jeudi 13 juillet 2017

Lentilles blondes de St Flour : en route vers l'AOP

Ce dossier d'AOP prendra plusieurs années à aboutir (©DR).

Pendant des décennies, elle n'a été qu'un souvenir lointain dans la mémoire des anciens de la Planèze, ce haut plateau volcanique du Cantal. Alors qu'elle couvrait près de 2 000 hectares à la fin des années 1940, la culture de la lentille blonde de Saint-Flour a totalement disparu dans les années 1960, emportée par la modernisation agricole et l'exode rural. Son histoire aurait pu s'arrêter là, si un incroyable sauvetage n'avait eu lieu à la fin des années 1990. Celui se concrétise aujourd'hui par la demande de la filière d'une AOP (Appellation d'Origine Protégée) ! A suivre…


Sous l'impulsion de passionnés, du prêtre Louis Boussuge et d'élus locaux, une poignée de graines d'origine est retrouvée. Contre toute attente, l'étincelle prend : multipliées patiemment année après année par les agriculteurs locaux, ces quelques graines ont donné naissance à une filière agricole à part entière.


Le parcours du combattant de l'Appellation


Forts de cette renaissance, les producteurs réunis au sein de l’Association Interprofessionnelle de la Lentille Blonde de Saint-Flour (AILB) ont engagé dès 2017 le grand chantier de leur reconnaissance officielle. Un dossier de demande d'AOP (Appellation d'Origine Protégée) a été déposé et est actuellement en cours d'instruction auprès de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). Obtenir ce précieux label est un travail de longue haleine. Pour prouver le lien unique entre le produit et son terroir, un travail de recherche-action rigoureux a été confié à des laboratoires scientifiques (comme l'UMR Territoires). L'objectif : cartographier une aire géographique indiscutable en se basant sur des critères croisés de géologie (les sols de cendres et de basaltes), de climat d'altitude et d'histoire locale.


Les tenants et aboutissants : dépasser les frontières pour grandir


L'un des aspects les plus fascinants de cette future AOP est sa géographie. Loin de s'enfermer dans les frontières administratives du Cantal, la zone de production en cours de délimitation englobe le bassin historique et s’étend à plusieurs communes limitrophes du Puy-de-Dôme, telles qu'Apchat, Augnat ou Rentières. Pour la filière, les enjeux à venir sont majeurs. L'AOP permettra non seulement de sanctuariser ce produit d'exception au goût délicatement sucré, mais elle offre aussi une opportunité de diversification agronomique et économique cruciale pour les éleveurs locaux. Le grand défi des prochaines saisons sera d'ailleurs de séduire et de recruter de nouveaux producteurs, notamment dans le Puy-de-Dôme, pour stabiliser les volumes, répondre à une demande commerciale en forte croissance et asseoir définitivement la réputation de cette perle blonde d'Auvergne.

vendredi 30 juin 2017

Que boire avec… une belle pastèque ?

(©DR).


La pastèque est le fruit de la désaltération par excellence. Composée à plus de quatre-vingt-dix pour cent d'eau, sa saveur est délicate, subtilement sucrée et parfois un peu timide. Pour l'accompagner, le piège absolu serait de choisir une boisson trop lourde ou trop puissante qui noierait instantanément son goût. Il faut au contraire privilégier des boissons qui soutiennent sa fraîcheur ou réveillent son profil aquatique avec du relief.


Les bulles ultra-fraîches du Prosecco


Pour donner du peps à la texture croquante et aqueuse de la pastèque, rien ne vaut l'effervescence. Un vin effervescent italien comme un Prosecco extra-dry (légèrement fruité) ou un Crémant d'Alsace blanc de blancs s'impose comme un excellent choix. Les bulles dynamiques apportent le relief qui manque parfois au fruit, tandis que les notes de pomme verte et de poire de ces vins soulignent la douceur discrète de la pastèque sans l'écraser. C'est l'accord estival par excellence pour un début de repas léger.


Un blanc de Provence ou un rosé très clair


Si vous servez la pastèque en salade, agrémentée par exemple de feta et de menthe comme c'est souvent le cas en été, l'accord migre vers les vins tranquilles. Un vin blanc de Provence (cépage Rolle/Vermentino) ou un rosé de Provence très pâle et sec feront des merveilles. Ces vins, axés sur des notes d'agrumes, de fenouil et de petits fruits rouges acides, apportent la structure et le peps nécessaires pour relever la pastèque, tout en se mariant idéalement avec le sel du fromage si vous optez pour cette version salée.


Une bière de blé légère de style Blanche ou Gose


L'association de la pastèque et de la bière est une magnifique surprise pour le palais, à condition de choisir un style très précis. Une bière blanche de style belge (Witbier), brassée avec des écorces d'orange et de la coriandre, apporte des touches épicées et fruitées qui réveillent immédiatement le côté timide du fruit. Pour les amateurs de découvertes, une bière de style Gose (une bière de blé allemande légèrement acide et salée) crée un contraste saisissant : le sel de la bière agit comme un exhausteur de goût naturel, faisant littéralement exploser la sucrosité de la pastèque.


Proposition sans alcool : une eau de coco au citron vert


Pour une option sans alcool qui respecte la pureté du fruit, l'objectif est d'apporter du relief sans ajouter de sucre lourd. L'eau de coco bien fraîche, relevée d'un généreux filet de jus de citron vert, est idéale. L'eau de coco partage avec la pastèque ce profil hydratant et subtilement végétal, créant une harmonie immédiate. Le citron vert, quant à lui, apporte l'acidité et le coup de fouet nécessaires pour réveiller les arômes discrets de la pastèque, offrant un duo désaltérant et intensément tropical.

jeudi 29 juin 2017

Que boire avec… des myrtilles, natures ou en desserts ?

Accommoder les myrtilles natures ou en dessets (©DR).



La myrtille est une petite baie sauvage ou de culture à bien des égards fascinante. Sa saveur oscille entre une douceur feutrée, des notes subtilement boisées et une acidité fine, le tout porté par une richesse en tanins et en pigments qui colorent instantanément le palais. Qu'elle soit picorée nature au creux de la main, intégrée à une tarte croustillante ou cuite en compotée, elle appelle des accords de caractère qui respectent sa couleur et son esprit forestier.


Les bulles rosées de caractère pour les myrtilles fraîches


Déguster des myrtilles fraîches, simplement nature ou légèrement saupoudrées de sucre, demande une boisson aérienne capable de faire ressortir le jus de la baie. Un vin effervescent rosé structuré, comme un Crémant d'Alsace rosé ou un Champagne rosé, est un choix magnifique. La fraîcheur des bulles et les notes naturelles de petits fruits rouges de ces vins réveillent le côté parfois timide de la myrtille fraîche. L'acidité du vin apporte du peps à la texture charnue de la baie, transformant une simple coupelle de fruits en un dessert de fête.


Un vin rouge doux et muté pour les tartes


La tarte aux myrtilles, grand classique des fins de randonnées en montagne, présente un profil unique : à la cuisson, les baies crèvent, libérant un jus épais, acidulé, presque d'encre, sur une pâte sablée ou brisée. Pour faire face à cette intensité et à la présence des tanins du fruit cuit, le vin rouge trouve exceptionnellement sa place sur un dessert. Un vin doux naturel comme un Banyuls ou un Maury rouge crée un accord légendaire. Leurs notes de pruneau, de cacao et de fruits noirs confits épousent la puissance de la myrtille, tandis que la sucrosité du vin vient adoucir l'acidité cuite du fruit, offrant une finale chaleureuse et harmonieuse.


Un vin blanc moelleux et vif côté clafoutis ou muffin


Lorsque la myrtille s'invite dans un appareil moelleux et riche en œufs, comme un clafoutis, un gâteau de Savoie ou des muffins, la rondeur de la pâte vient envelopper l'acidité de la baie. Pour escorter ce type de texture, un vin blanc moelleux doté d'une grande fraîcheur est idéal. Un Jurançon moelleux ou un Vouvray demi-sec font des merveilles. Les notes de miel et de fruits exotiques de ces vins blancs apportent la gourmandise nécessaire pour accompagner le biscuit, tandis que leur tension minérale évite l'effet écœurant en prolongeant la fraîcheur de la myrtille.


Une bière de style Sour aux fruits rouges pour un accord audacieux


Pour les amateurs de découvertes, la bière offre une alternative contemporaine incroyable avec la myrtille, notamment si le fruit est travaillé en cheesecake ou en verrine crémée. Une bière de fermentation spontanée ou de style Sour (bière acide), idéalement infusée aux fruits rouges ou une Kriek artisanale, s'impose. L'acidité franche de la bière vient couper la richesse de la crème, tandis que les arômes fermentaires et fruités font écho aux notes sauvages et boisées de la myrtille, nettoyant le palais à chaque gorgée de manière très dynamique.


Sans alcool : un thé noir d'Assam ou un lait chaud à la cardamome


Pour une conclusion sans alcool qui magnifie la myrtille sous toutes ses formes, la boisson doit avoir de la texture ou des notes chaudes. Un thé noir d'Assam ou un Earl Grey bien corsé conviennent parfaitement pour le goûter. Les tanins naturels du thé noir s'harmonisent avec ceux de la myrtille, et les notes de bergamote de l'Earl Grey apportent une touche d'agrumes qui réveille le fruit. Si vous cherchez un accord plus réconfortant avec une tarte, un lait végétal à l'amande ou à l'avoine, chauffé et infusé à la cardamome, calmera instantanément l'acidité du fruit cuit grâce à ses notes épicées et sa douceur enveloppante.

vendredi 2 juin 2017

Que boire avec… une pissaladière niçoise et ses anchois ?

Comment accommoder  les anchois de ce plat ? (©DR).




La pissaladière niçoise est l'un des plus grands fleurons de la cuisine méditerranéenne, une tarte salée au tempérament affirmé et gorgée de soleil. Elle repose sur une pâte à pain croustillante et moelleuse, surmontée d'une très généreuse couche d'oignons longuement confits à l'huile d'olive jusqu'à devenir presque une confiture sucrée. Ce fond doucereux est vigoureusement bousculé par l'apport salé, iodé et puissant du pissalat (la pâte d'anchois traditionnelle) ou de filets d'anchois saurs, ainsi que par les petites olives noires de Nice, les caillettes, aux notes de sous-bois. Ce jeu de miroirs permanent entre la douceur de l'oignon, l'amertume de l'olive et la force saline de l'anchois exige des boissons sudistes, fraîches et nerveuses, capables de trancher dans le gras de l'huile d'olive sans se faire balayer par l'iode.


Un vin rosé de Provence pour l'accord local


L'accord le plus naturel et le plus convivial nous emmène immédiatement sur une terrasse ensoleillée du Var ou des Alpes-Maritimes avec un grand vin rosé de la région. Un Côtes-de-Provence ou, pour plus de structure, un AOC Bellet rosé (le vignoble confidentiel des collines de Nice) est un partenaire de choix. Ce rosé de terroir, souvent issu des cépages Braquet, Grenache ou Cinsault, déploie des notes de petits fruits rouges acidulés, d'agrumes et d'herbes de la garrigue. Sa fraîcheur désaltérante vient immédiatement couper la richesse de l'oignon confit à l'huile d'olive, tandis que son profil fruité et sa fine salinité finale font merveilleusement écho à la puissance marine de l'anchois.


Un blanc sec de Bellet ou de Cassis pour dompter la force de l'anchois


Pour ceux qui préfèrent le vin blanc, la pissaladière offre un terrain d'expression magnifique à condition de choisir un blanc du Sud, doté de matière mais surtout d'une grande fraîcheur minérale. Un Bellet blanc (majoritairement issu du cépage Rolle, le Vermentino local) ou un Cassis blanc de la côte phocéenne forment un mariage magistral. Le Rolle apporte des notes de poire, d'amande fraîche et de fleurs blanches avec une texture enveloppante qui épouse le fondant de l'oignon. La finale de ces vins, intensément saline et iodée, offre un répondant parfait à l'anchois tout en purifiant le palais après chaque bouchée, évitant ainsi toute saturation.


Un rouge de Provence fluide et fruité


Si vous êtes un inconditionnel du vin rouge, l'exercice est périlleux car les tanins du vin ont tendance à durcir et à donner un goût métallique au contact de l'anchois salé. La solution réside dans le choix d'un vin rouge très jeune, léger, juteux et dépourvu d'élevage en barrique, comme un AOC Coteaux d'Aix-en-Provence rouge dominé par le Grenache. Servi légèrement rafraîchi, ce vin mise tout sur un fruit croquant et des notes de poivre noir. Cette souplesse respecte le fondant de la tarte, tandis que le côté épicé du Grenache vient souligner le caractère rustique et provençal de la pissaladière.


Une bière artisanale de style Witbier ou une IPA légère


Pour une alternative moderne à l'heure de l'apéritif, l'univers brassicole offre une solution d'une efficacité redoutable face au gras et au sel de la pissaladière. Une bière blanche de style Witbier (blanche de blé de tradition belge), avec ses notes d'écorces d'orange et de coriandre, apporte une douceur maltée et une fraîcheur d'agrumes qui calment instantanément le feu de l'anchois. Si vous cherchez un accord plus contrasté, une Session IPA (une bière blonde légère mais généreusement houblonnée à cru) offrira une amertume résineuse et des notes de pamplemousse exotique qui viendront bousculer la sucrosité de l'oignon confit et nettoyer le palais de façon très dynamique.


Un thé vert à la menthe douce ou un kombucha aux agrumes en options sans alcool


Pour une option sans alcool raffinée capable de dialoguer avec les saveurs intenses de la Riviera, le choix de la boisson doit apporter de l'éclat. Un thé vert à la menthe douce nanah, servi tiède ou frappé mais sans sucre ajouté, offre un contraste saisissant : la fraîcheur végétale de la menthe et la fine amertume du thé vert viennent vivifier la bouche face à la richesse de l'huile d'olive. Si vous préférez une boisson fraîche et pétillante, un kombucha artisanal au citron de Menton ou à la bergamote sera parfait, sa fine acidité fermentaire et ses bulles naturelles agissant comme un couperet parfait face à la douceur sucrée des oignons et au sel des anchois.

jeudi 2 mars 2017

Que boire avec… du riz cantonais ?

Le riz cantonais, une recette française ! (©DR).




Le riz cantonais est probablement le plat de la cuisine asiatique le plus mondialement connu, mais aussi l’un des plus galvaudés dans ses versions occidentales. La recette que nous abordons ici est celle de ce riz très connu des Françaises et des Français, apparu au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de la diaspora asiatique établie en France avec les luttes d'indépendance. Elle se compose de riz, de petits pois, de dès de jambon et d'un peu d'omelette… loin de la recette
originaire de Canton, appelée Yangzhou Chao Fan…


Rappel sur la recette du vrai riz cantonais


Il se compose traditionnellement d'œufs battus qui enrobent chaque grain d'une fine pellicule dorée, de dés de Char Siu (le fameux porc laqué cantonais doux et épicé), de petites crevettes fraîches de rivière, de pousses de bambou ou de ciboule ciselée pour la fraîcheur, et parfois d'un soupçon de vin de Shaoxing. Ce plat offre un équilibre magique entre le croquant, le fondant, les notes iodées de la crevette et la douceur sucrée-salée du porc laqué, le tout enveloppé par le parfum subtil du wok.


Un blanc d'Alsace sec et aromatique


Pour escorter la délicatesse et la complexité aromatique du véritable riz cantonais, un grand vin blanc sec et parfumé est un partenaire de premier choix. Un Pinot Gris d'Alsace ou un Riesling sec fait des merveilles absolues. Le Riesling, avec sa tension minérale et ses notes d'agrumes bien droites, apporte une fraîcheur indispensable qui vient couper le gras subtil du riz sauté à l'huile et réveiller le côté iodé des crevettes. Si vous préférez souligner la douceur du porc Char Siu, le Pinot Gris offre une matière plus enveloppante et des notes discrètement fumées qui épousent à la perfection le côté laqué de la viande sans jamais saturer le palais.


Un vin rosé de gastronomie


Le riz cantonais étant un plat complet et chaleureux, un vin rosé structuré et vineux s'impose comme une alternative particulièrement séduisante. Un vin de l'AOC Tavel ou un Bandol rosé possède la matière et la personnalité nécessaires pour dialoguer avec ce plat de caractère. Ces rosés de gastronomie, marqués par des notes de petits fruits rouges mûrs et d'épices douces, s'harmonisent magnifiquement avec la texture de l'œuf et le goût sucré-salé du porc. En même temps, leur fraîcheur désaltérante et leur fluidité viennent nettoyer les papilles après chaque bouchée, rendant l'accord extrêmement dynamique.


Un rouge de Loire léger et croquant


Si vous ne concevez pas un repas sans vin rouge, il faut impérativement bannir les vins puissants ou trop boisés qui écraseraient la délicatesse des crevettes et du riz. Le choix idéal s'oriente vers un vin rouge de la Vallée de la Loire issu du cépage Gamay ou Cabernet Franc, comme un Anjou rouge ou un Touraine léger. Ces vins se distinguent par des tanins très souples, une structure fluide et un fruit croquant. Cette légèreté respecte le fondant de la préparation, tandis que la fine acidité du vin rouge de Loire apporte un coup de fouet bienvenu face à la richesse de la friture au wok.


Une bière de blé de style Witbier


L'association du riz sauté avec une bière artisanale est un classique d'une efficacité redoutable, très ancré dans les habitudes de dégustation asiatiques. Une bière blanche de style Witbier (blanche de type belge), brassée avec des écorces d'orange et une touche de coriandre, crée un mariage de textures parfait. La pétillance fine de la bière et sa mousse aérienne viennent alléger instantanément la texture du riz enrobé d'œuf. Les notes d'agrumes et le côté légèrement épicé de la bière apportent un relief incroyable qui réveille les pousses de bambou et la ciboule, offrant une conclusion en bouche intensément rafraîchissante.


Sans alcool : deux propositions !


1 - Un thé vert Long Jing

Pour une alternative sans alcool d'un raffinement absolu, il faut se tourner vers la boisson qui accompagne ce plat depuis des siècles en Chine : le thé. Un thé vert Long Jing (Puits du Dragon), servi chaud dans de petites tasses tout au long du repas, est une expérience gastronomique inoubliable. Ce thé vert prestigieux développe des notes naturelles de châtaigne grillée et de noisette fraîche qui entrent en résonance directe avec le parfum de grillé du riz sauté au wok. Sa fraîcheur végétale et sa texture soyeuse soulignent la pureté des crevettes tout en aidant à la digestion de l'huile de cuisson.

2 - une eau infusée à la citronnelle et au gingembre

Si vous cherchez une option sans alcool froide et percutante pour un déjeuner estival, vous pouvez créer une boisson maison très simple. Une eau pétillante très fraîche infusée avec des bâtons de citronnelle frais écrasés, quelques lamelles de gingembre et un filet de jus de yuzu sera parfaite. La bulle dynamique associée au piquant du gingembre et à la fraîcheur exotique de la citronnelle vient bousculer la douceur du porc laqué et couper le gras de l'œuf. Cette boisson tonique réinitialise les papilles à chaque gorgée, mettant en valeur la pureté de chaque ingrédient du riz cantonais authentique.

samedi 18 février 2017

Que boire avec… des gougères ?

Une bonne idée d'entrée, la gougère au fromage (©DR).

Les gougères au fromage sont l'incarnation même de la convivialité et du savoir-faire bourguignon. Ces petits choux dorés et aériens combinent la légèreté d'une pâte levée, la richesse du beurre et des œufs, et la gourmandise saline d'un fromage râpé à caractère, traditionnellement du Comté, de l'Émmental ou du Beaufort. Servies tièdes, à la fois croustillantes à l'extérieur et moelleuses à l'intérieur, elles libèrent des effluves de fromage fondu et de beurre noisette qui réclament des boissons vives et tranchantes, capables de percer la richesse de la pâte pour rafraîchir le palais.


Le Bourgogne Aligoté pour l'accord local


L'accord le plus évident et le plus historique nous mène tout droit sur les terres d'origine de la gougère avec un vin blanc sec et vif de la région, le Bourgogne Aligoté. Ce vin issu d'un cépage traditionnellement nerveux se distingue par sa fraîcheur tranchante, ses notes de pomme verte, de citron et sa belle minéralité. Face au gras du beurre et à l'onctuosité du fromage chaud, la vivacité de l'Aligoté fait des merveilles : elle vient littéralement nettoyer les papilles à chaque bouchée. Ce contraste saisissant crée un équilibre parfait, évitant toute lourdeur et préparant la bouche pour la gougère suivante.


Un grand vin blanc de Chablis pour sublimer le Comté


Si vos gougères sont généreusement garnies d'un Comté affiné ou d'un Beaufort d'alpage, le plat gagne en complexité et mérite un partenaire d'une plus grande noblesse. Un vin blanc de Chablis ou un Mâcon-Villages (issus du cépage Chardonnay) s'impose alors comme un choix magistral. Chablis apporte une tension minérale unique, presque saline, et des notes de silex et de beurre frais qui entrent en résonance immédiate avec la pâte à choux. La matière délicate du vin enveloppe le fondant du fromage sans jamais se laisser dominer, offrant une finale d'une élégance et d'une pureté remarquables.


Les bulles d'un Crémant ou d'un Champagne


Les gougères étant les reines incontestées des débuts de repas, les associer à un vin effervescent est une option festive d'une redoutable efficacité. Un Crémant de Bourgogne ou un Champagne Brut Blanc de Blancs (100 % Chardonnay) forment un mariage idéal. Le dioxyde de carbone et le dynamisme des bulles agissent comme un activateur de texture en bouche, brisant la densité de la pâte texturée et soulevant le gras du fromage. De plus, les notes de brioche, de pain grillé et de fruits secs propres à ces méthodes traditionnelles répondent magnifiquement aux arômes de croûte de fromage dorée au four.


Une bière de style Saison ou une Pilsner


Pour les amateurs de mousse, l'univers brassicole offre une alternative contemporaine incroyable avec la pâte à choux. Une bière artisanale de style Saison (une bière belge de fermentation haute, sèche et fruitée) ou une Pilsner de caractère avec une belle amertume herbacée sont des choix parfaits. La pétillance naturelle de la bière et son col de mousse aérien allègent instantanément la richesse de l'œuf et du beurre. L'amertume fine apportée par le houblon vient quant à elle contrebalancer le côté salé du fromage, ce qui donne un profil intensément désaltérant à cet apéritif.


Sans alcool : un thé blanc Bai Mu Dan ou une eau au citron vert


Pour une alternative sans alcool raffinée qui respecte la délicatesse de la pâte à choux, le choix de la boisson doit apporter de la pureté. Un thé blanc Bai Mu Dan (Pivoine Blanche), servi chaud ou tiède, offre un accord d'une grande poésie. Ce thé peu transformé possède des notes florales, herbacées et légèrement veloutées qui épousent la douceur du chou sans agresser le fromage. Si vous cherchez une option fraîche pour un apéritif d'été, un grand verre d'eau pétillante très fraîche agrémentée d'un trait de jus de citron vert et de rondelles de concombre sera idéal : la bulle et l'acidité du citron vert couperont le gras du fromage avec une efficacité redoutable.

samedi 4 février 2017

Gaspillage : la loi "Garot" a aujourd'hui un an !

Promotion de fruits pour limiter les invendus (©David Allignon). 



Nous vous proposons de faire un état des lieux - le plus complet possible - de l'application de la loi dite « Garot », un an presque jour pour jour après son adoption à l'unanimité par le Sénat le 3 février 2016. Ce bilan un an plus tard - en  début de l'année 2017 - met en lumière les avancées concrètes, mais aussi les premiers défis logistiques rencontrés sur le terrain.


Une explosion historique du volume des dons alimentaires


Le premier effet mesurable de la loi en 2017 est l'augmentation spectaculaire des denrées collectées par les associations caritatives. En obligeant les supermarchés de plus de 400 mètres carrés à signer une convention de don, le texte a provoqué un afflux massif de nourriture qui finissait auparavant à la poubelle. Les Banques Alimentaires constatent dès 2017 une hausse de près de 28 % des produits récupérés par rapport à la période précédant la loi. Plus de 90 % des grandes surfaces concernées se sont conformées à la législation dès la première année, permettant de distribuer des millions de repas supplémentaires aux personnes en situation de précarité.


La fin de la destruction volontaire et la valorisation en rayon


L'autre grande avancée de l'année 2017 réside dans la disparition quasi totale des pratiques de destruction des invendus. La loi ayant interdit de javelliser ou de rendre délibérément impropres à la consommation les aliments encore comestibles, les directeurs de magasins ont dû réorganiser leurs rayons. On voit ainsi fleurir dans toute la grande distribution des zones dédiées aux produits à dates courtes, vendus avec des rabais importants de 30 % à 50 %. Cette pratique, appelée le stickage, permet d'écouler les stocks rapidement auprès des consommateurs à petit budget tout en évitant le gaspillage à la source, avant même l'étape du don.


Les premiers défis logistiques et la question de la qualité


Malgré ces succès, le bilan de l'année 2017 soulève des difficultés majeures pour le tissu associatif. Celui-ci s'est en effet retrouvé submergé par des volumes qu'il n'était pas toujours armé pour gérer. Les associations manquent de bras, de camions frigorifiques et de locaux adaptés pour stocker cette nouvelle marchandise périssable. De plus, certains magasins en profitent pour vider des rayons entiers à la hâte, léguant parfois des produits à la date limite dépassée ou des fruits et légumes très abîmés que les réceptionnaires ne pourront faire autrement que de jeter (estimation de 15% des dons). Un an après la loi, les acteurs de terrain réclament un encadrement plus strict pour que le don reste de qualité et ne transforme pas les associations en trieurs de déchets de la grande distribution.