mardi 16 avril 2024

La liste des fruits et légumes les plus traités… et les autres, pour 2024

Et eux, mangeraient-ils leur production avec ce qu'ils pulvérisent ? (© DR).



On ne dira jamais assez que les fruits et légumes - avec toute leur richesses en antioxydants nos, cibles et autres vitamines - sont excellents pour notre corps, et donc, pour notre santé. Mais ils sont aussi et de plus en plus traités avec des produits qui - eux - ne le sont pas du tout ! Cet article afin de faire le point en ce début d’année des fruits et légumes fréquentables ou non !


Notre source ? L'Environmental Working Group (EWG) - un groupe indépendant américain, basé à Washington - qui publie tous les ans la liste des fruits et légumes les plus pollués par les producteurs, quels qu’ils soient.

Leurs données sont basées sur des tests réalisés par le Département de

l'Agriculture des États-Unis (USDA) et de la FDA, la Food and Drug

Administration, équivalent de la Haute autorité de santé (HAS) en France.

Dans son rapport accessible sur son site (voir en bas de page), l'EWG rappelle que les pesticides sont toujours présents (malgré tous les efforts produits pour laver nos aliments) après lavage des fruits et légumes que nous voulons consommer. Pire ! Ces traitements peuvent être sources de problèmes de santé pour nous tous, quelque soit notre âge.


Les fruits et les légumes les plus traités :

Voici donc le classement de ce que l’organisme américain appelle ses "12 sales" - ses douze dirty infréquentables - pour l'année 2024 :

  • les fraises,
  • les épinards,
  • les choux frisés, choux verts et feuilles de moutardes,
  • les nectarines,
  • les pommes,
  • le raisin,
  • les poivrons et le piment,
  • les cerises,
  • les pêches,
  • les poires,
  • le céleri,
  • les tomates.
Mais, voici aussi la liste des fruits et légumes les moins traités, les "Clean fifteen", les quinze propres de la liste de l'EWG, merci à eux :
  • l’avocat,
  • le maïs doux,
  • les oignons,
  • la papaye,
  • les petits pois (surgelés),
  • les asperges,
  • les melons honeydew (ou miel),
  • les kiwis,
  • les choux,
  • les champignons,
  • les melons Cantaloup,
  • les mangues,
  • les pastèques,
  • Et enfin, les patates douces.

vendredi 15 mars 2024

Ces fruits à éviter au petit déjeuner


L'ananas, à éviter au petit déjeuner, malgré ses vertus



Le sucre n’est pas franchement le produit le plus recommandable pour la santé et encore moins le matin, lors de votre prise de petit déjeuner. C’est pour cela que certains fruits que nous croisons lors de ce moment sont à éviter, voire à proscrire. Ils sont ci-dessous au nombre de quatre !


Les messages des spécialistes nous faisant privilégier le petit-déjeuner comme étant un des moments les plus importants de notre alimentation quotidienne sont plus rares. Loin, cette époque où ce moment était LE moment à ne pas raté pour une bonne journée, sans fringale avant midi, sans lourdeur au ventre… Bref, il était source d'une grande, très grande, partie de nos apports journaliers.


● La banane : on lui trouve trop de sucre quand elle est mangée mûre. Verte, on ne la trouve pas assez digeste, au risque de vous provoquer des inconforts pendant la matinée.


● Le raisin : celui-ci a aussi une réputation sulfureuse au petit déjeuner, accusé d'être aussi trop sucré et de déséquilibré notre glycémie à l'image de la banane. 


● L’ananas : ce fruit a aussi le souci de n'être que peu accessible pour sa préparation du matin. On le trouve parfois évidé et libéré de sa peau pour une consommation plus facile, mais il est li aussi victime de 


La mangue : qui en plus du sucre qu’elle contient partie des FODMAP,

aliments fermentescibles souvent difficiles à digérer



Évitez aussi les jus de fruits



Au-delà du fruits concerné, c’est la façon de le consommer qui compte : le problème des jus, c'est qu'ils auront la fâcheuse tendance à priver les fruits de leur principaux atouts que sont les fibres, à côté de leur apports éventuels en vitamines… Dommage !

Hélas, si vous jetez votre dévolu sur un jus acheté dans le commerce, le sucre et autres additifs vont sans doute vous repousser : autant boire une cannette de soda, nous n'exagérons qu'à peine, certaines bouteilles affichent sans complexe des teneurs à 10% de sucre


Si vous voulez vous rabattre sur les smoothies, leur fibre ont été pour leur plus grande part cassées par la préparation. On pourrait croire que les smoothies sont bons, mais en réalité, les fibres sont tout bonnement cassées par ce type de préparation.



Les fruits à consommer le matin



Maintenant, si vous tenez tout de même à consommer un smoothie pour votre pétit déjeuner du matin, rien ne vous empêche d'y ajoutez des graines de chia, qui y apporteront non seulement des fibres mais aussi des protéines.


D’autres fruits sont - quant à eux- particulièrement recommandés le matin. C’est le cas des fruits

rouges et du kiwi, selon la saison, bien sûr !

vendredi 23 février 2024

Nutrition fonctionnelle et microbiote, on vous dit tout !

Pour une alimentation fonctionnelle (©DR).



Voilà une poignée d'années que le microbiote fait la "une" des revues plus ou moins spécialisées. Du coup, la population ne perçoit plus le système digestif comme un simple tube de transit, mais comme le "deuxième cerveau" et le centre de commande de notre immunité. Ce sujet vous propose une courte synthèse sur l'intersection entre la santé intestinale (Gut Health) et la nutrition fonctionnelle.


Le microbiome : un écosystème complexe


La santé intestinale repose sur l'équilibre du microbiote, une communauté de billions de micro-organismes (bactéries, champignons, virus) résidant principalement dans le gros intestin. Ces "locataires" ne se contentent pas de digérer les fibres ; ils synthétisent des vitamines (K, B12), régulent l'inflammation et produisent des neurotransmetteurs comme la sérotonine. La nutrition fonctionnelle s'intéresse à la diversité microbienne : plus le microbiome est varié, plus l'organisme est résilient face aux pathologies chroniques, à l'obésité et aux troubles mentaux.


La nutrition fonctionnelle : "l'alimentation comme médicament"


Contrairement à la diététique classique qui compte les calories, la nutrition fonctionnelle analyse comment les nutriments interagissent avec vos gènes et votre biochimie. Elle utilise l'alimentation pour corriger les déséquilibres à la racine. Dans le cadre de la santé intestinale, on applique souvent le protocole des "5 R" :

  1. Retirer les allergènes et pathogènes ;

  2. Remplacer les enzymes digestives manquantes ;

  3. Ré-inoculer avec des probiotiques (bactéries amies) ;

  4. Réparer la muqueuse intestinale (souvent avec de la L-glutamine) ;

  5. Rééquilibrer le mode de vie (sommeil, stress).


L'axe intestin-cerveau et l'immunité


L'une des découvertes les plus marquantes est la communication bidirectionnelle entre l'intestin et le cerveau via le nerf vague. Un déséquilibre intestinal, ou dysbiose, peut envoyer des signaux de détresse au cerveau, contribuant à l'anxiété ou au brouillard mental. Parallèlement, environ 70% de notre système immunitaire est localisé dans l'intestin. Une barrière intestinale affaiblie (le syndrome de l'intestin perméable ou Leaky Gut) laisse passer des toxines dans le sang, déclenchant une inflammation systémique que la nutrition fonctionnelle cherche à apaiser par des aliments anti-inflammatoires.


Les piliers alimentaires de la santé intestinale


Pour nourrir cet écosystème, la nutrition fonctionnelle privilégie plusieurs catégories d'aliments :

  • Les Prébiotiques : fibres non digestibles (ail, oignons, poireaux, bananes peu mûres) qui servent de "nourriture" aux bonnes bactéries.

  • Les Aliments Fermentés : sources naturelles de probiotiques comme le kéfir, la choucroute, le kimchi ou le kombucha.

  • Les Polyphénols : antioxydants présents dans les baies, le thé vert et le chocolat noir, qui favorisent la croissance de bactéries bénéfiques comme Akkermansia.

  • Les Acides Gras Oméga-3 : essentiels pour maintenir l'intégrité de la paroi intestinale et réduire l'inflammation.


Vers une approche personnalisée


Le message clé de la nutrition fonctionnelle est qu'il n'existe pas de régime universel. Ce qui est "santé" pour l'un (comme les brocolis) peut être source d'inconfort pour un autre (en cas de SIBO ou de sensibilité aux FODMAPs). L'avenir de ce domaine réside dans les tests de microbiote et la nutrigénomique, permettant de concevoir des interventions alimentaires sur mesure pour optimiser la santé globale à partir de l'intestin.

 

Note importante : bien que la nutrition fonctionnelle soit puissante, elle ne remplace pas un avis médical. Si vous souffrez de troubles digestifs persistants, il est essentiel de consulter un gastro-entérologue ou un nutritionniste spécialisé.

mardi 23 janvier 2024

Tendances 2023 : vers un développement du "snacking"

Restos et brasseries en 2023 (©DR).


L'année 2023 a marqué une étape charnière pour le monde de la restauration, portée par une dualité entre une recherche accrue de sens et la nécessité de s'adapter à un contexte économique plus tendu. Comme l'année dernière, en janvier 2023, nous faisons le point sur les tendances qui vous animents dans les lieux de consommation comme les brasseries et les restaurants


Les consommateurs ont manifesté une demande sans précédent pour une gastronomie à la fois responsable et accessible, poussant les brasseries et restaurants à réinventer leurs modèles traditionnels. L'inflation a notamment favorisé l'émergence du "fast-casual", ce segment hybride où la rapidité du service rencontre une qualité de produits souvent bio ou locaux, offrant ainsi un compromis entre le restaurant classique et la restauration rapide.


Vers un intérêts croissant pour "l'antigaspi"


La durabilité est devenue le moteur principal des choix culinaires, avec une attention particulière portée à la réduction du gaspillage et à la transparence des filières. Dans les assiettes, cela s'est traduit par une mise en avant des produits végétaux, non plus seulement comme des options de substitution, mais comme les véritables stars du menu à travers des approches dites "plant-forward". Les restaurateurs ont également fait preuve d'ingéniosité pour limiter les déchets, intégrant par exemple des recettes à base de chutes de légumes, tandis que les consommateurs ont massivement exprimé leur intérêt pour l'affichage de l'impact carbone ou des labels bio directement sur la carte.


Un vif intérêt pour le "voyage gustatif "


Le comportement des clients a également été façonné par un besoin de confort et de réassurance, se traduisant par un retour marqué vers la "cuisine rétro". Les plats nostalgiques de l'enfance, revus avec des ingrédients de haute qualité, ont rencontré un franc succès, offrant une forme de refuge émotionnel dans un climat d'incertitude. En parallèle, une soif de "voyage gustatif" a stimulé l'essor de la cuisine fusion et des saveurs d'Asie du Sud-Est, les clients recherchant des expériences sensorielles uniques et des ingrédients capables de les transporter ailleurs le temps d'un repas.


Le "snacking" de qualité se confirme


Enfin, la technologie a continué de s'intégrer de manière fluide dans l'expérience de consommation, sans pour autant sacrifier le lien social. Si le paiement à table via QR code ou la commande par borne se sont généralisés pour plus de flexibilité, l'envie de se retrouver physiquement autour d'une table est restée très forte. Les brasseries ont dû devenir des lieux de vie polyvalents, capables de répondre à de nouveaux moments de consommation, comme le "snacking" de qualité en milieu d'après-midi ou le petit-déjeuner tardif, illustrant une déstructuration des repas traditionnels au profit d'une alimentation plus intuitive et rythmée par le plaisir immédiat.

jeudi 11 janvier 2024

Idée reçue : les légumes surgelés contiennent moins de nutriments que les légumes frais

Des légumes surgelés surprenants (©DR).


On pense souvent que le rayon des produits frais serait toujours le garant d'une qualité nutritionnelle supérieure, tandis que le congélateur ne proposerait que des aliments de seconde zone. Cette idée repose sur l'impression intuitive que la glace altère la nature même de l'aliment. Pourtant, les avancées de la science de l'alimentation et les techniques industrielles modernes bousculent totalement ce préjugé, révélant une réalité bien différente et souvent surprenante.


Le facteur temps : le grand ennemi des légumes frais


Pour comprendre la valeur nutritionnelle d'un légume, il faut analyser son parcours depuis le champ jusqu'à l'assiette. Un légume dit "frais" acheté au supermarché a souvent été cueilli plusieurs jours, voire semaines auparavant, avant de subir le transport, le stockage en entrepôt, puis l'exposition sur les étals. Durant tout ce périple à l'air libre et à la lumière, le légume continue de respirer et de vivre sur ses réserves. Ce processus naturel entraîne une dégradation rapide de certaines vitamines particulièrement fragiles, au premier rang desquelles figure la vitamine C. Ainsi, un haricot vert ou un épinard frais peut perdre jusqu'à la moitié de ses vitamines en seulement quelques jours de conservation dans le bac à légumes du réfrigérateur.


La surgélation rapide : une capsule temporelle pour les nutriments


À l'inverse, la filière du légume surgelé obéit à une course contre la montre très stricte. Les légumes destinés à la surgélation sont généralement récoltés à leur stade de maturité optimale, là où leur concentration en vitamines et minéraux est à son apogée. Ils sont ensuite acheminés en quelques heures seulement vers les usines de traitement. Après un rapide blanchiment à l'eau bouillante ou à la vapeur pour stopper les enzymes responsables de la détérioration, ils subissent une surgélation ultra-rapide à des températures très basses. Ce procédé thermique fige littéralement l'aliment et ses composants. Les vitamines, les minéraux et les antioxydants sont ainsi verrouillés au cœur du légume, stoppant net leur dégradation pour de nombreux mois.


Un match nutritionnel qui bouscule les idées reçues


Lorsque l'on compare les deux modes de conservation au moment de la consommation, le verdict des analyses en laboratoire est sans appel. Dans de nombreux cas, les légumes surgelés affichent des teneurs en vitamine C, en vitamine B et en antioxydants équivalentes, et parfois même supérieures, à celles de leurs homologues du rayon frais qui ont patienté plusieurs jours. Les minéraux comme le fer, le calcium ou le magnésium, ainsi que les fibres, sont des composés très stables qui ne souffrent absolument pas de la congélation. Le légume surgelé n'est donc en rien un choix nutritionnel de seconde catégorie, mais constitue une excellente alternative, pratique et économique, pour maintenir un apport optimal en végétaux tout au long de l'année.

samedi 25 novembre 2023

Idée reçue : les féculents font grossir

Les féculents, pourtant très utiles pour notre organisme (©DR).


L'affirmation selon laquelle les féculents feraient grossir est sans doute l'un des mythes les plus tenaces de la nutrition moderne. Cette idée reçue a conduit de nombreuses personnes à bannir le pain, les pâtes, le riz ou les pommes de terre de leur assiette dans l'espoir de perdre du poids. Pourtant, d'un point de vue purement biochimique, aucun aliment ne fait grossir par sa seule présence.


Le grand procès des féculents : une réputation injuste


La prise de poids est toujours le résultat d'un excédent calorique global sur la durée, c'est-à-dire lorsque l'énergie consommée dépasse l'énergie dépensée. Les féculents fournissent des glucides complexes qui sont le carburant privilégié de nos muscles et de notre cerveau, et les exclure totalement revient à priver l'organisme de sa source d'énergie la plus efficace.


Une question de raffinage et d'indice glycémique


Pour bien comprendre l'impact des féculents sur la silhouette, il convient de distinguer les produits raffinés des produits complets. Les féculents "blancs", comme le pain de mie, les pâtes classiques ou le riz blanc, ont été débarrassés de leur enveloppe protectrice. Cela augmente leur indice glycémique, provoquant une élévation rapide du taux de sucre dans le sang suivie d'une baisse tout aussi brutale. C'est ce phénomène qui engendre des fringales et pousse au grignotage. À l'inverse, les féculents complets, les légumes secs comme les lentilles, ou les tubercules conservent leurs fibres. Ces fibres ralentissent la digestion, offrent une satiété durable et stabilisent l'énergie, devenant ainsi de redoutables alliés pour le contrôle du poids.


Les pièges de la préparation et des accompagnements


Le véritable coupable de la balance se cache rarement dans le féculent lui-même, mais plutôt dans la manière dont il est cuisiné et accompagné. Une pomme de terre cuite à l'eau ou au four reste un aliment très modéré en calories, mais elle change radicalement de profil nutritionnel lorsqu'elle est transformée en frites ou écrasée avec une généreuse quantité de beurre. De la même manière, une assiette de pâtes nature est caloriquement raisonnable, alors que la sauce carbonara, le fromage râpé en abondance ou les sauces industrielles qui l'accompagnent font grimper l'addition calorique en flèche. C'est donc l'ajout de matières grasses et de produits ultra-transformés qui transforme un féculent sain en un plat particulièrement riche.


L'art des proportions et de l'équilibre dans l'assiette


L'impact des féculents dépend enfin de la taille des portions et de la composition globale du repas. Dans une alimentation équilibrée, les féculents doivent idéalement occuper un quart de l'assiette, le reste étant partagé entre les légumes pour les vitamines et les fibres, et une source de protéines. Consommer des féculents en quantité adaptée aux dépenses physiques réelles de la journée ne présente aucun risque de prise de poids. C'est le déséquilibre, comme un repas exclusivement composé d'un grand plat de pâtes sans légumes, qui perturbe l'harmonie nutritionnelle.

jeudi 24 août 2023

Bio : les serres chauffées à nouveau autorisées

Le Conseil d'Eta vient de trancher (©DR).


Le Conseil d'Etat vient de donner raison aux structures (Légumes de France de la FNSEA et Felcoop) qui l'avaient saisi en 2020 pour que l'institution valide ou invalide la décision prise par l'Inao en été 2021 : l'Institut avait alors interdit toute vente de produits bio issus de serres chauffées entre l'hiver et le printemps.


Un Etat membre peut-il durcir un règlement européen ?


Le revirement juridique opéré par le Conseil d’État concernant les serres chauffées illustre la complexité de superposer des exigences nationales strictes à un cadre réglementaire européen harmonisé. En juin dernier, la plus haute juridiction administrative française a annulé les dispositions du cahier des charges français qui encadraient le chauffage des serres.

La décision prise ne porte pas sur le bien-fondé écologique de la mesure, mais sur une question de droit pur : le gouvernement français a-t-il la compétence juridique pour imposer des restrictions supplémentaires à celles prévues par le règlement européen sur l'agriculture biologique ?


La création d'une concurrence au sein de l'Union ?


L'argument central retenu par le Conseil d’État repose sur le principe de la libre circulation des marchandises et de l'harmonisation des normes au sein de l'Union européenne. Le règlement européen encadrant le label bio est considéré comme "exhaustif", ce qui signifie qu'un État membre ne peut pas durcir les critères de production sur son sol s'ils ne sont pas explicitement prévus dans le texte commun. En imposant des dates de commercialisation spécifiques et des restrictions de chauffage, la France créait une réglementation nationale divergente qui entravait le fonctionnement du marché unique, d'autant que les produits bio chauffés en Belgique ou aux Pays-Bas pouvaient toujours être vendus librement sur le territoire français.


Forcément, un des deux camps déçu


Cette annulation a provoqué un véritable désarroi chez les défenseurs d'un bio de proximité et saisonnier, qui y ont vu une porte ouverte à une forme d'industrialisation du label. Pour les syndicats agricoles et les associations de consommateurs, l'impossibilité juridique de maintenir cette interdiction fragilise la promesse environnementale du logo AB. Cela a mis en lumière un décalage entre les attentes sociétales françaises, très portées sur la souveraineté alimentaire et la transition énergétique, et les contraintes administratives d'un label européen qui se veut avant tout un outil de commerce transfrontalier.


De nouveaux labels en guise de réponse de la filière bio


Toutefois, malgré cette défaite juridique pour le ministère de l'Agriculture, la filière bio française n'a pas totalement renoncé à ses principes. Pour pallier l'absence de contrainte légale, de nombreux acteurs de la distribution et des groupements de producteurs vont mettre en place des chartes privées ou des labels plus exigeants, comme "Bio Cohérence" ou "Nature & Progrès", qui interdisent contractuellement le chauffage des serres. Le débat s'est donc déplacé du terrain du droit vers celui de la communication et de l'engagement volontaire, laissant au consommateur le soin d'arbitrer entre le label bio officiel et des certifications plus restrictives sur le plan énergétique.