dimanche 16 juillet 2023

Que boire avec… des nectarines et/ou des brugnons ?

Deux fruits fréres pour ce sujet d'accompagnement (©DR).




La nectarine et le brugnon, avec leur chair juteuse, parfumée et leur peau lisse, sont les rois de la fraîcheur estivale. Qu’ils soient à chair jaune (plus acidulés et toniques) ou à chair blanche (plus floraux et doux), ces fruits partagent un équilibre subtil entre une sucrosité désaltérante et un peps acidulé. Qu'on les croque nature au bord de la piscine, qu'on les passe sur le grill ou qu'on les glisse dans des tartes, ils s'accordent avec des boissons qui respectent leur texture fondante sans étouffer leur éclat fruité.


Un blanc de la Loire tendre et vif pour les fruits frais et natures


Croquer dans une nectarine ou un brugnon frais, tout juste sortis du panier de fruits, libère un jus abondant qui demande une boisson désaltérante et parfumée. Un vin blanc de la Vallée de la Loire issu du cépage Chenin, comme un Vouvray demi-sec ou un Montlouis-sur-Loire tendre, est un compagnon idéal. Le côté légèrement moelleux de ces vins enveloppe la texture du fruit, tandis que l'acidité naturelle et vibrante du Chenin fait écho au peps de la nectarine. Les notes de poire, de coing et de fleurs blanches du vin s'unissent harmonieusement aux arômes du brugnon pour une fin de bouche éclatante.


Un blanc liquoreux pour une tarte ou un crumble


Lorsque ces fruits sont cuits, par exemple dans une tarte fine feuilletée ou sous un crumble croustillant, la chaleur du four concentre leurs sucres et caramélise leur jus. Pour escorter cette texture plus dense et gourmande, il faut se tourner vers un vin blanc liquoreux qui conserve une immense fraîcheur. Un Jurançon moelleux ou un Coteaux-du-Layon font des merveilles. La sucrosité de ces grands vins blancs épouse le croustillant de la pâte, tandis que leurs arômes naturels de fruits exotiques, d'abricot et de miel soulignent le fondant du brugnon cuit sans jamais saturer le palais grâce à leur belle tension minérale.


Un grand rosé de gastronomie pour… des brugnons grillés au barbecue !


La nectarine et le brugnon excellent également dans les préparations estivales salées-sucrées, notamment lorsqu'ils sont coupés en deux, badigeonnés d'un trait d'huile d'olive, grillés au barbecue et servis avec de la burrata crémeuse et du jambon cru. Pour ce type de plat texturé et estival, le choix idéal s'oriente vers un vin rosé de caractère et structuré, comme un Tavel ou un Bandol rosé. La puissance aromatique de ces vins, marqués par des notes d'épices douces et de petits fruits rouges mûrs, s'accorde avec le côté fumé de la grillade, tandis que leur fraîcheur vineuse vient couper la richesse de la burrata.


Une bière artisanale de type Blanche ou Sour pour un accord moderne


Pour sortir des sentiers battus lors d'un goûter ou d'un apéritif, l'univers de la bière offre des perspectives fascinantes. Une bière blanche de style belge (Witbier), brassée avec des écorces d'orange et de la coriandre, apporte une douceur maltée et des notes d'agrumes qui réveillent la douceur de la nectarine blanche. Pour accompagner une verrine crémée ou un cheesecake au brugnon, vous pouvez oser une bière de style Sour aux fruits (bière acide). L'acidité franche et tranchante de la bière vient bousculer le gras de la crème et la sucrosité du fruit, réinitialisant les papilles de manière très dynamique à chaque gorgée.


Sans alcool : un thé blanc à la pêche ou une eau infusée au basilic


Pour une alternative sans alcool qui sublime la nectarine sous toutes ses formes, la légèreté est de mise. Pour accompagner une part de tarte ou des fruits frais au goûter, un thé blanc délicat infusé à la pêche de vigne, servi tiède ou frappé, offre un accord d'une grande poésie. La subtilité végétale du thé blanc, pauvre en tanins, laisse le fruit s'exprimer pleinement tout en apportant une sensation soyeuse en bouche. Si vous cherchez une option ultra-fraîche pour le repas, une eau pétillante infusée avec de fines lamelles de brugnon frais et quelques feuilles de basilic froissées sera parfaite. Le basilic insuffle une note poivrée et herbacée qui donne un relief incroyable à la douceur naturelle du fruit.

jeudi 6 juillet 2023

Poisson : sa consommation explose alors que les stocks… stagnent !

Poisson : une consommation qui explose (©DR).


Oui, la consommation de poissons explose sur notre planète, alors que les stocks - mis en évoidences par les chercheurs et les pêcheurs - stagnent au quatre coins de nos eaux. Ce paradoxe entre une consommation mondiale qui bat des records et des stocks naturels qui s'essoufflent s'explique par une mutation profonde de notre système alimentaire. En cette année, le poisson n'est plus seulement un produit de cueillette marine, mais est devenu une denrée massivement cultivée, changeant radicalement la structure de l'offre mondiale.


L'explication majeure réside dans l'ascension fulgurante de l'aquaculture, qui a franchi un cap historique en dépassant désormais la pêche de capture pour l'alimentation humaine.

Alors que la quantité de poissons sauvages pêchés en mer stagne depuis les années 1990 à environ 90 millions de tonnes par an, l'élevage de poissons, de crustacés et d'algues a pris le relais pour répondre à la demande d'une population mondiale croissante. Cette industrie, dominée par l'Asie, permet de stabiliser les prix et d'assurer une disponibilité constante sur les étals, indépendamment des saisons ou des aléas climatiques qui affectent les flottes de pêche traditionnelles.


La modernisation des flottes seules responsables ?


Parallèlement, l'efficacité technique de la pêche industrielle permet de maintenir des niveaux de captures élevés malgré la fragilité des stocks. La technologie moderne, incluant des radars de précision et des flottes de navires-usines capables de traiter le poisson directement en mer, permet d'exploiter des zones de plus en plus profondes ou éloignées.

Cependant, cette pression constante pousse environ un tiers des stocks mondiaux vers la surexploitation. Si le tonnage total capturé reste stable en apparence, c'est souvent au prix d'un effort de pêche bien plus intense et du ciblage d'espèces plus petites ou moins nobles pour compenser la disparition des grands prédateurs.


Mondialisation des sur-pêches et du constat


La mondialisation des échanges joue également un rôle moteur dans cette explosion de la consommation. Le poisson est aujourd'hui l'une des denrées les plus échangées au monde : une part considérable des produits consommés en Europe ou en Amérique du Nord est élevée en Norvège ou au Chili, transformée en Asie, puis réexpédiée.

Cette fluidité logistique, couplée à une demande croissante pour des protéines perçues comme plus saines que la viande rouge, crée une aspiration mondiale sur des ressources qui, sans l'apport massif de l'élevage, auraient déjà atteint leurs limites biologiques.


Quel avenir pour cette consommation ?


Les enjeux de durabilité redéfinissent les efforts des industriels et des régulateurs. Pour que cette consommation puisse continuer de progresser alors que l'océan "plafonne", l'accent est mis sur l'amélioration des rendements de l'aquaculture, notamment en remplaçant la farine de poissons sauvages (utilisée pour nourrir les poissons d'élevage) par des protéines végétales ou des insectes. L'objectif est de briser le lien de dépendance entre la croissance de notre consommation et le prélèvement sur les écosystèmes marins, afin de préserver la capacité de régénération des stocks sauvages restants.