vendredi 27 décembre 2019

Idée reçue : les huiles végétales sont mauvaises pour la santé

Attention aux huiles, surtout portées à de très fortes chaleurs (©DR).


L’idée selon laquelle les huiles végétales seraient intrinsèquement nocives pour la santé s’est largement propagée ces dernières années, alimentée par des courants nutritionnels contradictoires et une méfiance grandissante envers les produits transformés. Si le bon sens pousse à lier ce danger potentiel à une simple question de quantité et d'excès calorique, la réalité scientifique montre que le problème est bien plus subtil et qualitatif.


En fait, toutes les matières grasses liquides ne se valent pas, et leur impact sur notre organisme dépend moins des calories affichées que de leur nature chimique, de leur mode d'extraction et de leur tolérance à la chaleur. Il convient de dépasser cette diabolisation globale en analysant le profil des acides gras, les dangers des huiles industrielles raffinées et les règles de cuisson au quotidien.


Le grand contresens de l'équilibre entre Oméga-6 et Oméga-3


Le premier reproche fondé fait à certaines huiles végétales ne vient pas de leur nature végétale, mais du déséquilibre flagrant qu'elles créent dans notre alimentation moderne. Des huiles très courantes comme celles de tournesol, de maïs ou de pépins de raisin sont saturées en acides gras Oméga-6. Bien que ces lipides soient essentiels à notre corps, leur consommation en excès, combinée à une carence chronique en Oméga-3 (présents dans l'huile de colza, de noix ou de lin), génère un terrain pro-inflammatoire dans l'organisme. Ce déséquilibre invisible, où les Oméga-6 l'emportent largement, favorise à long terme le développement de maladies cardiovasculaires et de troubles métaboliques, ce qui explique pourquoi une utilisation exclusive de ces huiles de friture est effectivement préjudiciable pour la santé.


Le piège industriel des huiles raffinées et hydrogénées


La véritable nocivité des huiles végétales réside souvent dans les traitements technologiques que l'industrie agroalimentaire leur fait subir. Les huiles végétales bas de gamme, vendues dans de grandes bouteilles en plastique transparent, subissent un raffinage intensif à base de solvants chimiques, de décolorants et de températures extrêmes pour neutraliser leur goût et prolonger leur conservation. Ce processus dénature profondément les lipides et détruit les précieux antioxydants naturels comme la vitamine E. Pire encore, l'hydrogénation partielle de ces huiles, utilisée pour les rendre solides dans les margarines ou les biscuits industriels, crée des acides gras trans artificiels, reconnus par la médecine comme de puissants destructeurs des artères et des perturbateurs majeurs du cholestérol.


Une question de bon sens entre extraction à froid et tolérance à la cuisson


Pour profiter des vertus incontestables des plantes, la clé réside dans le choix de la qualité et le respect des modes d'utilisation en cuisine. Les huiles végétales vierges, extraites par première pression à froid (comme l'huile d'olive de qualité, l'huile de colza ou de noix), sont de véritables élixirs protecteurs pour le système cardiovasculaire grâce à leurs acides gras mono-insaturés et leurs polyphénols. Cependant, il faut impérativement respecter leur "point de fumée", c'est-à-dire la température maximale au-delà de laquelle l'huile se dégrade et devient toxique. Réserver les huiles fragiles riches en Oméga-3 pour l'assaisonnement à cru, utiliser l'huile d'olive ou de coco pour les cuissons douces, et bannir les huiles industrielles ultra-transformées permet de transformer ces matières grasses en de formidables alliées pour la longévité.

mardi 17 décembre 2019

Andalousie : regards sur la "mer de plastiques", le prix du bio ?

Une mer de plastiques pour du… bio ?! (DR).


Cette année 2019 aura été marquée par une prise de conscience brutale concernant les coulisses de notre alimentation, notamment à travers les révélations de grands reportages sur la "mer de plastique" d'Almería en Andalousie. Ce territoire, visible depuis l'espace, incarne le paradoxe ultime d'une production biologique qui, sous couvert de respecter la santé des consommateurs européens, repose sur un modèle de production industriel particulièrement destructeur.


Le mirage de l'éthique face à l'industrialisation du label biologique


L’essor fulgurant de la demande pour les produits sains en 2019 a poussé les structures agricoles andalouses à convertir des milliers d'hectares de serres conventionnelles en exploitations certifiées biologiques. Cependant, cette transition s'est opérée sans modifier la structure productiviste d'origine, transformant le label bio en un simple outil marketing de masse. Sous ces bâches blanches qui s'étendent à perte de vue, la tomate biologique est cultivée selon des cadences infernales, déconnectée des saisons et du sol d'origine. Les certifications européennes se focalisant presque exclusivement sur l'absence de pesticides chimiques de synthèse, elles ont totalement occulté la philosophie originelle de l'agriculture biologique, qui prône le respect des cycles naturels et la biodiversité.


La face cachée du bio : l’exploitation systémique de la misère humaine


Le véritable scandale de la filière andalouse en cette année 2019 réside dans son modèle social, qui s'apparente à un dumping humanitaire intolérable au cœur de l'Union européenne. Pour maintenir des prix ultra-compétitifs sur les étals des supermarchés français ou allemands, les exploitations s'appuient massivement sur une main-d'œuvre migrante et précaire, souvent privée de papiers et de droits fondamentaux. Des milliers d'ouvriers agricoles, venus principalement d'Afrique subsaharienne et du Maroc, s'entassent dans des bidonvilles insalubres construits de palettes et de vieux plastiques de serres, sans accès à l'eau potable ni à l'électricité. Payés bien en dessous du salaire minimum légal espagnol et soumis à des températures étouffantes sous les bâches, ces travailleurs subissent le coût humain d'une alimentation bon marché, révélant la déconnexion totale entre l'éthique environnementale affichée par le label et la réalité sociale du terrain.


Le désastre écologique d'une monoculture intensive en zone aride


Sur le plan environnemental, la culture intensive de la tomate bio en Andalousie s'avère être une aberration écologique majeure qui épuise les ressources locales. La province d'Almería est l'une des régions les plus arides d'Europe, et la pression hydrique exercée par ces milliers de kilomètres carrés de serres a provoqué cette année un assèchement dramatique des nappes phréatiques, obligeant les producteurs à forer à des profondeurs historiques. De plus, ce modèle génère une pollution massive par les plastiques, dont les bâches usées finissent trop souvent abandonnées dans la nature ou se fragmentent en micro-particules qui contaminent les sols et la mer Méditerranée voisine. L'étiquette verte de la tomate masque ainsi un bilan carbone et environnemental désastreux, soulevant une profonde réflexion sur la nécessité de redéfinir les critères des labels européens pour y inclure des impératifs de souveraineté hydrique et de justice sociale.

vendredi 13 décembre 2019

Noël : comment composer un beau plateau de fromages ?

Le plaisir d'organiser un beau plateau de fromages (©DR).


Le plateau de fromages de Noël, c'est un peu le point d'orgue du repas, et il est tout à fait possible d'en faire un chef-d'œuvre de gourmandise et d'élégance sans pour autant vider son portefeuille. Voici une proposition de ce sujet - à budget doux - pour vous inspirer, bonnes fêtes !


L'art de la variété sans se ruiner


Pour réussir un plateau de fromages festif, le secret ne réside pas dans la quantité, mais dans la diversité des textures, des formes et des types de laits. Un assortiment idéal doit proposer un équilibre délicat entre la douceur d’une pâte molle, le caractère d’une pâte persillée, et la structure d'une pâte pressée.

En limitant la sélection à un nombre impair de cinq à sept pièces bien choisies, on crée un impact visuel fort tout en maîtrisant parfaitement son budget. Pour ne pas faire grimper la note chez le crémier, l'astuce consiste à acheter de petites portions de fromages de grande qualité plutôt que de grosses coupes, et à miser sur des valeurs sûres du terroir qui affichent un excellent rapport qualité-prix.


La sélection idéale et de saison pour Noël


En plein cœur de l'hiver, la nature nous offre des merveilles de caractère, affinées juste à temps pour les fêtes. Pour composer un plateau magistral de cinq à sept fromages, on peut commencer par la douceur réconfortante d'un Mont d'Or, star incontestée de la saison, que l'on choisira de taille moyenne pour limiter le coût. On l'accompagne d'un Comté de douze mois d'affinage, qui offre un profil aromatique fruité déjà très festif sans le prix excessif des très vieux affinages. Pour apporter de la rondeur, un Brie de Meaux ou un Camembert au lait cru bien fait feront l'unanimité. On intègre ensuite une touche caprine avec un Crottin de Chavignol ou un Sainte-Maure de Touraine, dont la coupe géométrique structure le plateau. Enfin, l'indispensable note de bleu sera magnifiquement représentée par une Fourme d'Ambert, plus douce et souvent plus abordable qu'un Roquefort, complétée éventuellement par un Ossau-Iraty pour les amateurs de brebis.


L'art du montage et de la mise en scène


La présentation est la clé pour transformer des morceaux de fromage simples en un visuel digne d'une table de réveillon. Utilisez comme support une belle planche en bois brut, une ardoise ou même un grand plat en faïence vintage que vous possédez déjà. Disposez les fromages en cercle, en partant du plus doux pour aller vers le plus fort, dans le sens des aiguilles d'une montre, ce qui guidera la dégustation de vos invités. Prenez soin de couper la première tranche de certains fromages, comme le Comté ou le brebis, pour inviter au service et casser l'aspect trop figé du plateau.

Pensez également à sortir vos fromages du réfrigérateur au moins une heure et demie avant de les servir, car le froid anesthésie les arômes et durcit les textures.


L'illusion de l'abondance à petit prix


Pour donner un air de fête grandiose à votre plateau sans dépenser de fortunes, tout se joue dans la garniture et les accompagnements. Comblez les espaces vides entre les fromages avec des éléments peu coûteux mais très décoratifs. Quelques cerneaux de noix, des amandes, des tranches de pommes fraîchement coupées ou des grains de raisin apportent de la couleur et de la fraîcheur. Vous pouvez aussi ajouter une touche festive en disposant quelques branches de romarin ou de sapin ramassées en forêt, ainsi que des figues séchées. Enfin, variez les pains en proposant une baguette classique bien croustillante et un pain aux fruits ou aux noix, ce qui sublimera les accords et donnera l'impression d'un véritable festin gastronomique à moindre coût.

jeudi 5 décembre 2019

Starbucks, Coca-Cola : des boissons très/trop sucrées !


Une enseigne Starbucks (© Michael Dwyer/AP/SIPA).

Il aura fallut que le journal anglais The Gardian relaye les éléments regroupés par l’association « Action on Sugar » pour que le sujet fasse le tour des rédactions européennes. La structure démontre dans un rapport que 98 % des boissons proposées par Starbucks sont dangereuses, parce que trop… sucrées !

Le chiffre paraît incroyable : jusqu'à 25 cuillères de sucre ! C’est ce que peuvent contenir les boissons chaudes que vous commandez dans l’enseigne Starbucks, ou même dans vos fast-food. 

Cette semaine, une association britannique - Action on sugar » - a mis en garde contre les quantités de sucre «  dangereusement élevées  » trouvées dans ce type de breuvage aromatisé de chez Starbucks, mais aussi chez Costa Coffee. Starbucks est particulièrement pointé du doigt. Les fast-food et les chaînes spécialisées dans le snack sont accusées par l’association « Action on sugar » - qui a fait tester plus de… 130 boissons différentes - de mettre trop de sucre dans leurs boissons. Les chiffres sont édifiants : plus de 30 % des boissons testées par l’association contiendraient autant, voire plus, de sucre que les boissons proposées par les grandes chaînes de fast-food !

Et le quotidien britannique de citer cet exemple de la boissons « chaï » chaud à la cannelle et à l'orange. Celle-ci contiendrait  jusqu'à l'équivalent de… 25 cuillères de sucre, soit trois fois la dose quotidienne recommandée ! Toujours dans la même enseigne, une boisson Mocha au chocolat pourrait s’enorgueillir de contenir… 18 cuillères de sucre, et… un simple chocolat chaud classique en compterait… 15 !!



On s’en doutait un peu… non ?



Tout cela est-il vraiment une surprise ? Pas vraiment, le problème de ces boissons, très ou franchement trop sucrées, est régulièrement montré du doigt. Depuis quelques dizaines d’années, c’est une petite cannette rouge qui restait le symbole des taux de sucre complètement affolants de certaines  de ces boissons. Mais aujourd'hui, avec ce retour d’information, certaines boissons Starbucks ou Costa Coffee - pointées du doigt par ce genre d'initiative citoyenne - font passer ladite cannette pour une enfant de cœur !


Bonne nouvelle !? Sollicité par le quotidien britannique, The Guardian, l'enseigne Starbucks se serait engagée à réduire de 25% ses taux de sucre d'ici à 2020. Et la chaîne de boissons incriminée de préciser que toutes les informations nutritionnelles sont désormais disponibles en boutique ou en ligne.


mardi 12 novembre 2019

Un aliment qui améliore vos intestins et régule votre insuline ?



© (DR)


C’est la saison, l’hiver, propice à la consommation de fruits à coque dont celui-ci n’est pas des moindres tant il reste générateur de bienfaits pour notre santé. Alors, noisettes, noix, amande, noix de pécan, noix de macadamia, du Brésil… ? De qui parle-t-on, le découvrirez-vous avant qu’on ne le site dans les lignes ci-dessous ? 


Si la recherche a plusieurs fois documenté que ce petit aliment - un fruit à coque bien connu - l’idée qu’il pourrait améliorer la santé intestinale et la régulation de l’insuline chez les personnes en surpoids, il vient encore d’inspirer les chercheurs américains qui ont prouvé que celui-ci pourrait améliorer notre microbiote mais aussi réduire la perméabilité intestinale chez les adultes obèses !


Un transit intestinal en meilleure santé et un taux de glucose régulé


Des chercheurs américains de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign, ont fait participer une trentaine de 30 de personnes atteintes d’obésité, mais sans diabète ni pathologie gastro-intestinale. L’objectif de ce grippe de chercheurs : évaluer l’effet de la consommation de ce fruit à coque sur différents marqueurs métaboliques, inflammatoires et intestinaux, via un protocole rigoureux et contrôlé.


Durant leur étude, les chercheurs ont soumis les participants à trois régimes alimentaires distincts. Les personnes atteintes d’obésité ont suivi ces régimes pendant une durée de trois semaines. Chacun des régimes différait des autres par la présence soit de moitiés de noix, soit d’huile de noix, soit d’huile de maïs. Et qu’a révélé l’étude ? Que consommer des cerneaux de noix, plutôt que leurs huiles extraites, procurait les effets les plus bénéfiques sur la santé intestinale et métabolique ! Cette consommation favorisait une augmentation notable de bactéries intestinales bénéfiques !



Quels sont les autres bienfaits santé des noix ?


Malgré un index lipidique élevé, la consommation de noix a des facteurs protecteurs notamment face à d'éventuels problèmes cardiovasculaires. On lui prête de diminuer le taux de «mauvais cholestérol» et d’autres nombreux bénéfices pour votre santé. En voici quelques uns :

La noix est riche en oméga-3, la noix est bénéfique pour votre cerveau. Elle renforce la mémoire et améliore les fonctions cognitives.

La noix réduit le mauvais cholestérol (LDL) et augmentent le bon cholestérol (HDL). En plus, elles améliorent votre circulation sanguine grâce à leur teneur en acides gras insaturés.

La noix contient des oligo-éléments, du magnésium, du calcium, des vitamines B et des oligo-éléments.

La noix contient des polyphénols et d’autres antioxydants qui permettent de protéger votre organisme contre les inflammations, et luttent contre le stress oxydatif.


Un bémol tout de même : chez de rares cas, la consommation de noix peut parfois développer un foyer allergique chez ceux qui ne supportent pas l'ingestion de fruits à coques !

lundi 23 septembre 2019

Que boire avec… des prunes reine-claude, natures ou en desserts ?

(©DR).




La reine-claude est incontestablement la plus noble et la plus raffinée des prunes. Derrière sa robe d'un vert tendre virant au jaune doré se cache une chair ferme, incroyablement juteuse et d'une douceur miellée unique, subtilement parfumée aux notes de muscat. Sa richesse en sucre s'accompagne d'une fine acidité logée juste sous sa peau fine. Qu'elle soit croquée fraîche à l'ombre d'un verger, cuite en tarte croustillante ou mijotée en compotée, elle appelle des boissons capables de flatter son élégance sans saturer le palais.


Un blanc d’Alsace noble et aromatique


Déguster des prunes reines-claudes crues et à parfaite maturité est un plaisir estival délicat qui appelle un vin blanc harmonieux. Un Pinot Gris d'Alsace ou un Gewurztraminer sec se révèle être un compagnon de choix. Les notes de sous-bois, de fruits secs et de miel du Pinot Gris s'alignent naturellement sur la richesse mielleuse de la prune sauvage, tandis que le côté floral du cépage enveloppe le fruit sans l'écraser. La texture veloutée de ces vins d'Alsace fait écho à la chair fondante de la reine-claude, prolongeant ses arômes de muscat en fin de bouche.


Un blanc liquoreux de la Loire pour une tarte fine


La tarte aux reines-claudes, avec sa pâte feuilletée ou sablée et ses fruits qui caramélisent au four, concentre les sucres et réveille l'acidité naturelle de la peau. Pour escorter ce grand classique de la pâtisserie, un vin blanc liquoreux doté d'une vibrante fraîcheur est indispensable pour éviter toute lourdeur. Un Vouvray moelleux ou un Coteaux-du-Layon, issus du cépage Chenin, forment un accord royal. Les arômes de coing, de poire et de miel de ces vins épousent le confit de la prune cuite, tandis que la tension minérale et l'acidité pointue du Chenin viennent trancher le sucre de la tarte, rendant l'ensemble infiniment digeste.


Une eau-de-vie de reine-claude pour un clafoutis ou un crumble


Lorsque la reine-claude est cuite au sein d'un appareil crémeux, comme un clafoutis à l'amande ou sous le biscuit beurré d'un crumble, l'onctuosité de la pâte vient adoucir le peps du fruit. C'est l'occasion idéale de tenter l'accord traditionnel du digestif en servant, en fin de dégustation, une authentique Eau-de-vie de Reine-Claude. Servie légèrement rafraîchie dans un verre givré, la puissance de cet alcool blanc distillé réveille instantanément les papilles. Ses notes explosives de fruit mûr et son léger accent d'amande amère issu du noyau subliment le clafoutis pour une conclusion de repas chaleureuse et intensément parfumée.


Sans alcool : un thé Oolong de Taïwan ou un rooibos à la vanille


Pour une alternative sans alcool raffinée qui respecte la douceur dorée de la reine-claude, la subtilité est de mise. Pour le goûter, un thé Oolong légèrement torréfié offre un accord d'une grande poésie avec les fruits frais ou une part de tarte. Ce thé bleu-vert développe naturellement des notes de châtaigne et de miel qui s'unissent à merveille à la rondeur de la prune, tandis que ses tanins soyeux structurent la bouche avec élégance. Si vous cherchez une option plus réconfortante pour accompagner un dessert chaud, une infusion de rooibos à la vanille de Madagascar sera parfaite : la douceur enveloppante et naturellement sans théine du rooibos calmera le peps acidulé du fruit cuit pour un instant de pure gourmandise.

dimanche 18 août 2019

Que boire avec… le cassis, nature ou en desserts

Un petit fruit qui a tout d'un grand (©DR).




Le cassis, cette petite baie d'un noir profond et brillant, est une véritable explosion de saveurs à lui tout seul. Contrairement à d'autres petits fruits rouges plus consensuels, le cassis affiche un tempérament indomptable, caractérisé par un jus dense, des tanins affirmés, et surtout une acidité tranchante doublée d'un parfum musqué et boisé d'une puissance hors du commun. Qu'il soit picoré frais avec audace, cuit dans une tarte ou transformé en coulis velouté, il exige des compagnons de route solides, capables de dialoguer avec sa force aromatique sans se faire balayer.


Les atouts nutritionnels du cassis : le roi des antioxydants


Sur le plan de la santé, le cassis est un véritable monument nutritionnel, surpassant la quasi-totalité des autres fruits de nos jardins. Il est l'une des sources végétales les plus riches en vitamine C, en affichant une concentration près de trois fois supérieure à celle de l'orange, ce qui en fait un stimulant immunitaire et un anti-fatigue d'exception. Sa couleur d'encre trahit une densité extraordinaire en anthocyanes et en polyphénols, des antioxydants surpuissants qui protègent le système cardiovasculaire, améliorent la microcirculation (notamment oculaire) et luttent contre le vieillissement cellulaire. De plus, sa richesse en fibres et en potassium s'accompagne de propriétés anti-inflammatoires et diurétiques reconnues depuis des siècles, faisant de cette petite baie un authentique super-aliment de l'été.


Des bulles demi-sec ou un kir revisité pour les baies fraîches et natures


Déguster des baies de cassis fraîches, tout juste égrappées au fond d'une coupelle avec un léger voile de sucre pour calmer leur ardeur, demande une boisson vive et festive. Un Champagne demi-sec ou un Crémant de Bourgogne rosé forment un accord d’une grande logique. Les bulles dynamiques et le sucre résiduel du champagne demi-sec viennent enrober l'acidité tranchante du cassis frais, créant un équilibre parfait en bouche. Pour un clin d’œil historique, vous pouvez accompagner ces baies d'un Bourgogne Aligoté sec : le croquant du fruit frais viendra recréer, directement dans votre palais, la magie du célèbre Kir bourguignon.


Un rouge doux et muté pour une tarte ou un crumble aux cassis


Lorsque le cassis passe au four pour être cuit en tarte ou sous un crumble croustillant, la chaleur fait éclater sa peau et concentre son jus, libérant des tanins boisés et une acidité confite. Pour faire face à cette puissance hors norme, le vin blanc capitule et cède sa place à un vin rouge doux naturel comme un Maury rouge, un Banyuls ou un Porto Vintage. Les notes de pruneau, de cacao, de cuir et de fruits noirs de ces vins mutés épousent magistralement l'esprit forestier du cassis cuit. L'alcool chaleureux et la sucrosité du vin viennent dompter l'âpreté de la baie, offrant une finale somptueuse et infiniment chaleureuse.


Un grand vin liquoreux pour un cheesecake ou un sorbet au cassis


Si le cassis est travaillé sous forme de sorbet intense ou de coulis versé sur la rondeur lactée d'un cheesecake ou d'une panna cotta, la texture grasse de la crème vient déjà faire écran à l'acidité du fruit. L'accord parfait réclame alors un vin blanc liquoreux d'une immense noblesse et doté d'une fraîcheur absolue. Un Sauternes jeune ou un Jurançon moelleux se prêtent magnifiquement à cet exercice. La richesse beurrée et miellée de ces vins apporte la gourmandise nécessaire pour escorter le dessert, tandis que la vivacité légendaire du cassis vient réveiller le vin, évitant toute sensation de lourdeur pour un accord d'un équilibre royal.


Sans alcool : un thé noir Earl Grey ou une eau de coco au gingembre


Pour une alternative sans alcool qui soutient le caractère bien trempé du cassis, la boisson doit avoir du répondant. Pour le goûter, un thé noir Earl Grey bien corsé servi chaud est idéal pour accompagner une part de tarte. Les tanins du thé noir s'unissent à ceux du cassis, tandis que les notes de bergamote apportent une touche d'agrumes qui souligne le parfum de la baie avec beaucoup d'élégance. Si vous cherchez une option fraîche pour accompagner des fruits natures, un grand verre d'eau de coco bien fraîche additionnée d'un trait de jus de gingembre fera des merveilles : la douceur naturelle de la coco calmera le feu acide du cassis, tandis que le piquant du gingembre offrira un écho parfait à son tempérament sauvage.

lundi 12 août 2019

La France adore les sojas… brésiliens !

Le Brésil produit plus de soja que les Etats-Unis (DR).


Il existe une contradiction majeure dans l'agriculture française : tandis que le débat sur la transition écologique battait son plein, la dépendance de l'Hexagone envers l'agro - industrie sud-américaine atteignait des sommets. Ce paradoxe, souvent qualifié de "déforestation importée", illustre à quel point nos assiettes sont connectées aux terres brésiliennes.


Les chiffres d'une addiction massive et invisible


En 2019, la France importe chaque année environ 3,5 millions de tonnes de tourteaux de soja, la matière solide obtenue après l'extraction de l'huile des graines. Le Brésil est le premier fournisseur de ce marché, représentant près des deux tiers de ces volumes massifs. Pour mesurer concrètement cette dépendance géographique, cela signifie qu'un cargo géant de 60 000 tonnes rempli de soja brésilien accoste dans un port français, comme Montoir-de-Bretagne ou Le Havre, tous les dix jours en moyenne.

Cette consommation massive se traduit par une empreinte foncière colossale hors de nos frontières. Les importations françaises de soja mobilisent chaque année plus de 1,2 million d'hectares en Amérique du Sud, soit une surface équivalente à la taille d'une région entière comme l'Île-de-France. À l'échelle individuelle, chaque citoyen français consomme ainsi indirectement environ 54 kilos de soja par an, une quantité dont la grande majorité est génétiquement modifiée, puisque près de 80% du soja brésilien débarquant dans les ports européens est issu de variétés OGM cultivées avec du glyphosate.


La faim des élevages : le moteur de l'importation


Contrairement à une idée reçue, cette immense quantité de soja n'est pas importée pour fabriquer du tofu ou du lait végétal destinés aux humains. En France, plus de 90% du soja importé est strictement réservé à l'alimentation animale, car cette plante possède un profil nutritionnel exceptionnel, riche en acides aminés essentiels, qu'aucune autre culture locale ne peut égaler à un coût aussi bas. Le tourteau de soja est devenu l'ingrédient magique de l'élevage intensif pour accélérer la croissance des animaux et doper la production de lait ou de viande.

Les filières avicoles et porcines sont les premières consommatrices de cette protéine brésilienne. Dans l'alimentation des volailles de chair comme les poulets de batterie, le soja représente près de 30% de la ration quotidienne pour assurer un développement musculaire ultra-rapide. Les vaches laitières de haute performance dépendent elles aussi fortement de ce complément pour maintenir des rendements élevés, le soja constituant plus du tiers de leurs apports en protéines concentrées.


Les raisons d'une dépendance historique impossible à briser


La raison profonde de cette dépendance française remonte aux accords commerciaux internationaux signés dans les années 1960. Lors du cycle de négociations du GATT, l'Union européenne a accepté de laisser entrer les protéines végétales américaines et sud-américaines sur son sol sans aucune taxe douanière, en échange d'une protection de ses propres céréales comme le blé. Ce compromis historique a rendu le soja d'importation structurellement moins cher pour les éleveurs français que n'importe quelle alternative locale, décourageant pendant des décennies la production de protéines en Europe.

Aujourd'hui, la France ne produit sur son propre sol qu'un dixième des besoins nécessaires à ses élevages. Le climat européen et le coût de la main-d'œuvre empêchent les agriculteurs locaux de rivaliser avec les rendements géants du Mato Grosso brésilien, où les surfaces cultivées ont été multipliées par deux cents depuis les années 1960. Remplacer totalement ce soja par des cultures locales comme le pois, la féverole ou le luzerne demanderait de bouleverser des millions d'hectares de terres céréalières en France, illustrant la complexité de la quête d'une souveraineté alimentaire.


En guise de conclusion :

Manger de la viande - comme du porc ou du poulet - c'est cautionner ces importations d'Amérique du Sud. Nous n'avons rien contre, mais pensez-y quand vous ajouter à vos menus ce genre de viandes. Tout est lié si on regarde de près ce que contiennent nos assiettes…

samedi 10 août 2019

Serres chauffées : désormais interdites pour les cultures bio !

Les serres chauffées depuis longtemps dans le collimateur (©DR).


Le débat sur les serres chauffées constitue un tournant majeur pour l'image et l'éthique de l'agriculture biologique en France. En ce mois de juillet 2019, après des mois de tensions entre les producteurs industriels et les défenseurs d'une vision saisonnière de l'écologie, l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) vient de trancher en faveur d'un encadrement strict : les cultures bios sous serres chauffées produites entre le 21 décembre et le 30 avril sont désormais interdites de vente en France !


La décision de l'INAO vise à protéger la cohérence du label AB, dont l'un des piliers fondamentaux est le respect des cycles naturels et la limitation de l'empreinte carbone.

L'enjeu principal de cette mesure est d'empêcher la commercialisation de légumes d'été, comme les tomates ou les concombres, en plein hiver ou au tout début du printemps. Pour les opposants au chauffage des serres, produire une tomate bio en mars émet jusqu'à sept fois plus de gaz à effet de serre qu'une tomate produite en saison. Autoriser une telle pratique créé, selon eux, une distorsion de concurrence vis-à-vis des petits producteurs de plein champ et trompait le consommateur qui associe souvent le logo biologique à une démarche de sobriété énergétique.


En ligne de mire : les phases de récolte et commercialisation


Concrètement, la réglementation adoptée interdit le chauffage des serres pour la production de fruits et légumes biologiques entre le 21 décembre et le 30 avril. Cette interdiction ne concerne pas la production de plants, mais cible directement la phase de récolte et de commercialisation. L'objectif est d'assurer que les produits bio mis sur le marché français respectent le rythme des saisons, évitant ainsi le recours massif aux énergies fossiles pour chauffer des structures vitrées durant les mois les plus froids.


La France plus restrictive que les règlements européens


Cette décision n'a toutefois pas tardé à susciter des critiques de la part d'une partie de la filière, qui craignait de perdre des parts de marché face aux importations. En effet, le règlement européen sur le bio est moins restrictif que la norme française sur ce point précis, permettant ainsi à des produits bio chauffés en provenance d'autres pays de circuler librement. Malgré ce paradoxe économique, la France choisi de privilégier l'exigence environnementale, faisant des serres chauffées un symbole de la lutte contre l'industrialisation du label biologique.


Notre avis :

Sujet à suivre ces prochains mois/années…

dimanche 16 juin 2019

Que boire avec… les fromages à pâtes persillées ?

Trois bleus de caractère. Que boire avec ? (©DR).

Les fromages à pâte persillée (comme le Roquefort, la Fourme d'Ambert, le Bleu d'Auvergne ou le Gorgonzola) sont parmi les plus complexes à associer. Leur texture crémeuse, leur forte teneur en sel et la puissance de leurs moisissures bleues détruisent instantanément la majorité des vins traditionnels. Pour réussir l'accord, il faut jouer sur le contraste ou sur une puissance aromatique équivalente.


Les vins liquoreux pour le mariage mythique du sel et du sucre


C'est l'accord le plus célèbre et le plus efficace de la gastronomie. Le sel intense et le piquant du bleu ont tendance à durcir les vins secs et à rendre les vins rouges amers. En revanche, un vin blanc liquoreux ou moelleux fait des merveilles. Un Sauternes, un Monbazillac ou un Quarts-de-Chaume apportent une sucrosité et un gras qui viennent envelopper et adoucir le feu du fromage. En retour, la puissance du bleu brise le côté parfois trop lourd du sucre, créant un équilibre parfait où les notes de fruits confits du vin répondent aux arômes de sous-bois du fromage.


Les vins doux naturels pour les bleus les plus corsés


Pour les pâtes persillées particulièrement puissantes et affinées, comme un vieux Roquefort ou un Stilton anglais, on peut monter d'un cran en intensité en se tournant vers les vins doux naturels rouges. Un Banyuls, un Maury ou un Porto Vintage offrent des notes de fruits noirs confiturés, de cacao, de pruneau et de cuir. Ces vins mutés possèdent la structure et l'alcool nécessaires pour faire face à la force du pénicillium, offrant une fin de dégustation chaleureuse et intensément gourmande.


Les blancs secs opulents pour une alternative moins sucrée


Si vous n'aimez pas les vins sucrés, il est possible de rester sur un vin sec, mais à condition de bannir la légèreté. Il faut un vin blanc très riche, gras, avec une faible acidité et une grande complexité aromatique. Un vin de la Vallée du Rhône comme un Condrieu (cépage Viognier) ou un grand Santenay blanc de Bourgogne élevé en fûts apportent des notes de fruits jaunes mûrs, de beurre et de noisette. Leur texture onctueuse s'accorde avec le crémeux du fromage (comme une Fourme d'Ambert) sans créer de conflit en bouche.


Les bières brunes et les stouts pour un accord moderne


Pour sortir totalement des sentiers battus, la bière noire est un compagnon extraordinaire pour les pâtes persillées. Un Stout ou un Imperial Stout (des bières très sombres brassées avec des malts torréfiés) développent des arômes puissants de café, de cacao et de pain grillé. L'amertume de la torréfaction vient contrebalancer le sel du fromage, tandis que la texture souvent dense et veloutée de ces bières épouse le fondant du bleu. C'est un accord de caractère, particulièrement apprécié des connaisseurs.

jeudi 14 février 2019

Idée reçue : chocolat et charcuterie donnent de l'acné

De l'acné si on abuse d'un plateau de charcuteries ? Pas si simple (©DR)


Longtemps qualifiée de simple mythe par la communauté scientifique, l’idée que ce que nous mangeons influence l’apparition des boutons a fait l’objet de nombreuses études dermatologiques récentes. Pour répondre précisément par oui ou par non, la réalité scientifique est plus nuancée qu'un simple verdict tranché : ce n'est pas le cacao ou la viande de porc en soi qui déclenchent l'acné, mais plutôt la composition globale de ces aliments, riches en sucres raffinés et en graisses saturées, qui perturbe l'équilibre hormonal et cutané.


Le chocolat : le sucre et le lait pointés du doigt plutôt que le cacao


Si le chocolat noir à forte teneur en cacao est globalement innocenté, le chocolat au lait et le chocolat blanc ont bel et bien une part de responsabilité dans le développement de l'acné. Le véritable problème ne vient pas de la fève de cacao, mais de la forte quantité de sucre raffiné ajoutée à ces douceurs. Les aliments à indice glycémique élevé provoquent un pic d'insuline brutal dans le sang, une hormone qui stimule la production d'androgènes et d'une autre molécule de croissance. Ce cocktail hormonal active directement les glandes sébacées, qui se mettent à produire du sébum en excès, obstruant les pores et favorisant l'inflammation cutanée. De plus, les produits laitiers présents dans le chocolat au lait contiennent des hormones naturelles de croissance bovine qui aggravent ce phénomène inflammatoire chez les personnes prédisposées.


La charcuterie : une bombe de graisses saturées et de sel favorisant l'inflammation


Concernant la charcuterie, la science confirme qu'une consommation excessive peut aggraver les problèmes de peau, non pas à cause d'une toxicité de la viande, mais en raison de sa richesse en graisses saturées et en acides gras oméga-6. Un apport massif de ces lipides, combiné à un manque d'oméga-3 (que l'on trouve dans les poissons gras), crée un terrain pro-inflammatoire dans tout l'organisme, qui se répercute inévitablement sur la peau. De plus, la forte teneur en sel de la charcuterie peut déshydrater les tissus, poussant la peau à produire davantage de sébum pour compenser ce dessèchement. Les nitrites et les additifs utilisés pour la conservation peuvent également altérer le microbiote intestinal, dont le déséquilibre est aujourd'hui étroitement lié à l'inflammation cutanée.


Un terrain génétique et hormonal face à un déclencheur alimentaire


En conclusion, si le chocolat blanc ou au lait et la charcuterie sont bel et bien des facteurs aggravants du fait de leur potentiel inflammatoire et de leur impact sur l'insuline, ils ne sont pas la cause première de l'acné. L'acné reste une maladie de peau multifactorielle, dictée avant tout par la génétique, les fluctuations hormonales et le stress. Un individu n'ayant aucune prédisposition acnéique pourra consommer ces aliments sans voir de modification sur son visage. En revanche, pour une personne au terrain sensible, ces excès alimentaires agiront comme un véritable carburant sur le feu, accélérant la rétention de sébum et la prolifération bactérienne, d'où l'importance de privilégier une alimentation globale à faible indice glycémique et riche en antioxydants pour préserver la clarté de son teint.

jeudi 24 janvier 2019

Idée reçue : le chocolat noir est moins calorique que le chocolat au lait

Les chocolats, pour notre bon plaisir, avec modération (© Getty images).


Le carré de chocolat noir dégusté avec le café bénéficie d’une réputation diététique irréprochable, souvent paré des vertus de la minceur et de la bonne conscience. Dans l’esprit collectif, choisir le chocolat noir plutôt que le chocolat au lait est le réflexe absolu lorsque l’on surveille sa ligne, sous prétexte qu’il serait nettement moins calorique. Nous allons voir que la croyance populaire repose sur un raccourci gustatif simple.


Puisque le chocolat noir est plus amer et moins doux, il contient forcément moins d’énergie. Pourtant, la réalité de la biochimie alimentaire vient bousculer cette certitude avec un verdict surprenant : sur le plan strictement calorique, le chocolat noir et le chocolat au lait se situent dans un mouchoir de poche, et le noir se révèle parfois même plus énergétique.

Nous nous proposons ici de dénouer le vrai du faux en abordant la balance subtile entre le sucre et le gras, l'impact sur la satiété et la véritable nature de leurs calories.


Le paradoxe des nutriments : quand le gras remplace le sucre


L'erreur commise par le grand public est de résumer la valeur calorique d'un aliment à sa seule teneur en sucre. S'il est parfaitement exact que le chocolat au lait contient plus de sucre blanc raffiné que le chocolat noir, ce dernier se rattrape largement sur un autre nutriment beaucoup plus dense en énergie : les lipides. Le chocolat noir à forte teneur en cacao (à partir de 70% ou 80%) est fabriqué avec une quantité très importante de pâte et de beurre de cacao. Or, un gramme de graisse apporte neuf calories, tandis qu'un gramme de sucre n'en apporte que quatre. En augmentant le pourcentage de cacao, on diminue le sucre mais on augmente considérablement le gras, ce qui équilibre mathématiquement l'apport énergétique global. En moyenne, cent grammes de chocolat noir à 70% apportent environ 550 à 600 calories, soit une valeur quasi identique, et parfois supérieure, aux 530 à 550 calories du chocolat au lait.


Une différence fondamentale de composition et de qualité nutritionnelle


Si les calories sont équivalentes sur la balance, leur nature et leur impact sur la santé sont pourtant radicalement différents. Le chocolat au lait est un produit plus industriel et dilué, où le cacao est minoritaire face au sucre, à la poudre de lait et parfois à des graisses végétales de moindre qualité. À l'inverse, les calories du chocolat noir proviennent de graisses végétales nobles riches en acides stéarique et oléique, qui ont un impact neutre sur le cholestérol. De plus, la richesse du chocolat noir en solides de cacao lui confère une densité exceptionnelle en polyphénols antioxydants, en magnésium et en fer. Consommer du chocolat noir n'est donc pas une stratégie pour ingérer moins de calories, mais une démarche pour apporter des nutriments protecteurs de haute qualité à son organisme, là où le chocolat au lait apporte principalement des calories vides.


L'impact comportemental et le contrôle de la satiété


La véritable supériorité du chocolat noir dans un objectif de contrôle du poids ne relève pas de sa composition calorique, mais de son impact sur notre comportement alimentaire et notre satiété. Le chocolat au lait, par sa richesse en sucre et en lactose, possède un indice glycémique plus élevé qui stimule la sécrétion d'insuline et active les circuits de la récompense dans le cerveau, créant un effet d'addiction bien connu qui pousse à finir la tablette. Le chocolat noir, en revanche, combine l'amertume naturelle du cacao à une forte proportion de fibres et de graisses lentes à digérer. Ces caractéristiques freinent l'absorption des glucides, stabilisent la glycémie et envoient de puissants signaux de satiété au cerveau. En conclusion, le chocolat noir ne fait pas maigrir par magie et reste un aliment très calorique, mais sa puissance aromatique et sa composition biochimique permettent de se satisfaire d'un seul carré, tandis que le chocolat au lait appelle irrésistiblement au dépassement des portions.