Accommoder les myrtilles natures ou en dessets (©DR).
La myrtille est une petite baie sauvage ou de culture à bien des égards fascinante. Sa saveur oscille entre une douceur feutrée, des notes subtilement boisées et une acidité fine, le tout porté par une richesse en tanins et en pigments qui colorent instantanément le palais. Qu'elle soit picorée nature au creux de la main, intégrée à une tarte croustillante ou cuite en compotée, elle appelle des accords de caractère qui respectent sa couleur et son esprit forestier.
Les bulles rosées de caractère pour les myrtilles fraîches
Déguster des myrtilles fraîches, simplement nature ou légèrement saupoudrées de sucre, demande une boisson aérienne capable de faire ressortir le jus de la baie. Un vin effervescent rosé structuré, comme un Crémant d'Alsace rosé ou un Champagne rosé, est un choix magnifique. La fraîcheur des bulles et les notes naturelles de petits fruits rouges de ces vins réveillent le côté parfois timide de la myrtille fraîche. L'acidité du vin apporte du peps à la texture charnue de la baie, transformant une simple coupelle de fruits en un dessert de fête.
Un vin rouge doux et muté pour les tartes
La tarte aux myrtilles, grand classique des fins de randonnées en montagne, présente un profil unique : à la cuisson, les baies crèvent, libérant un jus épais, acidulé, presque d'encre, sur une pâte sablée ou brisée. Pour faire face à cette intensité et à la présence des tanins du fruit cuit, le vin rouge trouve exceptionnellement sa place sur un dessert. Un vin doux naturel comme un Banyuls ou un Maury rouge crée un accord légendaire. Leurs notes de pruneau, de cacao et de fruits noirs confits épousent la puissance de la myrtille, tandis que la sucrosité du vin vient adoucir l'acidité cuite du fruit, offrant une finale chaleureuse et harmonieuse.
Un vin blanc moelleux et vif côté clafoutis ou muffin
Lorsque la myrtille s'invite dans un appareil moelleux et riche en œufs, comme un clafoutis, un gâteau de Savoie ou des muffins, la rondeur de la pâte vient envelopper l'acidité de la baie. Pour escorter ce type de texture, un vin blanc moelleux doté d'une grande fraîcheur est idéal. Un Jurançon moelleux ou un Vouvray demi-sec font des merveilles. Les notes de miel et de fruits exotiques de ces vins blancs apportent la gourmandise nécessaire pour accompagner le biscuit, tandis que leur tension minérale évite l'effet écœurant en prolongeant la fraîcheur de la myrtille.
Une bière de style Sour aux fruits rouges pour un accord audacieux
Pour les amateurs de découvertes, la bière offre une alternative contemporaine incroyable avec la myrtille, notamment si le fruit est travaillé en cheesecake ou en verrine crémée. Une bière de fermentation spontanée ou de style Sour (bière acide), idéalement infusée aux fruits rouges ou une Kriek artisanale, s'impose. L'acidité franche de la bière vient couper la richesse de la crème, tandis que les arômes fermentaires et fruités font écho aux notes sauvages et boisées de la myrtille, nettoyant le palais à chaque gorgée de manière très dynamique.
Sans alcool : un thé noir d'Assam ou un lait chaud à la cardamome
Pour une conclusion sans alcool qui magnifie la myrtille sous toutes ses formes, la boisson doit avoir de la texture ou des notes chaudes. Un thé noir d'Assam ou un Earl Grey bien corsé conviennent parfaitement pour le goûter. Les tanins naturels du thé noir s'harmonisent avec ceux de la myrtille, et les notes de bergamote de l'Earl Grey apportent une touche d'agrumes qui réveille le fruit. Si vous cherchez un accord plus réconfortant avec une tarte, un lait végétal à l'amande ou à l'avoine, chauffé et infusé à la cardamome, calmera instantanément l'acidité du fruit cuit grâce à ses notes épicées et sa douceur enveloppante.
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