mardi 5 novembre 2024

Inflation : quand les prix explosent dans nos caddies !

L'inflation alimentaire, un sujet mondial (©DR).


Se pencher sur la réalité des chiffres de l'inflation permet de comprendre le véritable séisme qu'a connu le budget des ménages. Entre 2020 et 2024, l'inflation alimentaire a atteint des sommets historiques (avec un pic à près de 16 % au printemps 2023), redéfinissant profondément le contenu de nos assiettes. Ce sujet propose un état des lieux complet de cette hausse et de ses conséquences directes sur l'équilibre nutritionnel et les inégalités sociales.


L'explosion des prix : les produits du quotidien en première ligne


Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les produits de luxe qui ont le plus augmenté entre 2020 et 2024, mais bien les denrées de première nécessité et les matières premières agricoles de base. Poussés par l'explosion des coûts de l'énergie, des engrais, des emballages et par des tensions géopolitiques, certains rayons ont vu leurs étiquettes s'envoler de façon spectaculaire.

Le sucre a mené la danse avec des hausses frôlant ou dépassant parfois les 50 % selon les périodes. Les huiles végétales, les pâtes, la farine, le beurre et le lait ont tous subi des augmentations comprises entre 20 % et 40 %. Les produits dits « premiers prix » ou « marques de distributeurs » — vers lesquels se tournaient habituellement les ménages pour faire des économies — ont paradoxalement été ceux dont la hausse en pourcentage a été la plus violente, ne laissant aucune échappatoire budgétaire.


Manger équilibré : une équation devenue impossible à résoudre


Dans ce contexte, maintenir une alimentation saine, variée et conforme aux recommandations de santé publique (comme le Plan National Nutrition Santé) relève désormais de la performance financière. L'équilibre alimentaire repose traditionnellement sur la consommation de fruits et légumes frais, de poissons, de viandes maigres et de féculents complets. Or, ces produits frais et bruts ont été lourdement impactés par l'inflation.

Pour ne pas dépasser leur budget, une majorité de consommateurs a été contrainte d'opérer des arbitrages drastiques. On assiste à un report massif vers les calories « bon marché » mais de faible qualité nutritionnelle : féculents raffinés, produits ultra-transformés et plats préparés industriels, souvent riches en graisses saturées, en sel et en sucres cachés. La baisse de la part de produits frais dans le panier moyen rend la couverture des besoins en vitamines, minéraux et fibres beaucoup plus difficile pour le citoyen moyen.


Une pénalisation dramatique pour les populations les plus fragiles


Si la classe moyenne a dû modifier ses habitudes, les conséquences pour les populations les plus vulnérables (familles monoparentales, étudiants, retraités modestes, bénéficiaires des minima sociaux) sont d'une tout autre gravité. Pour ces ménages, l'alimentation sert de variable d'ajustement budgétaire principale, les autres dépenses (loyer, chauffage, électricité) étant totalement contraintes.

Le phénomène a provoqué une explosion de la précarité alimentaire. Les études du CREDOC et des associations caritatives montrent qu'un nombre croissant de personnes déclarent ne plus manger à leur faim ou être contraintes de sauter des repas régulièrement pour des raisons financières. De plus, la qualité des produits sacrifiés creuse un fossé sanitaire majeur : les pathologies liées à une mauvaise alimentation (obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires) touchent de manière disproportionnée les classes populaires, qui n'ont tout simplement plus les moyens d'acheter des aliments sains.


Conclusion : une fracture alimentaire et sociale durable


L'épisode inflationniste de la période 2020-2024 a agi comme un puissant révélateur et accélérateur des inégalités. Alors que le marketing agroalimentaire continue de valoriser des produits premiums (comme les gammes hyper-protéinées mentionnées plus tôt), une partie significative de la population est reléguée à une alimentation de survie. Ce décalage démontre que l'accès à une nourriture saine et équilibrée n'est plus seulement une question de choix ou d'éducation nutritionnelle, mais est redevenu un marqueur de privilege économique.


Note : lors de la lecture des articles consultés pour préparer ce sujet, nous avons été surpris de voir que la plupart des pays était concernée, des Etats-Unis à la Nouvelle-Zélande, en passant par l'Europe - on y consomme environ pour 160 € par semaine par foyer - mais aussi l'Australie, l'Inde… On l'oubli, mais il ne s'agit pas là d'un sujet franco-français…

mardi 22 octobre 2024

Œufs et cholestérol : on en est où ? On fait le point

© Kilito Chan/Getty Images.

Superaliment ou bombe à cholestérol ? Les œufs ont longtemps eu mauvaise presse ! Historiquement, les œufs ont d’abord été déconseillés aux personnes qui souffraient d’excès de cholestérol sanguin (cholestérol dit « LDL » ou « mauvais » cholestérol) et qui étaient, de ce fait, à risque accru de maladies cardiovasculaires (AVC, infarctus, artérite, angine de poitrine, etc.).



Pourquoi une opposition entre deux façons de consommer ? Dans les faits : la présence de cholestérol dans le jaune d’œuf (environ 240 mg par jaune) que l’o, accusait de contribuer au dépôt de plaques de cholestérol (athéromes) dans les vaisseaux sanguins. Où en est-on aujourd’hui, à l’heure où la grande distribution a du mal à suivre et les étals de nos supermachés à être vides !


Aujourd’hui, deux lectures des données scientifiques s’opposent. La plus ancienne que l’on a longtemps entendu qui préconisait de ne manger que deux œufs par… semaines ! Pourquoi ? Le jaune contient du cholestérol, dangereux pour le cœur. Autre son de cloches ? Plus récemment, on a entendu dire que l’on pouvait consommer des œufs jusqu’à deux par jours !

En réalité, aucune de ces visions n’a de base scientifique.



Les œufs augmentent-ils le risque de maladies cardio-vasculaires ?



Le marqueur important, c’est le taux de cholestérol dans le sang. Si les particules qui y transportent le cholestérol augmente nt dans le sang, le risque cardio-vasculaire, et notamment d’infarctus du myocarde, augmente avec elles. L’œuf est un aliment très riche en cholestérol. Mais nous ne sommes pas tous égaux et pour la moitié des gens, le cholestérol ingéré n’aura pas ou peu d’effet sur le taux de cholestérol sanguin. La nourriture qui accompagne cette consommation d’œufs compte aussi pour beaucoup dans les conséquences de notre alimentation en œufs.



Combien d’œufs par semaine ou par jour consommer ?



Il est aujourd’hui difficile de donner des chiffres. Le principal pour chacun d’entre nous étant en alimentation de nager de tout sans excès ! Ne pas hésiter à demander le conseil de son médecin généraliste qui adaptera votre alimentation à votre état général, si vous avez un taux de cholestérol important, il vous conseillera sans doute la modération. Si vous avez une bonne santé géniale, peut-être vous orientera-t-il vers une alimentation plus généreuse en ingestion d’œufs par jour ou par semaine… Une fois de plus, nous ne sommes pas tous égaux devant notre santé, selon notre sexe et notre âge. Une seule certitude, l’œuf a moins mauvaise presse qu’il y a encore quelques décennies, que les populations en consomment plus parce que moins chères que la viande… Mais le bon sens doit prévaloir, et pour cela, faîtes le point avec votre médecin avant de prendre de trop grades libertés ! A bon entendeur…

lundi 16 septembre 2024

Crise de la listériose au Danemark : dix ans déjà

La listériose, retour sur une crise sanitaire (©DR).



La crise de la listériose au Danemark en 2014 est l'un des épisodes de sécurité alimentaire les plus marquants de la décennie en Europe, principalement en raison de la source très précise de la contamination et de la vulnérabilité des victimes. Ci-dessous les points clés pour comprendre cet événement qui a déjà dix ans.


L'origine : le "Rullepølse"


La contamination provenait d'une charcuterie traditionnelle danoise appelée rullepølse (une sorte de flanchet de porc roulé aux herbes).

  • Le producteur : l'entreprise spécialisée Jørn A. Rullepølser, située à Hedehusene, près de Copenhague.

  • La bactérie : Listeria monocytogenes. Contrairement à beaucoup d'autres bactéries, la Listeria a la particularité de pouvoir se multiplier même dans des environnements réfrigérés.


Bilan humain et chronologie


Le bilan a été particulièrement lourd car la bactérie a touché des personnes déjà fragilisées.

  • Victimes : on a dénombré 41 cas confirmés, dont 17 décès (le chiffre a été revu légèrement à la hausse par rapport aux premières estimations de 15 morts comptabilisés à l'issue de la crise sanitaire).

  • Profil des patients : la majorité des victimes étaient des personnes âgées, des patients hospitalisés ou des individus dont le système immunitaire était affaibli par d'autres pathologies.

  • Période : bien que l'alerte majeure ait eu lieu durant l'été 2014, les analyses ont montré que certains cas isolés remontaient à septembre 2013.


La gestion de la crise


Le scandale a provoqué une vive polémique au Danemark sur la rapidité d'intervention des autorités sanitaires :

  • Fermeture de l'usine : dès que le lien a été établi par l'institut de veille sanitaire (Statens Serum Institut), l'usine a été fermée en août 2014 et tous les produits ont été rappelés.

  • Failles de contrôle : l'enquête a révélé que l'entreprise avait déjà eu des problèmes d'hygiène signalés lors d'inspections précédentes, ce qui a déclenché un débat national sur l'efficacité des contrôles vétérinaires et alimentaires de l'État.


En quoi est-ce un cas d'école ?


Cette crise est souvent citée pour deux raisons majeures :

  1. Le séquençage du génome (WGS) : c'est l'une des premières fois que les autorités ont utilisé massivement le séquençage complet du génome pour prouver de manière indiscutable que la souche retrouvée chez les patients était identique à celle de la machine à découper de l'usine.

  2. La "bactérie des hôpitaux" : comme le rullepølse était bon marché et facile à servir, il était présent dans les menus de nombreux hôpitaux et maisons de retraite, expliquant pourquoi le taux de mortalité a atteint près de 40% des personnes infectées.


Conséquences de cette crise


Cette affaire a conduit à un durcissement des protocoles de nettoyage industriel dans toute la Scandinavie et à une surveillance accrue des produits "prêts à consommer" qui ne subissent pas de cuisson avant ingestion.

lundi 12 août 2024

Les myrtilles : un super-aliment qui prend soin de nous !

la myrtille, un super-aliment (©DR).


La myrtille est souvent surnommée la "perle bleue" de la nutrition, et ce n'est pas pour rien. Ce petit fruit doit sa couleur profonde à des pigments appelés anthocyanines. Ce sont ces molécules qui font tout le travail de protection pour votre corps. Comment agissent-elles concrètement sur vos deux organes vitaux ?


Un "garde du corps" contre le déclin


Le cerveau est très sensible au stress oxydatif (une sorte de "rouille" des cellules). Les antioxydants de la myrtille agissent sur plusieurs fronts :

  • Amélioration de la communication : les composés de la myrtille facilitent le passage des messages entre les neurones. C'est comme si elles nettoyaient les câbles d'un réseau internet pour que l'information circule plus vite.

  • Mémoire et apprentissage : des études ont montré que la consommation de myrtilles stimule la zone du cerveau responsable de la mémoire (l'hippocampe).

  • Protection à long terme : en luttant contre l'inflammation, elles pourraient retarder le vieillissement cérébral et les troubles de la mémoire liés à l'âge.

Exemple concret : des tests ont montré que des personnes âgées ayant consommé du jus de myrtille sauvage quotidiennement réussissaient mieux des tests de rappel de liste de mots que celles qui n'en prenaient pas.


De la souplesse pour nos artères


Le cœur ne travaille jamais seul, il dépend de l'état de vos "tuyaux" (les vaisseaux sanguins).

  • Effet "anti-pression" : les anthocyanines aident les vaisseaux sanguins à se détendre. Des artères plus souples permettent au sang de circuler plus facilement, ce qui aide à maintenir une tension artérielle saine.

  • Gestion du cholestérol : les antioxydants empêchent le "mauvais" cholestérol (LDL) de s'oxyder. Un cholestérol oxydé est beaucoup plus dangereux car il a tendance à s'accrocher aux parois des artères pour former des plaques.

  • Fluidité sanguine : elles contribuent à ce que le sang soit moins "collant", réduisant ainsi le risque de formation de petits caillots.

Exemple concret : manger une tasse de myrtilles par jour (environ 150 g) est associé à une amélioration de la fonction endothéliale (la capacité de vos vaisseaux à se dilater).


Comment les consommer pour en profiter vraiment ?


Pour que ces bénéfices soient réels, voici quelques conseils pratiques :

  • La régularité plutôt que la quantité : Il vaut mieux manger une petite poignée de myrtilles tous les jours plutôt qu'un kilo une fois par mois.

  • Fraîches ou surgelées ? Bonne nouvelle : les myrtilles surgelées conservent très bien leurs antioxydants. Vous pouvez donc en profiter toute l'année dans vos yaourts ou vos céréales.

  • Attention à la cuisson : la chaleur intense peut détruire une partie des vitamines. Privilégiez les fruits crus plutôt que dans des muffins cuits à haute température.

  • Myrtilles sauvages vs cultivées : les petites myrtilles sauvages sont souvent encore plus concentrées en antioxydants que les grosses myrtilles de culture, car elles ont dû développer plus de défenses pour survivre dans la nature.


Le petit rappel "équilibre"


Même si la myrtille est exceptionnelle, elle ne remplace pas une alimentation variée. C'est l'association de ces baies avec d'autres aliments sains (comme les noix pour le cerveau ou le poisson gras pour le cœur) qui crée un véritable bouclier pour votre santé.


Note importante : ces informations ci-dessus sont basées sur des études nutritionnelles globales. Si vous suivez un traitement médical spécifique (notamment des anticoagulants), demandez toujours conseil à votre médecin.

vendredi 9 août 2024

Ces produits qui font significativement baisser votre cholestérol

© DR.

Ils auraient la capacité de réduire significativement votre taux de cholestérol. Eux, ce sont les trois produits énoncés ci-dessous à consommer sans trop de modération pour faire chuter votre cholestérol, on vous explique.


Trois aliments seraient à intégrer dans vos listes de courses pour prendre soin de votre santé cardiaque et intestinale, selon un médecin anglais. Un certain docteur Megan Rossi du King’s College de Londres, connue sur les réseaux sociaux, recommande de consommer régulièrement ces trois substances ci-dessous. Et ceci, afin de contribuer à faire baisser votre cholestérol dans votre corps, et ceci si vous avez déjà des soucis, ou de façon purement préventive.


Les haricots


Des légumes, pour commencer : les haricots, riches en fibres et en protéines végétales, ils  seraient particulièrement recommandés  afin de réduire le cholestérol. Et le médecin Rossi d’expliquer que les fibres solubles se lient au cholestérol dans le tube digestif et aident à éliminer pour partie votre problème. Il évoque une  consommation quotidienne de 130 g à 150 g de haricots capables de réduire le mauvais cholestérol (LDL) de 5 à 10 % en moyenne ! Et de recommander d’intégrer régulièrement des haricots dans son alimentation, sous forme de salades de légumineuses, de soupes de haricots et lentilles ou de plats mijotés… Autant de pistes qui pourraient  contribuer à améliorer grandement votre microbiote intestinal.


L’avoine


Une céréale, maintenant, l’avoine. Selon le docteur Rossi, celle-ci aurait largement sa

place dans nos menus. Et serait par ailleurs souvent recommandée pour réduire le mauvais

cholestérol. Une explication relativement simple pour expliquer sa présence dans cette article : cette avoine serait riche en bêta-glucanes, des fibres particulièrement solubles et qui auraient la propriété de se lier au cholestérol dans votre intestin et ces afin d’empêcher son absorption par votre organisme.


Le kiwi


Le kiwi, enfin, déjà très largement recommandé pour ses richesses en vitamine C, bien sûr.

Mais ce n’est pas le seule de ses atouts : il est aussi un véritable régulateur du transit, souvent recommandé en fin de repas le soir, avec une forte teneur en fibres. Un kiwi moyen apporterait de 2 à 3 g de fibres, celles-ci ralentiraient également l’absorption du cholestérol. On recommande d’en consommer plusieurs par jour, de trois à quatre, idéalement pendant la saison (l’été en France, pour ne pas les faire venir du bout du monde).

mardi 6 août 2024

Riz : naturellement contaminé à l'arsenic !

Tous les riz sont naturellement contaminés à l'arsenic (©DR).


Le saviez-vous ? L'arsenic est un élément chimique naturellement présent dans la croûte terrestre qui se diffuse dans les sols et les nappes phréatiques. La plante de riz présente une vulnérabilité particulière en raison de son mode de culture traditionnel qui nécessite l'inondation des champs. 


Le mécanisme de la contamination du riz par l'arsenic


L'immersion prolongée du sol favorise des réactions chimiques dans celui-ci qui libèrent l'arsenic inorganique, la forme la plus toxique de ce métalloïde, permettant ainsi aux racines du riz de l'absorber beaucoup plus facilement que les autres céréales.

Il est important de préciser que l'arsenic se concentre principalement dans les enveloppes externes du grain. Par conséquent, le riz complet ou brun affiche des taux d'arsenic généralement supérieurs à ceux du riz blanc, dont l'écorce a été polie. De plus, l'agriculture biologique ne permet pas de contourner ce problème, car elle protège des pesticides de synthèse mais ne peut influer sur la composition géologique naturelle des sols et de l'eau d'irrigation.


L'évolution de la situation sanitaire et réglementaire récente


La surveillance de cette substance s'est considérablement durcie au cours de ces dernières années. L'Union européenne a appliqué une nouvelle réglementation au printemps 2023 en abaissant les teneurs maximales d'arsenic autorisées dans le riz blanc et en renforçant les critères pour les produits dérivés comme les galettes ou les farines de riz. Cette décision ciblait en priorité la protection des nourrissons et des jeunes enfants, qui sont proportionnellement les plus exposés.

Au début de cette année, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (l'EFSA) a confirmé par un rapport scientifique que l'exposition chronique à l'arsenic inorganique via l'alimentation restait une préoccupation majeure de santé publique. L'institution a rappelé les risques de cancérogénicité à long terme pour la peau, la vessie et les poumons. Les autorités sanitaires ne préconisent pas pour autant l'arrêt de la consommation de riz, mais insistent sur la nécessité de varier les sources de féculents, en particulier pour les personnes suivant un régime strict sans gluten.


Les méthodes de préparation culinaire pour réduire les risques


Le consommateur dispose de leviers d'action simples directement dans sa cuisine pour diminuer la teneur en arsenic du riz avant sa consommation. Un premier réflexe consiste à laver le riz à grande eau courante afin d'éliminer les résidus superficiels. La méthode de cuisson traditionnelle par absorption totale est à éviter au profit d'une cuisson à grande eau, similaire à celle des pâtes, avec un ratio de six volumes d'eau pour un volume de riz, ce qui permet de rejeter une partie de l'arsenic dans l'eau d'égouttage.

Une technique encore plus performante, mise en avant par la recherche récente, consiste à précuire le riz dans de l'eau bouillante pendant cinq minutes avant de jeter cette première eau de cuisson chargée en arsenic. Il suffit ensuite de poursuivre la cuisson du riz dans une nouvelle eau propre jusqu'à absorption complète. Ce procédé permet de débarrasser le grain d'une immense partie de sa charge toxique tout en préservant au maximum ses qualités nutritionnelles et sa texture.


Les alternatives nutritionnelles pour diversifier l'alimentation


Pour réduire efficacement l'exposition globale à l'arsenic, la diversification des féculents reste la stratégie idéale. Le quinoa et le sarrasin s'imposent comme des substituts de premier choix car ils sont naturellement sans gluten, riches en protéines complètes et n'absorbent que très peu les composants du sol. Le millet constitue également une excellente option pour remplacer le riz pilaf grâce à sa texture légère et sa richesse en magnésium.

Les consommateurs peuvent également se tourner vers des céréales contenant du gluten mais riches en fibres lentes, telles que l'orge perlé ou le grand épeautre, qui se prêtent particulièrement bien à la préparation de plats crémeux similaires aux risottos. Enfin, pour une alternative encore plus légère et végétale, la semoule de chou-fleur, obtenue en mixant brièvement le légume cru avant de le sauter à la poêle, offre une illusion visuelle et texturale parfaite tout en enrichissant l'apport en vitamines.

mardi 4 juin 2024

Pesticides et eau : nouveau sujets d'angoisse des Français(es)

Les pesticides, un sujet angoissant pour la population (©Fotokostic/Shutterstock)


Votre blog "Just do eat" n'aborde pas que les sujets propres à votre assiette, il aborde aussi l'évolution des préoccupations, les tendances. La perception des risques liés aux produits phytosanitaires a profondément muté au cours des deux dernières décennies, s’installant durablement au sommet des préoccupations environnementales et sanitaires des Français. 


Une préoccupation sociétale majeure et ancrée


Les vagues successives de sondages démontrent que cette inquiétude n'est plus un phénomène marginal mais une opinion solidement partagée par la majorité de la population. Dès 2011, la publication des premières enquêtes d'envergure sur la sensibilité environnementale montrait déjà que l'usage des pesticides était jugé préoccupant par une large majorité de citoyens. Cette tendance s'est accélérée à partir de 2015, année où le Centre international de recherche sur le cancer a classé le glyphosate comme cancérogène probable, agissant comme un véritable déclencheur dans l'opinion publique.

Dans les vagues annuelles du Baromètre de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire publiées entre 2020 et 2023, près de huit Français sur dix se déclaraient systématiquement préoccupés par les conséquences de ces substances, un niveau d'anxiété collective qui égale ou dépasse désormais la peur des accidents industriels majeurs.


La santé et l'eau au cœur des crispations


L'évolution de cette peur se caractérise par un déplacement du curseur d'une sensibilité purement écologique vers une inquiétude sanitaire et domestique très concrète, alimentée par des crises d'actualité répétées. En 2019, la publication de l'enquête Eurobaromètre de la Commission européenne a mis en lumière une spécificité nationale forte : 51% des Français exprimaient une inquiétude ciblée sur les résidus de pesticides présents dans les aliments, contre une moyenne européenne de seulement 39%.

Cette angoisse a trouvé un écho puissant sur le terrain sanitaire en 2021, lorsque l'Inserm a publié une mise à jour de son expertise collective confirmant les liens présumés entre l'exposition aux pesticides et le développement de plusieurs maladies chroniques. Par la suite, les révélations médiatiques du printemps 2023 concernant la présence généralisée de résidus de métabolites de fongicides dans l'eau potable ont déplacé la menace de l'assiette vers le robinet, renforçant le sentiment d'une contamination environnementale globale et subie au quotidien.


Arbitrages économiques et clivages politiques récents


Malgré l’intensité de cette crainte, les enquêtes les plus récentes révèlent une tension inédite entre les aspirations de protection et les réalités économiques du pouvoir d'achat. Un sondage de l'Ifop mené fin 2023 révélait que si 80% des Français restaient favorables à une interdiction progressive des molécules les plus controversées, cette adhésion se heurtait au mur de l'inflation.

Les données de consommation de 2024 confirme ce paradoxe : pour la première fois, la peur des pesticides s'efface dans les actes d'achat réels, le marché des produits biologiques reculant au profit des produits d'entrée de gamme. La perception du risque est ainsi entrée dans une phase de maturité complexe, où le rejet de la chimie de synthèse se confronte directement aux réalités budgétaires de nous tous.