dimanche 17 août 2025

PFAS : petit tour d'horizon sur le sujet en cette année 2025

Un nouveau sujet d'inquiétude : les PFAS (©DR).



Les PFAS (substances perfluorées et polyfluorées), souvent surnommés "polluants éternels" en raison de leur extrême résistance dans l'environnement, sont au cœur des préoccupations sanitaires actuelles. Aujourd'hui, la surveillance s'est intensifiée et les connaissances sur leur présence dans nos assiettes sont devenues beaucoup plus précises.


En France, le sujet des PFAS prend une nouvelle ampleur - après sa découverte en 2002 - en 2022, dix ans plus tard, quand le sujet a basculé d'une "alerte environnementale lointaine" à un "problème de santé publique nationale" affectant l'eau du robinet et l'alimentation des Français. Trois ans plus tard, quel est l'état de la connaissance sur le sujet ?

 

Comment les PFAS arrivent-ils dans nos assiettes ?


L'alimentation est considérée comme la principale source d'exposition humaine aux PFAS (en dehors des zones de pollution industrielle spécifique de l'eau). Ils contaminent nos repas par trois voies majeures :

  • La chaîne alimentaire : les PFAS s'accumulent dans les sols et l'eau, puis sont absorbés par les végétaux et les animaux. Ils ne se dégradent pas et remontent la chaîne jusqu'à nous.

  • Les emballages alimentaires : historiquement utilisés pour leurs propriétés oléophobes (anti-gras) et hydrophobes, ils peuvent migrer de l'emballage (papiers sulfurisés, cartons de pizza, emballages de fast-food) vers l'aliment.

  • Les ustensiles de cuisine : les revêtements antiadhésifs (type Téflon) endommagés ou chauffés à très haute température peuvent libérer des particules, bien que les normes se soient durcies.


Quels sont les aliments les plus à risque ?


Les études de surveillance (comme celles de l'EFSA en Europe) identifient régulièrement certains groupes d'aliments comme étant les plus contributeurs à l'exposition :

  1. Les produits de la mer : les poissons et crustacés (en particulier les poissons gras en haut de la chaîne comme le thon ou l'espadon) concentrent les PFAS présents dans les océans.

  2. Les œufs et la viande : notamment les abats (foie, reins) où ces substances ont tendance à se fixer chez l'animal.

  3. Les fruits et légumes : la contamination dépend ici directement de la qualité de l'eau d'irrigation et des sols locaux.

  4. L'eau de boisson : bien que ce ne soit pas un "aliment", elle reste un vecteur crucial, surtout dans certaines zones géographiques proches d'anciennes usines chimiques.


Risques pour la santé et seuils de sécurité


Aujourd'hui, la communauté scientifique s'accorde sur le fait que l'exposition chronique aux PFAS, même à faible dose, peut entraîner :

  • Une diminution de la réponse immunitaire (notamment l'efficacité des vaccins chez les enfants).

  • Des perturbations du système hormonal et métabolique (cholestérol, thyroïde).

  • Des risques accrus de certains cancers (rein, testicules).

  • Des effets sur le développement fœtal.

Le tournant réglementaire : l'Europe a drastiquement abaissé la "Dose Hebdomadaire Tolérable" (DHT) et a instauré des limites maximales pour certains PFAS dans les denrées alimentaires (œufs, poissons, viande).


Comment limiter son exposition au quotidien ?


Il est impossible d'éliminer totalement les PFAS, mais quelques réflexes permettent de réduire la charge :

  • Diversifiez votre alimentation : varier les sources de protéines et l'origine géographique des produits évite de surexposer son organisme à une source de pollution locale spécifique.

  • Renouvelez vos ustensiles : si votre poêle antiadhésive est rayée, remplacez-la. Privilégiez l'inox, la fonte ou la céramique pour vos nouveaux achats.

  • Limitez les emballages jetables : évitez de réchauffer vos aliments directement dans leurs emballages en carton ou papier traité.

  • Filtrez votre eau (si nécessaire) : les filtres à charbon actif haute performance ou l'osmose inverse sont efficaces contre certains PFAS si vous résidez dans une zone sensible.


Les Pfas et l'eau en France

En juillet 2025 - il y a moins d'un mois - le contrôle des PFAS était devenu une priorité des Agences Régionales de Santé (ARS).

  • Campagne exploratoire : suite à une instruction de la Direction Générale de la Santé, la quasi-totalité des départements français avaient déjà lancé ou terminé des campagnes de tests sur les points de captage sensibles (proximité d'usines, de zones d'activités ou d'aéroports).

  • Recherche des 20 molécules : les laboratoires agréés recherchaient systématiquement la somme des 20 PFAS réglementaires européens.



En résumé


Le sujet des PFAS n'est plus une simple hypothèse mais une réalité environnementale gérée par les autorités sanitaires françaises. La recherche actuelle se concentre sur les effets de "mélange" (l'effet cocktail de plusieurs PFAS différents) et sur l'interdiction progressive de ces substances dans tous les produits non essentiels.

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