jeudi 24 janvier 2019

Idée reçue : le chocolat noir est moins calorique que le chocolat au lait

Les chocolats, pour notre bon plaisir, avec modération (© Getty images).


Le carré de chocolat noir dégusté avec le café bénéficie d’une réputation diététique irréprochable, souvent paré des vertus de la minceur et de la bonne conscience. Dans l’esprit collectif, choisir le chocolat noir plutôt que le chocolat au lait est le réflexe absolu lorsque l’on surveille sa ligne, sous prétexte qu’il serait nettement moins calorique. Nous allons voir que la croyance populaire repose sur un raccourci gustatif simple.


Puisque le chocolat noir est plus amer et moins doux, il contient forcément moins d’énergie. Pourtant, la réalité de la biochimie alimentaire vient bousculer cette certitude avec un verdict surprenant : sur le plan strictement calorique, le chocolat noir et le chocolat au lait se situent dans un mouchoir de poche, et le noir se révèle parfois même plus énergétique.

Nous nous proposons ici de dénouer le vrai du faux en abordant la balance subtile entre le sucre et le gras, l'impact sur la satiété et la véritable nature de leurs calories.


Le paradoxe des nutriments : quand le gras remplace le sucre


L'erreur commise par le grand public est de résumer la valeur calorique d'un aliment à sa seule teneur en sucre. S'il est parfaitement exact que le chocolat au lait contient plus de sucre blanc raffiné que le chocolat noir, ce dernier se rattrape largement sur un autre nutriment beaucoup plus dense en énergie : les lipides. Le chocolat noir à forte teneur en cacao (à partir de 70% ou 80%) est fabriqué avec une quantité très importante de pâte et de beurre de cacao. Or, un gramme de graisse apporte neuf calories, tandis qu'un gramme de sucre n'en apporte que quatre. En augmentant le pourcentage de cacao, on diminue le sucre mais on augmente considérablement le gras, ce qui équilibre mathématiquement l'apport énergétique global. En moyenne, cent grammes de chocolat noir à 70% apportent environ 550 à 600 calories, soit une valeur quasi identique, et parfois supérieure, aux 530 à 550 calories du chocolat au lait.


Une différence fondamentale de composition et de qualité nutritionnelle


Si les calories sont équivalentes sur la balance, leur nature et leur impact sur la santé sont pourtant radicalement différents. Le chocolat au lait est un produit plus industriel et dilué, où le cacao est minoritaire face au sucre, à la poudre de lait et parfois à des graisses végétales de moindre qualité. À l'inverse, les calories du chocolat noir proviennent de graisses végétales nobles riches en acides stéarique et oléique, qui ont un impact neutre sur le cholestérol. De plus, la richesse du chocolat noir en solides de cacao lui confère une densité exceptionnelle en polyphénols antioxydants, en magnésium et en fer. Consommer du chocolat noir n'est donc pas une stratégie pour ingérer moins de calories, mais une démarche pour apporter des nutriments protecteurs de haute qualité à son organisme, là où le chocolat au lait apporte principalement des calories vides.


L'impact comportemental et le contrôle de la satiété


La véritable supériorité du chocolat noir dans un objectif de contrôle du poids ne relève pas de sa composition calorique, mais de son impact sur notre comportement alimentaire et notre satiété. Le chocolat au lait, par sa richesse en sucre et en lactose, possède un indice glycémique plus élevé qui stimule la sécrétion d'insuline et active les circuits de la récompense dans le cerveau, créant un effet d'addiction bien connu qui pousse à finir la tablette. Le chocolat noir, en revanche, combine l'amertume naturelle du cacao à une forte proportion de fibres et de graisses lentes à digérer. Ces caractéristiques freinent l'absorption des glucides, stabilisent la glycémie et envoient de puissants signaux de satiété au cerveau. En conclusion, le chocolat noir ne fait pas maigrir par magie et reste un aliment très calorique, mais sa puissance aromatique et sa composition biochimique permettent de se satisfaire d'un seul carré, tandis que le chocolat au lait appelle irrésistiblement au dépassement des portions.

mercredi 26 décembre 2018

Idée reçue : les biscottes sont moins caloriques que le pain

La biscotte du petit déjeuner, une vraie fausse amie ? (©DR).


L’idée selon laquelle la biscotte serait l'alternative légère et diététique par excellence pour remplacer le pain au petit-déjeuner est solidement ancrée dans les habitudes de nombreux foyers. Souvent associée aux régimes de convalescence ou aux programmes de perte de poids, la biscotte bénéficie d'une image de produit aérien, croustillant et prétendument moins calorique que la traditionnelle miche de pain. Pourtant, cette perception visuelle et sensorielle est trompeuse et cache une réalité nutritionnelle radicalement inverse.


Face à la croyance populaire, les données scientifiques sont formelles : la biscotte est en réalité beaucoup plus riche en calories que le pain blanc ou complet. Il convient de lever le voile sur ce paradoxe en analysant le phénomène de déshydratation industrielle, l'ajout d'ingrédients cachés dans la biscotte, et l'impact de ces textures sur la satiété au quotidien.


Le piège de la déshydratation et la concentration des calories


Le secret de la fausse légèreté de la biscotte réside dans son processus de fabrication, qui n'est autre qu'un double séchage thermique. Pour obtenir cette texture craquante, le boulanger industriel cuit d'abord un pain de mie qui est ensuite tranché puis grillé pour en extraire la quasi-totalité de l'eau. Or, l'eau ne contient aucune calorie mais pèse lourd sur la balance. En éliminant l'humidité, on concentre la matière sèche et, par conséquent, les nutriments et l'énergie. À poids égal, le verdict est sans appel : cent grammes de pain de campagne apportent environ deux cent cinquante calories, tandis que cent grammes de biscottes standards affichent près de quatre cents calories. La biscotte est donc un aliment à haute densité énergétique, bien plus concentré que le pain frais.


Des ingrédients industriels ajoutés pour la texture et le goût


Au-delà de la simple perte d'eau, la recette même de la biscotte la rend nutritionnellement plus riche et moins brute que celle du pain traditionnel. Alors que le pain français classique se contente de farine, d'eau, de sel et de levure, la biscotte nécessite l'adjonction de matières grasses (souvent de l'huile de palme ou de tournesol) et de sucres (sous forme de sirop de glucose ou de sucre blanc) pour obtenir son moelleux initial, sa belle couleur dorée et sa friabilité après cuisson.

Ces graisses et ces sucres ajoutés augmentent non seulement la facture calorique globale du produit, mais ils augmentent également son indice glycémique, provoquant des pics d'insuline plus brutaux qui favorisent le stockage des graisses corporelles.


Le problème des portions et l'illusion de la satiété


Si la biscotte semble moins calorique, c'est uniquement parce qu'une tranche individuelle est extrêmement légère, pesant à peine une dizaine de grammes contre une trentaine pour une vraie tranche de pain. Cependant, ce faible poids volumique se retourne rapidement contre le consommateur au niveau comportemental. Le pain, grâce à sa mie dense et son humidité, demande un effort de mastication et gonfle dans l'estomac, ce qui déclenche les signaux mécaniques de la satiété.

La biscotte, quant à elle, s'effrite instantanément en bouche et se digère très vite, offrant un pouvoir rassasiant très faible. On a donc naturellement tendance à en manger trois, quatre ou cinq pour calmer sa faim, et à y ajouter de généreuses couches de beurre ou de confiture, ce qui transforme ce prétendu produit minceur en une véritable bombe calorique matinale.

mardi 20 novembre 2018

Pesticides : des cartes à dévorer riches d'enseignements

L'association Génération futures publie ce mardi des cartes sur l'achat et l'usage des pesticides et autres perturbateurs endocriniens.



Ce matin, la presse en ligne en fait ses choux gras : l'association écologiste Générations futures révèle la répartition par départements des ventes des pesticides dans l'Hexagone.
Pour ce faire, l'association s'est basée sur les données produites par le ministère de l'Environnement et la Banque nationale de ventes des distributeurs, qui recense les déclarations annuelles des fournisseurs de pesticides en France.
Exemple de carte. Ici, des kg de pesticides déversés.

Un gros travail de traitements : plus de 770 000 lignes de données auraient été analysées pour donner ces cartes.

Parcourez les cartes ci-dessous et promena votre curseur sur les départements pour obtenir des informations (notamment les pesticides les plus répandus par département).



Ou téléchargez en pdf le dossier de presse par ce lien.

vendredi 9 novembre 2018

Que boire avec… des quenelles de brochet sauce nantua ?

Qui dit poisson dit blanc, non ? (©DR).




Les quenelles de brochet à la sauce Nantua sont l'un des plus grands chefs-d'œuvre de la gastronomie lyonnaise. Ce plat de fête et de tradition se caractérise par une double texture d'une infinie délicatesse : le moelleux aérien et soufflé de la quenelle de poisson blanc, et l'onctuosité nappante de la sauce Nantua, une sauce hautement aromatique réalisée à partir d'une béchamel ou d'une crème liée à un beurre d'écrevisses intenses. Cet équilibre entre la légèreté vaporeuse de la quenelle et la richesse crémeuse, saline et corsée de la sauce aux crustacés exige des boissons dotées d'une belle étoffe et d'une fraîcheur éclatante pour escorter le plat sans jamais saturer les papilles.


Un grand vin blanc de Bourgogne


Pour faire face à la noblesse et à la crémosité de la sauce Nantua, un grand vin blanc sec de Bourgogne issu du cépage Chardonnay est le partenaire le plus magistral qui soit. Un Meursault, un Puligny-Montrachet ou un Chassagne-Montrachet font des merveilles absolues. Ces vins déploient une matière charnue, presque grasse, avec des notes de beurre frais, de noisette grillée et de brioche chaude qui s'alignent parfaitement sur la texture de la béchamel et du beurre d'écrevisses. Parallèlement, leur immense tension minérale et leur acidité d'une grande pureté viennent trancher dans la richesse du plat, apportant une finale aérienne et digeste.


Un blanc de la Vallée du Rhône pour la carte régionale


Si vous souhaitez rester dans un registre géographique proche de Lyon tout en privilégiant la rondeur aromatique, les grands vins blancs du Nord de la Vallée du Rhône offrent une alternative somptueuse. Un Condrieu (100 % Viognier) ou un Saint-Joseph blanc (cépages Roussanne et Marsanne) apportent une réponse idéale. La Marsanne et la Roussanne développent des arômes de cire d'abeille, d'abricot et de fruits secs, avec une texture enveloppante qui caresse la délicatesse de la chair du brochet. Ces vins possèdent une opulence naturelle qui enveloppe le côté salin et puissant de l'écrevisse sans jamais se laisser dominer par la force de la sauce.


Les bulles nobles d'un Champagne Grand Cru 


Associer les quenelles soufflées à un vin effervescent de haute volée crée une expérience gastronomique mémorable, particulièrement adaptée aux repas de fêtes. Un Champagne Brut Blanc de Blancs (issu du Chardonnay) ou un Champagne ayant bénéficié d'un long vieillissement sur lies est idéal. L'effervescence fine et le dynamisme des bulles agissent comme un véritable révélateur de texture, allégeant instantanément la densité de la sauce à la crème et soulevant la quenelle. De plus, les notes légèrement toastées et grillées du champagne répondent magnifiquement aux sucs de cuisson de la croûte de la quenelle dorée au four.


Une bière artisanale de type Triple ou une Witbier


Pour les amateurs de brasserie, l'onctuosité de la sauce Nantua offre un terrain d'expression surprenant et très réussi. Une bière blonde de style Triple belge, dotée d'une texture soyeuse et de notes de céréales et d'épices douces, possède la structure nécessaire pour rivaliser avec la puissance du coulis de crustacés. Si vous préférez un accord axé sur la fraîcheur et la légèreté, une Witbier (bière blanche de blé) brassée avec des écorces d'agrumes apportera une vivacité et une pétillance fine qui viendront nettoyer le palais après chaque bouchée crémeuse, rendant l'ensemble particulièrement désaltérant.


Sans alcool : un thé Oolong de roche ou une eau infusée aux agrumes et à l'aneth


Pour une alternative sans alcool d'un grand raffinement, le monde du thé propose une solution d'une élégance rare. Un thé Oolong de roche de Chine (comme le Da Hong Pao), servi chaud, développe des notes minérales, légèrement boisées et torréfiées qui s'unissent à merveille à la richesse du beurre d'écrevisses, ses tanins souples structurant la bouche de façon très noble. Si vous cherchez une option froide et tonique pour un déjeuner estival, une eau pétillante très fraîche infusée avec des zestes de pamplemousse rose et quelques peluches d'aneth fraîche sera parfaite : l'amertume fine de l'agrume et la note anisée de l'herbe bousculeront la rondeur de la crème avec une efficacité redoutable.

samedi 13 octobre 2018

" Et maintenant, on mange quoi ? "

Derrière cette question que nombre d'entre nous se pose, il y a Christophe Brusset, déjà connu pour son autre ouvrage paru il y a trois ans, Vous êtes fous d'avaler ça !


L'auteur, ancien industriel de l'agroalimentaire, poursuit dans ce nouvel opus les dénonciations de la malbouffe et du food-business. Fort de son expérience, cet homme vous explique comment vous éviterez dorénavant les principaux pièges que les fabricants, grands surfaces et artifices du markéting vous tendent en faisant vos courses.

Carte d’identité :

Auteur : Christophe Brusset
Parution : 10 octobre 2018
Editeur : Hors collection
Pages : 304
Format : 13,70 x 22,20 cm
ISBN : 978-2 081441323
Prix : 19,00 €.

vendredi 14 septembre 2018

Que boire avec… un risotto aux filets de poulet ?

Un joli risotto de poulet aux champignons (©DR).




Le risotto aux champignons est l'une des plus belles expressions de la cuisine italienne, célébré pour sa texture onctueuse et crémeuse qui cache un riz encore légèrement ferme à cœur (al dente). Ce plat automnal ou de mi-saison tire sa puissance de l'utilisation de cèpes, de girolles ou de morilles, qui apportent des notes boisées, de sous-bois et de noisette, sublimées par le mariage du bouillon, du vin blanc, du beurre et du parmesan râpé. Ce profil aromatique riche, marqué par l'onctuosité et la saveur profonde de l'humus, réclame des boissons élégantes capables d'envelopper cette texture fondante ou de la bousculer avec fraîcheur, ainsi que des viandes nobles qui partagent ce même univers gustatif.


Quelles viandes associer avec un risotto


Pour transformer ce risotto en un plat complet d'exception, les viandes doivent être choisies pour leur noblesse et leur affinité avec les notes de sous-bois. Une poularde de Bresse rôtie au four ou des suprêmes de canette poêlés sont des choix parfaits, le fondant de la volaille de caractère épousant la crème du riz à merveille. Si vous cherchez un accord encore plus mémorable, un filet mignon de veau simplement saisi au beurre ou des noisettes de chevreuil poêlées apporteront une touche carnée d'une infinie tendreté. Le veau, par sa neutralité élégante, laisse le champ libre aux champignons, tandis que le gibier à poil crée un accord de terroir puissant et sauvage.


Les vins blancs texturés et beurrés


L'accord le plus raffiné avec un risotto aux champignons s'oriente naturellement vers un vin blanc sec, mais doté d'assez de gras et de corps pour faire face à la richesse de la crème et du parmesan. Un grand vin de Bourgogne issu du cépage Chardonnay, comme un Meursault ou un Chablis Premier Cru un peu évolué, fait des merveilles. Les notes de beurre frais, de noisette grillée et de brioche de ces vins s'harmonisent instantanément avec la texture onctueuse du riz et le goût boisé des cèpes. De plus, la tension minérale finale de ces grands blancs vient trancher la richesse du beurre, laissant le palais parfaitement net.


Un rouge évolué et soyeux pour le côté sous-bois


Si le réflexe du vin rouge s'impose à vous, il faut impérativement choisir un flacon aux tanins patinés et fondus pour ne pas se heurter à la texture crémeuse du riz. Un vin de la Vallée du Rhône comme un Châteauneuf-du-Pape ou, mieux encore, un grand vin de la Côte de Nuits en Bourgogne comme un Gevrey-Chambertin à base de Pinot Noir ayant quelques années de bouteille, sera idéal. En vieillissant, le Pinot Noir développe des arômes de feuilles mortes, d'humus, de truffe et de champignons sauvages qui entrent en fusion totale avec le plat, tandis que sa texture de velours caresse le risotto sans assécher la bouche.


Une bière artisanale de style Quad ou Dubbel


Pour les amateurs de bière, le risotto aux champignons offre un terrain d'expression fascinant si l'on ose s'aventurer vers les bières ambrées ou brunes de tradition trappiste. Une bière belge de style Dubbel ou une Achel/Chimay Brune développe des notes de fruits secs, de caramel brun et une touche de levure épicée qui répond à la sucrosité naturelle du riz Bomba ou Arborio. La pétillance naturelle de la bière et sa mousse généreuse viennent alléger la densité du parmesan et du beurre, offrant une alternative chaleureuse et très gourmande qui réchauffe les tables d'arrière-saison.


Sans alcool : un thé noir d'Assam ou un bouillon de shiitakés


Pour une alternative sans alcool sophistiquée, la boisson doit apporter de la profondeur pour dialoguer avec l'intensité des champignons. Un thé noir d'Assam d'Inde, riche en malt et en notes boisées épaisses, servi chaud, est une option magnifique qui structure la bouche grâce à ses tanins souples. Si vous cherchez un accord froid et intensément aromatique, vous pouvez servir un consommé de champignons shiitakés et de cèpes séchés, infusé à froid avec une branche de thym frais. Les bulles d'une eau gazeuse neutre ajoutées au dernier moment à ce bouillon corsé apporteront le peps nécessaire pour bousculer l'onctuosité du risotto tout en prolongeant ses arômes forestiers.

mercredi 15 août 2018

Que boire avec… des frambroises natures ou en desserts ?

(©DR).


La framboise est incontestablement l'une des stars les plus raffinées de la saison estivale. Derrière sa robe de velours se cache un fruit d'une grande complexité, qui se distingue par un parfum floral intense, une texture charnue parsemée de petits grains croquants, et surtout un équilibre magistral entre une sucrosité subtile et une acidité vive et pointue. Ce profil aromatique percutant exige des boissons capables de flatter son élégance sans se laisser submerger par son peps naturel.


Les atouts précieux de la framboise pour la santé


Sur le plan nutritionnel, la framboise est une véritable mine d'or pour l'organisme. Elle se classe parmi les fruits les plus riches en fibres, ce qui en fait une alliée exceptionnelle pour le confort digestif et la satiété, tout en affichant un apport calorique et un index glycémique particulièrement bas. Elle regorge de vitamine C et de vitamine E, deux antioxydants majeurs qui stimulent le système immunitaire et protègent les cellules de l'oxydation. Enfin, sa couleur rouge éclatant témoigne de sa richesse en anthocyanes, des pigments naturels aux vertus anti-inflammatoires reconnues pour la santé cardiovasculaire. Contrairement à la mûre sauvage, la framboise de jardin ou du commerce présente très peu de risques parasitaires, mais sa fragilité extrême impose de ne la passer sous un filet d'eau qu'au tout dernier moment, délicatement, pour ne pas gorger d'eau sa chair spongieuse.


Le champagne rosé pour l'accord de prestige avec les framboises natures


Picorer des framboises fraîches, simplement dressées dans une coupelle ou associées à une pointe de crème fouettée, est un plaisir subtil qui appelle l'effervescence pour atteindre des sommets. Un Champagne rosé ou un Crémant de Loire rosé de belle facture est le compagnon idéal. Les bulles fines et dynamiques viennent faire éclater les petits grains du fruit en bouche, tandis que l’acidité naturelle du vin s'aligne parfaitement sur celle de la baie. Les notes de groseille et de fraise des bois typiques de ces bulles rosées créent une résonance aromatique immédiate, offrant un moment de dégustation aérien et profondément festif.


Un blanc liquoreux et tendu pour une tarte


La tarte aux framboises traditionnelle associe souvent la vivacité du fruit frais ou légèrement compoté à la douceur d’une crème pâtissière et d'une pâte sablée riche en beurre. Pour escorter ce grand classique, il faut éviter les vins rouges (dont les tanins durciraient au contact du fruit) et privilégier un vin blanc liquoreux qui a du peps. Un Jurançon moelleux ou un Coteaux-du-Layon font des merveilles. La sucrosité du vin vient napper la texture biscuitée et la crème, tandis que la vive acidité du cépage (Gros Manseng ou Chenin) répond à celle de la framboise, évitant ainsi toute sensation de lourdeur en fin de bouche.


Un vin doux naturel rouge pour un entremets chocolat / framboise


L'alliance de la framboise et du chocolat noir est un accord mythique basé sur le contraste entre l'amertume puissante du cacao et l'acidité fruitée de la baie. Pour accompagner un entremets, un coulant ou un opéra revisité combinant ces deux saveurs, les vins blancs s'effacent au profit des vins doux naturels rouges. Un Banyuls, un Maury ou un Porto de style Ruby s'imposent comme des évidences. Ces vins mutés déploient des arômes complexes de fruits noirs, de cacao et de torréfaction qui fusionnent avec le chocolat, tandis que leur alcool chaleureux et leur sucre domptent le feu de la framboise pour un équilibre parfait.


Une bière de style Lambic ou Framboise


Pour sortir des sentiers battus, l'univers de la bière propose une alternative extraordinaire avec les desserts à la framboise, comme un cheesecake ou un macaron. Une authentique Framboise belge (une bière de fermentation spontanée de type Lambic dans laquelle ont macéré de vrais fruits) offre une expérience inoubliable. Très éloignée des bières industrielles sucrées, la véritable Framboise artisanale possède une acidité tranchante, presque vinaigrée, et des notes sauvages. Cette vivacité vient littéralement couper le gras de la crème ou le sucre du biscuit, réinitialisant le palais à chaque gorgée.


Sans alcool : un thé vert au jasmin ou un kéfir de fruits


Pour une alternative sans alcool qui honore la délicatesse de la framboise, deux approches très différentes sont possibles. Pour le goûter, un thé vert infusé au jasmin servi chaud ou tiède apporte des notes florales et poétiques qui s'unissent à merveille au parfum de la framboise fraîche, ses légers tanins structurant la bouche avec élégance. Si vous cherchez une option plus estivale et pétillante, un kéfir de fruits maison à la figue et au citron offre une effervescence naturelle et une acidité fine qui dynamisent le fruit sans aucun apport de sucre lourd, idéal pour conclure le repas sur une note de pure fraîcheur.