dimanche 2 février 2025

Alcools : les plus et les moins caloriques, toujours avec modération !

Tous les alcools ne sont pas tous aussi caloriques (©DR).

C'est une question qui est assez courante, car beaucoup savent que l'alcool est le "faux ami" des régimes : avec 7 calories par gramme d'éthanol, il est presque aussi énergétique que le gras (9 kcal/g), mais sans apporter aucun nutriment utile (on parle de "calories vides"). Mais petit mémento sur le classement de ces alcools, des moins aux plus caloriques. Ci-dessous, un tour d'horizon pour vous aider à choisir, du plus "léger" aux plus redoutables.


Le podium des moins caloriques


Ce sont généralement des alcools non transformés, sans sucre ajouté, et dont le degré alcoolique reste modéré.

  • Le cidre brut (Breton ou Normand) : c'est le champion toutes catégories. Étant peu alcoolisé (environ 4 à 5%), il contient environ 35 à 50 kcal pour 100 ml.

  • Le vin blanc sec (Muscadet, Chablis) : un vin bien "tendu" et sans sucres résiduels tourne autour de 80 kcal le verre (12 cl).

  • Le champagne ou crémant (Brut ou Extra-Brut) : les bulles ne font pas grossir, c'est le sucre ajouté (la liqueur de dosage) qui pèse. Un Champagne Extra-Brut est très raisonnable avec environ 80-90 kcal la coupe.

  • Le vin rouge (Bordeaux, Bourgogne) : comptez environ 85 à 100 kcal le verre. Il est légèrement plus calorique que le blanc sec car souvent plus riche en alcool.


La catégorie intermédiaire


  • Le Pastis (type Ricard ou Pastis 51) : un verre dose de bar (2 cl) représente environ 55 kcal. Cela semble peu, mais le piège réside dans le fait qu'on en boit souvent plusieurs car c'est très désaltérant avec l'eau.

  • La bière blonde (type Kronenbourg, Meteor) : une pression (25 cl) apporte environ 110 à 130 kcal. Le problème de la bière n'est pas tant son taux de calorie au 100 ml, mais le volume consommé (on boit plus facilement 50 cl de bière que 50 cl de vin).


Les poids lourds : les plus caloriques


Ici, on cumule un fort taux d'alcool et, souvent, beaucoup de sucre.

  • Les vins doux naturels (Muscat de Rivesaltes, Banyuls) : le sucre explose le compteur. Comptez environ 150 à 160 kcal pour un petit verre (10 cl).

  • Les spiritueux (types Cognac, Armagnac, Calvados, Vodka) : purs, ils sont très denses. Un petit verre de 4 cl contient environ 100 kcal. S'ils sont mélangés à du soda ou du jus de fruit, le cocktail grimpe facilement à 250 kcal.

  • Les liqueurs (Cointreau, Get 27, Chartreuse) : c'est le "double combo" alcool + sucre. On dépasse souvent les 300 kcal pour 100 ml.


Tableau récapitulatif pour 1 verre standard


BoissonQuantité typeCalories approx.
Cidre brut15 cl50 kcal
Vin blanc sec / Champagne12 cl85 kcal
Vin rouge12 cl95 kcal
Bière blonde25 cl120 kcal
Pastis (pur)2 cl55 kcal
Whisky / Cognac4 cl100 kcal
Vin cuit (Muscat/Porto)10 cl150 kcal

Nos conseils pour limiter l'impact



  1. L'eau est votre meilleure alliée : alternez chaque verre d'alcool avec un grand verre d'eau. Cela limite la déshydratation et réduit mécaniquement votre consommation.

  2. Attention aux mélanges : ce qui fait grimper la note, c'est souvent le diluant (jus d'orange, cola, tonic). Préférez l'eau gazeuse et un filet de citron.

  3. Privilégiez la qualité : un bon vin français ou un spiritueux de dégustation se savoure lentement, ce qui évite d'enchaîner les verres.

 

Rappel important : l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. L'alcool reste un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies, au-delà de l'aspect calorique.

jeudi 23 janvier 2025

Les atouts du thé vert

Boire du thé vert, une démarche saine (©DR).


Le thé vert est une boisson millénaire dont les vertus reposent principalement sur sa concentration exceptionnelle en catéchines, notamment l'EGCG. En fin d'article, quelques précisions sur la consommation de ce thé vert…


La présence d'EGCG dans le breuvage infusé 


Pour commencer, qu'est-ce que l'EGCG ? C'est un puissant antioxydant qui agit directement sur la protection des cellules contre le stress oxydatif, limitant ainsi les dommages causés par les radicaux libres dans l'ensemble de l'organisme. En agissant comme un bouclier naturel, il contribue à ralentir le vieillissement cellulaire et à renforcer les mécanismes de défense internes.


Bienfaits cardiovasculaires indéniables


Sur le plan cardiovasculaire, la consommation régulière de thé vert favorise une meilleure souplesse des artères et aide à réguler la fonction endothéliale. En facilitant la circulation sanguine et en aidant à maintenir un taux de cholestérol équilibré, cette infusion participe activement à la réduction des risques liés aux maladies du cœur. Son effet légèrement drainant soutient également le métabolisme, ce qui en fait un allié précieux pour l'équilibre pondéral et la gestion de la glycémie.


Un bienfait réel, relaxant


Au-delà de la santé physique, le thé vert exerce une influence notable sur les fonctions cognitives grâce à la synergie entre la caféine et la L-théanine. Cet acide aminé unique favorise un état de relaxation alerte, permettant d'améliorer la concentration et la mémoire sans l'effet d'excitation brutale souvent associé au café. Cette stimulation douce soutient la vigilance mentale tout au long de la journée tout en offrant un moment de sérénité.


Des propriétés anti-inflammatoires


Enfin, les propriétés anti-inflammatoires du thé vert s'étendent à la santé bucco-dentaire et au système immunitaire. Les polyphénols qu'il contient aident à limiter la prolifération de certaines bactéries, contribuant ainsi à une meilleure hygiène de la bouche et à une haleine plus fraîche. Intégré à une routine quotidienne, le thé vert s'impose donc comme une ressource naturelle polyvalente pour soutenir la vitalité globale du corps et de l'esprit.


Sa consommation : thé sachets ou feuilles à infuser ?


Le choix entre le sachet et les feuilles en vrac dépend de ce que vous privilégiez : la commodité ou la richesse des bienfaits. Sur le plan purement qualitatif et santé, l'infusion de feuilles entières est généralement considérée comme supérieure. En effet, les feuilles en vrac conservent mieux leurs huiles essentielles et leurs antioxydants, car elles ne sont pas broyées en fines poussières comme c'est souvent le cas dans les sachets industriels classiques.

Il faut également prendre en compte l'aspect environnemental et la pureté du produit. Certains sachets de thé, notamment ceux en nylon ou en plastique brillant, peuvent libérer des microplastiques lorsqu'ils sont plongés dans l'eau bouillante. À l'inverse, l'utilisation de feuilles en vrac avec un infuseur en inox ou une théière permet d'éviter ces résidus indésirables tout en réduisant les déchets d'emballage.

Cependant, le sachet garde un avantage indéniable pour sa rapidité et sa facilité d'utilisation au quotidien ou en déplacement. A vous de voir…

lundi 16 décembre 2024

Idée reçue : boire de l'eau fait maigrir

L'eau, indispensable pour nos organismes (©DR).




Boire de l'eau ferait maigrir ! Une affirmation que l'on retrouve dans d'innombrables méthodes de perte de poids. Cette croyance populaire repose sur l'image d'un corps qui se "nettoierait" ou d'une eau qui "brûlerait" les graisses par sa seule présence. Si l'eau est indiscutablement la seule boisson indispensable à la vie et à la santé, lui attribuer un pouvoir amincissant direct est un raccourci biologique. L'analyse de cette allégation demande une réelle nuance, car si l'eau ne fait pas maigrir en soi, elle s'avère être un levier indirect particulièrement efficace dans la gestion du poids.


Le leurre des calories négatives et de l'effet thermique


D'un point de vue purement énergétique, l'eau affiche un compteur de calories strictement égal à zéro. Boire de l'eau n'apporte donc aucune énergie à l'organisme, ce qui en fait la boisson idéale pour s'hydrater sans risquer de prendre du poids. Certains partisans du pouvoir amincissant de l'eau avancent que boire de l'eau très froide forcerait le corps à dépenser de l'énergie pour la réchauffer à la température corporelle de trente-sept degrés. Bien que ce phénomène de thermogenèse existe bel et bien, la dépense calorique qu'il engendre reste dérisoire et totalement insuffisante pour induire une perte de poids significative à elle seule. L'eau ne possède aucun composant actif capable de dissoudre ou de brûler les tissus adipeux stockés par le corps.


Le mécanisme de la satiété mécanique et la confusion avec la faim


Le premier effet indirect de l'eau sur la silhouette se situe au niveau de l'estomac et des signaux de satiété. Boire un grand verre d'eau avant ou pendant un repas remplit mécaniquement une partie de la cavité stomacale. Les récepteurs de tension de la paroi de l'estomac envoient alors un signal de plénitude au cerveau, ce qui peut naturellement conduire à réduire la taille des portions consommées au cours du repas. De plus, il arrive fréquemment que l'organisme confonde la sensation de soif avec celle de la faim. En s'hydratant régulièrement tout au long de la journée, on évite ces faux signaux qui poussent souvent vers des grignotages compulsifs alors que le corps réclamait simplement de l'eau.


Le remplacement des boissons sucrées, le véritable moteur de la perte de poids


L'impact le plus spectaculaire de l'eau sur le poids se mesure en réalité par ce qu'elle remplace. Dans nos modes de vie actuels, une part non négligeable des calories quotidiennes provient des boissons, qu'il s'agisse des sodas, des jus de fruits, des sirops ou des boissons alcoolisées. Choisir systématiquement l'eau à la place de ces boissons sucrées permet de créer un déficit calorique majeur sans même modifier le contenu solide de son assiette. C'est ce changement d'habitude qui désamorce l'apport massif de sucres rapides et engendre, par conséquent, une baisse de la masse grasse.


Le rôle crucial de l'hydratation dans l'activité métabolique


Enfin, une bonne hydratation est indispensable pour que le métabolisme fonctionne à son plein potentiel. Le corps humain est composé en majorité d'eau (60% ?), et la moindre déshydratation, même légère, ralentit l'ensemble des réactions chimiques cellulaires, y compris le processus de lipolyse qui permet de dégrader les graisses pour produire de l'énergie. De plus, un corps bien hydraté dispose de plus d'énergie pour accomplir une activité physique, ce qui favorise indirectement une plus grande dépense énergétique. L'eau n'est donc pas un remède miracle pour maigrir, mais elle constitue le socle indispensable sur lequel doivent reposer un rééquilibrage alimentaire et un mode de vie actif.

vendredi 22 novembre 2024

Thon : une contamination généralisée au mercure !

Une rumeur qui devient une vérité, incontournable ! (©DR).

L'enquête publiée par l'ONG Bloom le mois denrier a provoqué une onde de choc dans le secteur de l'agroalimentaire, révélant ce qu'elle qualifie de « scandale de santé publique ». Ce dossier met en lumière une contamination généralisée au mercure et dénonce une réglementation qu'elle juge taillée sur mesure pour les intérêts industriels plutôt que pour la sécurité des consommateurs. On fait le point.


L'enquête de l'ONG Bloom : le constat d'une contamination globale


Le rapport, intitulé « Du poison dans le poisson », repose sur l'analyse de 148 conserves de thon achetées dans cinq pays européens, dont la France. Les résultats sont sans appel : 100 % des boîtes testées contiennent du mercure. Plus inquiétant encore, l'ONG révèle que plus d'une boîte sur deux dépasse la teneur maximale en mercure la plus stricte fixée pour les autres espèces de poissons (soit 0,3 mg/kg). Pour le thon, une dérogation permet une limite trois fois plus élevée (1 mg/kg), un seuil que Bloom considère comme un « privilège politique » accordé au lobby thonier, alors que la toxicité du mercure ne dépend pas du poisson qui le contient.


Le mercure, un neurotoxique persistant


Le thon se situe au sommet de la chaîne alimentaire marine, ce qui signifie qu'il accumule le mercure présent dans les océans (issu notamment des activités industrielles) par le biais d'un processus de bio-accumulation. Le méthylmercure, sa forme la plus toxique, est un puissant neurotoxique capable de franchir la barrière hémato-encéphalique et placentaire. Une consommation régulière, même à des doses jugées conformes aux normes actuelles, présente des risques pour le développement cérébral des fœtus et des jeunes enfants, ainsi que pour les systèmes nerveux et immunitaire des adultes.


Les alternatives : diversifier pour se protéger


Pour réduire l'exposition au mercure tout en conservant les bénéfices des produits de la mer (comme les oméga-3), la meilleure stratégie est de privilégier les poissons situés plus bas dans la chaîne alimentaire (exemple avec les sardines). Les petits poissons gras comme les sardines, le maquereau et le hareng sont d'excellentes alternatives. Ils sont beaucoup moins contaminés car leur cycle de vie est plus court et leur régime alimentaire plus simple. En plus d'être plus sains, ils sont souvent plus riches en nutriments essentiels et leur pêche a généralement un impact environnemental moins lourd que celle du thon rouge ou de l'albacore.


Vers de nouveaux horizons culinaires


Au-delà des poissons alternatifs, de nombreuses options végétales permettent aujourd'hui de remplacer le thon dans les préparations classiques comme les sandwichs ou les salades. Le "vuna" (alternative à base de protéines végétales) ou les préparations maison à base de pois chiches écrasés, d'algues séchées (pour le goût marin) et de câpres rencontrent un succès croissant. Ces alternatives offrent une sécurité sanitaire totale vis-à-vis des métaux lourds tout en répondant aux enjeux de sur-pêche qui menacent les stocks mondiaux de thonidés.


Note importante : Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas les conseils de santé publique officiels. Il est recommandé aux femmes enceintes et aux jeunes enfants d'être particulièrement vigilants sur leur consommation de poissons prédateurs.

mardi 5 novembre 2024

Inflation : quand les prix explosent dans nos caddies !

L'inflation alimentaire, un sujet mondial (©DR).


Se pencher sur la réalité des chiffres de l'inflation permet de comprendre le véritable séisme qu'a connu le budget des ménages. Entre 2020 et 2024, l'inflation alimentaire a atteint des sommets historiques (avec un pic à près de 16 % au printemps 2023), redéfinissant profondément le contenu de nos assiettes. Ce sujet propose un état des lieux complet de cette hausse et de ses conséquences directes sur l'équilibre nutritionnel et les inégalités sociales.


L'explosion des prix : les produits du quotidien en première ligne


Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les produits de luxe qui ont le plus augmenté entre 2020 et 2024, mais bien les denrées de première nécessité et les matières premières agricoles de base. Poussés par l'explosion des coûts de l'énergie, des engrais, des emballages et par des tensions géopolitiques, certains rayons ont vu leurs étiquettes s'envoler de façon spectaculaire.

Le sucre a mené la danse avec des hausses frôlant ou dépassant parfois les 50 % selon les périodes. Les huiles végétales, les pâtes, la farine, le beurre et le lait ont tous subi des augmentations comprises entre 20 % et 40 %. Les produits dits « premiers prix » ou « marques de distributeurs » — vers lesquels se tournaient habituellement les ménages pour faire des économies — ont paradoxalement été ceux dont la hausse en pourcentage a été la plus violente, ne laissant aucune échappatoire budgétaire.


Manger équilibré : une équation devenue impossible à résoudre


Dans ce contexte, maintenir une alimentation saine, variée et conforme aux recommandations de santé publique (comme le Plan National Nutrition Santé) relève désormais de la performance financière. L'équilibre alimentaire repose traditionnellement sur la consommation de fruits et légumes frais, de poissons, de viandes maigres et de féculents complets. Or, ces produits frais et bruts ont été lourdement impactés par l'inflation.

Pour ne pas dépasser leur budget, une majorité de consommateurs a été contrainte d'opérer des arbitrages drastiques. On assiste à un report massif vers les calories « bon marché » mais de faible qualité nutritionnelle : féculents raffinés, produits ultra-transformés et plats préparés industriels, souvent riches en graisses saturées, en sel et en sucres cachés. La baisse de la part de produits frais dans le panier moyen rend la couverture des besoins en vitamines, minéraux et fibres beaucoup plus difficile pour le citoyen moyen.


Une pénalisation dramatique pour les populations les plus fragiles


Si la classe moyenne a dû modifier ses habitudes, les conséquences pour les populations les plus vulnérables (familles monoparentales, étudiants, retraités modestes, bénéficiaires des minima sociaux) sont d'une tout autre gravité. Pour ces ménages, l'alimentation sert de variable d'ajustement budgétaire principale, les autres dépenses (loyer, chauffage, électricité) étant totalement contraintes.

Le phénomène a provoqué une explosion de la précarité alimentaire. Les études du CREDOC et des associations caritatives montrent qu'un nombre croissant de personnes déclarent ne plus manger à leur faim ou être contraintes de sauter des repas régulièrement pour des raisons financières. De plus, la qualité des produits sacrifiés creuse un fossé sanitaire majeur : les pathologies liées à une mauvaise alimentation (obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires) touchent de manière disproportionnée les classes populaires, qui n'ont tout simplement plus les moyens d'acheter des aliments sains.


Conclusion : une fracture alimentaire et sociale durable


L'épisode inflationniste de la période 2020-2024 a agi comme un puissant révélateur et accélérateur des inégalités. Alors que le marketing agroalimentaire continue de valoriser des produits premiums (comme les gammes hyper-protéinées mentionnées plus tôt), une partie significative de la population est reléguée à une alimentation de survie. Ce décalage démontre que l'accès à une nourriture saine et équilibrée n'est plus seulement une question de choix ou d'éducation nutritionnelle, mais est redevenu un marqueur de privilege économique.


Note : lors de la lecture des articles consultés pour préparer ce sujet, nous avons été surpris de voir que la plupart des pays était concernée, des Etats-Unis à la Nouvelle-Zélande, en passant par l'Europe - on y consomme environ pour 160 € par semaine par foyer - mais aussi l'Australie, l'Inde… On l'oubli, mais il ne s'agit pas là d'un sujet franco-français…

mardi 22 octobre 2024

Œufs et cholestérol : on en est où ? On fait le point

© Kilito Chan/Getty Images.

Superaliment ou bombe à cholestérol ? Les œufs ont longtemps eu mauvaise presse ! Historiquement, les œufs ont d’abord été déconseillés aux personnes qui souffraient d’excès de cholestérol sanguin (cholestérol dit « LDL » ou « mauvais » cholestérol) et qui étaient, de ce fait, à risque accru de maladies cardiovasculaires (AVC, infarctus, artérite, angine de poitrine, etc.).



Pourquoi une opposition entre deux façons de consommer ? Dans les faits : la présence de cholestérol dans le jaune d’œuf (environ 240 mg par jaune) que l’o, accusait de contribuer au dépôt de plaques de cholestérol (athéromes) dans les vaisseaux sanguins. Où en est-on aujourd’hui, à l’heure où la grande distribution a du mal à suivre et les étals de nos supermachés à être vides !


Aujourd’hui, deux lectures des données scientifiques s’opposent. La plus ancienne que l’on a longtemps entendu qui préconisait de ne manger que deux œufs par… semaines ! Pourquoi ? Le jaune contient du cholestérol, dangereux pour le cœur. Autre son de cloches ? Plus récemment, on a entendu dire que l’on pouvait consommer des œufs jusqu’à deux par jours !

En réalité, aucune de ces visions n’a de base scientifique.



Les œufs augmentent-ils le risque de maladies cardio-vasculaires ?



Le marqueur important, c’est le taux de cholestérol dans le sang. Si les particules qui y transportent le cholestérol augmente nt dans le sang, le risque cardio-vasculaire, et notamment d’infarctus du myocarde, augmente avec elles. L’œuf est un aliment très riche en cholestérol. Mais nous ne sommes pas tous égaux et pour la moitié des gens, le cholestérol ingéré n’aura pas ou peu d’effet sur le taux de cholestérol sanguin. La nourriture qui accompagne cette consommation d’œufs compte aussi pour beaucoup dans les conséquences de notre alimentation en œufs.



Combien d’œufs par semaine ou par jour consommer ?



Il est aujourd’hui difficile de donner des chiffres. Le principal pour chacun d’entre nous étant en alimentation de nager de tout sans excès ! Ne pas hésiter à demander le conseil de son médecin généraliste qui adaptera votre alimentation à votre état général, si vous avez un taux de cholestérol important, il vous conseillera sans doute la modération. Si vous avez une bonne santé géniale, peut-être vous orientera-t-il vers une alimentation plus généreuse en ingestion d’œufs par jour ou par semaine… Une fois de plus, nous ne sommes pas tous égaux devant notre santé, selon notre sexe et notre âge. Une seule certitude, l’œuf a moins mauvaise presse qu’il y a encore quelques décennies, que les populations en consomment plus parce que moins chères que la viande… Mais le bon sens doit prévaloir, et pour cela, faîtes le point avec votre médecin avant de prendre de trop grades libertés ! A bon entendeur…

lundi 16 septembre 2024

Crise de la listériose au Danemark : dix ans déjà

La listériose, retour sur une crise sanitaire (©DR).



La crise de la listériose au Danemark en 2014 est l'un des épisodes de sécurité alimentaire les plus marquants de la décennie en Europe, principalement en raison de la source très précise de la contamination et de la vulnérabilité des victimes. Ci-dessous les points clés pour comprendre cet événement qui a déjà dix ans.


L'origine : le "Rullepølse"


La contamination provenait d'une charcuterie traditionnelle danoise appelée rullepølse (une sorte de flanchet de porc roulé aux herbes).

  • Le producteur : l'entreprise spécialisée Jørn A. Rullepølser, située à Hedehusene, près de Copenhague.

  • La bactérie : Listeria monocytogenes. Contrairement à beaucoup d'autres bactéries, la Listeria a la particularité de pouvoir se multiplier même dans des environnements réfrigérés.


Bilan humain et chronologie


Le bilan a été particulièrement lourd car la bactérie a touché des personnes déjà fragilisées.

  • Victimes : on a dénombré 41 cas confirmés, dont 17 décès (le chiffre a été revu légèrement à la hausse par rapport aux premières estimations de 15 morts comptabilisés à l'issue de la crise sanitaire).

  • Profil des patients : la majorité des victimes étaient des personnes âgées, des patients hospitalisés ou des individus dont le système immunitaire était affaibli par d'autres pathologies.

  • Période : bien que l'alerte majeure ait eu lieu durant l'été 2014, les analyses ont montré que certains cas isolés remontaient à septembre 2013.


La gestion de la crise


Le scandale a provoqué une vive polémique au Danemark sur la rapidité d'intervention des autorités sanitaires :

  • Fermeture de l'usine : dès que le lien a été établi par l'institut de veille sanitaire (Statens Serum Institut), l'usine a été fermée en août 2014 et tous les produits ont été rappelés.

  • Failles de contrôle : l'enquête a révélé que l'entreprise avait déjà eu des problèmes d'hygiène signalés lors d'inspections précédentes, ce qui a déclenché un débat national sur l'efficacité des contrôles vétérinaires et alimentaires de l'État.


En quoi est-ce un cas d'école ?


Cette crise est souvent citée pour deux raisons majeures :

  1. Le séquençage du génome (WGS) : c'est l'une des premières fois que les autorités ont utilisé massivement le séquençage complet du génome pour prouver de manière indiscutable que la souche retrouvée chez les patients était identique à celle de la machine à découper de l'usine.

  2. La "bactérie des hôpitaux" : comme le rullepølse était bon marché et facile à servir, il était présent dans les menus de nombreux hôpitaux et maisons de retraite, expliquant pourquoi le taux de mortalité a atteint près de 40% des personnes infectées.


Conséquences de cette crise


Cette affaire a conduit à un durcissement des protocoles de nettoyage industriel dans toute la Scandinavie et à une surveillance accrue des produits "prêts à consommer" qui ne subissent pas de cuisson avant ingestion.