samedi 10 août 2019

Serres chauffées : désormais interdites pour les cultures bio !

Les serres chauffées depuis longtemps dans le collimateur (©DR).


Le débat sur les serres chauffées constitue un tournant majeur pour l'image et l'éthique de l'agriculture biologique en France. En ce mois de juillet 2019, après des mois de tensions entre les producteurs industriels et les défenseurs d'une vision saisonnière de l'écologie, l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) vient de trancher en faveur d'un encadrement strict : les cultures bios sous serres chauffées produites entre le 21 décembre et le 30 avril sont désormais interdites de vente en France !


La décision de l'INAO vise à protéger la cohérence du label AB, dont l'un des piliers fondamentaux est le respect des cycles naturels et la limitation de l'empreinte carbone.

L'enjeu principal de cette mesure est d'empêcher la commercialisation de légumes d'été, comme les tomates ou les concombres, en plein hiver ou au tout début du printemps. Pour les opposants au chauffage des serres, produire une tomate bio en mars émet jusqu'à sept fois plus de gaz à effet de serre qu'une tomate produite en saison. Autoriser une telle pratique créé, selon eux, une distorsion de concurrence vis-à-vis des petits producteurs de plein champ et trompait le consommateur qui associe souvent le logo biologique à une démarche de sobriété énergétique.


En ligne de mire : les phases de récolte et commercialisation


Concrètement, la réglementation adoptée interdit le chauffage des serres pour la production de fruits et légumes biologiques entre le 21 décembre et le 30 avril. Cette interdiction ne concerne pas la production de plants, mais cible directement la phase de récolte et de commercialisation. L'objectif est d'assurer que les produits bio mis sur le marché français respectent le rythme des saisons, évitant ainsi le recours massif aux énergies fossiles pour chauffer des structures vitrées durant les mois les plus froids.


La France plus restrictive que les règlements européens


Cette décision n'a toutefois pas tardé à susciter des critiques de la part d'une partie de la filière, qui craignait de perdre des parts de marché face aux importations. En effet, le règlement européen sur le bio est moins restrictif que la norme française sur ce point précis, permettant ainsi à des produits bio chauffés en provenance d'autres pays de circuler librement. Malgré ce paradoxe économique, la France choisi de privilégier l'exigence environnementale, faisant des serres chauffées un symbole de la lutte contre l'industrialisation du label biologique.


Notre avis :

Sujet à suivre ces prochains mois/années…

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