samedi 15 mars 2025

Hexane : un produit pétrolier dans nos assiettes !

L'hexane se trouve assurément dans les huiles végétales (©DR).

Le sujet de la présence d'hexane dans certains produits alimentaires (huiles, entre autres) est né en 2024 et depuis, ne cesse d'alimenter un débat entre son exclusion de l'industrie et la baisse des taux acceptables. A savoir : l'utilisation de l'hexane pour la production d'huiles végétales - tournesol, colza ou encore soja - fait passé le rendement de 80 à… 98% ! Autant dire que les industriels n'ont guère envie de se voir interdire son usage…


L'hexane dans nos assiettes : la genèse et enjeux d'une contamination invisible


L'éveil des consciences sur l'extraction chimique (2024)

Le débat sur la présence de solvants pétrochimiques dans l'industrie agroalimentaire a pris une ampleur inédite à partir de 2024, année marquant le début d'une remise en question systémique des procédés de transformation. Bien que l'hexane soit utilisé depuis des décennies pour l'extraction des huiles végétales, c'est à cette période que la convergence entre les alertes scientifiques et les enquêtes journalistiques - comme celle de Guillaume Coudra et son enquête "De l'essence dans nos assiettes"- a brisé le silence entourant cette pratique.

L'opinion publique a alors découvert que la quasi-totalité des huiles de grande consommation, ainsi que les tourteaux destinés à l'élevage, résultent d'un processus de "lessivage" chimique plutôt que d'une simple pression mécanique.


Le rôle des lanceurs d'alerte et la révélation des procédés

L'année 2025 a constitué le véritable point de bascule grâce à la publication de travaux d'investigation majeurs, notamment ceux du journaliste Guillaume Coudray. Son enquête a mis en lumière l'omniprésence de ce neurotoxique, utilisé pour maximiser les rendements industriels en extrayant jusqu'à la dernière goutte de matière grasse des graines. En parallèle, l'implication d'organisations environnementales comme Greenpeace a permis de vulgariser des données techniques complexes, révélant que des résidus d'hexane persistent dans des produits du quotidien tels que les margarines, les plats préparés et même certaines préparations pour nourrissons.


Les défis sanitaires et la nécessité d'une transition réglementaire 


Aujourd'hui, le cœur du sujet repose sur l'incapacité des normes actuelles à protéger durablement les consommateurs face à une exposition chronique. Alors que l'hexane est reconnu pour sa toxicité sur le système nerveux*, les seuils de tolérance sont de plus en plus contestés par les toxicologues qui pointent du doigt un effet cocktail méconnu. Le défi pour les années à venir réside désormais dans la capacité du législateur à imposer une transparence totale sur les modes d'extraction et à soutenir les filières de pression mécanique, afin de privilégier la sécurité sanitaire sur la rentabilité purement industrielle.


(*) L'hexane n'est par cancérogène, mais peu provoquer de sérieux problèmes neurologiques comme Parkinson et autres polynévrites périphériques.L(Anses recommande même aux femmes enceintes de consommer des produits qui en contiendraient comme les huiles végétales, le beurre, le lait, les préparations pour nourrissons et la volaille…

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