| La listériose, retour sur une crise sanitaire (©DR). |
L'origine : le "Rullepølse"
La contamination provenait d'une charcuterie traditionnelle danoise appelée rullepølse (une sorte de flanchet de porc roulé aux herbes).
Le producteur : l'entreprise spécialisée Jørn A. Rullepølser, située à Hedehusene, près de Copenhague.
La bactérie : Listeria monocytogenes. Contrairement à beaucoup d'autres bactéries, la Listeria a la particularité de pouvoir se multiplier même dans des environnements réfrigérés.
Bilan humain et chronologie
Le bilan a été particulièrement lourd car la bactérie a touché des personnes déjà fragilisées.
Victimes : on a dénombré 41 cas confirmés, dont 17 décès (le chiffre a été revu légèrement à la hausse par rapport aux premières estimations de 15 morts comptabilisés à l'issue de la crise sanitaire).
Profil des patients : la majorité des victimes étaient des personnes âgées, des patients hospitalisés ou des individus dont le système immunitaire était affaibli par d'autres pathologies.
Période : bien que l'alerte majeure ait eu lieu durant l'été 2014, les analyses ont montré que certains cas isolés remontaient à septembre 2013.
La gestion de la crise
Le scandale a provoqué une vive polémique au Danemark sur la rapidité d'intervention des autorités sanitaires :
Fermeture de l'usine : dès que le lien a été établi par l'institut de veille sanitaire (Statens Serum Institut), l'usine a été fermée en août 2014 et tous les produits ont été rappelés.
Failles de contrôle : l'enquête a révélé que l'entreprise avait déjà eu des problèmes d'hygiène signalés lors d'inspections précédentes, ce qui a déclenché un débat national sur l'efficacité des contrôles vétérinaires et alimentaires de l'État.
En quoi est-ce un cas d'école ?
Cette crise est souvent citée pour deux raisons majeures :
Le séquençage du génome (WGS) : c'est l'une des premières fois que les autorités ont utilisé massivement le séquençage complet du génome pour prouver de manière indiscutable que la souche retrouvée chez les patients était identique à celle de la machine à découper de l'usine.
La "bactérie des hôpitaux" : comme le rullepølse était bon marché et facile à servir, il était présent dans les menus de nombreux hôpitaux et maisons de retraite, expliquant pourquoi le taux de mortalité a atteint près de 40% des personnes infectées.
Conséquences de cette crise
Cette affaire a conduit à un durcissement des protocoles de nettoyage industriel dans toute la Scandinavie et à une surveillance accrue des produits "prêts à consommer" qui ne subissent pas de cuisson avant ingestion.