samedi 18 février 2017

Que boire avec… des gougères ?

Une bonne idée d'entrée, la gougère au fromage (©DR).

Les gougères au fromage sont l'incarnation même de la convivialité et du savoir-faire bourguignon. Ces petits choux dorés et aériens combinent la légèreté d'une pâte levée, la richesse du beurre et des œufs, et la gourmandise saline d'un fromage râpé à caractère, traditionnellement du Comté, de l'Émmental ou du Beaufort. Servies tièdes, à la fois croustillantes à l'extérieur et moelleuses à l'intérieur, elles libèrent des effluves de fromage fondu et de beurre noisette qui réclament des boissons vives et tranchantes, capables de percer la richesse de la pâte pour rafraîchir le palais.


Le Bourgogne Aligoté pour l'accord local


L'accord le plus évident et le plus historique nous mène tout droit sur les terres d'origine de la gougère avec un vin blanc sec et vif de la région, le Bourgogne Aligoté. Ce vin issu d'un cépage traditionnellement nerveux se distingue par sa fraîcheur tranchante, ses notes de pomme verte, de citron et sa belle minéralité. Face au gras du beurre et à l'onctuosité du fromage chaud, la vivacité de l'Aligoté fait des merveilles : elle vient littéralement nettoyer les papilles à chaque bouchée. Ce contraste saisissant crée un équilibre parfait, évitant toute lourdeur et préparant la bouche pour la gougère suivante.


Un grand vin blanc de Chablis pour sublimer le Comté


Si vos gougères sont généreusement garnies d'un Comté affiné ou d'un Beaufort d'alpage, le plat gagne en complexité et mérite un partenaire d'une plus grande noblesse. Un vin blanc de Chablis ou un Mâcon-Villages (issus du cépage Chardonnay) s'impose alors comme un choix magistral. Chablis apporte une tension minérale unique, presque saline, et des notes de silex et de beurre frais qui entrent en résonance immédiate avec la pâte à choux. La matière délicate du vin enveloppe le fondant du fromage sans jamais se laisser dominer, offrant une finale d'une élégance et d'une pureté remarquables.


Les bulles d'un Crémant ou d'un Champagne


Les gougères étant les reines incontestées des débuts de repas, les associer à un vin effervescent est une option festive d'une redoutable efficacité. Un Crémant de Bourgogne ou un Champagne Brut Blanc de Blancs (100 % Chardonnay) forment un mariage idéal. Le dioxyde de carbone et le dynamisme des bulles agissent comme un activateur de texture en bouche, brisant la densité de la pâte texturée et soulevant le gras du fromage. De plus, les notes de brioche, de pain grillé et de fruits secs propres à ces méthodes traditionnelles répondent magnifiquement aux arômes de croûte de fromage dorée au four.


Une bière de style Saison ou une Pilsner


Pour les amateurs de mousse, l'univers brassicole offre une alternative contemporaine incroyable avec la pâte à choux. Une bière artisanale de style Saison (une bière belge de fermentation haute, sèche et fruitée) ou une Pilsner de caractère avec une belle amertume herbacée sont des choix parfaits. La pétillance naturelle de la bière et son col de mousse aérien allègent instantanément la richesse de l'œuf et du beurre. L'amertume fine apportée par le houblon vient quant à elle contrebalancer le côté salé du fromage, ce qui donne un profil intensément désaltérant à cet apéritif.


Sans alcool : un thé blanc Bai Mu Dan ou une eau au citron vert


Pour une alternative sans alcool raffinée qui respecte la délicatesse de la pâte à choux, le choix de la boisson doit apporter de la pureté. Un thé blanc Bai Mu Dan (Pivoine Blanche), servi chaud ou tiède, offre un accord d'une grande poésie. Ce thé peu transformé possède des notes florales, herbacées et légèrement veloutées qui épousent la douceur du chou sans agresser le fromage. Si vous cherchez une option fraîche pour un apéritif d'été, un grand verre d'eau pétillante très fraîche agrémentée d'un trait de jus de citron vert et de rondelles de concombre sera idéal : la bulle et l'acidité du citron vert couperont le gras du fromage avec une efficacité redoutable.

samedi 4 février 2017

Gaspillage : la loi "Garot" a aujourd'hui un an !

Promotion de fruits pour limiter les invendus (©David Allignon). 



Nous vous proposons de faire un état des lieux - le plus complet possible - de l'application de la loi dite « Garot », un an presque jour pour jour après son adoption à l'unanimité par le Sénat le 3 février 2016. Ce bilan un an plus tard - en  début de l'année 2017 - met en lumière les avancées concrètes, mais aussi les premiers défis logistiques rencontrés sur le terrain.


Une explosion historique du volume des dons alimentaires


Le premier effet mesurable de la loi en 2017 est l'augmentation spectaculaire des denrées collectées par les associations caritatives. En obligeant les supermarchés de plus de 400 mètres carrés à signer une convention de don, le texte a provoqué un afflux massif de nourriture qui finissait auparavant à la poubelle. Les Banques Alimentaires constatent dès 2017 une hausse de près de 28 % des produits récupérés par rapport à la période précédant la loi. Plus de 90 % des grandes surfaces concernées se sont conformées à la législation dès la première année, permettant de distribuer des millions de repas supplémentaires aux personnes en situation de précarité.


La fin de la destruction volontaire et la valorisation en rayon


L'autre grande avancée de l'année 2017 réside dans la disparition quasi totale des pratiques de destruction des invendus. La loi ayant interdit de javelliser ou de rendre délibérément impropres à la consommation les aliments encore comestibles, les directeurs de magasins ont dû réorganiser leurs rayons. On voit ainsi fleurir dans toute la grande distribution des zones dédiées aux produits à dates courtes, vendus avec des rabais importants de 30 % à 50 %. Cette pratique, appelée le stickage, permet d'écouler les stocks rapidement auprès des consommateurs à petit budget tout en évitant le gaspillage à la source, avant même l'étape du don.


Les premiers défis logistiques et la question de la qualité


Malgré ces succès, le bilan de l'année 2017 soulève des difficultés majeures pour le tissu associatif. Celui-ci s'est en effet retrouvé submergé par des volumes qu'il n'était pas toujours armé pour gérer. Les associations manquent de bras, de camions frigorifiques et de locaux adaptés pour stocker cette nouvelle marchandise périssable. De plus, certains magasins en profitent pour vider des rayons entiers à la hâte, léguant parfois des produits à la date limite dépassée ou des fruits et légumes très abîmés que les réceptionnaires ne pourront faire autrement que de jeter (estimation de 15% des dons). Un an après la loi, les acteurs de terrain réclament un encadrement plus strict pour que le don reste de qualité et ne transforme pas les associations en trieurs de déchets de la grande distribution.