mercredi 26 décembre 2018

Idée reçue : les biscottes sont moins caloriques que le pain

La biscotte du petit déjeuner, une vraie fausse amie ? (©DR).


L’idée selon laquelle la biscotte serait l'alternative légère et diététique par excellence pour remplacer le pain au petit-déjeuner est solidement ancrée dans les habitudes de nombreux foyers. Souvent associée aux régimes de convalescence ou aux programmes de perte de poids, la biscotte bénéficie d'une image de produit aérien, croustillant et prétendument moins calorique que la traditionnelle miche de pain. Pourtant, cette perception visuelle et sensorielle est trompeuse et cache une réalité nutritionnelle radicalement inverse.


Face à la croyance populaire, les données scientifiques sont formelles : la biscotte est en réalité beaucoup plus riche en calories que le pain blanc ou complet. Il convient de lever le voile sur ce paradoxe en analysant le phénomène de déshydratation industrielle, l'ajout d'ingrédients cachés dans la biscotte, et l'impact de ces textures sur la satiété au quotidien.


Le piège de la déshydratation et la concentration des calories


Le secret de la fausse légèreté de la biscotte réside dans son processus de fabrication, qui n'est autre qu'un double séchage thermique. Pour obtenir cette texture craquante, le boulanger industriel cuit d'abord un pain de mie qui est ensuite tranché puis grillé pour en extraire la quasi-totalité de l'eau. Or, l'eau ne contient aucune calorie mais pèse lourd sur la balance. En éliminant l'humidité, on concentre la matière sèche et, par conséquent, les nutriments et l'énergie. À poids égal, le verdict est sans appel : cent grammes de pain de campagne apportent environ deux cent cinquante calories, tandis que cent grammes de biscottes standards affichent près de quatre cents calories. La biscotte est donc un aliment à haute densité énergétique, bien plus concentré que le pain frais.


Des ingrédients industriels ajoutés pour la texture et le goût


Au-delà de la simple perte d'eau, la recette même de la biscotte la rend nutritionnellement plus riche et moins brute que celle du pain traditionnel. Alors que le pain français classique se contente de farine, d'eau, de sel et de levure, la biscotte nécessite l'adjonction de matières grasses (souvent de l'huile de palme ou de tournesol) et de sucres (sous forme de sirop de glucose ou de sucre blanc) pour obtenir son moelleux initial, sa belle couleur dorée et sa friabilité après cuisson.

Ces graisses et ces sucres ajoutés augmentent non seulement la facture calorique globale du produit, mais ils augmentent également son indice glycémique, provoquant des pics d'insuline plus brutaux qui favorisent le stockage des graisses corporelles.


Le problème des portions et l'illusion de la satiété


Si la biscotte semble moins calorique, c'est uniquement parce qu'une tranche individuelle est extrêmement légère, pesant à peine une dizaine de grammes contre une trentaine pour une vraie tranche de pain. Cependant, ce faible poids volumique se retourne rapidement contre le consommateur au niveau comportemental. Le pain, grâce à sa mie dense et son humidité, demande un effort de mastication et gonfle dans l'estomac, ce qui déclenche les signaux mécaniques de la satiété.

La biscotte, quant à elle, s'effrite instantanément en bouche et se digère très vite, offrant un pouvoir rassasiant très faible. On a donc naturellement tendance à en manger trois, quatre ou cinq pour calmer sa faim, et à y ajouter de généreuses couches de beurre ou de confiture, ce qui transforme ce prétendu produit minceur en une véritable bombe calorique matinale.

mardi 20 novembre 2018

Pesticides : des cartes à dévorer riches d'enseignements

L'association Génération futures publie ce mardi des cartes sur l'achat et l'usage des pesticides et autres perturbateurs endocriniens.



Ce matin, la presse en ligne en fait ses choux gras : l'association écologiste Générations futures révèle la répartition par départements des ventes des pesticides dans l'Hexagone.
Pour ce faire, l'association s'est basée sur les données produites par le ministère de l'Environnement et la Banque nationale de ventes des distributeurs, qui recense les déclarations annuelles des fournisseurs de pesticides en France.
Exemple de carte. Ici, des kg de pesticides déversés.

Un gros travail de traitements : plus de 770 000 lignes de données auraient été analysées pour donner ces cartes.

Parcourez les cartes ci-dessous et promena votre curseur sur les départements pour obtenir des informations (notamment les pesticides les plus répandus par département).



Ou téléchargez en pdf le dossier de presse par ce lien.

vendredi 9 novembre 2018

Que boire avec… des quenelles de brochet sauce nantua ?

Qui dit poisson dit blanc, non ? (©DR).




Les quenelles de brochet à la sauce Nantua sont l'un des plus grands chefs-d'œuvre de la gastronomie lyonnaise. Ce plat de fête et de tradition se caractérise par une double texture d'une infinie délicatesse : le moelleux aérien et soufflé de la quenelle de poisson blanc, et l'onctuosité nappante de la sauce Nantua, une sauce hautement aromatique réalisée à partir d'une béchamel ou d'une crème liée à un beurre d'écrevisses intenses. Cet équilibre entre la légèreté vaporeuse de la quenelle et la richesse crémeuse, saline et corsée de la sauce aux crustacés exige des boissons dotées d'une belle étoffe et d'une fraîcheur éclatante pour escorter le plat sans jamais saturer les papilles.


Un grand vin blanc de Bourgogne


Pour faire face à la noblesse et à la crémosité de la sauce Nantua, un grand vin blanc sec de Bourgogne issu du cépage Chardonnay est le partenaire le plus magistral qui soit. Un Meursault, un Puligny-Montrachet ou un Chassagne-Montrachet font des merveilles absolues. Ces vins déploient une matière charnue, presque grasse, avec des notes de beurre frais, de noisette grillée et de brioche chaude qui s'alignent parfaitement sur la texture de la béchamel et du beurre d'écrevisses. Parallèlement, leur immense tension minérale et leur acidité d'une grande pureté viennent trancher dans la richesse du plat, apportant une finale aérienne et digeste.


Un blanc de la Vallée du Rhône pour la carte régionale


Si vous souhaitez rester dans un registre géographique proche de Lyon tout en privilégiant la rondeur aromatique, les grands vins blancs du Nord de la Vallée du Rhône offrent une alternative somptueuse. Un Condrieu (100 % Viognier) ou un Saint-Joseph blanc (cépages Roussanne et Marsanne) apportent une réponse idéale. La Marsanne et la Roussanne développent des arômes de cire d'abeille, d'abricot et de fruits secs, avec une texture enveloppante qui caresse la délicatesse de la chair du brochet. Ces vins possèdent une opulence naturelle qui enveloppe le côté salin et puissant de l'écrevisse sans jamais se laisser dominer par la force de la sauce.


Les bulles nobles d'un Champagne Grand Cru 


Associer les quenelles soufflées à un vin effervescent de haute volée crée une expérience gastronomique mémorable, particulièrement adaptée aux repas de fêtes. Un Champagne Brut Blanc de Blancs (issu du Chardonnay) ou un Champagne ayant bénéficié d'un long vieillissement sur lies est idéal. L'effervescence fine et le dynamisme des bulles agissent comme un véritable révélateur de texture, allégeant instantanément la densité de la sauce à la crème et soulevant la quenelle. De plus, les notes légèrement toastées et grillées du champagne répondent magnifiquement aux sucs de cuisson de la croûte de la quenelle dorée au four.


Une bière artisanale de type Triple ou une Witbier


Pour les amateurs de brasserie, l'onctuosité de la sauce Nantua offre un terrain d'expression surprenant et très réussi. Une bière blonde de style Triple belge, dotée d'une texture soyeuse et de notes de céréales et d'épices douces, possède la structure nécessaire pour rivaliser avec la puissance du coulis de crustacés. Si vous préférez un accord axé sur la fraîcheur et la légèreté, une Witbier (bière blanche de blé) brassée avec des écorces d'agrumes apportera une vivacité et une pétillance fine qui viendront nettoyer le palais après chaque bouchée crémeuse, rendant l'ensemble particulièrement désaltérant.


Sans alcool : un thé Oolong de roche ou une eau infusée aux agrumes et à l'aneth


Pour une alternative sans alcool d'un grand raffinement, le monde du thé propose une solution d'une élégance rare. Un thé Oolong de roche de Chine (comme le Da Hong Pao), servi chaud, développe des notes minérales, légèrement boisées et torréfiées qui s'unissent à merveille à la richesse du beurre d'écrevisses, ses tanins souples structurant la bouche de façon très noble. Si vous cherchez une option froide et tonique pour un déjeuner estival, une eau pétillante très fraîche infusée avec des zestes de pamplemousse rose et quelques peluches d'aneth fraîche sera parfaite : l'amertume fine de l'agrume et la note anisée de l'herbe bousculeront la rondeur de la crème avec une efficacité redoutable.

samedi 13 octobre 2018

" Et maintenant, on mange quoi ? "

Derrière cette question que nombre d'entre nous se pose, il y a Christophe Brusset, déjà connu pour son autre ouvrage paru il y a trois ans, Vous êtes fous d'avaler ça !


L'auteur, ancien industriel de l'agroalimentaire, poursuit dans ce nouvel opus les dénonciations de la malbouffe et du food-business. Fort de son expérience, cet homme vous explique comment vous éviterez dorénavant les principaux pièges que les fabricants, grands surfaces et artifices du markéting vous tendent en faisant vos courses.

Carte d’identité :

Auteur : Christophe Brusset
Parution : 10 octobre 2018
Editeur : Hors collection
Pages : 304
Format : 13,70 x 22,20 cm
ISBN : 978-2 081441323
Prix : 19,00 €.

vendredi 14 septembre 2018

Que boire avec… un risotto aux filets de poulet ?

Un joli risotto de poulet aux champignons (©DR).




Le risotto aux champignons est l'une des plus belles expressions de la cuisine italienne, célébré pour sa texture onctueuse et crémeuse qui cache un riz encore légèrement ferme à cœur (al dente). Ce plat automnal ou de mi-saison tire sa puissance de l'utilisation de cèpes, de girolles ou de morilles, qui apportent des notes boisées, de sous-bois et de noisette, sublimées par le mariage du bouillon, du vin blanc, du beurre et du parmesan râpé. Ce profil aromatique riche, marqué par l'onctuosité et la saveur profonde de l'humus, réclame des boissons élégantes capables d'envelopper cette texture fondante ou de la bousculer avec fraîcheur, ainsi que des viandes nobles qui partagent ce même univers gustatif.


Quelles viandes associer avec un risotto


Pour transformer ce risotto en un plat complet d'exception, les viandes doivent être choisies pour leur noblesse et leur affinité avec les notes de sous-bois. Une poularde de Bresse rôtie au four ou des suprêmes de canette poêlés sont des choix parfaits, le fondant de la volaille de caractère épousant la crème du riz à merveille. Si vous cherchez un accord encore plus mémorable, un filet mignon de veau simplement saisi au beurre ou des noisettes de chevreuil poêlées apporteront une touche carnée d'une infinie tendreté. Le veau, par sa neutralité élégante, laisse le champ libre aux champignons, tandis que le gibier à poil crée un accord de terroir puissant et sauvage.


Les vins blancs texturés et beurrés


L'accord le plus raffiné avec un risotto aux champignons s'oriente naturellement vers un vin blanc sec, mais doté d'assez de gras et de corps pour faire face à la richesse de la crème et du parmesan. Un grand vin de Bourgogne issu du cépage Chardonnay, comme un Meursault ou un Chablis Premier Cru un peu évolué, fait des merveilles. Les notes de beurre frais, de noisette grillée et de brioche de ces vins s'harmonisent instantanément avec la texture onctueuse du riz et le goût boisé des cèpes. De plus, la tension minérale finale de ces grands blancs vient trancher la richesse du beurre, laissant le palais parfaitement net.


Un rouge évolué et soyeux pour le côté sous-bois


Si le réflexe du vin rouge s'impose à vous, il faut impérativement choisir un flacon aux tanins patinés et fondus pour ne pas se heurter à la texture crémeuse du riz. Un vin de la Vallée du Rhône comme un Châteauneuf-du-Pape ou, mieux encore, un grand vin de la Côte de Nuits en Bourgogne comme un Gevrey-Chambertin à base de Pinot Noir ayant quelques années de bouteille, sera idéal. En vieillissant, le Pinot Noir développe des arômes de feuilles mortes, d'humus, de truffe et de champignons sauvages qui entrent en fusion totale avec le plat, tandis que sa texture de velours caresse le risotto sans assécher la bouche.


Une bière artisanale de style Quad ou Dubbel


Pour les amateurs de bière, le risotto aux champignons offre un terrain d'expression fascinant si l'on ose s'aventurer vers les bières ambrées ou brunes de tradition trappiste. Une bière belge de style Dubbel ou une Achel/Chimay Brune développe des notes de fruits secs, de caramel brun et une touche de levure épicée qui répond à la sucrosité naturelle du riz Bomba ou Arborio. La pétillance naturelle de la bière et sa mousse généreuse viennent alléger la densité du parmesan et du beurre, offrant une alternative chaleureuse et très gourmande qui réchauffe les tables d'arrière-saison.


Sans alcool : un thé noir d'Assam ou un bouillon de shiitakés


Pour une alternative sans alcool sophistiquée, la boisson doit apporter de la profondeur pour dialoguer avec l'intensité des champignons. Un thé noir d'Assam d'Inde, riche en malt et en notes boisées épaisses, servi chaud, est une option magnifique qui structure la bouche grâce à ses tanins souples. Si vous cherchez un accord froid et intensément aromatique, vous pouvez servir un consommé de champignons shiitakés et de cèpes séchés, infusé à froid avec une branche de thym frais. Les bulles d'une eau gazeuse neutre ajoutées au dernier moment à ce bouillon corsé apporteront le peps nécessaire pour bousculer l'onctuosité du risotto tout en prolongeant ses arômes forestiers.

mercredi 15 août 2018

Que boire avec… des frambroises natures ou en desserts ?

(©DR).


La framboise est incontestablement l'une des stars les plus raffinées de la saison estivale. Derrière sa robe de velours se cache un fruit d'une grande complexité, qui se distingue par un parfum floral intense, une texture charnue parsemée de petits grains croquants, et surtout un équilibre magistral entre une sucrosité subtile et une acidité vive et pointue. Ce profil aromatique percutant exige des boissons capables de flatter son élégance sans se laisser submerger par son peps naturel.


Les atouts précieux de la framboise pour la santé


Sur le plan nutritionnel, la framboise est une véritable mine d'or pour l'organisme. Elle se classe parmi les fruits les plus riches en fibres, ce qui en fait une alliée exceptionnelle pour le confort digestif et la satiété, tout en affichant un apport calorique et un index glycémique particulièrement bas. Elle regorge de vitamine C et de vitamine E, deux antioxydants majeurs qui stimulent le système immunitaire et protègent les cellules de l'oxydation. Enfin, sa couleur rouge éclatant témoigne de sa richesse en anthocyanes, des pigments naturels aux vertus anti-inflammatoires reconnues pour la santé cardiovasculaire. Contrairement à la mûre sauvage, la framboise de jardin ou du commerce présente très peu de risques parasitaires, mais sa fragilité extrême impose de ne la passer sous un filet d'eau qu'au tout dernier moment, délicatement, pour ne pas gorger d'eau sa chair spongieuse.


Le champagne rosé pour l'accord de prestige avec les framboises natures


Picorer des framboises fraîches, simplement dressées dans une coupelle ou associées à une pointe de crème fouettée, est un plaisir subtil qui appelle l'effervescence pour atteindre des sommets. Un Champagne rosé ou un Crémant de Loire rosé de belle facture est le compagnon idéal. Les bulles fines et dynamiques viennent faire éclater les petits grains du fruit en bouche, tandis que l’acidité naturelle du vin s'aligne parfaitement sur celle de la baie. Les notes de groseille et de fraise des bois typiques de ces bulles rosées créent une résonance aromatique immédiate, offrant un moment de dégustation aérien et profondément festif.


Un blanc liquoreux et tendu pour une tarte


La tarte aux framboises traditionnelle associe souvent la vivacité du fruit frais ou légèrement compoté à la douceur d’une crème pâtissière et d'une pâte sablée riche en beurre. Pour escorter ce grand classique, il faut éviter les vins rouges (dont les tanins durciraient au contact du fruit) et privilégier un vin blanc liquoreux qui a du peps. Un Jurançon moelleux ou un Coteaux-du-Layon font des merveilles. La sucrosité du vin vient napper la texture biscuitée et la crème, tandis que la vive acidité du cépage (Gros Manseng ou Chenin) répond à celle de la framboise, évitant ainsi toute sensation de lourdeur en fin de bouche.


Un vin doux naturel rouge pour un entremets chocolat / framboise


L'alliance de la framboise et du chocolat noir est un accord mythique basé sur le contraste entre l'amertume puissante du cacao et l'acidité fruitée de la baie. Pour accompagner un entremets, un coulant ou un opéra revisité combinant ces deux saveurs, les vins blancs s'effacent au profit des vins doux naturels rouges. Un Banyuls, un Maury ou un Porto de style Ruby s'imposent comme des évidences. Ces vins mutés déploient des arômes complexes de fruits noirs, de cacao et de torréfaction qui fusionnent avec le chocolat, tandis que leur alcool chaleureux et leur sucre domptent le feu de la framboise pour un équilibre parfait.


Une bière de style Lambic ou Framboise


Pour sortir des sentiers battus, l'univers de la bière propose une alternative extraordinaire avec les desserts à la framboise, comme un cheesecake ou un macaron. Une authentique Framboise belge (une bière de fermentation spontanée de type Lambic dans laquelle ont macéré de vrais fruits) offre une expérience inoubliable. Très éloignée des bières industrielles sucrées, la véritable Framboise artisanale possède une acidité tranchante, presque vinaigrée, et des notes sauvages. Cette vivacité vient littéralement couper le gras de la crème ou le sucre du biscuit, réinitialisant le palais à chaque gorgée.


Sans alcool : un thé vert au jasmin ou un kéfir de fruits


Pour une alternative sans alcool qui honore la délicatesse de la framboise, deux approches très différentes sont possibles. Pour le goûter, un thé vert infusé au jasmin servi chaud ou tiède apporte des notes florales et poétiques qui s'unissent à merveille au parfum de la framboise fraîche, ses légers tanins structurant la bouche avec élégance. Si vous cherchez une option plus estivale et pétillante, un kéfir de fruits maison à la figue et au citron offre une effervescence naturelle et une acidité fine qui dynamisent le fruit sans aucun apport de sucre lourd, idéal pour conclure le repas sur une note de pure fraîcheur.

mercredi 27 juin 2018

Que boire avec … des mûres, natures ou en desserts ?

Que boire avec des mûres natures ? (©Radio Canada).


La mûre, qu'elle soit cueillie à l'état sauvage sur les ronces des chemins ou cultivée dans les jardins, est l'un des joyaux de la fin de l'été. Ce petit fruit noir et charnu se caractérise par une saveur intense, sucrée, profondément boisée et musquée, soutenue par une acidité noble et des tanins subtils. Sa puissance aromatique et sa couleur d'encre en font une candidate idéale pour des accords audacieux et gourmands.


Les bienfaits précieux de la mûre et la cueillette sans risque


Au-delà de ses qualités gustatives, la mûre est un trésor nutritionnel. Elle fait partie des fruits les plus riches en antioxydants, notamment en anthocyanes (les pigments qui lui donnent sa couleur sombre), qui aident à lutter contre le vieillissement cellulaire et protègent le système cardiovasculaire. Elle est également une excellente source de vitamine C, de fibres bénéfiques pour le transit et de minéraux comme le potassium.

Cependant, la consommation de mûres sauvages exige une vigilance absolue. Les baies cueillies près du sol peuvent avoir été souillées par les déjections de renards ou de chiens, transmettant l'échinococcose alvéolaire, une maladie parasitaire grave pour le foie. Pour consommer vos mûres sauvages sans aucun risque, appliquez deux règles simples : 

1 - ne jamais cueillir les fruits situés à moins d'un mètre du sol (à hauteur de cuisse) et, si vous avez un doute, faites-les cuire. La cuisson détruit le parasite, ce qui rend les confitures, tartes et compotes totalement sûres.

2 - pour les mûres consommées crues, un lavage méticuleux à l'eau vinaigrée suivi d'un rinçage à l'eau claire est indispensable, bien que la cuisson reste la seule garantie absolue contre le parasite.


Un rouge doux et muté côté tarte ou crumbles


La tarte ou le crumble aux mûres concentrent le jus du fruit à la cuisson, libérant des arômes de sous-bois et une acidité confite sur une pâte croustillante ou un biscuit au beurre. Pour faire face à cette puissance et à la structure tannique du fruit cuit, le vin rouge est un compagnon exceptionnel. Un vin doux naturel comme un Banyuls, un Maury rouge ou un Porto de style Ruby crée un accord magistral. Les notes de pruneau, de cacao, de mûre sauvage et d'épices de ces vins épousent la texture dense du dessert, tandis que leur sucrosité naturelle vient enrober l'acidité du fruit sans jamais alourdir le palais.


Des bulles rosées de caractère pour une soupe de mûres fraîches à la menthe


Déguster des mûres fraîches et crues, simplement présentées en soupe de fruits avec un sirop léger à la menthe ou au basilic, demande une boisson aérienne qui respecte la délicatesse du fruit brut. Un vin effervescent rosé structuré, comme un Crémant de Bourgogne rosé ou un Champagne rosé de saignée, est idéal. Les bulles dynamiques apportent du relief à la texture charnue de la baie, tandis que les arômes de petits fruits rouges acidulés du vin réveillent le goût musqué de la mûre fraîche, offrant une conclusion de repas intensément désaltérante.


Un vin blanc moelleux et noble pour un cheesecake ou une panna cotta


Lorsque la mûre est travaillée sous forme de coulis ou de gelée pour napper un dessert crémeux et lacté comme un cheesecake ou une panna cotta, la texture grasse de la crème vient calmer l'acidité du fruit. L'accord parfait se trouve alors du côté d'un grand vin blanc moelleux qui possède une vibrante acidité pour équilibrer le fromage ou la crème. Un Vouvray demi-sec ou un Jurançon moelleux font des merveilles. Leurs notes de miel, d'agrumes et de fruits exotiques apportent la gourmandise nécessaire pour escorter le gâteau, tandis que leur tension minérale évite l'effet écœurant en prolongeant la fraîcheur de la baie.


Sans alcool : un thé noir Earl Grey ou un lait d'amande chaud


Pour une alternative sans alcool raffinée et réconfortante, le choix de la boisson doit avoir du répondant face au caractère boisé de la mûre. Pour le goûter, un thé noir Earl Grey bien corsé est parfait. Les tanins naturels du thé s'harmonisent avec ceux de la mûre, et les notes de bergamote de la boisson apportent une touche d'agrumes qui souligne le peps du fruit. Si vous cherchez un accord plus doux et enveloppant pour accompagner une tarte, un lait d'amande chaude infusé à la cannelle fera des merveilles. La rondeur gourmande et lactée de l'amande calmera instantanément l'acidité cuite de la mûre, créant un mariage réconfortant et profondément automnal.

mercredi 16 mai 2018

« Steack », une simple question de vocabulaire ?

Le terme "steak" doit-il rester l’apanage de productions carnées ou peut-il désigner un produit végétal ? Le débat est lancé en France et mérite d’être tranché sous peine de créer confusions et amalgames dans l’esprit du consommateur que nous sommes.

© (DR).


 Alors que, dans les rayons, les "steaks" et autres "escalopes" à base de soja connaissent un succès grandissant, ils viennent de de plus en plus côtoyer d’autres produits qui revendiquent le même vocable. Non sans créer un trouble ? C’est pour couper court à ce débat qu’un élu de la République en marche (LRM) - Jean-Baptiste Moreau – par ailleurs éleveur bovin veux poser le sujet à l’Assemblée nationale et faire trancher une fois pour toute ses coreligionnaires sur un texte de loi pour rendre à César se qui… L’enjeu : tout bonnement interdire certaines pratiques commerciales trompeuses pour le consommateur qui associent aujourd’hui des termes comme "steak", "filet", mais aussi "bacon" ou encore "saucisse", à des produits qui ne sont pas uniquement - ou même pas du tout - composés d’éléments carnés. 

 

Une résolution pour y voir plus clair, à quelle échéance ?

 

Alors que, consultés, les consommateurs sont divisés sur la question, pour les fabricants de produits végétaux, l’heure est à la défense toute azimut ! A l’heure yeux, le secteur de la boucherie-charcuterie ne saurait, seul, disposer d’un monopole d’usage du mot « steack », par ailleurs partagé avec bien d’autres productions, comme celles à base de saumon ou encore de thon. Pour les industriels producteurs de produits carnés, les nouveaux fabricants vegan profiteraient de cette terminologie pour développer leurs gammes de nouveaux produits

 C’est donc dans l’Hémicyle que ce nouveau rapport de force entre détenteurs d’une alimentation traditionnelle et porteurs de nouveautés devra être tranché. Mais bien malin qui pourrait dire quand celui-ci le sera ! A suivre donc…

 

samedi 5 mai 2018

Que boire avec… l'unique paella valenciana ?

La paella est un plat typique de la région de Valence (©DR).




Loin des versions touristiques aux fruits de mer ou au chorizo, la véritable paella de Valence est un plat terrien et paysan, composé de riz (généralement de la variété Bomba), de morceaux de poulet et de lapin dorés à l'huile d'olive, de haricots plats (bajoqueta) et de gros haricots blancs (garrofó). Le tout est parfumé au safran, infusé d'un bouillon de viande et relevé parfois d'un brin de romarin, avec ce fameux riz délicieusement attaché et croustillant au fond de la poêle, le socarrat. Ce profil aromatique sec, safrané, grillé et fondant demande des boissons capables de dialoguer avec les viandes blanches et les notes d'épices sans écraser la subtilité du riz.


Un blanc espagnol structuré et complexe pour l'accord régional absolu


Bien que la paella contienne de la viande, l'accord traditionnel espagnol se tourne très souvent vers un vin blanc sec, mais doté d'une belle matière pour faire face à la consistance du riz. Un vin blanc de l'AOC Rueda (à base de cépage Verdejo) ou un blanc de la région de Valence issu du cépage autochtone Merseguera ou Verdil font des merveilles. Élevés sur lies, ces vins possèdent une texture grasse et des notes de fruits à chair blanche, d'herbes sèches et de fenouil qui épousent à la merveille le parfum du safran et du romarin. Leur acidité finale vient quant à elle équilibrer la richesse de l'huile d'olive, offrant un mariage d'un équilibre absolu.


Un grand vin rosé de gastronomie est possible


La paella valenciana étant par excellence un plat de partage estival, le vin rosé est un partenaire de choix, à condition de bannir les rosés trop légers d'apéritif. Un grand rosé de style espagnol, comme un Navarra rosé (souvent à base de Grenache) ou un Rioja Rosado, offre une robe soutenue, une belle structure vineuse et des arômes de petits fruits rouges mûrs mêlés à des touches poivrées. Ce profil charnu possède le coffre nécessaire pour escorter le lapin et le poulet saisis, tout en apportant une fraîcheur et une fluidité désaltérantes qui coupent la sécheresse du riz et des haricots secs.


Un rouge espagnol fluide et fruité pour les inconditionnels


Si pour vous, la présence de viandes comme le lapin et le poulet exige du vin rouge, il faut impérativement choisir un flacon aux tanins discrets pour ne pas durcir le riz. Un vin de l'AOC Bierzo (issu du cépage Mencía) ou un Rioja Crianza léger, dominé par le Tempranillo et peu marqué par l'élevage en barrique, est idéal. Les notes de cerise noire, de réglisse et de sous-bois de ces rouges fins s'harmonisent avec les sucs de cuisson des viandes et la texture des haricots blancs, tandis que leur souplesse en bouche respecte le fondant de la bajoqueta sans assécher le palais.


Une bière artisanale de type Blonde ou Amber Ale


L'Espagne étant une grande consommatrice de bière avec ses plats populaires, l'association avec une mousse est d'une grande efficacité. Une bière blonde de caractère ou une Amber Ale artisanale (bière ambrée) créent une résonance magnifique avec le plat. Les malts légèrement torréfiés de la bière ambrée développent des notes de biscuit et de croûte de pain qui rappellent immédiatement les arômes toastés du socarrat, ce riz croustillant au fond de la poêle. De plus, la pétillance naturelle de la bière et son amertume fine viennent nettoyer le palais après la richesse de la viande, rendant l'ensemble très digeste.


Un thé vert de type Long Jing pour une alternative d'une grande noblesse


Pour une option sans alcool raffinée capable de rivaliser avec la complexité de la paella authentique, le monde du thé offre une solution magistrale. Un thé vert chinois Long Jing (Puits du Dragon), servi chaud ou tiède pendant le repas, est exceptionnel. Ce thé se caractérise par des notes naturelles de châtaigne grillée, de noisette et de légumes cuits, avec une texture soyeuse en bouche. Ses arômes toastés font écho à la cuisson du riz et aux viandes dorées, tandis que la fraîcheur végétale du thé vert souligne la présence des haricots et du romarin, offrant une alternative harmonieuse et très digeste.


Une eau infusée aux agrumes et au safran pour une fraîcheur ibérique


Si vous cherchez une boisson froide et intensément rafraîchissante pour un déjeuner sous le soleil, vous pouvez créer une boisson sur mesure en parfaite résonance avec le plat. Une eau pétillante très fraîche infusée avec des écorces d'orange sanguine, une pincée de filaments de safran et une branche de romarin froissée fera un effet bœuf. L'orange sanguine et le safran créent un pont aromatique direct avec l'identité espagnole de la paella, tandis que les bulles et la pointe d'amertume des agrumes viennent bousculer la douceur du riz et le gras de l'huile d'olive, réinitialisant les papilles à chaque gorgée.

samedi 28 avril 2018

Que boire avec… des fromages de brebis ?

De beaux fromages de brebis et des idées d'accompagnement (©DR).



Bien que souvent associés dans l'esprit des consommateurs sous l'étiquette des "fromages de caractère", les chèvres et les brebis cachent des réalités gustatives, chimiques et de fabrication radicalement différentes. Comprendre ces nuances permet de mieux cerner pourquoi leurs accords avec les boissons divergent autant.


Les différences fondamentales entre chèvre et brebis


La première grande divergence tient à la composition même du lait. Le lait de brebis est beaucoup plus riche, plus gras et plus dense que le lait de chèvre, ce qui se ressent immédiatement en bouche par une texture plus onctueuse, douce et enveloppante. Sur le plan des saveurs, le chèvre se distingue par sa fraîcheur vive, son côté parfois herbeux et son acidité naturelle très marquée. À l'inverse, le brebis développe un profil plus rond, moins acide, axé sur des notes de noisette, de beurre et de sous-bois. Enfin, leurs modes de fabrication diffèrent : si le chèvre est le roi des pâtes molles ou sèches de petite taille, le brebis excelle dans les grandes tommes à pâte pressée, comme l'Ossau-Iraty, ou dans les pâtes persillées puissantes comme le Roquefort.


Les vins blancs du Sud-Ouest pour les tommes de brebis


Pour les fromages de brebis à pâte pressée comme les tommes pyrénéennes ou corses, les vins blancs de Loire (si parfaits pour le chèvre) s'avèrent trop légers et acides. Le gras et la douceur du lait de brebis demandent des vins blancs plus charnus, riches et aromatiques. Les vignobles du Sud-Ouest offrent des réponses magistrales. Un Jurançon sec ou un Irouléguy blanc possèdent cette matière chaleureuse, grasse et parfumée qui épouse parfaitement la texture dense du fromage. Leurs notes de fruits mûrs et d'épices douces soulignent le goût de noisette de la tomme sans jamais se laisser dominer.


L'accord de contraste absolu pour le Roquefort


Le Roquefort et les autres bleus de brebis imposent un défi unique en raison de leur forte teneur en sel et de la puissance de leurs moisissures. Alors qu'un chèvre bleu s'accommoderait d'un blanc sec complexe, le Roquefort exige de la douceur pour calmer son feu. Les grands vins liquoreux comme le Sauternes, le Monbazillac ou un Porto blanc créent ici un accord mythique. Le sucre et l'onctuosité du vin viennent napper le sel du fromage, tandis que la force du bleu réveille la complexité aromatique du vin. C'est un jeu d'opposition total et sublime que l'on ne pratique quasiment jamais avec les fromages de chèvre.


Les vins rouges structurés pour les brebis affinés


Si le vin rouge est souvent l'ennemi du fromage de chèvre à cause de l'acidité de ce dernier, il trouve une place de choix auprès des vieux fromages de brebis. Grâce à la richesse en matières grasses du lait de brebis et à l'absence d'acidité mordante, les tanins du vin rouge sont idéalement assouplis. Vous pouvez ainsi servir un vin rouge de caractère, comme un Madiran assagi par quelques années de garde, un Pauillac ou un rouge de la Vallée du Rhône. La texture compacte de la tomme de brebis supporte la puissance du vin, et les notes boisées ou épicées de la bouteille se mêlent harmonieusement aux arômes de sous-bois du fromage.


La bière ambrée pour une alternative de caractère


Pour remplacer le vin, la bière offre des perspectives passionnantes avec le brebis, bien loin des associations légères que l'on réserve au chèvre frais. Une bière ambrée ou une bière de garde de fermentation haute s'impose comme une évidence. Les malts torréfiés utilisés pour fabriquer ces bières développent des saveurs de caramel, de pain grillé et de fruits secs. Ces arômes chauds entrent en résonance directe avec le profil beurré et l'esprit "noisette" des tommes de brebis. De plus, la texture ronde de la bière enveloppe le fromage, tandis que sa fine bulle vient alléger la dégustation en fin de bouche.


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samedi 10 février 2018

Idée reçue : l'ananas ferait maigrir

La vérité sur l'ananas et la broméline (©DR).



L'ananas est depuis des décennies la star incontestée des régimes amincissants, souvent qualifié de fruit « brûle-graisses » par excellence. Cette réputation fascinante repose sur la présence d'une enzyme spécifique logée au cœur de ce fruit exotique : la broméline. Le marketing nutritionnel s'est emparé de cette molécule pour faire miroiter la promesse magique d'un aliment capable de dissoudre les cellules adipeuses dès sa consommation.


Pour répondre tout de suite et sans détour à l'allégation de ce sujet, le verdict scientifique est sans appel : c'est techniquement faux. L'ananas ne possède aucun pouvoir de destruction des graisses de l'organisme, et l'action réelle de la broméline s'exerce dans un tout autre domaine de la physiologie humaine.


Le quiproquo biologique entre la digestion des protéines et la fonte des graisses


La légende de l'ananas brûleur de graisse est née d'une confusion scientifique majeure concernant le rôle exact de la broméline. Cette enzyme n'est pas une lipase (une molécule qui détruit les lipides), mais une enzyme protéolytique, ce qui signifie que sa seule et unique fonction est de découper et de digérer les protéines. Dans le tube digestif, la broméline aide à fractionner les molécules de viande, de poisson ou de légumineuses pour faciliter leur assimilation par l'organisme. Elle n'entre jamais en contact avec les tissus adipeux stockés sous la peau ou autour des organes. Croire que manger de l'ananas permet de cibler et de détruire la graisse corporelle relève donc d'un contresens biologique total.


Le piège de la localisation de l'enzyme et de l'acidité gastrique


Même si la broméline avait le pouvoir d'attaquer les graisses, la consommation d'ananas frais ne suffirait pas à produire cet effet pour des raisons d'anatomie et de biochimie. La très grande majorité de la broméline ne se trouve pas dans la chair juteuse et sucrée que nous mangeons, mais dans la tige centrale, dure et fibreuse de l'ananas, que l'on rejette systématiquement. De plus, lorsque nous ingérons cette enzyme, elle doit affronter l'environnement extrêmement acide de l'estomac. Les sucs gastriques détruisent et désactivent une part immense de la broméline avant même qu'elle ne puisse atteindre la circulation sanguine, réduisant à néant ses potentielles actions systémiques dans le reste du corps.


Les vrais atouts de l'ananas pour la silhouette et la santé


Si l'ananas ne fait pas maigrir par magie, il reste un fruit exceptionnel à intégrer dans le cadre d'un rééquilibrage alimentaire pour des raisons bien réelles. Sa richesse en fibres et sa forte teneur en eau en font un excellent aliment de satiété, idéal pour calmer les envies de sucre avec un apport calorique modéré. De plus, la broméline, lorsqu'elle est extraite industriellement de la tige et consommée sous forme de compléments alimentaires hautement dosés, révèle de puissantes propriétés anti-inflammatoires et anti-œdémateuses. Elle s'avère alors très utile pour lutter contre la rétention d'eau et la cellulite douloureuse en améliorant la microcirculation, prouvant que si l'ananas ne brûle pas les graisses, il participe activement à notre bien-être général.

samedi 6 janvier 2018

Idée reçue : boire de l'eau fait-il maigrir ?

L'eau ne fait pas spécialement maigrir (©DR).


Boire de l'eau est régulièrement présenté comme le remède miracle de tous les programmes minceur, une réputation qui repose en partie sur des mécanismes physiologiques bien réels mais parfois exagérés. Hélas, vous lirez ci-dessous que les choses ne sont pas aussi simples et que l'eau n'a pas cette vertue qu'on lui attribue, que cela relève des idées reçues…


L'eau participe à la dépense énergétique, mais pas assez !


Sur le plan purement métabolique, la consommation d'eau froide ou à température ambiante déclenche un phénomène appelé la thermogenèse, où le corps doit dépenser de l'énergie sous forme de calories pour amener ce liquide à la température interne de l'organisme. Bien que cette augmentation du métabolisme basal reste modeste et temporaire, elle prouve que l'eau participe activement à la dépense énergétique quotidienne, d'autant plus qu'elle est indispensable au bon fonctionnement de la lipolyse, le processus biologique par lequel le corps brûle ses graisses stockées.


La gestion de la satiété


Au-delà de cette action biologique discrète, l'impact le plus concret de l'eau sur la perte de poids se situe au niveau comportemental et mécanique à travers la gestion de la satiété. Boire un grand verre d'eau vingt à trente minutes avant un repas permet de remplir partiellement l'estomac, ce qui envoie des signaux de distension gastrique au cerveau et favorise une sensation de satiété précoce, incitant naturellement à réduire les portions alimentaires. De plus, les récepteurs cérébraux de la soif et de la faim étant très proches, l'organisme confond fréquemment une déshydratation légère avec une sensation de faim, ce qui signifie que le simple geste de s'hydrater permet souvent de calmer une fausse envie de grignotage.


Un effet de substitution


Pour autant, il est scientifiquement inexact de déduire que boire de l'eau fait maigrir de manière isolée, car l'eau ne possède aucun pouvoir magique de destruction des cellules adipeuses. Son efficacité sur la balance dépend avant tout d'un effet de substitution, notamment lorsqu'elle remplace des boissons caloriques comme les sodas, les jus de fruits ou l'alcool, créant ainsi le déficit calorique indispensable à la perte de poids. En conclusion, l'eau doit être envisagée comme un catalyseur et un soutien précieux qui optimise le métabolisme et facilite la discipline alimentaire, mais elle reste totalement inefficace si elle ne s'intègre pas dans le cadre global d'une alimentation équilibrée et d'une activité physique régulière.