jeudi 25 mars 2021

Tricheries alimentaires : une nouvelle pétition pour faire bouger les lignes


Le miel, un produit qui souffre particulièrement des fraudes (© DR).





L'association Foodwatch lance ce jour une nouvelle pétition pour tenter de faire bouger les lignes de l'administration française. L'enjeu ? Que les autorités de notre cher pays applique les règlements qui l'oblige à communiquer sur les entreprises qui vous grugent en vous vendant des aliments "falsifiés".


Poulet ou jambon gonflé à l’eau, thon avarié injecté d’additifs, faux miels, tomates espagnoles étiquetées françaises… Les exemples de fraudes dans notre alimentation n'ont jamais été aussi nombreuses… Avec la complicité des autorités françaises puisque celles-ci ne font aucun effort pour communiquer sur le sujet.


Attention : le propos n'est pas de dire ici - dans ces lignes - que les autorités ne travaillent pas à vérifier la qualité sanitaire de nos denrées, mais elles ne font aucun effort pour nous, vous en informer ! En effet, à y regarder de plus près, il vous est presque impossible de savoir quels sont avec exactitude les denrées concernées par ces fraudes. Pire : pratiquement aucune information ne nous est communiquée sur les sanctions prises à l’encontre des tricheurs… Celles-ci ne sont pratiquement jamais exposés au grand jour, à moins que les médias ne s'en emparent. Or, la législation en ce domaine est pour le moins claire ! 


• Au niveau européen : le règlement européen - (CE) n° 178/2002 en date du 28 janvier 2002 - précise pourtant : « La législation alimentaire vise à protéger les intérêts des consommateurs et elle leur fournit une base pour choisir en connaissance de cause les denrées alimentaires qu'ils consomment. » Ce règlement oblige les états membres de l'Union à informer au plus vite leurs citoyens(nes) lorsque des denrées alimentaires peuvent présenter des risques pour la santé.


• Au niveau de la justice de l'Europe : un arrêt datant d'avril 2013 est sans ambiguïté : « Le droit de l’Union autorise les autorités nationales à fournir des données d’identification lors de l’information des citoyens sur des denrées alimentaires non préjudiciables à la santé, mais impropres à la consommation. En particulier, il s’agit du nom de la denrée, de l’entreprise ou du nom commercial sous lequel elle a été fabriquée, traitée ou distribuée ».


Mais toujours très peu d'acte. Aussi, Foodwatch lance une pétition dont nous citons ici quelques lignes : « tout presse à mettre en place sans attendre cette transparence que nous réclamons. Rien ne justifie l’opacité actuelle. Rien ne vous interdit d’être transparent. Il s’agit avant tout d’un choix politique, aujourd’hui entre vos mains ».

Alors pour signer la pétition, cliquez ici

mercredi 3 février 2021

Gaspillage : radiographie des invendus alimentaires en ce début 2021

Panier-colis pour les bénéficiaires (©DR).


Cinq ans après l'adoption de la loi Garot en 2016, en ce début de l'année 2021, les acteurs du don alimentaire disposent enfin d'un recul suffisant et de données statistiques précises pour analyser la nature exacte de ce qui est sauvé des poubelles des supermarchés. Le paysage des banques alimentaires s'est profondément transformé, révélant une radiographie précise des invendus, entre produits essentiels à la santé et présence notable de la malbouffe. Ci-dessous un petit état des lieux de la composition de ces stocks au début de l'année 2021.


Une prédominance massive mais fragile des fruits et légumes


En ce début de l'année 2021, les produits frais se hissent au premier rang des invendus collectés en grande surface. Les fruits et légumes représentent à eux seuls près de 31 % du volume total des denrées récupérées par les associations. Ce chiffre s'explique par la nature ultra-périssable de ces aliments et par les critères esthétiques stricts de la grande distribution, qui retire des rayons les produits flétris ou hors gabarit. Si cette abondance permet d'apporter des vitamines indispensables aux bénéficiaires de l'aide alimentaire, elle constitue un défi logistique permanent : plus de 20 % de ces stocks de fruits et légumes arrivent dans les associations à un stade de maturité si avancé qu'ils doivent être triés et jetés dès la collecte.


Les produits sains du quotidien : le socle de l'épicerie et du frais


Au-delà des végétaux, les aliments dits « sains » ou de première nécessité forment le cœur rassurant des dons issus de la loi Garot. Les produits laitiers (yaourts, fromages, lait), très surveillés en raison de leur date limite de consommation (DLC), constituent environ 15 % des stocks récupérés. L'épicerie sèche de base, qui comprend le riz, les pâtes, les légumes secs et les conserves de poissons ou de légumes, représente quant à elle près de 25 % des volumes. Ces produits sains et stables sont les plus plébiscités par les bénévoles, car ils permettent de composer des paniers équilibrés et sont faciles à stocker et à distribuer sans rupture de la chaîne du froid.


La part non négligeable de la malbouffe et des produits industriels


Le bilan des cinq ans de la loi Garot met également en lumière une réalité plus mitigée : les associations caritatives reçoivent d'importants volumes de produits ultratransformés et de « malbouffe ». Les plats cuisinés industriels, les pizzas surgelées et les snacks salés représentent environ 12 % des invendus. Plus marquant encore, les boissons sucrées (sodas, jus industriels) et les produits de la catégorie « plaisir » (biscuits, confiseries, viennoiseries de la veille) pèsent pour près de 10 % dans la balance des dons. Les supermarchés utilisent souvent le canal du don pour s'alléger de ces produits à forte marge dont les ventes ont été mal anticipées, obligeant les diététiciens des banques alimentaires à arbitrer pour ne pas déséquilibrer l'alimentation des populations précaires.


Une traçabilité renforcée à l'aube de la loi AGEC


En ce début d'année 2021, la composition de ces stocks s'apprête à devenir encore plus transparente grâce à l'entrée en vigueur progressive de la loi AGEC (Loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire), votée l'année dernière, en 2020. Cette législation prolonge l'élan de la loi Garot en imposant aux supermarchés une traçabilité rigoureuse et des plans de gestion de la qualité des dons. Les contrôles renforcés de la DGCCRF montrent qu'auparavant, certains magasins utilisaient le don pour défiscaliser des produits de mauvaise qualité. Désormais, l'accent est mis sur la valeur nutritionnelle des invendus, afin que la lutte contre le gaspillage s'aligne enfin avec les impératifs de la santé publique.

mardi 12 janvier 2021

Idée reçue : les épinards sont riches en fer

Un mythe s'est écroulé avec la rectification d'une erreur (©DR).




L’idée selon laquelle les épinards constituent la source de fer par excellence est sans doute l’un des mythes les plus célèbres et les plus tenaces de l’histoire de la nutrition. Popularisée à l'échelle mondiale par le personnage de bande dessinée Popeye, qui puisait une force surhumaine dans une simple boîte d'épinards, cette croyance est ancrée dans l'esprit collectif depuis des générations. Pourtant, sur le plan strictement scientifique, la réalité est bien différente et cette réputation repose sur une incroyable série de malentendus, mêlant erreurs de calcul et subtilités biologiques. Il convient de lever le voile sur l'origine de ce mythe, de révéler la quantité réelle de fer contenue dans ce légume et de comprendre pourquoi le corps humain a tant de mal à l'assimiler.


L'origine d'un mythe né d'une simple erreur de virgule


La légende des épinards suralimentés en fer trouve son origine à la fin du dix-neuvième siècle, à la suite d'une banale erreur de transcription commise par le biochimiste allemand Émil von Wolf. En analysant la composition nutritionnelle des épinards, ce chercheur a malencontreusement décalé une virgule décimale dans ses notes, attribuant instantanément au légume vert une teneur en fer dix fois supérieure à la réalité. Bien que la communauté scientifique ait rectifié cette bévue dès les années 1930, le correctif est passé inaperçu auprès du grand public, car les studios d'animation américains s'étaient déjà emparés du personnage de Popeye pour inciter les enfants à consommer ces légumes, gravant ainsi définitivement ce canardeau scientifique dans la culture populaire.


La véritable teneur en fer de l'épinard face aux autres aliments


En réalité, les épinards ne contiennent qu'une quantité très modeste de fer, oscillant entre deux et trois milligrammes pour cent grammes de feuilles fraîches. Si ce chiffre reste tout à fait honorable pour un légume vert, il est dérisoire si on le compare à de nombreuses autres sources alimentaires courantes. À titre d'exemple, le boudin noir, le foie de veau ou les lentilles affichent des concentrations de fer nettement plus importantes. Même au sein du règne végétal, les haricots blancs, le chocolat noir, les graines de courge et le persil se révèlent être de bien meilleurs pourvoyeurs de fer que les épinards, reléguant le légume fétiche de Popeye au second plan de la hiérarchie nutritionnelle.


Le problème de la biodisponibilité et le rôle des oxalates


Au-delà de la quantité pure, le véritable point faible de l’épinard réside dans la nature du fer qu’il contient et dans sa très faible assimilation par l’organisme, un concept que les nutritionnistes appellent la biodisponibilité. Les épinards renferment du fer dit "non héminique", d'origine végétale, que le corps humain absorbe beaucoup moins bien (à hauteur de cinq pour cent environ) que le fer "héminique" issu des viandes et des poissons (absorbé à plus de vingt pour cent). Pour aggraver les choses, l'épinard est naturellement riche en acides oxaliques, des molécules qui se lient au fer dans le tube digestif et forment des complexes insolubles, bloquant ainsi son passage dans le sang. Pour maximiser la dose de fer reçue, l'astuce consiste à associer les épinards à une source de vitamine C, comme un filet de jus de citron, qui aide à casser ces liaisons et améliore notablement l'absorption de ce précieux minéral.

mercredi 9 décembre 2020

Idée reçue : l'huile d'olive est bonne pour la santé

De nombreuses qualités, mais aussi des défauts (©DR).




L’huile d’olive est la reine incontestée des cuisines méditerranéennes et la coqueluche des nutritionnistes du monde entier. Portée aux nues par le célèbre régime crétois, elle est souvent qualifiée d'huile absolue, la meilleure et la seule qu'il faudrait consommer pour protéger son cœur et prolonger sa longévité. Si ses vertus protectrices sont scientifiquement indiscutables, lui attribuer le monopole de la santé relève d'une vision diététique incomplète.


L’huile d’olive n'est pas parfaite et ne couvre pas l'ensemble des besoins essentiels de notre organisme. Pour équilibrer notre santé, une réponse beaucoup plus nuancée s'impose, mettant en lumière les manques de l'olive et la nécessité vitale d'intégrer d'autres huiles végétales alternatives dans notre quotidien.


Le profil de l'huile d'olive : une championne qui ignore les Oméga-3


Le point fort de l’huile d’olive vierge extra réside dans sa richesse exceptionnelle en acide oléique, un acide gras mono-insaturé de la famille des Oméga-9, particulièrement stable à la cuisson et neutre pour le système cardiovasculaire. Elle regorge également de polyphénols et de vitamine E, de puissants antioxydants qui luttent contre le vieillissement cellulaire. Cependant, l’huile d’olive possède une faiblesse majeure : elle est quasiment dépourvue d'acides gras essentiels polyinsaturés, et en particulier d'Oméga-3. Notre corps est incapable de synthétiser ces précieux Oméga-3, qui jouent pourtant un rôle crucial dans la fluidité sanguine, la régulation des inflammations et le bon fonctionnement de notre cerveau. Se nourrir exclusivement d’huile d’olive expose donc paradoxalement à une carence nutritionnelle majeure.


L'huile de colza et de noix, indispensables alternatives pour le cerveau


Pour combler les lacunes de l'olive, il est indispensable de se tourner vers des huiles alternatives hautement complémentaires. L'huile de colza vierge extra s'impose comme le meilleur rapport qualité-prix de la nutrition : elle présente un équilibre idéal entre les Oméga-6 et les Oméga-3, tout en contenant une bonne part d'Oméga-9. L'huile de noix, quant à elle, est un véritable élixir pour le système nerveux et cérébral grâce à sa concentration massive en Oméga-3, doublée d'un goût boisé subtil qui sublime les salades. Plus spécifiques encore, les huiles de lin, de cameline ou de chanvre constituent de formidables compléments thérapeutiques à utiliser exclusivement à cru, apportant une densité en acides gras essentiels que l'huile d'olive ne pourra jamais offrir.


La question de la cuisson et l'alternative de l'huile de coco


Un autre argument qui nuance la suprématie de l'huile d'olive concerne sa résistance à la chaleur. Bien qu'elle supporte bien les cuissons douces et moyennes à la poêle, elle commence à se dégrader et elle va perdre ses précieux antioxydants au-delà de 180° C. Pour les cuissons à haute température, les rôtissages au four ou les plats d'inspiration asiatique, d'autres graisses végétales s'avèrent plus stables. L’huile de coco vierge, bien que riche en acides gras saturés, est composée de triglycérides à chaîne moyenne qui sont rapidement brûlés par le foie pour fournir de l'énergie sans s'accumuler. Sa structure chimique lui confère une stabilité thermique exceptionnelle, ce qui en fait une excellente alternative, ponctuelle, pour la cuisson à feu vif.


La règle d'or de la santé : la synergie et la variété des huiles à table


En conclusion, déclarer que l'huile d'olive est la meilleure pour la santé est un raccourci réducteur, car la santé naît de la diversité et non de l'exclusivité. Aucune huile végétale ne contient à elle seule l'ensemble des acides gras nécessaires à l'équilibre de nos cellules. La véritable stratégie nutritionnelle consiste à faire cohabiter plusieurs bouteilles dans sa cuisine. Une excellente habitude consiste à marier les forces : utiliser l'huile d'olive pour la cuisson douce et les plats méditerranéens, adopter l'huile de colza ou de noix au quotidien pour l'assaisonnement des crudités, et s'accorder un filet d'huile de lin pour booster ses apports en Oméga-3. C'est cette synergie des terroirs végétaux qui constitue le véritable secret d'une alimentation protectrice.

jeudi 26 novembre 2020

Des industriels "charcutiers" feraient pression sur Yuka !

 Nous reproduisons ici le contenu d'un mail reçu ce jeudi 26 novembre 2020 de Yuka (l'application suivie par 11 M de Français) pour nous en faire l'échos :



" Bonjour Julien,
 
Il y a un an, Yuka, foodwatch et la Ligue contre le cancer lançaient une pétition pour exiger l’interdiction des additifs à base de nitrites et de nitrates dans l’alimentation ✊
 
Un an et plus de 220 000 signatures plus tard, Yuka fait l'objet d'une tentative d'intimidation de la part de la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) 😮 Un courrier des avocats de la FICT menace Yuka en exigeant la suppression de la pétition et la modification du système de notation sur les produits comportant les additifs E249, E250, E251 et E252.
 
Cette démarche de la FICT est d’autant plus scandaleuse qu’elle feint d’ignorer le consensus de nombreuses études scientifiques sur les risques pour la santé de ces additifs 🔴 En effet, les charcuteries sont classées cancérogènes avérées par l’OMS et chaque année, en France, jusqu‘à 4000 nouveaux cas de cancer de l’estomac ou du colon sont attribuables à la consommation de viande transformée.
 
Les additifs à base de nitrites et nitrates présentent un risque car lorsqu’on les ingère, ils peuvent entraîner la formation de composés cancérogènes dans notre estomac : des nitrosamines. Ces substances sont classées cancérogènes probables pour l’homme par le Centre international de la Recherche contre le Cancer (CIRC).
 
Face à cette situation, Yuka, foodwatch et la Ligue contre le cancer font front avec détermination et continuent à exiger l’interdiction des nitrites ajoutés dans l’alimentation ✊ "

Et nous ajoutons ICI le lien vers la signature de la pétition !