vendredi 3 décembre 2021

Idée reçue : la viande de volaille est forcément maigre

Attention, il y a volailles, et volailles ! (©DR).




L'idée que la viande de volaille est systématiquement maigre est particulièrement ancrée dans les esprits, mais elle mérite effectivement une jolie nuance. Disons que ce n'est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux, car tout dépend du morceau choisi et de la manière dont on le prépare.


Si l’on prend le cas du blanc de poulet ou de dinde sans la peau, la réputation est amplement méritée. Ces morceaux sont de véritables champions de la légèreté, affichant un taux de matières grasses extrêmement bas, souvent inférieur à deux pour cent. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils sont les chouchous des régimes sportifs ou hypocaloriques. En revanche, dès que l'on s'attaque aux cuisses ou aux ailes, la donne change. Ces muscles, plus actifs, sont naturellement plus riches en lipides, ce qui leur donne d'ailleurs ce goût plus juteux et cette texture plus tendre que le blanc.


Méfiez-vous de la peau du volatile !


Le véritable facteur qui fait basculer la volaille du côté des aliments riches reste cependant la peau. Cette dernière concentre une immense partie des graisses de l'animal. Consommer une cuisse de poulet avec sa peau dorée et croustillante double facilement l'apport en lipides par rapport au même morceau dégusté sans la peau. De plus, le mode de cuisson joue un rôle crucial, car une volaille rôtie qui baigne dans son jus ou frite dans l'huile perd instantanément son statut de viande légère.


Attention aussi de l'espèce que vous consommez


Enfin, il faut rappeler que le terme volaille englobe des espèces très différentes les unes des autres. Si le poulet et la dinde sont globalement plutôt maigres, d'autres oiseaux de basse-cour jouent dans une tout autre catégorie. Le canard et l'oie, par exemple, sont des volailles naturellement très grasses, même si une grande partie de leurs lipides se situe sous la peau et peut être retirée à la cuisson.


En résumé, la volaille est une excellente source de protéines potentiellement très maigre, à condition de privilégier les blancs, de bouder la peau et d'avoir la main légère sur les matières grasses lors de la cuisson. Quel aspect de l'équilibre alimentaire ou quel autre aliment de votre quotidien souhaiteriez-vous que l'on passe à la loupe pour notre prochaine discussion ?

samedi 18 septembre 2021

Une étude américaine étudie l’impact de nos consommations sur notre vie

(©Svario/GuettyImages).


Le mois dernier, la revue Nature & Food publiait un article sur les aliments et l’espérance d vie e er consommateur. L’occasion pour nous de mettre le doigt – une fois de plus nous direz-vous – sur les vilains petits canards de nos assiettes !



Cet article reprend une étude sur laquelle a travaillé une équipe de chercheurs américains de l’Université du Michigan. Celles et ceux-ci n’ont pas fait les choses à moitié puisque pas moins de… 5 800 aliments ont été passés au crible de leur analyse. L’objet : nous indiquer leur impact à tous sur la santé humaine avec – bonus non négligeable – une simulation de la durée que la consommation de ces aliments aurait sur notre santé au quotidien ! Ils ont ensuite classé ces produits du plus néfaste au plus bénéfique.



Le hot dog (à l’américaine), un vrai tueur !



Sans grande surprise, c’est la street food qui arrive de loin en tête de ce classement avec, en premier, le… hot dog ! Explication ; celui-ci est composé aux Etats-Unis de viande transformée. Sa consommation entrainerait la perte nette de… 27 minutes de vie saine. En prenant en compte le sodium et les acides gras que contiennent ce « met », on passerait même à 36 minutes !



Seconde au classement, la charcuterie !



Arriverait en seconde position la charcuterie avec pas moins de 25 minutes de vie saine en moins… Les seuls sodas sont également montrés du doigt avec pas moins de… 8 minutes de vie saine perdues par leur consommation pour… une seule cannette !



Et les bons élèves ?



Le classement démontre aussi le(s) bienfait(s) de produits naturels comme les fruits, qui apporteraient à eux seuls quelque… 12 minutes en plus à notre espérance de vie saine… Pas mal ! mais pas aussi bien que les fruits secs et autres graines qui décrochent un superbe curseur à plus de… 25 minutes !



Et nos habitudes hexagonales ?

 

 

Nos habitudes culinaires françaises en prennent aussi pour leur grade puisque le fromage n’a pas trop la côte avec l’impact négatif qu’aurait la consommation d’une seule portion de fromage… Mais un impact somme tout limité au regard des résultats évoqués précédemment : consommer une portion de fromage reviendrait à « sacrifier »… 1’30 de notre vie… Maintenant, à vous de jouer !

mercredi 14 avril 2021

Cinq aliments qui semblent sains, mais… regorgent de sucre !


Attention aux galettes de riz !(© DR)


Certains des aliments qui nous entourent passent pour être sains, alors qu’en réalité, ils contiennent des quantités insoupçonnées de… sucre ! Découvrez  quelques faux-amis et d’éventuelles alternatives à leurs consommations !


Le pain de mie


Hélas, c’est le pain de mie industriel qui est consommé le plus largement, alors que celui des boulangers  présentent  bien moins de sucre, d’additifs et de matières grasses. On privilégiera les version sans sucres ajoutés, sans additifs… si vous tenez à rester suer des pains de mie. Mais, le vrai conseil serait de remplacer tous ces produits ultra transformés par des vrais pains, genre pains complets, pains au levain, bien meilleurs pour la santé en général, et votre intestin en particulier.




Les galettes de riz



Elles ont encore un large crédit parmi les consommateurs alors que l’on voit souvent écrit que ces galettes ont un indice glycérique très important. Explication: on considère qu’un index glycémique est faible lorsqu'il est inférieur à 55, qu’il est modéré entre 55 et 70 et plutôt élevé au dessus de 70. L'index glycémique des galettes de riz est de… 85 ! C'est donc très élevé, et responsable d'une forte sécrétion d'insuline, une action dûe au fait que le riz soit soufflé.A éviter pour limiter les risques !




Le maïs



On associe le maïs à un… légume ! Oui, du point de vue culinaire, mais il est un fruit botaniquement et… un des quatre féculents les plus produits sur Terre avec le riz, le blé et la pomme de terre ! Il possède un taux de glucide de… 20% pour 100 gr. On l’oubliera dans Lal plupart de nos préparation même s’il ne faut pas le sabir complètement de notre alimentation. A consommer avec modération !



Le vinaigre balsamique



Il est - et de loin - le plus sucré - si ce n’est le seul à être sucré - des vinaigres avec des taux de sucre proches de… 20 gr pour 100 gr ! Un taux important né de la cuisson du raison lors de sa préparation ! On privilégiera plutôt e vinaigre de cidre ou de vin, qui sont tous deux bien plus légers.




Le lait d’avoine



Alors oui, le lait d’avoine est riche en fibres bénéfiques pour la santé, mais il est trop souvent confondu avec l’avoine, la céréale consommée tel quel. Sachez que ce lait est plus calorique que d’autres lait, comme celui d’amande par exemple. Privilégiez des laits ‘avoines sans sucre ou sans ajouts trop importants, cette boisson étant tout de même plébiscitée par les régimes et autres, souvent en cas d’intolérance au lactose ou si vous êtes véganes…


jeudi 25 mars 2021

Tricheries alimentaires : une nouvelle pétition pour faire bouger les lignes


Le miel, un produit qui souffre particulièrement des fraudes (© DR).





L'association Foodwatch lance ce jour une nouvelle pétition pour tenter de faire bouger les lignes de l'administration française. L'enjeu ? Que les autorités de notre cher pays applique les règlements qui l'oblige à communiquer sur les entreprises qui vous grugent en vous vendant des aliments "falsifiés".


Poulet ou jambon gonflé à l’eau, thon avarié injecté d’additifs, faux miels, tomates espagnoles étiquetées françaises… Les exemples de fraudes dans notre alimentation n'ont jamais été aussi nombreuses… Avec la complicité des autorités françaises puisque celles-ci ne font aucun effort pour communiquer sur le sujet.


Attention : le propos n'est pas de dire ici - dans ces lignes - que les autorités ne travaillent pas à vérifier la qualité sanitaire de nos denrées, mais elles ne font aucun effort pour nous, vous en informer ! En effet, à y regarder de plus près, il vous est presque impossible de savoir quels sont avec exactitude les denrées concernées par ces fraudes. Pire : pratiquement aucune information ne nous est communiquée sur les sanctions prises à l’encontre des tricheurs… Celles-ci ne sont pratiquement jamais exposés au grand jour, à moins que les médias ne s'en emparent. Or, la législation en ce domaine est pour le moins claire ! 


• Au niveau européen : le règlement européen - (CE) n° 178/2002 en date du 28 janvier 2002 - précise pourtant : « La législation alimentaire vise à protéger les intérêts des consommateurs et elle leur fournit une base pour choisir en connaissance de cause les denrées alimentaires qu'ils consomment. » Ce règlement oblige les états membres de l'Union à informer au plus vite leurs citoyens(nes) lorsque des denrées alimentaires peuvent présenter des risques pour la santé.


• Au niveau de la justice de l'Europe : un arrêt datant d'avril 2013 est sans ambiguïté : « Le droit de l’Union autorise les autorités nationales à fournir des données d’identification lors de l’information des citoyens sur des denrées alimentaires non préjudiciables à la santé, mais impropres à la consommation. En particulier, il s’agit du nom de la denrée, de l’entreprise ou du nom commercial sous lequel elle a été fabriquée, traitée ou distribuée ».


Mais toujours très peu d'acte. Aussi, Foodwatch lance une pétition dont nous citons ici quelques lignes : « tout presse à mettre en place sans attendre cette transparence que nous réclamons. Rien ne justifie l’opacité actuelle. Rien ne vous interdit d’être transparent. Il s’agit avant tout d’un choix politique, aujourd’hui entre vos mains ».

Alors pour signer la pétition, cliquez ici

mercredi 3 février 2021

Gaspillage : radiographie des invendus alimentaires en ce début 2021

Panier-colis pour les bénéficiaires (©DR).


Cinq ans après l'adoption de la loi Garot en 2016, en ce début de l'année 2021, les acteurs du don alimentaire disposent enfin d'un recul suffisant et de données statistiques précises pour analyser la nature exacte de ce qui est sauvé des poubelles des supermarchés. Le paysage des banques alimentaires s'est profondément transformé, révélant une radiographie précise des invendus, entre produits essentiels à la santé et présence notable de la malbouffe. Ci-dessous un petit état des lieux de la composition de ces stocks au début de l'année 2021.


Une prédominance massive mais fragile des fruits et légumes


En ce début de l'année 2021, les produits frais se hissent au premier rang des invendus collectés en grande surface. Les fruits et légumes représentent à eux seuls près de 31 % du volume total des denrées récupérées par les associations. Ce chiffre s'explique par la nature ultra-périssable de ces aliments et par les critères esthétiques stricts de la grande distribution, qui retire des rayons les produits flétris ou hors gabarit. Si cette abondance permet d'apporter des vitamines indispensables aux bénéficiaires de l'aide alimentaire, elle constitue un défi logistique permanent : plus de 20 % de ces stocks de fruits et légumes arrivent dans les associations à un stade de maturité si avancé qu'ils doivent être triés et jetés dès la collecte.


Les produits sains du quotidien : le socle de l'épicerie et du frais


Au-delà des végétaux, les aliments dits « sains » ou de première nécessité forment le cœur rassurant des dons issus de la loi Garot. Les produits laitiers (yaourts, fromages, lait), très surveillés en raison de leur date limite de consommation (DLC), constituent environ 15 % des stocks récupérés. L'épicerie sèche de base, qui comprend le riz, les pâtes, les légumes secs et les conserves de poissons ou de légumes, représente quant à elle près de 25 % des volumes. Ces produits sains et stables sont les plus plébiscités par les bénévoles, car ils permettent de composer des paniers équilibrés et sont faciles à stocker et à distribuer sans rupture de la chaîne du froid.


La part non négligeable de la malbouffe et des produits industriels


Le bilan des cinq ans de la loi Garot met également en lumière une réalité plus mitigée : les associations caritatives reçoivent d'importants volumes de produits ultratransformés et de « malbouffe ». Les plats cuisinés industriels, les pizzas surgelées et les snacks salés représentent environ 12 % des invendus. Plus marquant encore, les boissons sucrées (sodas, jus industriels) et les produits de la catégorie « plaisir » (biscuits, confiseries, viennoiseries de la veille) pèsent pour près de 10 % dans la balance des dons. Les supermarchés utilisent souvent le canal du don pour s'alléger de ces produits à forte marge dont les ventes ont été mal anticipées, obligeant les diététiciens des banques alimentaires à arbitrer pour ne pas déséquilibrer l'alimentation des populations précaires.


Une traçabilité renforcée à l'aube de la loi AGEC


En ce début d'année 2021, la composition de ces stocks s'apprête à devenir encore plus transparente grâce à l'entrée en vigueur progressive de la loi AGEC (Loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire), votée l'année dernière, en 2020. Cette législation prolonge l'élan de la loi Garot en imposant aux supermarchés une traçabilité rigoureuse et des plans de gestion de la qualité des dons. Les contrôles renforcés de la DGCCRF montrent qu'auparavant, certains magasins utilisaient le don pour défiscaliser des produits de mauvaise qualité. Désormais, l'accent est mis sur la valeur nutritionnelle des invendus, afin que la lutte contre le gaspillage s'aligne enfin avec les impératifs de la santé publique.

mardi 12 janvier 2021

Idée reçue : les épinards sont riches en fer

Un mythe s'est écroulé avec la rectification d'une erreur (©DR).




L’idée selon laquelle les épinards constituent la source de fer par excellence est sans doute l’un des mythes les plus célèbres et les plus tenaces de l’histoire de la nutrition. Popularisée à l'échelle mondiale par le personnage de bande dessinée Popeye, qui puisait une force surhumaine dans une simple boîte d'épinards, cette croyance est ancrée dans l'esprit collectif depuis des générations. Pourtant, sur le plan strictement scientifique, la réalité est bien différente et cette réputation repose sur une incroyable série de malentendus, mêlant erreurs de calcul et subtilités biologiques. Il convient de lever le voile sur l'origine de ce mythe, de révéler la quantité réelle de fer contenue dans ce légume et de comprendre pourquoi le corps humain a tant de mal à l'assimiler.


L'origine d'un mythe né d'une simple erreur de virgule


La légende des épinards suralimentés en fer trouve son origine à la fin du dix-neuvième siècle, à la suite d'une banale erreur de transcription commise par le biochimiste allemand Émil von Wolf. En analysant la composition nutritionnelle des épinards, ce chercheur a malencontreusement décalé une virgule décimale dans ses notes, attribuant instantanément au légume vert une teneur en fer dix fois supérieure à la réalité. Bien que la communauté scientifique ait rectifié cette bévue dès les années 1930, le correctif est passé inaperçu auprès du grand public, car les studios d'animation américains s'étaient déjà emparés du personnage de Popeye pour inciter les enfants à consommer ces légumes, gravant ainsi définitivement ce canardeau scientifique dans la culture populaire.


La véritable teneur en fer de l'épinard face aux autres aliments


En réalité, les épinards ne contiennent qu'une quantité très modeste de fer, oscillant entre deux et trois milligrammes pour cent grammes de feuilles fraîches. Si ce chiffre reste tout à fait honorable pour un légume vert, il est dérisoire si on le compare à de nombreuses autres sources alimentaires courantes. À titre d'exemple, le boudin noir, le foie de veau ou les lentilles affichent des concentrations de fer nettement plus importantes. Même au sein du règne végétal, les haricots blancs, le chocolat noir, les graines de courge et le persil se révèlent être de bien meilleurs pourvoyeurs de fer que les épinards, reléguant le légume fétiche de Popeye au second plan de la hiérarchie nutritionnelle.


Le problème de la biodisponibilité et le rôle des oxalates


Au-delà de la quantité pure, le véritable point faible de l’épinard réside dans la nature du fer qu’il contient et dans sa très faible assimilation par l’organisme, un concept que les nutritionnistes appellent la biodisponibilité. Les épinards renferment du fer dit "non héminique", d'origine végétale, que le corps humain absorbe beaucoup moins bien (à hauteur de cinq pour cent environ) que le fer "héminique" issu des viandes et des poissons (absorbé à plus de vingt pour cent). Pour aggraver les choses, l'épinard est naturellement riche en acides oxaliques, des molécules qui se lient au fer dans le tube digestif et forment des complexes insolubles, bloquant ainsi son passage dans le sang. Pour maximiser la dose de fer reçue, l'astuce consiste à associer les épinards à une source de vitamine C, comme un filet de jus de citron, qui aide à casser ces liaisons et améliore notablement l'absorption de ce précieux minéral.