| Le Nutri-Score, nouvelle version apparue en 2024 (©DR). |
Si le Nutri-Score est devenu une boussole pour beaucoup, il n'est pas exempt de critiques. Pour la petite précision historique, il a effectivement été lancé en France en 2017 (officiellement via un arrêté en octobre 2017, avec un déploiement massif dès 2018).
Peut-on se fier "les yeux fermés" au Nutri-Score ? La réponse courte est : c'est un excellent outil de comparaison, mais ce n'est pas un certificat de santé absolu.
Voici les arguments pour comprendre les forces et les limites de ce système.
Les points forts du nutri-score : une lecture simplifiée
Le nutri-score a le mérite de rendre lisible ce que les industriels cachaient autrefois dans des tableaux nutritionnels illisibles au dos du paquet.
Comparaison au sein d'un rayon : son utilité première est de comparer deux produits de la même catégorie. Entre deux paquets de céréales ou deux pizzas surgelées, il permet de choisir instantanément la moins pire pour la santé.
Algorithme basé sur la science : le score calcule les nutriments à favoriser (fibres, protéines, fruits et légumes) contre ceux à limiter (calories, acides gras saturés, sucres, sel).
Pression sur les industriels : depuis 2018, de nombreuses marques ont modifié leurs recettes (moins de sel ou de sucre) pour éviter une note "D" ou "E" trop stigmatisante.
Les limites : ce que le nutri-score ne voit pas
C'est ici qu'il ne faut pas le suivre aveuglément. Le score a des "angles morts" importants :
L'ultra-transformation : un produit peut être classé A (par exemple, un soda "Light") car il n'a ni sucre ni gras, mais contenir une liste interminable d'additifs, d'édulcorants et de colorants dont l'impact sur la santé est discuté.
La portion réelle : le calcul est fait pour 100g ou 100ml. Or, on consomme rarement 100g d'huile d'olive (classée B ou C selon les versions) ou seulement 100g de pizza. Cela peut parfois donner une fausse impression de "sécurité" pour des produits qu'on mange en grandes quantités.
La qualité des nutriments : il ne fait pas la différence entre des sucres naturellement présents dans le fruit et des sucres ajoutés, ou entre de "bonnes" graisses (oméga-3) et des graisses moins intéressantes
La mise à jour de 2024 vers uen virage plus strict
Conscients de ces critiques, les experts ont durci l'algorithme en 2024.
Le sucre et le sel sont désormais plus sévèrement pénalisés.
La viande rouge est davantage distinguée de la volaille.
Les boissons à base d'édulcorants ont vu leur note chuter (souvent de B à C).
Le bilan : comment l'utiliser ?
Il ne faut pas chercher à manger "uniquement du A", mais plutôt utiliser le Nutri-Score comme une alerte.
Produit A ou B : on peut consommer régulièrement.
Produit D ou E : à consommer de façon occasionnelle.
Le conseil d'expert : regardez toujours la liste des ingrédients. Si elle est plus longue qu'un poème et contient des noms que vous ne pouvez pas prononcer, même un "A" doit être consommé avec modération.
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