vendredi 12 septembre 2025

Sushis : une consommation qui évolue en France

Ralentissement dans la consommation des sushis en France (©DR).


La consommation de sushis en France n'est pas fondamentalement « en berne », mais le marché traverse une mutation profonde et une phase de saturation. Après des années d'explosion, le secteur se rationalise. Nous vous proposons ci-dessous un petit décryptage de la situation.


Chronologie de la consommation de sushis en France


La France est devenue, au fil des années, le premier pays consommateur de sushis en Europe. Ce succès s'est construit en plusieurs étapes :

1998 : le virage de la démocratisation. C'est l'année de la création d'enseignes pionnières comme Sushi Shop et Planet Sushi. Le sushi sort des restaurants traditionnels confidentiels (et très chers) pour devenir un produit urbain, branché et livré à domicile.

Années 2010 : l'âge d'or et le pic de croissance. Le sushi explose partout en France. Les "California rolls" (création occidentale) séduisent massivement les Français. Le marché s'industrialise.

Vers 2015 : l'arrivée dans la grande distribution. Le modèle change avec l'apparition massive des "corners" ou kiosques de sushis frais préparés sous les yeux des clients dans les hypermarchés (comme Sushi Daily). Le sushi devient un produit de grande consommation.

2022-2025 : saturation, crises et restructuration. Le nombre de points de vente stagne (autour de 7 000 en France). On assiste à des faillites ou rachats de chaînes historiques (liquidation de Planet Sushi, rachat de Matsuri), tandis que les acteurs restants doivent se réinventer.


Pourquoi la consommation stagne-t-elle ou change-t-elle ?


Si vous avez l'impression que le soufflet est retombé, c'est parce que les habitudes d'achat ont changé pour plusieurs raisons :

L'impact de l'inflation et le coût du panier moyen : le sushi reste une restauration rapide chère (souvent plus de 25 € en livraison). Avec la baisse du pouvoir d'achat, les consommateurs arbitrages au profit de produits plus abordables (comme les burgers ou les kebabs premium).

La lassitude et la concurrence des "Bowls" : les consommateurs se sont un peu lassés du maki traditionnel. Ils se tournent massivement vers le Poke Bowl (d'origine hawaïenne mais très proche), perçu comme plus copieux, plus moderne et souvent moins cher.

Le boom du "fait maison" : on observe une forte tendance des consommateurs à acheter des kits pour préparer leurs sushis eux-mêmes à la maison, par souci d'économie et pour le côté ludique. Sur ce point, les réseaux sociaux apportent leur contribution à ce phénomène…

Les préoccupations écologiques (RSE) : l'impact environnemental du saumon d'élevage et sa réputation, la surpêche du thon rouge et la profusion d'emballages en plastique (boîtes, coupelles de sauce) freinent désormais une partie de la clientèle.

Le marché ne s'effondre pas (il pèse toujours plus d'un milliard d'euros), mais il s'est déplacé : on achète moins dans les chaînes spécialisées et plus dans les supermarchés

.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire