dimanche 25 juin 2023

Que boire avec… des groseilles natures ou en desserts ?

La groseille, à qui on reproche son acidité (©DR).


La groseille, avec ses petites billes translucides d'un rouge éclatant ou d'un blanc nacré, annonce fièrement l'arrivée de l'été. Ce petit fruit sauvage ou de jardin possède une identité forte, marquée par un jus abondant et une acidité vibrante, presque électrique, qui réveille instantanément les papilles. Souvent reléguée au rang de simple décoration, elle mérite pourtant une place de choix dans notre alimentation grâce à ses propriétés exceptionnelles et sa capacité à dynamiser les accords culinaires.


Les atouts nutritionnels précieux de la groseille


Malgré sa petite taille, la groseille est un véritable concentré de bienfaits pour la santé. Elle se distingue par une teneur en vitamine C exceptionnellement élevée, rivalisant sans complexe avec les agrumes pour stimuler le système immunitaire et lutter contre la fatigue. Elle est également gorgée de polyphénols et de flavonoïdes, de puissants antioxydants qui protègent les vaisseaux sanguins et affichent des propriétés anti-inflammatoires. Enfin, sa richesse en pectine (une fibre soluble) en fait une alliée remarquable pour la régulation du transit intestinal et l'assimilation des graisses, le tout avec un apport calorique dérisoire et une teneur en sucre parmi les plus basses du royaume des fruits.


Dompter l'aigreur de la groseille sans sucre : les astuces naturelles


La réputation d'aigreur de la groseille est bien réelle, mais il est tout à fait possible de la savourer sans l'asphyxier sous des tonnes de sucre blanc. La première astuce consiste à utiliser le pouvoir de la texture en associant la groseille à des aliments riches en matières grasses douces, comme une crème de coco, un yaourt grec bien gras ou du mascarpone. Le gras vient littéralement tapisser le palais et enrober les molécules acides, rendant la dégustation infiniment plus douce.

Une autre technique consiste à utiliser des épices chaudes et "douces" comme la cannelle, la vanille ou la cardamome : bien qu'elles ne contiennent aucun sucre, leurs effluves trompent le cerveau en lui suggérant une sensation de rondeur et de sucrosité. Enfin, vous pouvez associer la groseille à des fruits naturellement très doux et pauvres en acidité, comme la banane écrasée, la poire bien mûre ou la datte mixée, qui feront office de tampons naturels contre l'acidité. Nous abordons les qualités de ce fruit avant d'aborder son accompagnement en boissons…


Un vin blanc liquoreux très vif pour une tarte ou un crumble


Lorsque la groseille est cuite en tarte, en clafoutis ou sous un crumble croustillant, son acidité se concentre et exige une boisson capable de faire le dos rond tout en gardant de la fraîcheur. Un vin blanc liquoreux mais doté d'une tension minérale extrême est indispensable. Un Jurançon moelleux ou un Sauternes jeune se prêtent magnifiquement à cet exercice. Le sucre résiduel du vin vient contrebalancer l'aigreur du fruit cuit, tandis que l'acidité naturelle de ces grands vins blancs (notamment celle du cépage Gros Manseng) s'aligne sur celle de la groseille, évitant ainsi tout conflit en bouche et offrant une finale digeste et élégante.


Les bulles aériennes d'un Prosecco pour les groseilles fraîches


Déguster des groseilles fraîches, par exemple égrappées sur une verrine de fromage blanc ou de crème végétale, demande une boisson d'une grande légèreté pour ne pas saturer le palais. Un vin effervescent très fruité et subtilement doux, comme un Prosecco Extra-Dry ou un Moscato d'Asti, est idéal. Les bulles fines et la douceur naturelle de ces vins italiens apportent un confort immédiat face à la vivacité de la baie fraîche. Les notes de poire et de fleurs blanches du vin viennent envelopper le peps de la groseille, transformant l'acidité en une sensation de fraîcheur intensément désaltérante.


Une bière de blé de style Blanche ou une Berliner Weisse


Pour les amateurs de sensations fortes et d'accords contemporains, la groseille s'associe merveilleusement bien avec le monde de la brasserie. Une bière blanche de style belge (Witbier), avec ses notes d'écorce d'orange et de coriandre, apporte une douceur épicée qui civilise l'aigreur du fruit. Si vous servez un dessert crémeux à la groseille, vous pouvez tenter l'accord absolu avec une Berliner Weisse, une bière de blé allemande traditionnellement acide. Ce mariage de textures et d'acidités croisées vient littéralement couper le gras de la crème, nettoyant le palais à chaque gorgée de manière incroyablement dynamique.


Sans alcool : un thé blanc à la rose ou une eau de coco au basilic


Pour une alternative sans alcool qui respecte la délicatesse chromatique et gustative de la groseille, le choix de la boisson doit apporter de la douceur sans lourdeur. Un thé blanc délicat infusé aux boutons de rose est une option poétique et raffinée pour le goûter. La subtilité florale du thé blanc et l'absence de tanins agressifs laissent s'exprimer le fruit tout en calmant son ardeur. Pour une version estivale et ultra-fraîche, un grand verre d'eau de coco bien fraîche infusée avec quelques feuilles de basilic fera des merveilles. L'eau de coco, naturellement douce et riche en minéraux, apporte la rondeur nécessaire pour éteindre le feu acide de la groseille, tandis que le basilic insuffle une note poivrée très élégante.

samedi 10 juin 2023

COVID-19 : et l'alimentation des Français(es) confiné(e)s

La crise du Covid-19 et son effet sur nos habitudes (©DRWestend16/Gettyimages)


Le confinement lié à la crise de la Covid-19 a profondément bouleversé le quotidien des Français, transformant leur rapport à l'espace, au temps et à la consommation. Dans ce contexte inédit d'isolement forcé, l'alimentation a rapidement dépassé sa fonction première de simple subsistance pour devenir un pilier central de la vie quotidienne. Elle a agi à la fois comme un refuge psychologique, un vecteur de sociabilité retrouvée au sein du foyer, mais aussi comme un outil perçu de protection de la santé, révélant de profondes disparités sociales et comportementales à travers le pays.


Le quotidien des Français sous confinement entre anxiété et réinvention


L'instauration du premier confinement au printemps deux mille vingt a provoqué un choc psychologique et organisationnel sans précédent au sein de la population française. Privés de liberté de mouvement, confrontés à la fermeture des écoles et à la généralisation brutale du télétravail, les citoyens ont dû réinventer instantanément leurs routines dans des espaces parfois très restreints. Cette période a été marquée par une forte charge anxieuse liée à la peur de la maladie, à l'incertitude économique et à la perte des repères sociaux habituels, touchant particulièrement les personnes isolées et les familles logées dans des conditions précaires.

Pour combler le vide et tromper l'ennui, les Français se sont massivement tournés vers des activités domestiques, le foyer devenant le centre unique de toutes les activités humaines. Le temps libéré par l'absence de transports a été réinvesti dans la vie de famille, le partage de moments ludiques et le soin de soi. Cette parenthèse forcée a ainsi favorisé un retour à des valeurs jugées plus authentiques, de nombreux citoyens décrivant un sentiment paradoxal de ralentissement bénéfique du rythme de vie, en dépit du climat de crise sanitaire mondiale.


L'alimentation comme refuge et source de réconfort psychologique


Au cœur de cette vie confinée, la cuisine s'est imposée comme le passe-temps national par excellence et un véritable amortisseur émotionnel. Face à l'angoisse ambiante, les Français ont cherché du réconfort dans la préparation de plats faits maison, entraînant des ruptures de stock mémorables de farine, d'œufs et de levure dans les supermarchés. Le fait de cuisiner a offert une occupation structurante et gratifiante, permettant de reprendre le contrôle sur son quotidien alors que le monde extérieur semblait totalement imprévisible.

Cette tendance s'est fortement orientée vers la "comfort food", c'est-à-dire une alimentation doudou, riche et réconfortante, marquée par la confection de gâteaux, de pain et de plats traditionnels de l'enfance. Le repas est redevenu un rituel central de la structure familiale, un espace de discussion et de convivialité partagée qui rompait la monotonie des journées. Pour beaucoup, manger est devenu la principale source de plaisir accessible, ce qui s'est toutefois traduit par une prise de poids globale chez une large partie de la population, conséquence directe de la sédentarité et d'un grignotage de compensation.


La quête de protection sanitaire et d'immunité par l'assiette


Parallèlement au besoin de réconfort, l'alimentation a été investie d'une mission de protection face à la menace du virus. De nombreux Français ont modifié leurs choix de consommation dans l'espoir de renforcer leur système immunitaire et de mieux résister à l'infection. Cela s'est traduit par un intérêt accru pour les produits frais, les fruits et légumes riches en vitamines, ainsi que par une explosion des ventes de compléments alimentaires, de produits biologiques et de remèdes naturels perçus comme des boucliers de santé.

Cette prise de conscience a également accéléré une transition vers des circuits d'approvisionnement plus courts et locaux. Par solidarité avec le monde agricole et par peur de la promiscuité dans les grandes surfaces, les consommateurs se sont tournés vers les producteurs de leur région, les paniers de légumes et les commerces de proximité. Bien que l'alimentation n'ait pas eu de pouvoir curatif direct contre le virus, cette attention portée à la qualité nutritionnelle a donné aux individus le sentiment d'agir activement pour la préservation de leur capital santé.


Les limites de l'impact protecteur et les inégalités face à l'assiette


Si l'alimentation a permis de mieux vivre le confinement pour une partie de la population, cette réalité cache de profondes inégalités socio-économiques. Pour les ménages les plus modestes, la perte de revenus ou la suppression des cantines scolaires gratuites a transformé l'accès à la nourriture en un défi quotidien anxiogène, renforçant la précarité alimentaire. La possibilité de choisir des produits frais, biologiques ou de qualité supérieure est restée le privilège des classes moyennes et aisées, tandis que les populations défavorisées devaient souvent se replier sur des produits de première nécessité moins coûteux et nutritionnellement moins riches.

De plus, l'impact protecteur de l'alimentation a été largement contrebalancé par les effets négatifs de l'isolement sur la santé globale. L'augmentation de la consommation d'alcool, de produits ultra-transformés pour calmer le stress, associés à une baisse drastique de l'activité physique, ont parfois dégradé la santé métabolique des individus.


En conclusion


L'alimentation a été un outil d'adaptation précieux et un vecteur de mieux-être mental indiscutable pour traverser la crise, mais elle n'a pu effacer les fractures sociales ni remplacer les mesures de protection sanitaire indispensables.

jeudi 6 avril 2023

Sept aliments qui réduisent votre espérance de vie

La pizza n'est pas vraiment un de nos alliés "santé" (©DR).



On le sait, tous les aliments ne se valent pas ! Mieux. Certains prennet un malin plaisir à écourter le temps que nous avons chacun à passer sur la Terre. Voici ci-dessous la liste de nos trop chers ennemis !



Des chercheurs américains de l'Université du Michigan ont calculé combien de temps certains aliments (plus de 5000 tout de même!) - consommés lors de notre vie quotidienne - nous enlevaient comme instants de vie. Pour cela, ils ont eu l'approche suivante : celle d'évaluer le cycle de vie de chacun de ces aliments : leur production, leur transformation, leur fabrication, leur préparation et enfin leur consommation.
Voici quelques uns de leurs résultats. Le temps que certains d'entre eux soustraient à notre espérance de vie fait parfois froid dans le dos :


1. La viande transformée
Elle a bien mauvaise réputation, favorisant le surpoids, mais aussi le cholestérol ainsi que la plupart des maladies cardiovasculaires. Pourquoi ? Parce qu'elle est bien trop riche en sodium (en sel) et en acides gras saturés.

2. Les hot-dogs
Ces bons vieux "chiens chauds"  - vites avalés en bas des immeubles américains que l'on croise dans toutes les sériés US - nous feraient perdre… - incroyable - 36,3 minutes de vie.

3. Les sodas
Les sodas, on le savait déjà, ne sont pas très bons pour notre santé. Cette étude le confirme sans surprise : tous sont aussi à éviter. Ils nous feraient perdre presque un quart d'heure, avec pas moins de 12,4 minutes de vie.

4. Les burgers au fromage
Si bons soient-ils, ces burgers raccourcissent notre vie de tout de même 8,8 minutes.

5. Les pizzas
Il faut se méfier des apparences, qui sont trompeuses pour cet aliment. En réalité, à y regarder de plus près, chaque pizza raccourcirait l’espérance de vie humaine de … 7,8 minutes !

6. Le bacon
S’il accompagne idéalement vos oeufs, le bacon fait pourtant perdre 6,4 minutes de vie
saine.

7. Le cheddar
Quant à ce fromage, il réduirait notre espérance de vie de quelque 1,4 minute.

Bien sûr, aussi sûrement que certains aliments sont néfastes pour notre santé, d’autres augmentent notre capital de vie !

Les noix : en cas de petite faim, avalez une poignée de noix. Ce simple geste nous fait gagner 25 minutes de vie.

La tomate : celle-ci fait gagner 3,8 minutes de vie

L’avocat : celui-ci augmenterait le temps de vie de 2,8 minutes de vie

Le saumon cuit mais aussi la banane : ces deux aliments nous font tous deux gagner 13
minutes de vie

Le sandwich au beurre de cacahuètes et à la confiture : il  nous ferait gagner pas moins de… 33
minutes de vie !

vendredi 20 janvier 2023

Idée reçue : le lait entier contiendrait plus de calcium que les laits demi-écrémés et écrémés

Les laits et leur teneur en calcium (©DR).


L'idée reçue selon laquelle le lait entier contiendrait plus de calcium que le lait demi-écrémé ou écrémé est particulièrement répandue. Pourtant, d'un point de vue strictement nutritionnel, cette allégation est parfaitement exacte : la teneur en calcium reste quasiment identique quel que soit le taux de matière grasse de la brique de lait. L'écrémage est un procédé physique qui consiste simplement à retirer la crème, c'est-à-dire les lipides. Comme le calcium n'est pas soluble dans le gras mais se trouve dans la partie aqueuse du lait, liée aux protéines, retirer la matière grasse n'impacte en rien la quantité de ce précieux minéral.


En réalité, le lait écrémé contient même une fraction infime de calcium en plus pour cent grammes par rapport au lait entier, car la disparition du gras laisse proportionnellement plus de place aux autres composants.


Le calcium, un pilier fondamental pour l'organisme à tout âge


Prendre soin de son apport quotidien en calcium est une nécessité biologique qui dépasse de loin la simple croissance des enfants. Ce minéral est le plus abondant de notre corps, stocké à quatre-vingt-dix-neuf pour cent dans le squelette et les dents dont il assure la solidité et la densité tout au long de la vie. Au-delà de ce rôle de structure, le calcium joue un rôle crucial et invisible dans des fonctions vitales de premier ordre. Il est indispensable à la bonne contraction de tous nos muscles, y compris le cœur, participe activement à la transmission de l'influx nerveux et s'avère nécessaire au mécanisme de coagulation sanguine. Un apport insuffisant oblige l'organisme à puiser dans ses propres réserves osseuses pour maintenir un taux constant dans le sang, ce qui fragilise les os à long terme et augmente le risque d'ostéoporose.


Les alternatives végétales et marines pour diversifier ses apports


Bien que les produits laitiers soient historiquement mis en avant, ils sont loin d'avoir le monopole du calcium. La nature offre une multitude d'autres sources hautement nutritives vers lesquelles se tourner pour diversifier son assiette ou en cas d'intolérance au lactose. Les eaux minérales dites calciques constituent une source remarquable et sans calorie, où le calcium est souvent très bien assimilé par l'organisme. Du côté du règne végétal, les légumes feuilles vert foncé comme le brocoli, le chou frisé ou les épinards cachent de belles quantités de ce minéral. Les graines oléagineuses, en particulier les amandes et les graines de sésame, ainsi que les légumes secs comme les haricots blancs ou les pois chiches, s'avèrent également être d'excellents alliés au quotidien. Enfin, les petits poissons consommés avec leurs arêtes, à l'image des sardines en boîte, complètent idéalement cette liste de alternatives.

mardi 17 janvier 2023

Tendances 2022 : quels changements dans les tendances culinaires des consommateurs ?

Quelles ont été les nouvelles tendances en 2022 ? (©DR).


L'année 2022 a marqué un tournant décisif pour la restauration, caractérisé par une recherche intense de sens et de flexibilité après les bouleversements de la crise sanitaire. Les consommateurs ont exprimé une demande croissante pour une alimentation engagée, plaçant la transparence et la provenance des produits au cœur de leurs préoccupations.


Tous les ans, les modes et aspirations de la consommation dans les brasseries et restaurants changent, imperceptiblement, ou radicalement.

Cette tendance de l'année passée s'est traduite par un engouement massif pour le local, les circuits courts et les produits de saison, obligeant les restaurateurs à tisser des liens directs avec les producteurs pour garantir une traçabilité totale et un impact environnemental réduit.


Une nouvelle quête, celle de la durabilité


Dans les brasseries et restaurants, cette quête de durabilité s'est accompagnée d'une évolution notable des habitudes de consommation de protéines. On a assisté à une démocratisation spectaculaire de l'offre végétale, qui n'est plus restée cantonnée à des options de substitution mais est devenue une discipline culinaire à part entière.

Les menus ont commencé à faire la part belle aux légumes anciens, aux légumineuses et aux alternatives végétales innovantes, répondant à une clientèle de plus en plus "flexitarienne" soucieuse de sa santé et du bien-être animal. Parallèlement, une tendance vers la sobriété s'est installée avec l'essor des boissons sans alcool ou faiblement dosées, comme le kombucha ou les mocktails sophistiqués, transformant l'apéritif en un moment plus "bien-être".


Quand le développement du télétravail influence notre consommation


L'expérience client a également été profondément remodelée par la technologie et les nouveaux rythmes de vie, notamment le télétravail. Le besoin de praticité a pérennisé l'usage des menus numériques par QR code et a consolidé la vente à emporter comme un pilier économique majeur, même pour les établissements traditionnels. Les brasseries ont dû adapter leurs espaces pour accueillir une clientèle cherchant à fragmenter ses repas, favorisant l'essor du snacking de qualité, des brunchs prolongés et des plats uniques "prêts à manger". Cette hybridation des lieux de consommation, où l'on vient autant pour travailler que pour partager un plat réconfortant, a redéfini le rôle social du restaurant.


Vers une "mondialisation" de l'authenticité


Enfin, sur le plan purement gastronomique, 2022 a été l'année d'une curiosité renouvelée pour les saveurs mondiales authentiques et les techniques ancestrales. Les consommateurs ont délaissé les appellations génériques pour rechercher des cuisines régionales précises, qu'il s'agisse de spécialités d'Asie du Sud-Est ou de saveurs d'Afrique de l'Ouest.

En cuisine, l'utilisation de la fermentation et des cuissons à basse température est devenue monnaie courante, non seulement pour sublimer les goûts mais aussi pour préserver les nutriments, répondant ainsi à la demande d'une "alimentation santé" qui ne sacrifie jamais le plaisir de la table.

jeudi 15 septembre 2022

Edulcorants : un virage à 180 ° !??

Edulcorants, méfiance répétée à leur égard (© DR).

Et si nous ingurgitions aujourd’hui nos poisons de demain ? C’est un peu le sentiment qui nous taraude aujourd’hui, alors que les médias se sont faits, ces derniers jours, l’écho d’une nouvelle qui revient sur un sujet tranché à l’époque, voilà presque 10 ans ! Les édulcorants, toxiques ou pas pour notre santé ?

Les médias de toutes natures nous ont bien gentiment relayés l’information : une grande étude diligentée sous le nom de NutriNet-Santé(*) a été menée auprès de… plus de 103 000 volontaires en France. Cette étude a pour but d’étudier l’impact de tous les additifs alimentaires sur notre santé. Parmi ces produits, la présence des édulcorants, largement utilisés dans tous les aliments dits « allégés » en général et les produits laitiers – comme les yaourts, par exemple – en particulier.

Rappel d’une frénésie du « light »

Les édulcorants sont entrés dans notre alimentation voilà quelques poignées de décennies quand les industriels ont voulu nous vendre des produits que l’on disait alors moins caloriques, moins énergétiques : Coca-Cola light, crème fraîche allégée, repas préparés conditionnés en barquette annonçant des chiffres d’AJR (**) réduits !

Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui se sont jetés sur ces produits que ces mêmes producteurs industriels nous annonçent encore aujourd’hui comme « moins pire » que leurs originaux ! Aujourd’hui, si vous pouvez savoir si vous consommez des édulcorants, vous pouvez le savoir en repérant sur l’étiquette du produit la liste des ingrédients commençant par la mettre « E ». Par exemple :

·       le sorbitol (E 420),

·       le mannitol (E 421),

·       le xylitol (E 967).

·       l’aspartame (E 951),

·       la saccharine (E 954),

·       les cyclamates (E 952).

(attention : certains sont d’origine chimique, d’autres d’origine naturelle !)


Que découvre-t-on aujourd’hui ?


Les chercheurs de cette enquête ont établi un lien entre la consommation d’édulcorants et le risque de maladies cardiovasculaires : infarctus, AVC ou hypertension. Mieux. Le lien entre risque accru de cancer et l’aspartame s’en trouve conforté : « Cette étude prospective à grande échelle – NutriNet-Santé, NDLR - suggère, en accord avec plusieurs études expérimentales in vivo et in vitro, que les édulcorants artificiels, utilisés dans de nombreux aliments et boissons en France et dans le monde, pourraient représenter un facteur de risque accru de cancer » (extrait du site de l’Inserm, article paru le 24 mars 2022 sur les édulcorants).

Tout est une question d’équilibre. Car, si consommer de temps en temps des édulcorants ne semble pas dangereux pour la santé, revenir aux sucres « classiques » de type saccarose ne semble pas une bonne idée non plus : les recommandations des instances sanitaires, comme l’OMS par exemple, c’est d’essayer de limiter le goût sucré dans notre alimentation, donc tout à la fois le sucre et l’aspartame.

Quand on sait à quel point nos cerveau en sont friands depuis notre tendre enfance, ce n’est pas gagné.


1 - (*) - L’étude NutriNet-Santé est une étude de santé publique coordonnée par l’Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle (EREN, Inserm / INRAE / Cnam / Université Sorbonne Paris Nord), qui, grâce à l’engagement et à la fidélité de plus de 170 000 « Nutrinautes » fait avancer la recherche sur les liens entre la nutrition (alimentation, activité physique, état nutritionnel) et la santé.

Lancée en 2009, l’étude a déjà donné lieu à plus de 200 publications scientifiques internationales.

2 - (**) - AJR : les Apports Journaliers Recommandés, dont les mentions figurent sur les emballages de nos produits.

 

mercredi 31 août 2022

L'hebdomadaire "le 1" cette semaine - Comment nourrir la France ?


(©DR).

 

Les évènements climatiques de cet été 2022 et au-delà, ceux de ces derniers mois, particulièrement pauvre en intempéries, pose plusieurs questions. A commencer par celle de l’alimentation des Français.


Interrogé dans le « 1 » n° 411 paru le 24 aout 2022, l’agronome Philippe Pointereau évoque la possibilité de pouvoir nourrir toutes les Françaises et les Français après avoir fait le constat que nous étions l’un des pays les plus gros mangeurs de viandes au monde !

Selon lui, il conviendrait – au préalable de toute chose - de réduire au moins de moitié notre consommation de viande, ce qui réduirait notre consommation de protéines. Cela aurait pour effet de baisser la production de viandes (toutes espèces confondues). Cela permettrait de libérer quelque 500 000 hectares de terres agricoles qui seraient ainsi rendues à la production végétale. Au programme, l’augmentation de la production de fruits et de légumes, ce qui -toujours selon lui – ferait baisser les quantités importées de ces deux productions tout en orientant les Françaises et les Français vers un « un régime plus végétal ».


 

Les protéagineux à l'ordre dur jour



Mais alors, que produire sur les étendues ainsi libérées ? Pour cet expert, des protéagineux comme les lentilles, les pois chiches et autres pois cassés, ces aliments ayant deux autres atouts : ils sont tous sources de protéines et ont aussi la propriété de fixer l’azote de l’air et nourrissent les sols. Cela aurait comme avantage de réduire la consommation d’engrais azotés, souvent importés.

A ce process, il faudrait ajouter la généralisation de consommations locales et de saisons, « privilégier les produits non raffinés » comme les pâtes complètes, par exemple.

A la lecture, ce raisonnement semble vertueux à plus d’un titre, mais quid des producteurs de porcs, poulets et vaches ? Quel coût pour cette transition ?

 


A lire dans ce même numéro du « 1 » :

Du béton dans vos assiettes, par Nathalie Blin, Tanguy Martin et Coline Sovran ;

Le Loir-et-Cher met les bouchées doubles, par Manon Paulic ;

• Les mauvais signaux de la PAC, par Aurélie Catalo ;

Entre autres édito, références et articles…