment de pure gourmandise réconfortante.

jeudi 13 juillet 2017

Lentilles blondes de St Flour : en route vers l'AOP

Ce dossier d'AOP prendra plusieurs années à aboutir (©DR).

Pendant des décennies, elle n'a été qu'un souvenir lointain dans la mémoire des anciens de la Planèze, ce haut plateau volcanique du Cantal. Alors qu'elle couvrait près de 2 000 hectares à la fin des années 1940, la culture de la lentille blonde de Saint-Flour a totalement disparu dans les années 1960, emportée par la modernisation agricole et l'exode rural. Son histoire aurait pu s'arrêter là, si un incroyable sauvetage n'avait eu lieu à la fin des années 1990. Celui se concrétise aujourd'hui par la demande de la filière d'une AOP (Appellation d'Origine Protégée) ! A suivre…


Sous l'impulsion de passionnés, du prêtre Louis Boussuge et d'élus locaux, une poignée de graines d'origine est retrouvée. Contre toute attente, l'étincelle prend : multipliées patiemment année après année par les agriculteurs locaux, ces quelques graines ont donné naissance à une filière agricole à part entière.


Le parcours du combattant de l'Appellation


Forts de cette renaissance, les producteurs réunis au sein de l’Association Interprofessionnelle de la Lentille Blonde de Saint-Flour (AILB) ont engagé dès 2017 le grand chantier de leur reconnaissance officielle. Un dossier de demande d'AOP (Appellation d'Origine Protégée) a été déposé et est actuellement en cours d'instruction auprès de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). Obtenir ce précieux label est un travail de longue haleine. Pour prouver le lien unique entre le produit et son terroir, un travail de recherche-action rigoureux a été confié à des laboratoires scientifiques (comme l'UMR Territoires). L'objectif : cartographier une aire géographique indiscutable en se basant sur des critères croisés de géologie (les sols de cendres et de basaltes), de climat d'altitude et d'histoire locale.


Les tenants et aboutissants : dépasser les frontières pour grandir


L'un des aspects les plus fascinants de cette future AOP est sa géographie. Loin de s'enfermer dans les frontières administratives du Cantal, la zone de production en cours de délimitation englobe le bassin historique et s’étend à plusieurs communes limitrophes du Puy-de-Dôme, telles qu'Apchat, Augnat ou Rentières. Pour la filière, les enjeux à venir sont majeurs. L'AOP permettra non seulement de sanctuariser ce produit d'exception au goût délicatement sucré, mais elle offre aussi une opportunité de diversification agronomique et économique cruciale pour les éleveurs locaux. Le grand défi des prochaines saisons sera d'ailleurs de séduire et de recruter de nouveaux producteurs, notamment dans le Puy-de-Dôme, pour stabiliser les volumes, répondre à une demande commerciale en forte croissance et asseoir définitivement la réputation de cette perle blonde d'Auvergne.

vendredi 30 juin 2017

Que boire avec… une belle pastèque ?

(©DR).


La pastèque est le fruit de la désaltération par excellence. Composée à plus de quatre-vingt-dix pour cent d'eau, sa saveur est délicate, subtilement sucrée et parfois un peu timide. Pour l'accompagner, le piège absolu serait de choisir une boisson trop lourde ou trop puissante qui noierait instantanément son goût. Il faut au contraire privilégier des boissons qui soutiennent sa fraîcheur ou réveillent son profil aquatique avec du relief.


Les bulles ultra-fraîches du Prosecco


Pour donner du peps à la texture croquante et aqueuse de la pastèque, rien ne vaut l'effervescence. Un vin effervescent italien comme un Prosecco extra-dry (légèrement fruité) ou un Crémant d'Alsace blanc de blancs s'impose comme un excellent choix. Les bulles dynamiques apportent le relief qui manque parfois au fruit, tandis que les notes de pomme verte et de poire de ces vins soulignent la douceur discrète de la pastèque sans l'écraser. C'est l'accord estival par excellence pour un début de repas léger.


Un blanc de Provence ou un rosé très clair


Si vous servez la pastèque en salade, agrémentée par exemple de feta et de menthe comme c'est souvent le cas en été, l'accord migre vers les vins tranquilles. Un vin blanc de Provence (cépage Rolle/Vermentino) ou un rosé de Provence très pâle et sec feront des merveilles. Ces vins, axés sur des notes d'agrumes, de fenouil et de petits fruits rouges acides, apportent la structure et le peps nécessaires pour relever la pastèque, tout en se mariant idéalement avec le sel du fromage si vous optez pour cette version salée.


Une bière de blé légère de style Blanche ou Gose


L'association de la pastèque et de la bière est une magnifique surprise pour le palais, à condition de choisir un style très précis. Une bière blanche de style belge (Witbier), brassée avec des écorces d'orange et de la coriandre, apporte des touches épicées et fruitées qui réveillent immédiatement le côté timide du fruit. Pour les amateurs de découvertes, une bière de style Gose (une bière de blé allemande légèrement acide et salée) crée un contraste saisissant : le sel de la bière agit comme un exhausteur de goût naturel, faisant littéralement exploser la sucrosité de la pastèque.


Proposition sans alcool : une eau de coco au citron vert


Pour une option sans alcool qui respecte la pureté du fruit, l'objectif est d'apporter du relief sans ajouter de sucre lourd. L'eau de coco bien fraîche, relevée d'un généreux filet de jus de citron vert, est idéale. L'eau de coco partage avec la pastèque ce profil hydratant et subtilement végétal, créant une harmonie immédiate. Le citron vert, quant à lui, apporte l'acidité et le coup de fouet nécessaires pour réveiller les arômes discrets de la pastèque, offrant un duo désaltérant et intensément tropical.

jeudi 29 juin 2017

Que boire avec… des myrtilles, natures ou en desserts ?

Accommoder les myrtilles natures ou en dessets (©DR).



La myrtille est une petite baie sauvage ou de culture à bien des égards fascinante. Sa saveur oscille entre une douceur feutrée, des notes subtilement boisées et une acidité fine, le tout porté par une richesse en tanins et en pigments qui colorent instantanément le palais. Qu'elle soit picorée nature au creux de la main, intégrée à une tarte croustillante ou cuite en compotée, elle appelle des accords de caractère qui respectent sa couleur et son esprit forestier.


Les bulles rosées de caractère pour les myrtilles fraîches


Déguster des myrtilles fraîches, simplement nature ou légèrement saupoudrées de sucre, demande une boisson aérienne capable de faire ressortir le jus de la baie. Un vin effervescent rosé structuré, comme un Crémant d'Alsace rosé ou un Champagne rosé, est un choix magnifique. La fraîcheur des bulles et les notes naturelles de petits fruits rouges de ces vins réveillent le côté parfois timide de la myrtille fraîche. L'acidité du vin apporte du peps à la texture charnue de la baie, transformant une simple coupelle de fruits en un dessert de fête.


Un vin rouge doux et muté pour les tartes


La tarte aux myrtilles, grand classique des fins de randonnées en montagne, présente un profil unique : à la cuisson, les baies crèvent, libérant un jus épais, acidulé, presque d'encre, sur une pâte sablée ou brisée. Pour faire face à cette intensité et à la présence des tanins du fruit cuit, le vin rouge trouve exceptionnellement sa place sur un dessert. Un vin doux naturel comme un Banyuls ou un Maury rouge crée un accord légendaire. Leurs notes de pruneau, de cacao et de fruits noirs confits épousent la puissance de la myrtille, tandis que la sucrosité du vin vient adoucir l'acidité cuite du fruit, offrant une finale chaleureuse et harmonieuse.


Un vin blanc moelleux et vif côté clafoutis ou muffin


Lorsque la myrtille s'invite dans un appareil moelleux et riche en œufs, comme un clafoutis, un gâteau de Savoie ou des muffins, la rondeur de la pâte vient envelopper l'acidité de la baie. Pour escorter ce type de texture, un vin blanc moelleux doté d'une grande fraîcheur est idéal. Un Jurançon moelleux ou un Vouvray demi-sec font des merveilles. Les notes de miel et de fruits exotiques de ces vins blancs apportent la gourmandise nécessaire pour accompagner le biscuit, tandis que leur tension minérale évite l'effet écœurant en prolongeant la fraîcheur de la myrtille.


Une bière de style Sour aux fruits rouges pour un accord audacieux


Pour les amateurs de découvertes, la bière offre une alternative contemporaine incroyable avec la myrtille, notamment si le fruit est travaillé en cheesecake ou en verrine crémée. Une bière de fermentation spontanée ou de style Sour (bière acide), idéalement infusée aux fruits rouges ou une Kriek artisanale, s'impose. L'acidité franche de la bière vient couper la richesse de la crème, tandis que les arômes fermentaires et fruités font écho aux notes sauvages et boisées de la myrtille, nettoyant le palais à chaque gorgée de manière très dynamique.


Sans alcool : un thé noir d'Assam ou un lait chaud à la cardamome


Pour une conclusion sans alcool qui magnifie la myrtille sous toutes ses formes, la boisson doit avoir de la texture ou des notes chaudes. Un thé noir d'Assam ou un Earl Grey bien corsé conviennent parfaitement pour le goûter. Les tanins naturels du thé noir s'harmonisent avec ceux de la myrtille, et les notes de bergamote de l'Earl Grey apportent une touche d'agrumes qui réveille le fruit. Si vous cherchez un accord plus réconfortant avec une tarte, un lait végétal à l'amande ou à l'avoine, chauffé et infusé à la cardamome, calmera instantanément l'acidité du fruit cuit grâce à ses notes épicées et sa douceur enveloppante.

vendredi 2 juin 2017

Que boire avec… une pissaladière niçoise et ses anchois ?

Comment accommoder  les anchois de ce plat ? (©DR).




La pissaladière niçoise est l'un des plus grands fleurons de la cuisine méditerranéenne, une tarte salée au tempérament affirmé et gorgée de soleil. Elle repose sur une pâte à pain croustillante et moelleuse, surmontée d'une très généreuse couche d'oignons longuement confits à l'huile d'olive jusqu'à devenir presque une confiture sucrée. Ce fond doucereux est vigoureusement bousculé par l'apport salé, iodé et puissant du pissalat (la pâte d'anchois traditionnelle) ou de filets d'anchois saurs, ainsi que par les petites olives noires de Nice, les caillettes, aux notes de sous-bois. Ce jeu de miroirs permanent entre la douceur de l'oignon, l'amertume de l'olive et la force saline de l'anchois exige des boissons sudistes, fraîches et nerveuses, capables de trancher dans le gras de l'huile d'olive sans se faire balayer par l'iode.


Un vin rosé de Provence pour l'accord local


L'accord le plus naturel et le plus convivial nous emmène immédiatement sur une terrasse ensoleillée du Var ou des Alpes-Maritimes avec un grand vin rosé de la région. Un Côtes-de-Provence ou, pour plus de structure, un AOC Bellet rosé (le vignoble confidentiel des collines de Nice) est un partenaire de choix. Ce rosé de terroir, souvent issu des cépages Braquet, Grenache ou Cinsault, déploie des notes de petits fruits rouges acidulés, d'agrumes et d'herbes de la garrigue. Sa fraîcheur désaltérante vient immédiatement couper la richesse de l'oignon confit à l'huile d'olive, tandis que son profil fruité et sa fine salinité finale font merveilleusement écho à la puissance marine de l'anchois.


Un blanc sec de Bellet ou de Cassis pour dompter la force de l'anchois


Pour ceux qui préfèrent le vin blanc, la pissaladière offre un terrain d'expression magnifique à condition de choisir un blanc du Sud, doté de matière mais surtout d'une grande fraîcheur minérale. Un Bellet blanc (majoritairement issu du cépage Rolle, le Vermentino local) ou un Cassis blanc de la côte phocéenne forment un mariage magistral. Le Rolle apporte des notes de poire, d'amande fraîche et de fleurs blanches avec une texture enveloppante qui épouse le fondant de l'oignon. La finale de ces vins, intensément saline et iodée, offre un répondant parfait à l'anchois tout en purifiant le palais après chaque bouchée, évitant ainsi toute saturation.


Un rouge de Provence fluide et fruité


Si vous êtes un inconditionnel du vin rouge, l'exercice est périlleux car les tanins du vin ont tendance à durcir et à donner un goût métallique au contact de l'anchois salé. La solution réside dans le choix d'un vin rouge très jeune, léger, juteux et dépourvu d'élevage en barrique, comme un AOC Coteaux d'Aix-en-Provence rouge dominé par le Grenache. Servi légèrement rafraîchi, ce vin mise tout sur un fruit croquant et des notes de poivre noir. Cette souplesse respecte le fondant de la tarte, tandis que le côté épicé du Grenache vient souligner le caractère rustique et provençal de la pissaladière.


Une bière artisanale de style Witbier ou une IPA légère


Pour une alternative moderne à l'heure de l'apéritif, l'univers brassicole offre une solution d'une efficacité redoutable face au gras et au sel de la pissaladière. Une bière blanche de style Witbier (blanche de blé de tradition belge), avec ses notes d'écorces d'orange et de coriandre, apporte une douceur maltée et une fraîcheur d'agrumes qui calment instantanément le feu de l'anchois. Si vous cherchez un accord plus contrasté, une Session IPA (une bière blonde légère mais généreusement houblonnée à cru) offrira une amertume résineuse et des notes de pamplemousse exotique qui viendront bousculer la sucrosité de l'oignon confit et nettoyer le palais de façon très dynamique.


Un thé vert à la menthe douce ou un kombucha aux agrumes en options sans alcool


Pour une option sans alcool raffinée capable de dialoguer avec les saveurs intenses de la Riviera, le choix de la boisson doit apporter de l'éclat. Un thé vert à la menthe douce nanah, servi tiède ou frappé mais sans sucre ajouté, offre un contraste saisissant : la fraîcheur végétale de la menthe et la fine amertume du thé vert viennent vivifier la bouche face à la richesse de l'huile d'olive. Si vous préférez une boisson fraîche et pétillante, un kombucha artisanal au citron de Menton ou à la bergamote sera parfait, sa fine acidité fermentaire et ses bulles naturelles agissant comme un couperet parfait face à la douceur sucrée des oignons et au sel des anchois.

jeudi 2 mars 2017

Que boire avec… du riz cantonais ?

Le riz cantonais, une recette française ! (©DR).




Le riz cantonais est probablement le plat de la cuisine asiatique le plus mondialement connu, mais aussi l’un des plus galvaudés dans ses versions occidentales. La recette que nous abordons ici est celle de ce riz très connu des Françaises et des Français, apparu au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de la diaspora asiatique établie en France avec les luttes d'indépendance. Elle se compose de riz, de petits pois, de dès de jambon et d'un peu d'omelette… loin de la recette
originaire de Canton, appelée Yangzhou Chao Fan…


Rappel sur la recette du vrai riz cantonais


Il se compose traditionnellement d'œufs battus qui enrobent chaque grain d'une fine pellicule dorée, de dés de Char Siu (le fameux porc laqué cantonais doux et épicé), de petites crevettes fraîches de rivière, de pousses de bambou ou de ciboule ciselée pour la fraîcheur, et parfois d'un soupçon de vin de Shaoxing. Ce plat offre un équilibre magique entre le croquant, le fondant, les notes iodées de la crevette et la douceur sucrée-salée du porc laqué, le tout enveloppé par le parfum subtil du wok.


Un blanc d'Alsace sec et aromatique


Pour escorter la délicatesse et la complexité aromatique du véritable riz cantonais, un grand vin blanc sec et parfumé est un partenaire de premier choix. Un Pinot Gris d'Alsace ou un Riesling sec fait des merveilles absolues. Le Riesling, avec sa tension minérale et ses notes d'agrumes bien droites, apporte une fraîcheur indispensable qui vient couper le gras subtil du riz sauté à l'huile et réveiller le côté iodé des crevettes. Si vous préférez souligner la douceur du porc Char Siu, le Pinot Gris offre une matière plus enveloppante et des notes discrètement fumées qui épousent à la perfection le côté laqué de la viande sans jamais saturer le palais.


Un vin rosé de gastronomie


Le riz cantonais étant un plat complet et chaleureux, un vin rosé structuré et vineux s'impose comme une alternative particulièrement séduisante. Un vin de l'AOC Tavel ou un Bandol rosé possède la matière et la personnalité nécessaires pour dialoguer avec ce plat de caractère. Ces rosés de gastronomie, marqués par des notes de petits fruits rouges mûrs et d'épices douces, s'harmonisent magnifiquement avec la texture de l'œuf et le goût sucré-salé du porc. En même temps, leur fraîcheur désaltérante et leur fluidité viennent nettoyer les papilles après chaque bouchée, rendant l'accord extrêmement dynamique.


Un rouge de Loire léger et croquant


Si vous ne concevez pas un repas sans vin rouge, il faut impérativement bannir les vins puissants ou trop boisés qui écraseraient la délicatesse des crevettes et du riz. Le choix idéal s'oriente vers un vin rouge de la Vallée de la Loire issu du cépage Gamay ou Cabernet Franc, comme un Anjou rouge ou un Touraine léger. Ces vins se distinguent par des tanins très souples, une structure fluide et un fruit croquant. Cette légèreté respecte le fondant de la préparation, tandis que la fine acidité du vin rouge de Loire apporte un coup de fouet bienvenu face à la richesse de la friture au wok.


Une bière de blé de style Witbier


L'association du riz sauté avec une bière artisanale est un classique d'une efficacité redoutable, très ancré dans les habitudes de dégustation asiatiques. Une bière blanche de style Witbier (blanche de type belge), brassée avec des écorces d'orange et une touche de coriandre, crée un mariage de textures parfait. La pétillance fine de la bière et sa mousse aérienne viennent alléger instantanément la texture du riz enrobé d'œuf. Les notes d'agrumes et le côté légèrement épicé de la bière apportent un relief incroyable qui réveille les pousses de bambou et la ciboule, offrant une conclusion en bouche intensément rafraîchissante.


Sans alcool : deux propositions !


1 - Un thé vert Long Jing

Pour une alternative sans alcool d'un raffinement absolu, il faut se tourner vers la boisson qui accompagne ce plat depuis des siècles en Chine : le thé. Un thé vert Long Jing (Puits du Dragon), servi chaud dans de petites tasses tout au long du repas, est une expérience gastronomique inoubliable. Ce thé vert prestigieux développe des notes naturelles de châtaigne grillée et de noisette fraîche qui entrent en résonance directe avec le parfum de grillé du riz sauté au wok. Sa fraîcheur végétale et sa texture soyeuse soulignent la pureté des crevettes tout en aidant à la digestion de l'huile de cuisson.

2 - une eau infusée à la citronnelle et au gingembre

Si vous cherchez une option sans alcool froide et percutante pour un déjeuner estival, vous pouvez créer une boisson maison très simple. Une eau pétillante très fraîche infusée avec des bâtons de citronnelle frais écrasés, quelques lamelles de gingembre et un filet de jus de yuzu sera parfaite. La bulle dynamique associée au piquant du gingembre et à la fraîcheur exotique de la citronnelle vient bousculer la douceur du porc laqué et couper le gras de l'œuf. Cette boisson tonique réinitialise les papilles à chaque gorgée, mettant en valeur la pureté de chaque ingrédient du riz cantonais authentique.

samedi 18 février 2017

Que boire avec… des gougères ?

Une bonne idée d'entrée, la gougère au fromage (©DR).

Les gougères au fromage sont l'incarnation même de la convivialité et du savoir-faire bourguignon. Ces petits choux dorés et aériens combinent la légèreté d'une pâte levée, la richesse du beurre et des œufs, et la gourmandise saline d'un fromage râpé à caractère, traditionnellement du Comté, de l'Émmental ou du Beaufort. Servies tièdes, à la fois croustillantes à l'extérieur et moelleuses à l'intérieur, elles libèrent des effluves de fromage fondu et de beurre noisette qui réclament des boissons vives et tranchantes, capables de percer la richesse de la pâte pour rafraîchir le palais.


Le Bourgogne Aligoté pour l'accord local


L'accord le plus évident et le plus historique nous mène tout droit sur les terres d'origine de la gougère avec un vin blanc sec et vif de la région, le Bourgogne Aligoté. Ce vin issu d'un cépage traditionnellement nerveux se distingue par sa fraîcheur tranchante, ses notes de pomme verte, de citron et sa belle minéralité. Face au gras du beurre et à l'onctuosité du fromage chaud, la vivacité de l'Aligoté fait des merveilles : elle vient littéralement nettoyer les papilles à chaque bouchée. Ce contraste saisissant crée un équilibre parfait, évitant toute lourdeur et préparant la bouche pour la gougère suivante.


Un grand vin blanc de Chablis pour sublimer le Comté


Si vos gougères sont généreusement garnies d'un Comté affiné ou d'un Beaufort d'alpage, le plat gagne en complexité et mérite un partenaire d'une plus grande noblesse. Un vin blanc de Chablis ou un Mâcon-Villages (issus du cépage Chardonnay) s'impose alors comme un choix magistral. Chablis apporte une tension minérale unique, presque saline, et des notes de silex et de beurre frais qui entrent en résonance immédiate avec la pâte à choux. La matière délicate du vin enveloppe le fondant du fromage sans jamais se laisser dominer, offrant une finale d'une élégance et d'une pureté remarquables.


Les bulles d'un Crémant ou d'un Champagne


Les gougères étant les reines incontestées des débuts de repas, les associer à un vin effervescent est une option festive d'une redoutable efficacité. Un Crémant de Bourgogne ou un Champagne Brut Blanc de Blancs (100 % Chardonnay) forment un mariage idéal. Le dioxyde de carbone et le dynamisme des bulles agissent comme un activateur de texture en bouche, brisant la densité de la pâte texturée et soulevant le gras du fromage. De plus, les notes de brioche, de pain grillé et de fruits secs propres à ces méthodes traditionnelles répondent magnifiquement aux arômes de croûte de fromage dorée au four.


Une bière de style Saison ou une Pilsner


Pour les amateurs de mousse, l'univers brassicole offre une alternative contemporaine incroyable avec la pâte à choux. Une bière artisanale de style Saison (une bière belge de fermentation haute, sèche et fruitée) ou une Pilsner de caractère avec une belle amertume herbacée sont des choix parfaits. La pétillance naturelle de la bière et son col de mousse aérien allègent instantanément la richesse de l'œuf et du beurre. L'amertume fine apportée par le houblon vient quant à elle contrebalancer le côté salé du fromage, ce qui donne un profil intensément désaltérant à cet apéritif.


Sans alcool : un thé blanc Bai Mu Dan ou une eau au citron vert


Pour une alternative sans alcool raffinée qui respecte la délicatesse de la pâte à choux, le choix de la boisson doit apporter de la pureté. Un thé blanc Bai Mu Dan (Pivoine Blanche), servi chaud ou tiède, offre un accord d'une grande poésie. Ce thé peu transformé possède des notes florales, herbacées et légèrement veloutées qui épousent la douceur du chou sans agresser le fromage. Si vous cherchez une option fraîche pour un apéritif d'été, un grand verre d'eau pétillante très fraîche agrémentée d'un trait de jus de citron vert et de rondelles de concombre sera idéal : la bulle et l'acidité du citron vert couperont le gras du fromage avec une efficacité redoutable.

samedi 4 février 2017

Gaspillage : la loi "Garot" a aujourd'hui un an !

Promotion de fruits pour limiter les invendus (©David Allignon). 



Nous vous proposons de faire un état des lieux - le plus complet possible - de l'application de la loi dite « Garot », un an presque jour pour jour après son adoption à l'unanimité par le Sénat le 3 février 2016. Ce bilan un an plus tard - en  début de l'année 2017 - met en lumière les avancées concrètes, mais aussi les premiers défis logistiques rencontrés sur le terrain.


Une explosion historique du volume des dons alimentaires


Le premier effet mesurable de la loi en 2017 est l'augmentation spectaculaire des denrées collectées par les associations caritatives. En obligeant les supermarchés de plus de 400 mètres carrés à signer une convention de don, le texte a provoqué un afflux massif de nourriture qui finissait auparavant à la poubelle. Les Banques Alimentaires constatent dès 2017 une hausse de près de 28 % des produits récupérés par rapport à la période précédant la loi. Plus de 90 % des grandes surfaces concernées se sont conformées à la législation dès la première année, permettant de distribuer des millions de repas supplémentaires aux personnes en situation de précarité.


La fin de la destruction volontaire et la valorisation en rayon


L'autre grande avancée de l'année 2017 réside dans la disparition quasi totale des pratiques de destruction des invendus. La loi ayant interdit de javelliser ou de rendre délibérément impropres à la consommation les aliments encore comestibles, les directeurs de magasins ont dû réorganiser leurs rayons. On voit ainsi fleurir dans toute la grande distribution des zones dédiées aux produits à dates courtes, vendus avec des rabais importants de 30 % à 50 %. Cette pratique, appelée le stickage, permet d'écouler les stocks rapidement auprès des consommateurs à petit budget tout en évitant le gaspillage à la source, avant même l'étape du don.


Les premiers défis logistiques et la question de la qualité


Malgré ces succès, le bilan de l'année 2017 soulève des difficultés majeures pour le tissu associatif. Celui-ci s'est en effet retrouvé submergé par des volumes qu'il n'était pas toujours armé pour gérer. Les associations manquent de bras, de camions frigorifiques et de locaux adaptés pour stocker cette nouvelle marchandise périssable. De plus, certains magasins en profitent pour vider des rayons entiers à la hâte, léguant parfois des produits à la date limite dépassée ou des fruits et légumes très abîmés que les réceptionnaires ne pourront faire autrement que de jeter (estimation de 15% des dons). Un an après la loi, les acteurs de terrain réclament un encadrement plus strict pour que le don reste de qualité et ne transforme pas les associations en trieurs de déchets de la grande distribution.

mercredi 18 janvier 2017

Idée reçue : il faut manger les fruits avant le repas

Avant ou après le repas ? Mais surtout, mangez des fruits ! (©DR).




L'affirmation selon laquelle il faudrait impérativement consommer les fruits au début ou en dehors des repas pour éviter qu'ils ne pourrissent dans l'estomac est devenue un classique des conseils bien-être. Les partisans de cette théorie expliquent que la digestion rapide des fruits serait bloquée par les autres aliments plus lents à digérer, entraînant des fermentations, des ballonnements et une perte des nutriments. Face à cette injonction qui complique inutilement l'organisation des repas, la physiologie digestive apporte des réponses claires. Pour comprendre la vérité scientifique, il convient d'analyser le comportement réel des fruits dans l'estomac, de déterminer le moment idéal pour les consommer selon les profils, et de poser les règles simples à adopter au quotidien.


Le mythe de la fermentation des fruits dans l'estomac


L'idée que les fruits se mettent à fermenter ou à pourrir s'ils sont consommés en fin de repas repose sur une incompréhension totale de l'anatomie humaine. L'estomac est un environnement d'une acidité extrême, avec un pH très bas dû à la présence massive d'acide chlorhydrique. Cette barrière acide détruit la quasi-totalité des bactéries et des levures responsables de la fermentation des sucres avant même qu'elles ne puissent agir. Lorsque les fruits sont mélangés au reste du bol alimentaire, leur digestion est certes ralentie par les protéines et les graisses des autres plats, mais ils continuent de progresser normalement vers l'intestin. Les vitamines et les minéraux ne sont pas détruits ; ils sont simplement assimilés de manière plus progressive par l'organisme.


Quand manger les fruits : une question de profil et d'objectifs


Le moment parfait pour manger un fruit n'est pas universel, il dépend entièrement de la sensibilité digestive et des objectifs de santé de chacun. Pour les personnes ayant un système digestif robuste, la fin du repas est un excellent choix, car la présence des fibres du fruit ralentit l'absorption des graisses et apporte une touche sucrée naturelle et saine. En revanche, pour les individus souffrant de colopathie fonctionnelle ou d'un système digestif hypersensible, les fruits crus en fin de repas peuvent effectivement accentuer les ballonnements en ralentissant le transit intestinal. Pour ces profils, ainsi que pour les sportifs ou les personnes cherchant à calmer une fringale, une consommation au moment du goûter, vers seize ou dix-sept heures, ou trente minutes avant le déjeuner, s'avère beaucoup plus confortable et énergisante.


Ce qu'il faut faire : écouter son corps et varier les plaisirs


Au lieu de s'enfermer dans des règles diététiques rigides, la meilleure stratégie consiste à observer ses propres réactions intestinales et à adapter sa consommation en conséquence. Si vous digérez parfaitement votre pomme ou vos fraises en dessert, il n'y a absolument aucune raison médicale de changer vos habitudes. Si vous ressentez des lourdeurs, décalez simplement vos fruits frais au moment des collations de l'après-midi. Une excellente alternative pour concilier fin de repas et confort digestif est de consommer les fruits sous forme cuite, comme une compote maison, une poire pochée ou une pomme au four, car la cuisson prédigère les fibres agressives et élimine tout risque d'inconfort tout en préservant le plaisir de la gourmandise.

samedi 14 janvier 2017

Viandes : les Français en mangent moins ! Pourquoi ?

La viande attirerait moins nos compatriotes (©DR).


Les Françaises et les Français ont mangé mois de viande en 2016 qu'en 2015. Si le discours public évoque une baisse globale, la réalité des chiffres et des comportements montre un paysage nuancé, dicté par de profonds changements sociologiques, des arbitrages financiers et le souvenir des crises passées. Notre rapide point sur ces comportements alimentaires.


Le profil actuel des consommateurs


En ce début 2017, la France reste un pays majoritairement omnivore. Les enquêtes de référence (comme celles du Crédoc) indiquent que près de 95 % des Français consomment encore de la viande, le végétarisme strict restant encore très minoritaire à cette époque (estimé à moins de 2 % de la population). Toutefois, les profils évoluent de manière asymétrique. Les gros consommateurs de produits carnés se recrutent principalement chez les hommes, les jeunes adultes et les classes populaires. À l'inverse, une tendance au "flexitarisme" émerge fortement chez les cadres, les femmes et les populations urbaines, qui choisissent de réduire volontairement leur consommation quantitative au profit de la qualité.


L'évolution contrastée des trois grandes filières


Le bilan annuel de FranceAgriMer et les données statistiques d'Agreste mettent en lumière une trajectoire divergente selon les animaux. La consommation globale apparente progresse très légèrement de 0,9 % sur l'année, mais cette hausse est entièrement portée par une seule filière.

Pour le bœuf, la tendance est au repli avec une baisse de 0,7 % de la consommation. Le steak haché, frais ou surgelé, reste le cœur du marché et sauve la filière en s'imposant comme le produit privilégié des familles, tandis que les pièces de boucherie traditionnelles (rôtis, pièces à griller) reculent nettement.

Le porc subit une baisse similaire de 0,8 % sur l'année 2016. La viande de porc fraîche et la charcuterie traditionnelle perdent du terrain dans les achats des ménages, même si le porc demeure historiquement la première viande consommée en volume en France, notamment à travers les produits transformés industriels.

Le grand gagnant de l'année 2016 est le poulet, qui enregistre une hausse spectaculaire de 4 % pour l'ensemble des volailles. La viande de volaille s'impose grâce aux portions de découpe (blancs, cuisses) et aux produits élaborés, répondant parfaitement aux nouvelles attentes de rapidité de préparation des consommateurs.


Le poids financier et le pouvoir d'achat


Le facteur économique s'avère déterminant pour expliquer le transfert de consommation du bœuf vers le poulet. L'année dernière, le contexte économique est resté marqué par les arbitrages budgétaires des ménages et une légère hausse des prix à la consommation sur la viande de boucherie. Le poulet bénéficie d'un positionnement prix imbattable, s'imposant comme la protéine animale la plus accessible pour les budgets contraints. Les baisses de volumes observées sur le bœuf et le porc frais se concentrent principalement dans les rayons traditionnels à la coupe, plus onéreux, au profit du libre-service et des marques de distributeurs.


L'impact des crises sanitaires et de la transparence


Si l'année passée n'a pas connu de crise sanitaire majeure de l'ampleur de la "vache folle" (2000) ou du scandale de la viande de cheval (2013), la mémoire de ces événements reste solidement ancrée dans l'esprit des acheteurs. Plus qu'une peur panique de la maladie, l'année 2016 consolide une exigence de traçabilité et une méfiance envers les produits ultra-transformés (qui subissent une baisse d'achat). Les consommateurs se tournent vers des labels rassurants (Label Rouge, Origine France) et la viande hachée brute, perçue comme plus contrôlée, illustrant la recherche d'une alimentation "moins mais meilleure" pour pallier le manque de confiance envers l'industrie de seconde transformation.