mercredi 9 décembre 2020

Idée reçue : l'huile d'olive est bonne pour la santé

De nombreuses qualités, mais aussi des défauts (©DR).




L’huile d’olive est la reine incontestée des cuisines méditerranéennes et la coqueluche des nutritionnistes du monde entier. Portée aux nues par le célèbre régime crétois, elle est souvent qualifiée d'huile absolue, la meilleure et la seule qu'il faudrait consommer pour protéger son cœur et prolonger sa longévité. Si ses vertus protectrices sont scientifiquement indiscutables, lui attribuer le monopole de la santé relève d'une vision diététique incomplète.


L’huile d’olive n'est pas parfaite et ne couvre pas l'ensemble des besoins essentiels de notre organisme. Pour équilibrer notre santé, une réponse beaucoup plus nuancée s'impose, mettant en lumière les manques de l'olive et la nécessité vitale d'intégrer d'autres huiles végétales alternatives dans notre quotidien.


Le profil de l'huile d'olive : une championne qui ignore les Oméga-3


Le point fort de l’huile d’olive vierge extra réside dans sa richesse exceptionnelle en acide oléique, un acide gras mono-insaturé de la famille des Oméga-9, particulièrement stable à la cuisson et neutre pour le système cardiovasculaire. Elle regorge également de polyphénols et de vitamine E, de puissants antioxydants qui luttent contre le vieillissement cellulaire. Cependant, l’huile d’olive possède une faiblesse majeure : elle est quasiment dépourvue d'acides gras essentiels polyinsaturés, et en particulier d'Oméga-3. Notre corps est incapable de synthétiser ces précieux Oméga-3, qui jouent pourtant un rôle crucial dans la fluidité sanguine, la régulation des inflammations et le bon fonctionnement de notre cerveau. Se nourrir exclusivement d’huile d’olive expose donc paradoxalement à une carence nutritionnelle majeure.


L'huile de colza et de noix, indispensables alternatives pour le cerveau


Pour combler les lacunes de l'olive, il est indispensable de se tourner vers des huiles alternatives hautement complémentaires. L'huile de colza vierge extra s'impose comme le meilleur rapport qualité-prix de la nutrition : elle présente un équilibre idéal entre les Oméga-6 et les Oméga-3, tout en contenant une bonne part d'Oméga-9. L'huile de noix, quant à elle, est un véritable élixir pour le système nerveux et cérébral grâce à sa concentration massive en Oméga-3, doublée d'un goût boisé subtil qui sublime les salades. Plus spécifiques encore, les huiles de lin, de cameline ou de chanvre constituent de formidables compléments thérapeutiques à utiliser exclusivement à cru, apportant une densité en acides gras essentiels que l'huile d'olive ne pourra jamais offrir.


La question de la cuisson et l'alternative de l'huile de coco


Un autre argument qui nuance la suprématie de l'huile d'olive concerne sa résistance à la chaleur. Bien qu'elle supporte bien les cuissons douces et moyennes à la poêle, elle commence à se dégrader et elle va perdre ses précieux antioxydants au-delà de 180° C. Pour les cuissons à haute température, les rôtissages au four ou les plats d'inspiration asiatique, d'autres graisses végétales s'avèrent plus stables. L’huile de coco vierge, bien que riche en acides gras saturés, est composée de triglycérides à chaîne moyenne qui sont rapidement brûlés par le foie pour fournir de l'énergie sans s'accumuler. Sa structure chimique lui confère une stabilité thermique exceptionnelle, ce qui en fait une excellente alternative, ponctuelle, pour la cuisson à feu vif.


La règle d'or de la santé : la synergie et la variété des huiles à table


En conclusion, déclarer que l'huile d'olive est la meilleure pour la santé est un raccourci réducteur, car la santé naît de la diversité et non de l'exclusivité. Aucune huile végétale ne contient à elle seule l'ensemble des acides gras nécessaires à l'équilibre de nos cellules. La véritable stratégie nutritionnelle consiste à faire cohabiter plusieurs bouteilles dans sa cuisine. Une excellente habitude consiste à marier les forces : utiliser l'huile d'olive pour la cuisson douce et les plats méditerranéens, adopter l'huile de colza ou de noix au quotidien pour l'assaisonnement des crudités, et s'accorder un filet d'huile de lin pour booster ses apports en Oméga-3. C'est cette synergie des terroirs végétaux qui constitue le véritable secret d'une alimentation protectrice.

jeudi 26 novembre 2020

Des industriels "charcutiers" feraient pression sur Yuka !

 Nous reproduisons ici le contenu d'un mail reçu ce jeudi 26 novembre 2020 de Yuka (l'application suivie par 11 M de Français) pour nous en faire l'échos :



" Bonjour Julien,
 
Il y a un an, Yuka, foodwatch et la Ligue contre le cancer lançaient une pétition pour exiger l’interdiction des additifs à base de nitrites et de nitrates dans l’alimentation ✊
 
Un an et plus de 220 000 signatures plus tard, Yuka fait l'objet d'une tentative d'intimidation de la part de la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) 😮 Un courrier des avocats de la FICT menace Yuka en exigeant la suppression de la pétition et la modification du système de notation sur les produits comportant les additifs E249, E250, E251 et E252.
 
Cette démarche de la FICT est d’autant plus scandaleuse qu’elle feint d’ignorer le consensus de nombreuses études scientifiques sur les risques pour la santé de ces additifs 🔴 En effet, les charcuteries sont classées cancérogènes avérées par l’OMS et chaque année, en France, jusqu‘à 4000 nouveaux cas de cancer de l’estomac ou du colon sont attribuables à la consommation de viande transformée.
 
Les additifs à base de nitrites et nitrates présentent un risque car lorsqu’on les ingère, ils peuvent entraîner la formation de composés cancérogènes dans notre estomac : des nitrosamines. Ces substances sont classées cancérogènes probables pour l’homme par le Centre international de la Recherche contre le Cancer (CIRC).
 
Face à cette situation, Yuka, foodwatch et la Ligue contre le cancer font front avec détermination et continuent à exiger l’interdiction des nitrites ajoutés dans l’alimentation ✊ "

Et nous ajoutons ICI le lien vers la signature de la pétition !

dimanche 21 juin 2020

Convention climat : les propositions citoyennes porteront-elles ?

Ce dimanche 21 juin, les membres de la Convention citoyenne pour le climat remettaient leur copie de 150 propositions à la ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, Elisabeth Borne.

Dans la veine de ce blog, nous avons voulu voir et vous montrer ce que prévoient les propositions concernant la nourriture, la lutte contre la malbouffe, l'essor du bien mangé et au-delà, toutes les questions posées au sujet du monde agricole et de son avenir, des relations avec les entreprises de l'agroalimentaire.

Voici les propositions inscrites sur ces thématiques au terme des neuf mois de travail de la Convention :


Pour une alimentation plus durable :


  • Mettre en place une prime à l'investissement pour les établissements leur permettant de s'équiper en matériel, de former les personnels, de mener des campagnes de sensibilisation afin d'atteindre les objectifs de la loi EGalim ;
  • Proposer un bonus de 10 cts par repas pour les petites cantines bio et locales (moins de 200 repas par jour) pour les aider à absorber le surcoût les 3 premières années de leur transition ;
  • Créer un "observatoire de la restauration collective" ayant pour objectif de partager les bonnes pratiques et de suivre l’atteinte des objectifs de la loi EGalim ;
  • Mettre en place un organisme de contrôle pour assurer la bonne mise en œuvre de la loi EGalim ;



  • Encourager la réflexion pour réécrire l'arrêté du 30 septembre 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis en restauration scolaire ;
  • Étendre toutes les dispositions de la loi EGalim à la restauration collective privée à partir de 2025 ;
  • Étendre la liste des produits éligibles aux 50% définis par la loi aux agriculteurs en transition vers le bio, et aux produits à faible coût environnemental ;
  • Aider à la structuration des filières afin qu’elles arrivent à faire reconnaître des produits dans des signes de qualité ;
  • Rendre les négociations tripartites plus justes pour les agriculteurs. Assurer la présence de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans les négociations, rendre la méthode obligatoire pour toutes les filières et organiser des rendez-vous réguliers à l'échelle des interprofessions, obliger à la transparence, les entreprises agroalimentaires et les centrales d’achats ;
  • Utiliser le levier de la commande publique pour valoriser les produits issus de circuits courts, locaux et à faible coût environnemental, sous la forme d’un « guide d’achat » à adresser aux acheteurs publics ;
  • Poursuivre les efforts sur la réduction du gaspillage alimentaire en restauration collective et au niveau individuel.

Pour une agriculture plus durable et faiblement émettrice de gaz à effet de serre :

  • Atteindre 50 % d'exploitations en agroécologie en 2040 ;
  • Développer l'agriculture biologique (maintenir l'aide à la conversion, restaurer l'aide au maintien de l'agriculture biologique, faire supporter le coût de certification annuelle du label par l'État) ;
  • Engrais azotés : augmenter la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) ;
  • Diminution de l’usage des pesticides avec une interdiction des produits CMR, diminution de l’usage des produits phytopharmaceutiques de 50% d’ici 2025 et interdiction des pesticides les plus dommageable pour l’environnement en 2035 ;
  • Aider à la structuration de la filière des protéagineux (augmentation de l'autonomie du cheptel animal français, 100% d'autonomie pour l'alimentation humaine en protéines végétales, accroissement de la diversification des cultures dans la PAC, mise en œuvre du Plan Protéines Végétales national) ;
  • Aider au maintien des prairies permanentes (éviter au maximum les terres nues en mettant en place un couvert végétal obligatoire, rémunérer les services rendus par les agriculteurs pour le stockage de carbone par leurs activités) ;
  • Interdire le financement d'implantation de nouveaux élevages qui ne respectent pas les conditions d'agroécologie et de faibles émissions de gaz à effet de serre, accompagner les éleveurs vers une restructuration de leurs cheptels pour améliorer la qualité de production ;
  • Réformer l'enseignement et la formation agricole : intégrer au tronc commun obligatoire l'enseignement de l'agroécologie, imposer des stages dans des exploitations qui appliquent les méthodes de l'agroécologie, ouvrir la formation continue sur les pratiques agroécologiques pour tous les agriculteurs, former les conseillers techniques aux pratiques de l'agroécologie ;
  • Relever les niveaux d’exigences des conditions de verdissement ;
  • Transformer l’attribution des aides à l’hectare de la PAC vers des aides à l’actif agricole ;
  • Mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation de l'atteinte de la performance climat du Plan Stratégique National (PSN) ;
  • Mettre en compatibilité le Plan Stratégique National (PSN)avec la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), la Stratégie Nationale pour la Biodiversité, le Plan National Santé Environnement, la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI)
  • Intégrer toutes les dispositions concernant le développement de l'agroécologie au Plan Stratégique National (PSN) ;

Pour une pêche à faible émission de gaz à effet de serre :

  • Améliorer la connaissance des stocks/déplacements de poissons pour mieux définir les quotas et éliminer la surpêche;
  • Poursuivre les efforts de limitation de la pêche dans les zones et pour les stocks fragiles, et affermir les contrôles sur l'interdiction de la pêche en eau profonde ;
  • Développer les fermes aquacoles raisonnées et respectueuses de l'environnement, afin d'éviter de pêcher les poissons dans leur milieu naturel ;
  • Protéger la capacité des océans à stocker du carbone, notamment en protégeant les baleines et les espèces marines ;
  • Diminuer les émissions de gaz à effet de serre dues à la pêche et au transport maritime en poursuivant la modernisation de la flotte de bateaux vers des systèmes de propulsion vert ;

Pour un modèle de politique commerciale d'avenir :

  • Renégocier le CETA au niveau européen pour y intégrer les objectifs climatiques de l’accord de Paris ;
  • Demander au gouvernement français de défendre une réforme politique commerciale européenne : inscrire le principe de précaution dans les accords commerciaux, inscrire le respect des engagements de l'accord de Paris comme objectifs contraignants, mettre fin aux tribunaux d'arbitrage privés, garantir la transparence et permettre le contrôle démocratique des négociations ;
  • Demander au gouvernement français de défendre des positions auprès de l'OMC : prendre en considération les accords de Paris dans les négociations commerciales, mise en place de sanctions pour les États récalcitrants, inclure les clauses environnementales dans les négociations d'accords commerciaux.

Mieux informer les consommateurs :

  • Mieux informer le consommateur en renforçant la communication autour du Plan National Nutrition Santé Climat (PNNSC) ;
  • Interdire la publicité sur les produits proscrits par le PNNS ;
  • Concevoir une nouvelle solidarité nationale alimentaire pour permettre aux ménages modestes d’avoir accès à une alimentation durable ;
  • Réformer le fonctionnement des labels en supprimant les labels privés et en mettant en place un label pour les produits issus de l’agriculture agro écologique
Mettre l'éthique au coeur de notre alimentation :
  • Informer les consommateurs du degré de transformation des produits, notamment via un étiquetage obligatoire et la mise en place d’une charte éthique agroalimentaire qui renseigne et qualifie en termes de gaz à effet de serre les auxiliaires techniques et les additifs alimentaires. Informer rapidement et manière obligatoire sur les accidents alimentaires ;
  • Interdire l'importation des produits qui sont composés d'auxiliaires technologiques proscrits par l'Union européenne ;
  • Interdire progressivement l'usage des auxiliaires de production et des additifs alimentaires sous 5 ans ;
  • Taxer les produits ultra transformés à forte empreinte carbone et faible apport nutritionnel ;
  • Mettre en place des chèques alimentaires pour les plus démunis à utiliser dans les AMAP ou pour des produits bios.

Légiférer sur le crime "d'écocide" :

  • Adopter une loi qui pénalise le crime d'écocide dans le cadre des 9 limites planétaires, et qui intègre le devoir de vigilance et le délit d'imprudence, dont la mise en œuvre est garantie par la Haute Autorité des Limites Planétaires.

Au 29 juin prochain, les représentants des citoyens de la Convention ont rendez-vous avec le chef de l'Etat.


dimanche 2 février 2020

Idée reçue : le pain fait grossir

Ne pas abuser d'un pain, de qualité. Telle est la solution (©DR).




Le pain est le pilier central de l’alimentation traditionnelle et un symbole de convivialité, mais il est devenu depuis quelques années la bête noire des régimes minceur. Accusé d’être une bombe de glucides responsable du stockage des graisses, du gonflement du ventre et de la prise de poids, il est souvent le premier aliment supprimé par les personnes qui cherchent à garder la ligne. Cette idée reçue, bien que très répandue dans la population, repose sur une vision simpliste de la nutrition qui diabolise un aliment sans en comprendre la complexité. Il est temps de rétablir la vérité en analysant la composition réelle du pain, l'importance capitale du choix de la farine, et le rôle de la quantité et des associations alimentaires sur la balance.


Le pain en lui-même n'est pas un facteur de prise de poids


Sur le plan strictement nutritionnel, le pain n'est pas un aliment intrinsèquement gras ou hypercalorique. Composé principalement de farine, d'eau, de levure ou de levain et d'une pincée de sel, il apporte des glucides complexes (l'amidon), qui constituent le carburant essentiel des muscles et du cerveau. Le pain ne contient presque aucun lipide, ce qui signifie qu'il ne fait pas grossir par sa simple présence dans l'assiette. La prise de poids survient uniquement lorsque l'apport calorique total de la journée dépasse les dépenses énergétiques du corps. Diaboliser le pain est donc une erreur métabolique : il a tout à fait sa place dans une alimentation équilibrée, car ses glucides lents permettent de fournir de l'énergie de manière prolongée à l'organisme, évitant ainsi les baisses de régime au cours de la journée.


La nature du pain et l'importance de l'indice glycémique


La véritable nuance réside dans le type de pain que l'on choisit de consommer, car toutes les baguettes ne se valent pas sur le plan métabolique. Le pain blanc classique, fabriqué à partir de farines hautement raffinées (comme la farine T55), possède un indice glycémique très élevé. Cela signifie qu'il est digéré très rapidement, provoquant un pic d'insuline brutal dans le sang, suivi d'une hypoglycémie réactionnelle qui déclenche des fringales et favorise le stockage des graisses. À l'inverse, les pains complets, les pains au seigle, au sarrasin ou les pains au levain naturel sont riches en fibres alimentaires. Ces fibres ralentissent l'assimilation des glucides, maintiennent une glycémie stable, prolongent durablement la sensation de satiété et régulent le stockage adipeux, faisant d'eux de formidables alliés pour le contrôle du poids.


Une question de quantité, d'associations et de bon sens


Au bout du compte, ce n'est presque jamais le pain en lui-même qui fait grossir, mais la quantité consommée et la manière dont on l'accompagne. Le pain s'ajoute trop souvent comme un surplus calorique au cours d'un repas qui contient déjà des féculents comme des pâtes, des pommes de terre ou du riz, créant alors un excès de glucides. De plus, le pain sert fréquemment de support à des aliments à haute densité calorique, comme du beurre généreux, du fromage triple crème, de la charcuterie ou de la pâte à tartiner. Pour consommer le pain sans culpabilité, la clé est la modération et la substitution : il suffit de choisir un pain de qualité, riche en céréales anciennes, et de l'intégrer au repas en ajustant les autres sources de féculents, afin de profiter de ses bienfaits sans perturber l'équilibre de la silhouette.

vendredi 27 décembre 2019

Idée reçue : les huiles végétales sont mauvaises pour la santé

Attention aux huiles, surtout portées à de très fortes chaleurs (©DR).


L’idée selon laquelle les huiles végétales seraient intrinsèquement nocives pour la santé s’est largement propagée ces dernières années, alimentée par des courants nutritionnels contradictoires et une méfiance grandissante envers les produits transformés. Si le bon sens pousse à lier ce danger potentiel à une simple question de quantité et d'excès calorique, la réalité scientifique montre que le problème est bien plus subtil et qualitatif.


En fait, toutes les matières grasses liquides ne se valent pas, et leur impact sur notre organisme dépend moins des calories affichées que de leur nature chimique, de leur mode d'extraction et de leur tolérance à la chaleur. Il convient de dépasser cette diabolisation globale en analysant le profil des acides gras, les dangers des huiles industrielles raffinées et les règles de cuisson au quotidien.


Le grand contresens de l'équilibre entre Oméga-6 et Oméga-3


Le premier reproche fondé fait à certaines huiles végétales ne vient pas de leur nature végétale, mais du déséquilibre flagrant qu'elles créent dans notre alimentation moderne. Des huiles très courantes comme celles de tournesol, de maïs ou de pépins de raisin sont saturées en acides gras Oméga-6. Bien que ces lipides soient essentiels à notre corps, leur consommation en excès, combinée à une carence chronique en Oméga-3 (présents dans l'huile de colza, de noix ou de lin), génère un terrain pro-inflammatoire dans l'organisme. Ce déséquilibre invisible, où les Oméga-6 l'emportent largement, favorise à long terme le développement de maladies cardiovasculaires et de troubles métaboliques, ce qui explique pourquoi une utilisation exclusive de ces huiles de friture est effectivement préjudiciable pour la santé.


Le piège industriel des huiles raffinées et hydrogénées


La véritable nocivité des huiles végétales réside souvent dans les traitements technologiques que l'industrie agroalimentaire leur fait subir. Les huiles végétales bas de gamme, vendues dans de grandes bouteilles en plastique transparent, subissent un raffinage intensif à base de solvants chimiques, de décolorants et de températures extrêmes pour neutraliser leur goût et prolonger leur conservation. Ce processus dénature profondément les lipides et détruit les précieux antioxydants naturels comme la vitamine E. Pire encore, l'hydrogénation partielle de ces huiles, utilisée pour les rendre solides dans les margarines ou les biscuits industriels, crée des acides gras trans artificiels, reconnus par la médecine comme de puissants destructeurs des artères et des perturbateurs majeurs du cholestérol.


Une question de bon sens entre extraction à froid et tolérance à la cuisson


Pour profiter des vertus incontestables des plantes, la clé réside dans le choix de la qualité et le respect des modes d'utilisation en cuisine. Les huiles végétales vierges, extraites par première pression à froid (comme l'huile d'olive de qualité, l'huile de colza ou de noix), sont de véritables élixirs protecteurs pour le système cardiovasculaire grâce à leurs acides gras mono-insaturés et leurs polyphénols. Cependant, il faut impérativement respecter leur "point de fumée", c'est-à-dire la température maximale au-delà de laquelle l'huile se dégrade et devient toxique. Réserver les huiles fragiles riches en Oméga-3 pour l'assaisonnement à cru, utiliser l'huile d'olive ou de coco pour les cuissons douces, et bannir les huiles industrielles ultra-transformées permet de transformer ces matières grasses en de formidables alliées pour la longévité.

mardi 17 décembre 2019

Andalousie : regards sur la "mer de plastiques", le prix du bio ?

Une mer de plastiques pour du… bio ?! (DR).


Cette année 2019 aura été marquée par une prise de conscience brutale concernant les coulisses de notre alimentation, notamment à travers les révélations de grands reportages sur la "mer de plastique" d'Almería en Andalousie. Ce territoire, visible depuis l'espace, incarne le paradoxe ultime d'une production biologique qui, sous couvert de respecter la santé des consommateurs européens, repose sur un modèle de production industriel particulièrement destructeur.


Le mirage de l'éthique face à l'industrialisation du label biologique


L’essor fulgurant de la demande pour les produits sains en 2019 a poussé les structures agricoles andalouses à convertir des milliers d'hectares de serres conventionnelles en exploitations certifiées biologiques. Cependant, cette transition s'est opérée sans modifier la structure productiviste d'origine, transformant le label bio en un simple outil marketing de masse. Sous ces bâches blanches qui s'étendent à perte de vue, la tomate biologique est cultivée selon des cadences infernales, déconnectée des saisons et du sol d'origine. Les certifications européennes se focalisant presque exclusivement sur l'absence de pesticides chimiques de synthèse, elles ont totalement occulté la philosophie originelle de l'agriculture biologique, qui prône le respect des cycles naturels et la biodiversité.


La face cachée du bio : l’exploitation systémique de la misère humaine


Le véritable scandale de la filière andalouse en cette année 2019 réside dans son modèle social, qui s'apparente à un dumping humanitaire intolérable au cœur de l'Union européenne. Pour maintenir des prix ultra-compétitifs sur les étals des supermarchés français ou allemands, les exploitations s'appuient massivement sur une main-d'œuvre migrante et précaire, souvent privée de papiers et de droits fondamentaux. Des milliers d'ouvriers agricoles, venus principalement d'Afrique subsaharienne et du Maroc, s'entassent dans des bidonvilles insalubres construits de palettes et de vieux plastiques de serres, sans accès à l'eau potable ni à l'électricité. Payés bien en dessous du salaire minimum légal espagnol et soumis à des températures étouffantes sous les bâches, ces travailleurs subissent le coût humain d'une alimentation bon marché, révélant la déconnexion totale entre l'éthique environnementale affichée par le label et la réalité sociale du terrain.


Le désastre écologique d'une monoculture intensive en zone aride


Sur le plan environnemental, la culture intensive de la tomate bio en Andalousie s'avère être une aberration écologique majeure qui épuise les ressources locales. La province d'Almería est l'une des régions les plus arides d'Europe, et la pression hydrique exercée par ces milliers de kilomètres carrés de serres a provoqué cette année un assèchement dramatique des nappes phréatiques, obligeant les producteurs à forer à des profondeurs historiques. De plus, ce modèle génère une pollution massive par les plastiques, dont les bâches usées finissent trop souvent abandonnées dans la nature ou se fragmentent en micro-particules qui contaminent les sols et la mer Méditerranée voisine. L'étiquette verte de la tomate masque ainsi un bilan carbone et environnemental désastreux, soulevant une profonde réflexion sur la nécessité de redéfinir les critères des labels européens pour y inclure des impératifs de souveraineté hydrique et de justice sociale.