Le sujet inspire les dessinateurs (©Vincent Rif).
L'enquête publiée le mois dernier par l'association UFC Que choisir a jeté un nouvel éclairage sur la présence du cadmium dans notre alimentation quotidienne, révélant que ce métal lourd, classé cancérogène par le CIRC, s'est infiltré de manière préoccupante dans des aliments de consommation courante.
Qu'est-ce que le cadmium ?
Contrairement au mercure qui se concentre dans les mers, le cadmium est un polluant du sol, issu des rejets industriels mais aussi et surtout de l'utilisation prolongée d'engrais phosphatés en agriculture. Les plantes absorbent ce métal par leurs racines, le stockant ensuite dans leurs tissus, ce qui explique sa présence systématique dans les céréales, les tubercules et certaines fèves.
Le chocolat noir montré du doigt
Le chocolat noir est devenu l'un des points focaux de cette enquête. Le cacaoyer a une propension naturelle à absorber le cadmium présent dans le sol, particulièrement dans les régions volcaniques d'Amérique latine. L'étude montre que plus la teneur en cacao est élevée, plus la concentration en cadmium risque d'être importante. Si le chocolat noir reste une source exceptionnelle d'antioxydants, les experts recommandent désormais une consommation plus diversifiée des origines de cacao et une modération pour les amateurs de tablettes à très haut pourcentage, afin de limiter l'exposition cumulative.
Mais, il n'est pas tout seul à être montré du doigt !
Le secteur des produits céréaliers, notamment le pain et les biscuits, est également sous surveillance accrue. Le blé, base de notre alimentation, capte facilement le cadmium du sol. L'enquête souligne un paradoxe nutritionnel : les produits complets ou intégraux, bien que plus riches en fibres et en minéraux essentiels, contiennent souvent des doses de cadmium supérieures aux produits raffinés, car le métal se concentre dans l'enveloppe du grain. Pour les biscuits industriels, l'accumulation de graisses végétales, de sucres et de farines peu tracées peut multiplier les sources d'exposition, incitant les industriels à revoir leurs critères de sélection des matières premières.
Recommandations officielles : diversifier les origines
Face à ces constats, les recommandations de santé publique insistent sur la diversification alimentaire comme principal levier de protection. Le cadmium étant un poison cumulatif qui stagne dans l'organisme (notamment dans les reins) pendant plusieurs décennies, il ne s'agit pas d'exclure un aliment en particulier, mais d'éviter la surexposition à une source unique. Les autorités encouragent désormais une rotation des types de céréales et une vigilance accrue pour les populations sensibles, tout en poussant les filières agricoles vers des engrais plus propres et des techniques de culture limitant le transfert des métaux lourds vers les plantes comestibles.
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