mardi 28 avril 2026

Miel : bientôt une nouvelle disposition pour favoriser la production française

Changement à venir sur les pots de miel (© DR).

Dans moins de sept semaines, les pots de miel de mélanges vendus en magasins devront indiqués - par pourcentage - la part de la provenance de chaque miel quand le produit est ici d'un mélange de miel étranger ! Une très bonne nouvelle pour les producteurs français.


Une réalité  : 60% du miel vendu en France est importé !


C'est une bonne nouvelle pour la filière française, même si celle-ci ne produit pas assez de miel d'abeille pour rassasier les Françaises et les Français : pour rappel, la filière française importe pas moins de 60% du miel consommé dans notre pays, des piles qui viennent de Chine, d'Espagne, d'Ukraine mais aussi d'Argentine. Jusqu'à présent, concernant les miels en mélange, le décret n°2022-482 du 4 avril 2022 modifiait le décret n°2003-587 relatif au miel rendant obligatoire l’indication seul du nom des pays lorsque les miels en mélange étaient conditionnés sur le territoire national. Au 14 juin prochain - dans moins de sept semaines -  tous les pots de miel de mélanges devront indiqués - par pourcentage - l'origine des miels qui composent le contenant du produit acheté !


Bientôt, les provenances en % indiqués sur les pots


Une façon simple et efficace de rassurer les acheteurs sur l'origine de leurs miels pour permettre à la filière hexagonale de mieux faire valoir les produits du terroir. Les origines des miels mélangés étaient bien indiqués sur les étiquettes des pots, mais sans donner la moindre indication sur les proportions des miels mélangés. Les textes changent donc en ce premier semestre 2026 pour permettre d'y voir plus clair sur les mixtes des miels étrangers et/ou français, une façon assez efficace - pour peu que les indications soient bien respectées et qu'il n'y ai pas de tromperie - de faire valoir les miels de France. Mais ces nouvelles précisions limiteront-elles les ajouts frauduleux de sucre ? A suivre.



dimanche 19 avril 2026

Quels fruits manger le soir pour mieux dormir ?

Le plus efficace, le kiwi (©DR).

Manger des fruits le soir serait une excellente idée, car ils apporteraient des nutriments qui favorisent la relaxation et la synthèse des hormones du sommeil. Contrairement à une idée reçue, le sucre naturel des fruits (fructose) consommé en fin de journée n'empêche pas de dormir, tant qu'on ne tombe pas dans l'excès, bien sûr.


Voici ci-dessous les meilleurs alliés de votre nuit et les raisons scientifiques de leur efficacité.


Le kiwi : le champion de la sérénité


Le kiwi est souvent cité comme l'un des meilleurs aliments pour le dodo.

  • Pourquoi il aide : Il est exceptionnellement riche en sérotonine, un précurseur de la mélatonine (l'hormone du sommeil).

  • Le bénéfice : Des études ont montré que consommer deux kiwis une heure avant le coucher permettrait de s'endormir plus vite et de passer une nuit plus paisible. Sa richesse en antioxydants aide aussi à réduire l'inflammation, ce qui favorise un repos récupérateur.


La banane : le décontractant naturel


La banane agit comme un véritable petit somnifère naturel grâce à sa composition minérale.

  • Pourquoi elle aide : Elle contient du magnésium et du potassium, deux minéraux qui agissent comme des relaxants musculaires.

  • Le bonus : Elle apporte du tryptophane, un acide aminé essentiel que le corps utilise pour fabriquer la sérotonine. Une banane le soir aide à apaiser les tensions physiques accumulées durant la journée.


La cerise griotte : de la mélatonine pure


Si vous avez du mal à caler votre cycle de sommeil, la cerise est votre meilleure amie.

  • Pourquoi elle aide : Les cerises (particulièrement les variétés acidulées comme la Griotte ou la Montmorency) sont l'une des rares sources alimentaires naturelles de mélatonine.

  • Le bénéfice : En consommer (fraîches ou en jus sans sucre ajouté) aide à signaler à votre cerveau qu'il est temps de se mettre en mode "nuit".


L'ananas : pour booster la mélatonine


Moins connu pour cet usage, l'ananas est pourtant très efficace.

  • Pourquoi il aide : Des chercheurs ont découvert que la consommation d'ananas pouvait augmenter de façon significative la présence de mélatonine dans le corps (plus encore que la banane).

  • Le bonus digestion : Il contient de la bromélaïne, une enzyme qui facilite la digestion des protéines, évitant ainsi la sensation de lourdeur abdominale qui empêche parfois de s'endormir.


Quelques conseils pour un "sommeil fruité" réussi


  • Le timing : L'idéal est de consommer ces fruits environ 1 à 2 heures avant d'éteindre la lumière. Cela laisse le temps à la digestion de commencer sans perturber l'endormissement.

  • La juste quantité : Une portion (un fruit moyen ou une petite tasse de baies) suffit largement. L'excès de sucre, même naturel, peut provoquer un léger pic d'énergie non désiré.

  • Attention aux agrumes : Évitez les oranges ou les pamplemousses trop tard le soir si vous avez l'estomac sensible, car leur acidité peut provoquer des remontées acides une fois allongé.

 

En résumé

Si vous deviez choisir un combo gagnant, une petite salade kiwi-banane est la collation idéale pour préparer votre corps et votre esprit à une nuit profonde.


Note : Ces conseils s'inscrivent dans une hygiène de vie globale. Si vos troubles du sommeil persistent, il est important de consulter un professionnel de santé.

mardi 7 avril 2026

Disparition de l'INC : les conséquences à nos yeux

Fichier:Institut national de la consommation (INC) logo.jpg — Wikipédia
Les conséquences de la suppression de l'INC.


Depuis maintenant une dizaine de jours, l'INC (Institut nationale de la Consommation) n'existe plus ! Ainsi en a décidé le Gouvernement en suivant - certains diront d'un peu trop près - les conclusions de la Cour des Comptes qui mettait en avant les difficultés  de gestion de l'organisme d'état. Quels sont pour nous - Françaises, Français - les conséquences de cette disparition. On vous propose ci-dessous de faire le point, sommairement.


Une information affaiblie pour le consommateur


La disparition de l’Institut national de la consommation (INC) et la privatisation programmée de son magazine marquent un tournant symbolique et pratique dans le paysage de la régulation de la consommation en France. Pour le consommateur, cet événement signifie la perte d'un point de repère institutionnel unique. Contrairement aux associations de défense traditionnelles, l'INC disposait d'un statut d'établissement public qui lui conférait une autorité particulière et des moyens techniques de recherche importants, notamment ses propres laboratoires d'essais comparatifs. Sans ce pilier public, le consommateur se retrouve face à un marché de l'information plus fragmenté, où la distinction entre expertise indépendante, communication de marque et contenus sponsorisés devient parfois plus difficile à percevoir.


Rapport de force avec les acteurs économiques : des modifications


Du côté des acteurs économiques, et notamment des représentants de l'agroalimentaire ou de la grande distribution, l'effacement de l'INC modifie la dynamique des rapports de force. Le magazine 60 millions de consommateursfonctionnait comme un contre-pouvoir technique redoutable, capable d'influencer les formulations de produits ou les pratiques commerciales par la seule publication de ses enquêtes, sans dépendre des revenus publicitaires de ces mêmes entreprises. Si certains acteurs industriels peuvent y voir l'affaiblissement d'un censeur historique exigeant, la disparition d'un tiers de confiance public prive aussi le secteur d'un interlocuteur rigoureux qui, par ses critiques, participait paradoxalement à l'élévation globale des standards de qualité et à la transparence du marché.


Neutralité et vérité factuelle : de nouveaux défis


Sur le terrain de la vérité et de la neutralité de l'information, cette transition soulève des interrogations fondamentales sur le modèle économique de la presse spécialisée. La neutralité de l'INC reposait sur un équilibre fragile entre subventions de l'État et ventes au numéro, garantissant une absence totale de conflits d'intérêts commerciaux. L'arrivée potentielle d'un repreneur privé fait peser le risque d'une logique de rentabilité immédiate, qui pourrait pousser à des choix éditoriaux plus consensuels ou à l'introduction de la publicité. L'enjeu de l'avenir sera donc de voir si des structures alternatives, qu'elles soient associatives, coopératives ou portées par des fondations indépendantes, réussiront à maintenir ce niveau d'investigation scientifique indispensable à la manifestation d'une vérité objective sur les produits du quotidien.

samedi 4 avril 2026

L'Institut nationale de la consommation (INC) a été liquidée !

Le titre-phare de l'INC est menacé de disparition (©Mourad Allili).


C'est fait : depuis le 29 mars dernier, la dissolution et la mise en liquidation officielle de l'INC est officielle, avec la publication du décret au Journal officiel actant la fin de l'institution créé en 1966 à compter du 31 mars 2026 !

La décision du gouvernement de dissoudre l'Institut national de la consommation (INC) et de privatiser son célèbre titre - 60 millions de consommateurs - repose principalement sur… des arguments économiques et comptables. Bercy a mis en avant la dégradation structurelle de la situation financière de cet Établissement public industriel et commercial (EPIC).


Les raisons de la décision gouvernementale


Avec un déficit d'exploitation de près de 720 000 euros en 2024 pour un chiffre d'affaires d'environ 11,6 millions d'euros, le gouvernement a estimé qu'un plan de relance public - appelé "solution de rebond" - représenterait un coût trop élevé pour le contribuable, sans garantie de retour à l'équilibre. Face à la baisse des abonnements papier et à l'insuffisance de la dotation publique annuelle (qui s'élevait à 1,84 million d'euros), l'État a jugé que le maintien d'une activité de presse subventionnée n'était plus légitime, s'appuyant notamment sur des avis critiques de la Cour des comptes quant à la gestion de la structure.


Chronologie d'une crise annoncée


Le processus s'est étalé sur plusieurs années, marqué par des alertes répétées dès 2019 concernant l'absence de feuille de route stratégique de la part du ministère de tutelle. Le coup d'envoi officiel de la disparition de la structure a été donné fin 2025 avec l'introduction de la mesure dans le projet de loi de finances. Malgré l'opposition des syndicats et le rejet initial des modalités de cession par le conseil d'administration de l'INC en mai 2025, la trajectoire est restée inchangée. Le budget 2026 a été définitivement adopté au début du mois de février 2026, scellant le sort de l'établissement. La concrétisation juridique est survenue le 29 mars dernier avec la publication au Journal officiel du décret actant la dissolution et la mise en liquidation officielle de l'INC à compter du 31 mars dernier !


Les enjeux du dossier


Le principal enjeu de cette affaire réside dans la préservation de l'indépendance éditoriale du magazine. Fonctionnant historiquement sans aucune publicité pour garantir l'impartialité de ses essais comparatifs, le titre est perçu par les syndicats et les associations comme un contre-pouvoir technique essentiel face aux pressions des industriels. Sa privatisation fait craindre une perte d'objectivité si un repreneur commercial venait à modifier son modèle économique. À cela s'ajoute un enjeu social majeur : l'avenir des quelque 60 salariés de l'INC, dont une vingtaine de journalistes, dont le sort et le statut n'ont pas été explicitement détaillés dans le décret de liquidation, provoquant une vive inquiétude au sein des équipes.


Solutions de reprise et avenir du titre


Pour assurer la transition, le décret a nommé un liquidateur pour une période de neuf mois, avec une mission prioritaire de trois mois (renouvelable) pour dénicher un acquéreur. Plusieurs options de reprise sont actuellement sur la table afin d'éviter une fermeture définitive du magazine. L'État prospecte activement de grands groupes de médias privés, des fondations, mais aussi des associations de consommateurs. En parallèle, une solution alternative est portée par les salariés eux-mêmes, qui se mobilisent pour monter un projet de reprise sous forme de coopérative. Le ministère du Commerce a assuré suivre le dossier de près en affirmant que le choix final se ferait dans l'intérêt du titre, mais si aucune offre garantissant la viabilité et l'éthique du journal n'est validée à l'issue de la procédure, 60 millions de consommateurs pourrait définitivement cesser de paraître.