dimanche 24 mai 2026

Cancers, diabète, hypertension : les méfaits des additifs selon l'Inserm

De nouveaux rapports alarmants (©DR).



Trois nouvelles études de l'Inserm(*) - en collaboration avec l'INRAE, le Cnam et l'Université Sorbonne Paris Nord - montrent des associations entre la consommation de certains additifs et un risque accru de cancer, de diabète de type 2, voire d'hypertension. Nous vous en proposons ci-dessous une rapide synthèse, pour vous permettre de comprendre quels additifs sont pointés du doigt et pour quels risques. Trois études, donc, trois paragraphes !


Étude "Colorants et Cancers"


Cette première étude, publiée dans le European Journal of Epidemiology, s'est penchée sur la consommation des colorants alimentaires (identifiés de E100 à E199), largement utilisés par l'industrie pour rendre les aliments visuellement plus attractifs. Les résultats mettent en évidence qu'une forte consommation de colorants est associée à une augmentation de 14 % du risque de cancer global, et jusqu'à 21 % pour le cancer du sein. Deux substances sont particulièrement indexées par les chercheurs : le bêta-carotène d'addition (E160a), lié à une hausse de 16 % du risque global et de 41 % pour le sein, ainsi que le caramel ordinaire (E150a), associé à une hausse de 15 % du risque global.


Étude "Colorants et Diabète de type 2"


Publiée dans la revue Diabetes Care, cette deuxième étude a analysé l'impact de ces mêmes colorants sur les dérèglements métaboliques menant au diabète. Les conclusions révèlent que les plus forts consommateurs de colorants alimentaires présentent un risque accru de 38 % de développer un diabète de type 2. Dans le détail, trois catégories de substances se distinguent par leur impact négatif : les colorants caramels en général avec une hausse de 43 % du risque, la curcumine (E100) qui affiche une augmentation de 49 %, et enfin le bêta-carotène (E160a) avec 44 % de risque supplémentaire.


Étude "Conservateurs, hypertension et maladies cardiovasculaires"


Cette troisième étude, parue dans le European Heart Journal, s'est focalisée sur 17 conservateurs et antioxydants (familles E200 à E399) qui permettent de prolonger la durée de vie des produits. Au niveau global, la consommation de conservateurs dits "non-antioxydants" est associée à une hausse de 29 % du risque d'hypertension et de 16 % des maladies cardiovasculaires. Sur les 17 molécules passées au crible, 8 sont spécifiquement liées à l'hypertension, parmi lesquelles le sorbate de potassium (E202) avec +39 % de risque, l'acide citrique (E330) avec +25 % de risque, tandis que l'acide ascorbique (E300) est quant à lui pointé du doigt pour une hausse de 15 % du risque de maladies cardiovasculaires.


Ce qu'il faut en retenir, nuance scientifique

Il s'agit d'études observationnelles. Elles établissent des associations statistiques fortes mais ne prouvent pas, à elles seules, un lien de cause à effet direct. Néanmoins, elles s'ajoutent à un faisceau de preuves de plus en plus lourd sur la nocivité des aliments ultra-transformés. Les autorités de santé (comme l'EFSA) sont invitées par les chercheurs à réévaluer les doses maximales autorisées pour ces substances.

En attendant ces décisions politiques, la recommandation de l'Inserm reste simple : privilégier au maximum les aliments bruts ou peu transformés et limiter l'exposition aux additifs non essentiels.

(*) - Institut national de la santé et de la recherche médicale.


Pour en savoir plus : communiqués et dossiers de presse - site de l'Inserm

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire