mercredi 7 octobre 2026

Nutri-Score obligatoire : la pétition citoyenne qui secoue l'Assemblée nationale

Le nutri-score, présent depuis 2017, mais basé sur le volontariat des industriels (©DR)

 

En ce début de mois d'octobre, un cap symbolique décisif vient d'être franchi : la pétition déposée sur le site officiel de l'Assemblée nationale pour rendre le Nutri-Score obligatoire sur tous les emballages alimentaires en France a dépassé les 109 000 signatures.

Ce chiffre impressionnant traduit un ras-le-bol citoyen face à l'opacité de certains rayons de nos supermarchés, mais aussi une vraie volonté de prendre en main notre alimentation.


Pourquoi le Nutri-Score est-il devenu indispensable pour les consommateurs ?


Depuis son lancement en 2017, le logo aux 5 couleurs (du A vert au E rouge) s'est imposé comme un repère simple, visuel et scientifique. Son objectif est clair : traduire en un clin d'œil la qualité nutritionnelle globale d'un produit.

Pour les familles et les consommateurs au quotidien, son utilité n'est plus à prouver :

  • Clarté immédiate : plus besoin de déchiffrer des étiquettes microscopiques rédigées en jargon technique pour comparer deux paquets de céréales ou deux plats préparés.

  • Aide aux choix sains : il incite à privilégier les aliments riches en fibres, protéines, fruits et légumes, tout en modérant ceux trop chargés en sucres, sel ou gras saturés.

  • Transparence globale : il permet d'éviter les pièges du "marketing vert" ou des emballages trompeurs qui font passer des produits hyper-transformés pour des encas sains.


Pourquoi certains industriels refusent-ils encore de l'afficher ?


Si le Nutri-Score est plébiscité par les associations de consommateurs et les scientifiques, son application reste aujourd'hui sur la base du volontariat, en raison de la réglementation européenne actuelle. Risultat : de nombreuses marques et géants de l'agroalimentaire traînent des pieds ou boycottent ouvertement le dispositif.

Plusieurs raisons expliquent ces réticences :

  1. La peur du mauvais classement (C, D ou E) : pour beaucoup d'industriels, afficher une note rouge ou orange est perçu comme une sanction commerciale susceptible de faire baisser leurs ventes.

  2. Le durcissement récent du calcul : Récemment mis à jour pour être encore plus strict (notamment sur la présence de sucres et d'édulcorants), le Nutri-Score a vu la note de certains sodas ou céréales du petit-déjeuner se dégrader, provoquant la colère de certains fabricants.

  3. L'argument des produits d'AOP et du terroir : certains producteurs (fromages, charcuteries) estiment que le Nutri-Score ne prend pas en compte le caractère traditionnel ou peu transformé de leurs produits, souvent classés D ou E en raison de leur teneur naturelle en matières grasses ou en sel.


Une pétition pour faire bouger les lignes à la Commission européenne


En franchissant le seuil des 100 000 signatures, cette pétition citoyenne franchit une étape importante : elle attire l'attention des députés et remet le sujet de la transparence alimentaire directement à l'agenda politique de l'Assemblée nationale.

Si la France ne peut pas imposer seule l'obligation du Nutri-Score sans l'accord de l'Union européenne, cette mobilisation populaire envoie un signal puissant aux décideurs politiques français et européens : la santé publique doit prévaloir sur les intérêts commerciaux des industriels.


Et vous, vérifiez-vous le Nutri-Score au moment de faire vos courses ? Pensez-vous qu'il devrait devenir systématique dans nos rayons ? N'hésitez pas à partager votre avis en commentaire !


Cliquez sur ce lien pour trouver la pétition sur Internet !

Photo d'écran : le nombre de signature au 6 octobre ! (JF).


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire