jeudi 3 juillet 2014

Charolais : le fromage de chèvre obtient une AOP !

Les efforts de la filière récompensés (©DR).

Ce mois de juin dernier, le petit fromage de chèvres du Charolais - connu sous le même nom - a obtenu une AOP européenne, une reconnaissance qui vient couronner les efforts de la filière. Celle-ci n'aura pas hésité à se munir d'un cahier des charges aux exigences drastiques pour obtenir cette appellation synonyme d'excellence !


Le Charolais se distingue immédiatement dans l'univers des fromages de chèvre par son profil atypique et sa générosité. Contrairement à ce que son nom évoque pour le grand public, il ne s'agit pas d'une spécialité de bœuf, mais d'un grand fromage de chèvre de garde, élaboré à partir de lait cru et entier. Originaire de Bourgogne, plus précisément du bocage charolais et brionnais, il se reconnaît à sa forme cylindrique haute et bombée, pesant entre 250 et 310 grammes, ce qui en fait l'un des plus volumineux de sa catégorie. Sa pâte blanche, fine et dense, s'enrobe au fil d'un affinage minimal de seize jours d'une croûte naturelle légèrement vermiculée, pouvant se teinter de subtiles moisissures bleutées. En bouche, le Charolais offre une palette aromatique évolutive qui passe des notes douces et lactiques de la crème fraîche à des saveurs plus complexes de sous-bois, de champignon et de foin lorsque le fromage prolonge sa maturation.


La structuration d'une filière


L'obtention de l'Appellation d'Origine Protégée en ce mois de juin couronne une histoire singulière et un engagement profond de toute une filière locale. Historiquement, l'élevage caprin s'est développé au XIXe siècle comme une activité complémentaire de l'élevage bovin traditionnel, les femmes de fermiers transformant le lait de chèvre pour assurer un revenu d'appoint et nourrir les ouvriers des villes environnantes. Victime de sa renommée croissante, le Charolais a fait face à la multiplication des imitations industrielles au début des années 2000, ce qui a poussé les artisans locaux à s'unir pour structurer la filière. Le passage de l'AOC nationale obtenue en 2010 à la consécration de l'AOP européenne en cette année 2014 a nécessité des efforts considérables de standardisation des pratiques traditionnelles, sans jamais renier l'identité fermière qui caractérise encore la majorité de la production.


Un texte à fortes contraintes


Cette reconnaissance européenne repose sur un cahier des charges extrêmement rigoureux, conçu par les producteurs pour sacraliser le lien entre le produit et son terroir de bocage. La zone de production est strictement délimitée autour de Charolles et s'étend sur des communes de Saône-et-Loire et des départements limitrophes de l'Allier, de la Loire et du Rhône, privilégiant les prairies permanentes. Le texte impose un élevage extensif limité à dix chèvres par hectare, nourries au foin local et obligatoirement à l'herbe fraîche au pâturage pendant au moins cent cinquante jours par an. Pour garantir l'authenticité absolue de la pâte, les traitements thermiques comme la pasteurisation sont formellement interdits, tout comme l'ensilage ou l'usage d'OGM. En figeant ces critères d'excellence, la filière a réussi à faire du Charolais un symbole de résistance artisanale, préservant une production confidentielle d'une centaine de tonnes par an contre les dérives de la standardisation de masse.

mardi 1 avril 2014

« A mon sens, le vin n'est pas un vulgaire alcool », selon J.C. Botte


A cogiter

Jean-Charles Botte, sommelier engagé. © DR.
« La loi Evin fut une chasse au sorcière où se sont engouffrés volontairement ou involontairement les sodas dont Coca-Cola. Toujours volontairement ou involontairement, l’alcool et le vin sont confondus . A mon sens le vin n’est pas un vulgaire alcool, mais un breuvage bien vivant, une nourriture. 
Notre patrimoine est la gastronomie dont fait partie le vin. Quand je vois de plus en plus d’adultes qui accompagnent le repas de sodas, mon sang se glace. 
Et je vois même de plus en plus de cuisiniers ou même dégustateurs vins qui boivent du coca à table pendant les repas du personnel puisque l'alcool est interdit.
Les temps changent, mami gâteau s' est transformé en mami coca et Mac do. Où sont nos grands mères élaborant des gaufres le mercredi après midi, où sont nos grand-pères qui nous faisaient humer en cachette eau de vie de poire ou un grand vin. Notre gastronomie et notre vin sont reconnus respectivement au patrimoine mondiale de l' unesco pour l’un et patrimoine culturel pour le second… Mais on oublie l’essentiel : l’éducation des enfants au niveau du goût. »

samedi 29 mars 2014

Le chocolat, vrai ou faux ami ?


Appétissant au simple regard © Dmitrich.




A trois semaines de Pâques - et alors que les Oufs, poules, poissons et autres friandises au chocolat se font de plus en plus présents dans les boutiques ouu en grandes surfaces - nous avons décidé de vous proposer un petit rappel sur les les « bienfaits » ou les défauts du chocolat tel que nous le consommons aujourd'hui.



Il y a sans doute plus d'adeptes du chocolat noir - de vrais amoureux - que de chocolats au lait parmi les adultes. Et l'approche des fêtes de Pâques ne feront une fois de plus pas démentir l'appétence de nous, adultes, pour ce que nous considérons comme le roi des chocolats : le chocolat noir ! Petite approche des bienfaits et défauts de cette douceur à bien des égards unique !



De réelles vertus scientifiquement prouvées



Plus récemment, des scientifiques Chinois ont démontrer que le fait de savourer du chocolat noir tous les jours aurait pour vertu de… diminuer de près de 25 % le risque de développer un cancer de la bouche ! Les chercheurs de l’Université médicale de Youjiang, dans l’Empire du Milieu, ont fait appel à plus de… 10 000 participants, dont un bon tiers était touché par le cancer de la bouche. Leurs investigations ont révélé que celles et ceux qui consommaient régulièrement du chocolat noir voyaient leur probabilité à développer un cancer de la cavité buccale sensiblement réduit. Un bénéfice qu’ils ont estimé à plus de 25% de chance en moins de développer un cancer de la bouche avec cette consommation quotidienne


Petit bémol pour relativiser le constat des chercheurs : ceux-ci ne donnent aucun indice sur les quantités consommées par leurs patientes et patients !


Mais ce n’est pas tout, d(autres études antérieures se sont déjà penchées sur les atouts du chocolat noir. Citons les recherches conduites par l’Université d’Harvard, publiée dans le British Medical Journal, qui pointait du doigt un autre bienfait inattendu du produit : une réduction de pas moins de 20 % du risque de développer un diabète de type 2 chez les consommatrices et consommateurs de ce fameux chocolat.


Ces bienfaits sont confirmés par le docteur M. Juneau, cardiologue, directeur de l'Observatoire de la prévention de l'Institut de Cardiologie de Montréal : « le cacao et ses produits dérivés, notamment le chocolat noir, représentent des sources exceptionnelles de polyphénols, une classe de molécules antioxydantes impliquées dans la prévention de plusieurs maladies chroniques majeures associées au stress oxydatif, incluant les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète de type 2 et les maladies neurodégénératives. »


Mais, petit bémol tout de même ! Pas question de substituer le chocolat noir par du chocolat au lait. Tous les experts sont catégoriques : plus transformé, ce chocolat au lait reste associé, lui, à une prise de poids évidente :! A bons entendeurs !



Des défauts qu’il ne faut pas négliger



Le chocolat, même noir, reste un aliment dont les taux de matières grasses restent élevés dont les acides gras saturés, dont il est prouvé la toxicité pour la santé.

Mais plus inquiétant encore, serait la présence de cadmium dans certains chocolats importés en occident. Le cadmium est un métal lourd toxique, en particulier pour les reins, qui pourrait s’accumuler naturellement dans les fèves de cacao utilisées pour la fabrication du chocolat. 

Cette accumulation dans les fèves varireait énormément selon l’origine géographique du cacao, les niveaux les plus faibles étant retrouvés dans celui provenant du continent africain et les plus élevés dans celui provenant… d’ Amérique latine.

Mais raserez-vous ! Les analyses menées sur une large gamme de chocolats indique que la - quasi - totalité des produits fabriqués à partir de l’une ou l’autre source géographique de chocolat renfermeraient des quantités de ce cadmium bien inférieures aux seuils de toxicité ! Nos chocolats noir ou au lait peuvent donc être consommés sans aucun risque pour notre santé. Ouf !



En guise de conclusion



Etat des lieux de la consommation de chocolat noir. Si la science n’a pas encore donné les éléments nécessaires pour trancher  la question sur les quantités idéales à consommer, un point ressort de ces études : intégrer du chocolat noir dans son alimentation quotidienne - et ceci avec modération - pourrait offrir une très probable protection contre le cancer de la bouche mais aussi le diabète de type 2 !


Bref, du chocolat, oui, mais un peu tous les jours et de qualité !