lundi 25 janvier 2016

Idée reçue : on ne devrait pas boire d'eau en mageant

On peut boire pendant les repas, voilà pourquoi (©DR).



L’habitude de poser une carafe d’eau sur la table au moment des repas est ancrée dans de nombreuses cultures, et pourtant, une théorie persistante affirme qu’il faudrait bannir le verre d’eau pendant que l’on mange. Selon les tenants de cette idée reçue, boire en mangeant perturberait gravement la digestion en refroidissant l'estomac ou en diluant les précieux sucs gastriques nécessaires à la décomposition des aliments. Face à cette inquiétude populaire qui pousse certains à s'imposer une abstinence hydrique stricte pendant le déjeuner ou le dîner, la physiologie moderne apporte un éclairage rassurant. Il est temps de démystifier cette allégation en analysant comment l'estomac gère réellement les liquides, les véritables bénéfices de l'eau pendant le repas, et les rares cas où la modération s'impose.


Le mythe de la dilution des sucs gastriques face à la réalité biologique


L'argument principal contre la consommation d'eau à table repose sur la prétendue dilution de l'acide chlorhydrique présent dans l'estomac, ce qui rendrait la digestion plus lente et laborieuse. La médecine montre que cette crainte est infondée, car le système digestif humain est une machine d'une incroyable adaptabilité. L'estomac produit des sucs gastriques en continu et réajuste instantanément leur acidité et leur quantité en fonction du volume et de la nature des aliments ingérés. De plus, l'eau consommée ne stagne pas dans l'estomac : elle passe très rapidement à travers la poche stomacale, en glissant le long d'un canal interne pour rejoindre l'intestin grêle en une dizaine de minutes, sans perturber le travail de brassage des solides qui, lui, dure plusieurs heures.


Les bienfaits insoupçonnés de l'eau pour accompagner le bol alimentaire


Loin de bloquer la digestion, boire de l'eau en quantité raisonnable pendant un repas s'avère en réalité être une aide précieuse pour l'organisme. L'eau joue un rôle de lubrifiant indispensable dès la mastication, en aidant la salive à ramollir les aliments solides et en facilitant leur descente le long de l'œsophage. Une fois dans l'estomac, ce liquide participe à la décomposition mécanique de la nourriture en permettant aux enzymes digestives de circuler plus librement pour atteindre les nutriments. Enfin, une bonne hydratation pendant le repas est le meilleur rempart contre la constipation, car elle garantit que les fibres alimentaires contenues dans l'assiette s'imbibent correctement, assurant ainsi un transit intestinal fluide et sans inconfort.


Une question de mesure et de profils digestifs spécifiques


S'il est scientifiquement sain de boire en mangeant, tout est une question de bon sens et de quantité, car l'excès de liquide peut effectivement provoquer de menus désagréments. Boire de trop grandes quantités d'eau, en particulier des eaux gazeuses ou glacées, peut distendre l'estomac de manière excessive, entraînant des ballonnements, des aérophagies ou une sensation de lourdeur inconfortable. Par ailleurs, les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien chronique ou d'une hernie hiatale doivent être plus vigilantes : un estomac trop rempli de liquide augmente la pression interne et peut favoriser la remontée des acides vers la gorge. Pour la grande majorité de la population, la règle d'or reste simplement d'écouter sa soif et de boire par petites gorgées tout au long du repas.

lundi 28 décembre 2015

L'abus de soda serait propice au développement de… cirrhoses !

Sodas = risque de cirrhoses ! (DR).


On sait maintenant que l'abus de boissons sucrées - les fameux sodas - représente un facteur de risque majeur dans le développement d'une maladie du foie qui, à son stade terminal, peut bel et bien se transformer en… cirrhose. Ce petit article pour vous présenter les tenants et aboutissants de ce sujet qui mérite d'être abordé !


Sodas et maladie du foie gras


Derrière l'expression "maladie du soda", popularisée auprès du grand public au milieu des années 2010, se cache une réalité médicale bien précise. Lorsque l'on consomme du sucre en excès, et particulièrement le fructose massivement présent dans les sodas sous forme de sirop de maïs, le foie est le seul organe capable de le traiter. Débordé par cet afflux constant, il transforme ce sucre en graisses qu'il commence à stocker directement dans ses propres cellules. C'est ce que la médecine appelle la stéatose hépatique non alcoolique, ou plus familièrement la maladie du foie gras.

Le véritable danger survient lorsque ce stockage de graisse devient trop important et déclenche une réaction de défense de l'organisme. Le foie s'enflamme, les cellules hépatiques commencent à se détruire et le corps tente de réparer les dégâts en créant des tissus cicatriciels rigides, un phénomène appelé fibrose. Si l'on ne change pas radicalement ses habitudes alimentaires, cette accumulation de cicatrices gagne du terrain au fil des années. Le foie finit par se rigidifier totalement et perd ses fonctions vitales, ce qui correspond exactement à la définition d'une cirrhose, avec les mêmes complications graves qu'une cirrhose liée à l'alcool.


Le grand défi de santé publique de l'année 2015


L'année 2015 marque un véritable tournant dans la prise de conscience collective et médicale autour des ravages du sucre sur la santé humaine. Alors que les campagnes de prévention s'étaient historiquement focalisées sur les risques cardiovasculaires et le diabète, la communauté scientifique internationale commence à tirer la sonnette d'alarme sur une épidémie silencieuse qui frappe un organe inattendu : le foie. C'est à cette période que l'expression « maladie du soda » s'impose dans les médias pour désigner la stéatohépatite non alcoolique, un jargon médical jusque-là confiné aux cabinets des spécialistes. Les journaux multiplient les enquêtes pour expliquer comment des personnes n'ayant jamais bu une goutte d'alcool de leur vie se retrouvent avec un foie totalement détruit, semblable à celui d'un alcoolique chronique au stade terminal.


Un sujet documenté par des études épidémilogoques alarmantes


Cette soudaine mise en lumière médiatique en 2015 s'appuie sur la publication d'études épidémiologiques alarmantes qui bousculent les priorités des autorités sanitaires. Les chercheurs démontrent que la progression de cette pathologie suit précisément la courbe de l'obésité et de la consommation de boissons ultra-sucrées à travers le monde. Les scientifiques pointent du doigt la responsabilité de l'industrie agroalimentaire, en particulier l'usage systématique du sirop de maïs à haute teneur en fructose dans les boissons gazeuses. Le constat est d'autant plus inquiétant que la maladie est totalement asymptomatique durant ses premières phases, avançant masquée pendant des décennies avant de se déclarer sous forme de cirrhose ou de cancer.


Vers une réglementation contraignante ?


Face à cette menace grandissante, l'année 2015 devient le point de départ d'une contre-offensive politique et fiscale à l'échelle mondiale. Plusieurs pays et grandes métropoles s'inspirent des rapports de cette année-là pour imaginer les premières réglementations contraignantes, comme la mise en place de taxes spécifiques sur les boissons sucrées visant à inciter les industriels à revoir leurs recettes. Les médecins généralistes commencent à intégrer le dépistage du foie gras dans le suivi de routine des patients souffrant de surpoids ou de syndrome métabolique. En vulgarisant la science derrière le métabolisme du fructose, l'année 2015 aura réussi à transformer une simple canette de soda d'un plaisir innocent en un enjeu majeur de sécurité sanitaire mondiale.

Pour approfondir les mécanismes de cette pathologie et comprendre comment la graisse s'accumule dans l'organe, ce Podcast sur la maladie du foie gras détaille de manière très accessible l'évolution des lésions hépatiques de la stéatose simple jusqu'au stade de la cirrhose.

lundi 30 novembre 2015

Nouvelle parution de la revue WE DEMAIN : le N°12 en kiosque


Voici quelques jours que le nouveau numéro du trimestriel We Demain – 12e du nom - est paru. Nous l’avons lu pour vous, voici ce qui peut vous intéresser sur l'alimentation et les tendances actuelles sur le sujet.

L’Arche du Goût au secours des produits menacés de la planète : «  Les « Sentinelles du goût » de cette arche de Noé gastronomique lancée par le mouvement Slow Food ont déjà recensé 2 647 espèces animales et végétales dont la consommation a façonné les cultures locales. En France, elle en abrite 83. »

Le supermarché des producteurs locaux qui cartonne : « Chez talents de fermes, on achète ses légumes et sa viande en vente directe. »

Et bien d’autres sujets prospectifs qui donnent à réfléchir sur l’avenir de nos sociétés modernes…

En kiosque au prix de 12,00 € (dec-janv-fev)
Le site de la revue : We Demain




vendredi 20 novembre 2015

Idée reçue : le persil est très riche en vitamine C

Persils plat et frisé (©DR).




La réputation du persil comme simple élément de décoration dans nos assiettes masque une réalité nutritionnelle bien plus surprenante : cette herbe aromatique est un véritable trésor de bienfaits, souvent qualifiée de super-aliment par les spécialistes. Parmi les nombreuses vertus qui lui sont prêtées, l'allégation selon laquelle le persil serait exceptionnellement riche en vitamine C revient régulièrement dans les discussions sur la santé naturelle. Loin d'être un mythe à la manière des épinards de Popeye, cette affirmation repose sur des données scientifiques indiscutables qui bousculent nos idées reçues sur les champions de la vitalité. Il convient de valider cette réalité en analysant la concentration réelle de vitamine C dans le persil, de la comparer aux agrumes traditionnels, et de comprendre comment le consommer intelligemment pour en tirer le meilleur parti.


Une concentration scientifique exceptionnelle qui détrône les agrumes


Contre toute attente, le persil n'est pas seulement riche en vitamine C, il en est littéralement gorgé, affichant des taux qui laissent les reines de nos étals hivernaux loin derrière lui. Les analyses nutritionnelles révèlent que 100 g de persil frais contiennent entre 130 et 190 mg de vitamine C, avec des variations selon qu'il s'agit de persil frisé ou de persil plat. À titre de comparaison, l'orange et le citron, traditionnellement plébiscités pour faire le plein d'énergie, n'en contiennent qu'environ 50 mg pour la même portion. Le persil se positionne ainsi sur le podium des aliments terrestres les plus denses en acide ascorbique, une seule cuillère à soupe de cette herbe ciselée permettant de couvrir une part non négligeable de nos apports journaliers recommandés.


Le piège des portions : de la théorie à la pratique dans l'assiette


Si la supériorité mathématique du persil sur l'orange est incontestable, il est nécessaire de tempérer cette réalité par un principe de bon sens lié à nos habitudes de consommation. S'il est extrêmement facile et courant de manger une orange entière de 150 g au petit-déjeuner, il est en revanche beaucoup plus rare, voire impossible, de consommer 100 g de persil frais au cours d'un repas. Le persil est principalement utilisé comme condiment, parsemé à petites doses pour parfumer un plat ou une vinaigrette. Par conséquent, la quantité réelle de vitamine C que nous ingérons à travers une simple pincée de persil reste modeste au quotidien, ce qui en fait un excellent complément de vitalité, mais pas une source unique de substitution aux fruits et légumes de saison.


Les règles d’or pour préserver cette vitamine fragile au quotidien


Pour bénéficier réellement de la richesse en vitamine C du persil, il faut impérativement respecter sa grande fragilité face aux agressions extérieures. La vitamine C est la plus sensible de toutes les vitamines : elle est hydrosoluble, redoute la chaleur, s'altère à la lumière et s'oxyde instantanément au contact de l'air. Ainsi, cuire le persil dans un bouillon ou le laisser flétrir de longs jours au réfrigérateur détruit la quasi-totalité de son potentiel protecteur. Pour en tirer profit, la meilleure stratégie consiste à consommer le persil cru, lavé rapidement sans trempage, et ciselé au tout dernier moment directement sur l'assiette chaude ou dans des salades comme le taboulé libanais, où il devient enfin l'ingrédient principal et livre toute sa puissance antioxydante.

samedi 5 septembre 2015

WE DEMAIN 11e du nom, est en kiosque

Le 11e numéro du trimestriel We Demain est disponible dans tous les bons kiosques ou librairies. Voici ce que vous pourrez découvrir comme sujets « alimentation » dans ces 194 nouvelles pages.

Ses champignons pesticides affolent Monsanto : « Le biologiste américain Paul Stamets, spécialiste en mycologie, a notamment découvert un champignon tueur d’insectes, véritable biopesticide qui pourrait permettre de lutter de manière naturelle contre les parasites agricoles. »

Et bien d’autres sujets prospectifs qui donnent à réfléchir sur l’avenir de nos sociétés modernes…
En kiosque au prix de 12,00 € (sept-oct-nov)
Site We Demain ici.


mercredi 1 juillet 2015

Soleil et agrumes : un cocktail dangereux pour la santé ?

Selon les résultats d’une très récente et sérieuse étude américaine, la consommation de pamplemousses et d’oranges augmenterait le risque de mélanome cutané.

Les agrumes, des vitamines, mais pas seulement. © DR.
Les agrumes dans le collimateur des certains scientifiques américains (en particulier ceux de Brown, une université située à Providence, dans l’état de Rhode Island). C’est ce que révélerait le très sérieux Journal of Clinical Oncology en ces derniers jours de juin 2015 qui démontre que le développement de mélanome cutané – que l’on pense surtout dû à la fréquentation des cabines solaires – pourrait être accru par la consommation d'agrumes en général, et de pamplemousse et de jus d'orange frais en particulier.
L'étude – qui doit s’enrichir d’autres résultats pour être validée - aurait été menée auprès de plus de 100.000 Américains, tous professionnels de santé. Cette population aurait fait l’objet d’une surveillance accrue de son mode de vie, ses habitudes alimentaires, mais aussi de son histoire médicale pendant plus d’un quart de siècle.
Les psoralènes pointés du doigt
Ses conclusions ? Un risque 36 % plus élevé chez les personnes consommant des agrumes plus de 1,6 fois par jour, par rapport à ceux qui en prenaient moins de deux fois par semaine de déveloper un mélanome cutané. Un résultat à relativiser toutefois, puisque l’étude montre que cette élévation du risqué est surtout présente dans lespopulations blondes et rousses, don’t on sait que sa fragilité aux expositions d’ultraviolets est bien supérieur aux autres populations, brunes notamment…
Son explication ? La forte présence de psoralènes dans les agrumes, des composés organiques dont les effets sensibilisant aux rayons ultraviolets impliqués dans l'apparition du cancer de la peau ont déjà été démontrés.
Ses limites ? Aucune corrélation n’a été prouvée entre les agrumes et d'autres types de tumeurs. Pour les personnes à risque – qui auraient par exemple été sujet à de très nombreux coups de soleil tout au long de leur enfance – on ne saurait trop demander aux sujets sensibles de protéger leur peau dans les deux heures qui suivraient la consommation de fruits riches en psoralène et de diversifier les sources de vitamines.

Mais surtout, il est primordial de continuer à promouvoir la consommation de pamplemousse et d’orange. Leurs bénéfices sur la santé ont en effet été largement démontrés, notamment à titre préventif contre les maladies cardio-vasculaires et certains cancers.

mercredi 24 juin 2015

Que boire avec… des toasts à l'houmous ?

L'houmous maison, une rectte pleine d'idées (©DR).


Les toasts à l'houmous offrent un profil gustatif particulièrement riche et texturé. La rondeur du pois chiche, la texture dense et parfois grasse de la crème de sésame (le tahini) et la pointe d'ail et de citron demandent une boisson capable de se mesurer à cette onctuosité tout en apportant une fraîcheur nécessaire pour alléger la bouche.


Les vins blancs secs et charnus


Pour répondre à la texture dense et au goût de sésame de l'houmous, un vin blanc trop léger ou purement acide s'éteindrait immédiatement. Il faut privilégier un vin blanc sec qui possède à la fois de la vivacité et du gras. Un Côtes-du-Rhône blanc (à base de cépages Viognier ou Grenache blanc) ou un Saint-Joseph sont de parfaits candidats. Leurs notes de fruits blancs mûrs et d'abricot s'harmonisent avec la douceur du pois chiche, tandis que leur matière enveloppante escorte le toast sans effort, le jus de citron de l'houmous se chargeant d'apporter le contraste.


Le vin rosé de structure


Le rosé est une option magnifique pour l'apéritif autour du houmous, à condition de délaisser les rosés extrêmement pâles et légers au profit de vins plus structurés et vineux. Un Tavel ou un Bandol rosé possèdent des notes d'épices, de petits fruits rouges mûrs et une belle puissance en bouche. Cette présence aromatique permet de rivaliser avec l'ail et le caractère affirmé


du tahini, tout en conservant une fraîcheur bienvenue qui rend chaque bouchée de toast particulièrement dynamique.


Une bière blonde de type Pale Ale


L'association de l'houmous et de la bière est une alternative moderne redoutable. Une bière blonde de fermentation haute, de style Pale Ale ou IPA (India Pale Ale), fait des merveilles sur un toast de pois chiche. Les houblons utilisés dans ces bières apportent des notes d'agrumes et de résine qui répondent au filet de citron de la recette, tandis que leur amertume franche vient couper instantanément le côté parfois lourd et pâteux du sésame, nettoyant idéalement le palais pour le toast suivant.


Une eau pétillante infusée aux agrumes et à la menthe


Pour une option sans alcool qui ne sature pas les papilles, l'objectif est de briser la richesse du pois chiche par de l'effervescence et de l'acidité. Une eau très pétillante servie avec des suprêmes de pamplemousse rose et quelques feuilles de menthe fraîche écrasées est idéale. Les bulles dynamiques décollent la texture crémeuse du palais, l'amertume acidulée du pamplemousse souligne le zeste de citron de l'houmous, et la menthe apporte une note aérienne qui modernise merveilleusement bien ce classique du Moyen-Orient.